Les femmes peintres du 15e au 19e siècle

 

Les femmes artistes existent depuis la préhistoire. La peinture pariétale ou rupestre n’est sans doute pas exclusivement masculine. Dans l’Antiquité occidentale, certains textes évoquent des noms de femmes ayant acquis une célébrité artistique. Pline l’Ancien cite plusieurs noms : Irène, fille du peintre Cratinus, Timarété, fille du peintre Micon, ou encore Marsia et Olympias. La plupart des femmes peintres étaient nées dans le milieu artistique et cette caractéristique restera une constante jusqu’au 18e siècle. L’explication est simple : les femmes ne pouvaient pas accéder à un enseignement artistique en dehors du cercle familial. Ce sont donc des membres de la famille, le plus souvent le père, qui enseignait la peinture à sa fille.

La spécialisation rigoureuse des activités masculines et féminines excluait donc largement les femmes de la création artistique. Il en résulte bien évidemment que le nombre de femmes peintres est très réduit jusqu’au 19e siècle. C’est d’ailleurs seulement au 19e siècle que des artistes féminines issues de la bourgeoisie, mais non du milieu artistique, commencent à apparaître. Berthe Morisot, Marie Cassatt, filles de familles aisées, devront vaincre de nombreux obstacles pour être reconnues comme des artistes à part entière, toujours d’ailleurs avec beaucoup de réticences. Ainsi, la tombe de Berthe Morisot porte l’inscription : « Berthe Morisot, épouse d’Eugène Manet ». Alors que l’histoire garde la mémoire de Berthe Morisot en tant que peintre impressionniste majeure, elle était considérée avant tout comme épouse à la fin du 19e siècle.

L’évolution vers l’égalité juridique hommes-femmes au 20e siècle et l’accès progressif des femmes à toutes les fonctions vont augmenter considérablement le nombre de femmes peintres.

Le présent panorama s’arrête à la fin du 19e siècle, le dernier au cours duquel la situation traditionnelle de la femme persiste. Une biographie détaillée et une analyse de l’œuvre de chaque artiste est proposée.

 

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- 16e siècle -

Plautilla Nelli (1524-1588)
Sœur Plautilla Nelli passa toute sa vie au couvent Santa Caterina da Siena à Florence. Un atelier de production artistique important existait dans ce couvent, dont Plautilla Nelli fut à la fois l’animatrice et l’artiste la plus talentueuse. Son art religieux possède une pureté spirituelle rare.

Sofonisba Anguissola (1532-1625)

Voici une femme exceptionnelle. Issue de la noblesse, elle réalise une véritable carrière artistique, ce qui est une prouesse pour l'époque. Autre prouesse : elle atteint l'âge de 93 ans.

 

Lavinia Fontana (1552-1614)

Lavinia Fontana fait désormais partie des plus grands peintres du courant maniériste italien. Elle accède très jeune à la peinture mythologique et religieuse, ce qui constitue pour une femme une rarissime exception au 16e siècle. Les portraits représentent un second volet de son œuvre.

- 17e siècle -

Artemisia Gentileschi (1593-1653)

Artemisia Gentileschi a connu pendant sa vie un succès artistique remarquable. Oubliée après sa mort, elle est aujourd’hui considérée comme une artiste majeure du courant caravagesque, rattaché au baroque.

Elisabetta Sirani (1638-1665)

Elisabetta Sirani a réalisé plus de deux cents peintures, des gravures sur cuivre et des centaines de dessins. Elle est la seule femme peintre à avoir pratiqué ces trois disciplines artistiques au 17e siècle. En accédant à la peinture religieuse et mythologique, elle se place dans le genre le plus prestigieux et y réussit brillamment.

- 18e siècle -

Rosalba Carriera (1675-1757)

Rosalba Carriera eut une influence importante au début du 18e siècle dans le domaine du portrait. Elle sut capter l’évolution du goût dans l’aristocratie de l’époque vers plus de légèreté. Elle fut la première spécialiste du pastel.

Marianne Loir (v. 1715-1769)

Les portraits de Marianne Loir constituent une galerie de la noblesse et de la bourgeoisie provinciales françaises du 18e siècle, avec également quelques personnages célèbres de l'époque.

Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842)

Protégée par de grandes dames de l’aristocratie, Elisabeth Vigée Le Brun connut la célébrité dès l’âge de quinze ans. Pastelliste à ses débuts, elle réalisera ensuite des portraits à l’huile et des paysages. Pendant la révolution française, elle quitte la France et connaît le succès à l’étranger comme portraitiste de l’aristocratie européenne. Elle rentre en France sous le Consulat (1799-1804) et poursuit sa carrière de peintre.

- 19e siècle -

Berthe Morisot ((1841-1895)

D’abord influencée par Édouard Manet, devenue l’épouse d’Eugène Manet, le frère du peintre, Berthe Morisot saura conquérir son indépendance artistique pour apparaître comme une figure de l’impressionnisme. Sa peinture lumineuse cherche à capter les instants de bonheur familial. On y trouve beaucoup de portraits, en particulier de sa fille Julie. Les formes restent floues et les couleurs claires dominent, produisant une impression de légèreté.

Mary Cassatt (1844-1926)

Issue de la haute bourgeoisie américaine, Mary Cassatt a vécu essentiellement en France. Elle fut influencée par Édouard Manet puis par Edgar Degas duquel elle partageait l’approche artistique. Son œuvre comporte beaucoup de scènes d'intérieur, de portraits de ses proches, en particulier de sa sœur Lydia, ainsi que des scènes de genre d'enfants ou de la relation mère-enfant.

Eva Gonzalès (1849-1883)

Issue de la bourgeoisie intellectuelle parisienne, Eva Gonzalès est d’abord influencée par Edouard Manet, dont elle fut l’élève et la disciple, avant de s’orienter vers un style résolument impressionniste. Son décès prématuré à l'âge de 34 ans ne lui a pas permis de donner toute la mesure de ses capacités artistiques.

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