Sofonisba Anguissola

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Autoportrait et portrait

 

S-Anguissola. Autoportrait (1554)

Sofonisba Anguissola. Autoportrait (1554)

Huile sur bois, 19,5 × 12,5 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Sofonisba a 22 ans et réalise l'un de ses premiers autoportraits.

Lucie Anguissola. Portrait de Sofonisba (1560-65)

Lucie Anguissola. Portrait de Sofonisba (1560-65)

Huile sur bois, 12 × 9 cm, collection particulière

Ce portrait fut autrefois attribué à Sofonisba. Les sœurs Anguissola se prenaient réciproquement pour modèle.

 

Biographie

 

 1532-1625

Les femmes peintres existent depuis l'Antiquité (et sans doute avant...) mais peu d'entre elles nous sont connues. Michelle Bianchini (*) signale que Boccace dans son De claris mulieribus (1374) cite plusieurs femmes peintres de l'Antiquité, en particulier la romaine Marcie. Pour la période de la Renaissance, la seule qui fit une véritable carrière artistique fut Sofonisba Anguissola.

 

La formation

La famille Anguissola appartient à la petite noblesse de Crémone, ville de Lombardie en Italie du nord. Les parents de Sofonisba, Amilcare Anguissola et Bianca Ponzoni, eurent six filles et un garçon. Sofonisba, l'aînée, voit le jour entre 1530 et 1535, probablement en 1532. Le père est un homme cultivé et ouvert d'esprit, un humaniste du 16e siècle qui s'intéresse à l'Antiquité. Aussi donne-t-il à ses filles une éducation orientée vers la culture et comportant lecture, dessin et musique. Entre 1546 et 1549, Sofonisba et sa sœur Elena partent étudier auprès du peintre maniériste Bernardino Campi (1520-1591) qui travaille surtout à Crémone et à Milan. Lorsque Campi quitte Crémone, les deux sœurs poursuivent leur apprentissage avec Bernardino Gatti (v. 1495-1576). Vers 1554, Sofonisba va compléter à Rome son éducation artistique. Elle rencontre Michel-Ange et le peintre maniériste Francesco Salviati (1510-1563) qui, dans une lettre, vante « les travaux [...] merveilleusement exécutés par la belle dame peintre de Crémone ». (*)
Lorsqu'elle revient à Crémone, Sofonisba possède une formation équivalente à celle des grands artistes de la Renaissance. Elle se spécialise dans les portraits, mais il faut s'adresser à son père pour commander. Elle ne reçoit personnellement aucune commande. Il faut se replacer dans la stratification sociale de l'époque : la noblesse, à laquelle appartient l'artiste, ne peut sans déroger se livrer à une activité commerciale. Sofonisba ne travaille donc pas sur commission, avec contrat écrit prévoyant les prestations et le prix. La contrepartie de son travail lui est offerte sous forme de cadeaux en nature (bijoux, belles étoffes par exemple) ou de rentes et avantages à la discrétion du commanditaire.

 

La portraitiste de la cour d'Espagne

Amilcare Anguissola avait compris que sa fille disposait d'un talent hors du commun et il ne ménageait pas sa peine pour la faire connaître. Elle séjourne ainsi à Mantoue, Parme et Milan. Dans cette ville elle rencontre le duc d'Albe (1507-1582), Grand d'Espagne et chef militaire, qui vient de barrer la route aux forces françaises menaçant le milanais. C'est probablement ce dernier qui suggère au roi d'Espagne Philippe II (1527-1598) d'inviter Sofonisba à la cour. En 1559, elle quitte la Lombardie pour Madrid. Cette même année, elle assiste au mariage de Philippe II avec Elisabeth de Valois (1545-1568), fille du roi de France, et devient dame d'honneur de la nouvelle reine d'Espagne qui n'a que quatorze ans. Elle reçoit pour cette fonction une rente annuelle de 200 écus versée à son père. Elle poursuit parallèlement son activité de peintre en réalisant des portraits de la reine, du roi et des infantes. Elle enseigne le dessin à la reine et devient son amie. A la mort d'Elisabeth de Valois, en 1568, Sofonisba s'occupe de ses deux filles.

 

S. Anguissola. Elisabeth de Valois (1561-65)Sofonisba Anguissola. Elisabeth de Valois (1561-65)

En 1568, Sofonisba a trente-six ans et elle n'est pas mariée. Ce célibat constitue une anomalie au 16e siècle, mais son statut atypique – peintre de la cour – et son origine modeste la privant d'une importante dot, ne lui permettaient pas de prétendre à un mariage dans la haute aristocratie espagnole. Les excellentes relations qu'avait entretenues Sofonisba avec la reine défunte conduisirent Philippe II à organiser un mariage. Il dote l'artiste en lui promettant une somme importante, des bijoux et une pension annuelle de mille ducats. L'élu sera un noble sicilien, Fabrizio de Moncada, appartenant à la famille du vice-roi de Sicile, le prince de Paternò. Le mariage a lieu à Madrid en 1570 ou 1571. En 1578, le couple rejoint Palerme et un an plus tard, Fabrizio disparaît en mer.

 

La femme artiste de Gênes

Malgré les propositions d'accueil de la cour d'Espagne, Sofonisba décide de revenir à Crémone, sa ville natale. Sur le chemin du retour, elle rencontre Orazio Lomellino, capitaine de navire et enfant naturel d'une grande famille génoise. Un projet de mariage est élaboré, qui rencontre les objections de la famille Anguissola et de la cour d'Espagne. Mais Sofonisba affirme son indépendance en épousant le capitaine en janvier 1580. Les époux vivent principalement à Gênes avec des séjours à Palerme où Orazio a des affaires commerciales de plus en plus importantes. Sofonisba poursuit sa carrière artistique tant dans le portrait, pour la noblesse génoise, que dans la peinture religieuse à laquelle elle accède du fait de sa notoriété. Elle fréquente le milieu artistique génois, en particulier Lucas Cambiaso, dit Luchetto da Genova (1527-1585), le chef de file local du maniérisme. Ce peintre partira d'ailleurs pour l'Espagne en 1483 à l'invitation de Philippe II pour réaliser une série de fresques au monastère de l'Escurial (El Escorial) au nord de Madrid. Doit-il cette invitation à Sofonisba ? Nous l'ignorons. De jeunes artistes comme Francesco Piola viennent également  consulter à Gênes la grande portraitiste de la cour d'Espagne.
A partir de 1615, le couple s'installe à Palerme où se trouvent les activités de négoce d'Orazio. La vue de Sofonisba baisse de plus en plus et elle devra cesser de peindre à la fin de sa vie. Au cours d'un séjour à Palerme, Antoine Van Dyck la rencontre en 1624 (elle a environ 92 ans) et note : « Elle a toujours une bonne mémoire, l'esprit vif et m'a reçu fort aimablement. Malgré sa vue affaiblie par l'âge, c'était un grand plaisir pour elle de se faire montrer des tableaux. Elle devait approcher son visage tout près de la peinture, et parvenait avec effort à la distinguer en partie. Elle en était très heureuse. » (*)
Sofonisba Anguissola meurt le 16 novembre 1625 et est inhumée dans l'église San Giorgio de Palerme.

 

Œuvre

 

 Une artiste reconnue

Sofonisba Anguissola était reconnue par le milieu artistique du 16e siècle, ce qui représente une performance hors du commun, tant la société de l'époque était hostile à la notion même de femme artiste. Pour l'Eglise, évidemment, il s'agissait là, à peu de choses près, du diable en personne. Comment Sofonisba a-t-elle pu surmonter tant d'obstacles et s'affirmer comme une grande artiste ? Deux éléments essentiels de sa biographie peuvent l'expliquer. D'une part, son père était un noble humaniste d'esprit beaucoup plus ouvert que la moyenne de l'époque et il permit à Sofonisba de suivre une éducation artistique poussée. D'autre part, elle eut la chance d'être admirée par le duc d'Albe à Milan et d'accéder encore jeune à la fonction de portraitiste de la cour d'Espagne.
Ce statut de femme artiste reconnue est attesté par les écrits du 16e siècle. Dans le chapitre qu'il consacre à la sculptrice Properzia de' Rossi (1490-1530), Giorgio Vasari (1511-1574) évoque Sofonisba Anguissola. « Nous ne devons pas oublier non plus Sofonisba de Crémone, fille de Messer Amilcaro Anguisciola, laquelle de nos jours s'est acquis tant de réputation par ses dessins, ses copies, ses portraits et ses peintures, que Philippe, roi d'Espagne, sur l'éloge que lui en fit le seigneur duc d'Albe, l'appela à sa cour où il la plaça auprès de la reine, en lui accordant une riche pension. Il y a peu de temps, Messer Tommaso Cavalieri, gentilhomme romain, envoya au duc Cosme une Cléopâtre du divin Michel-Ange, et un dessin de Sofonisba, qui représente une jeune fille se moquant d'un petit garçon qui pleure parce qu'une écrevisse lui a pincé le doigt. Rien n'est plus gracieux ni plus vrai que ce charmant morceau. Nous gardons précieusement ce dessin en mémoire de Sofonisba, qui, par son séjour en Espagne, a rendu ses ouvrages très rares en Italie. » (**)
Le pape Pie IV lui-même loue le talent de Sofonisba. Il est vrai qu'il faut attendre pour cela qu'elle soit unanimement reconnue comme une grande artiste. Lui ayant demandé un portrait de la reine d'Espagne et l'ayant reçu, il lui écrit en 1561 :
« Nous avons reçu le portrait de la sérénissime reine d'Espagne, notre très chère fille, que vous nous avez envoyé. Il nous a été très agréable, tant parce qu'il a été fait de votre main avec une rare habileté, que parce qu'il représente une personne que nous aimons paternellement à cause de sa religion et des autres qualités de son âme. Nous vous en remercions, en vous certifiant que nous le tiendrons parmi les choses les plus précieuses, comme une preuve de votre talent qui, tout merveilleux qu'il est, forme, selon nous, le moindre de vos mérites. » (**)

 

L'influence maniériste

Une femme peintre du 16e siècle ne pouvait pas accéder à certains savoirs du fait de l'éthique religieuse. Il n'était pas question d'étudier l'anatomie qui intéressait beaucoup les artistes de l'époque, comme le montrent par exemple certains dessins de Léonard de Vinci.
Il en résulte qu'une femme, aussi douée soit-elle, était cantonnée dans les genres jugés inférieurs : portraits et scènes de genre. Faute de formation, il lui était impossible de réaliser de vastes compositions mythologiques ou religieuses ou des scènes historiques. Sofonisba Anguissola se spécialisa donc dans le portrait qui, parfois, pouvait glisser vers la scène de genre. Les histoires de l'art la placent en général dans le chapitre consacré au maniérisme car son activité correspond exactement à la période où se développe ce courant. Il ne faut cependant pas chercher chez elle l'affectation stylistique très commune chez les artistes masculins : pas d'élongation du cou, de poses alanguies ou de regards appuyés. Son style reste plus classique et plutôt orienté vers l'intériorité des personnages représentés. Ses nombreux autoportraits (14 au minimum) sont centrés sur le regard, et établissent un dialogue entre l'artiste et l'observateur, poussant ce dernier à s'interroger sur le monde intérieur du modèle.

 

S. Anguissola. Bernardino Campi peignant Sofonisba Anguissola (v. 1559)Sofonisba Anguissola. Bernardino Campi peignant Sofonisba Anguissola (v. 1559)

 

Nous sommes donc loin des portraits d'Agnolo Bronzino, par exemple, qui cherchaient à mettre en valeur le statut social en créant une distance.

Sofonisba Anguissola subit d'abord l'influence de Bernardino Campi, son premier maître, qui était un portraitiste réputé de Milan. Puis Bernardino Gatti lui fit découvrir le style de Corrège qu'il admirait et dont il fut peut-être l'élève. Elle connaissait donc bien l'orientation maniériste de la peinture italienne. Par la suite, à Gênes, elle fréquente des peintres maniéristes comme Lucas Cambiaso. Outre les nombreux autoportraits, les œuvres marquantes de Sofonisba Anguissola sont celles qui valorisent l'expressivité. Elle parvient ainsi à capter l'indicible, en particulier chez les enfants :

 

S. Anguissola. Les sœurs Anguissola jouant aux échecs (1555)Sofonisba Anguissola. Les sœurs Anguissola jouant aux échecs (1555)

 

Sofonisba Anguissola fut oubliée après sa mort. Nombre de ses tableaux furent attribuées à d'autres peintres du 16e siècle. Ces erreurs ont été souvent corrigées mais des incertitudes subsistent et les frontières de son œuvre restent imprécises.

 

 

(*) Pour une étude plus approfondie des autoportraits, se reporter à l'article de Michelle Bianchini, professeur à l'Université de Montpellier : Les autoportraits de Sofonisba Anguissola, femme peintre de la Renaissance, Revue Italies. De nombreuses informations de cette page proviennent de cet article.

(**) Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (première édition 1550, remaniée en 1568, traduction Leclanché, 1841)

 

Autoportraits

S-Anguissola. Autoportrait (1554)

S. Anguissola. Autoportrait (1554). Huile sur bois, 19,5 × 12,5 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Ce petit portrait de jeunesse met l'accent sur le visage et en particulier le regard. Les vêtements sont très simples pour une jeune femme de la noblesse. Ce n'est pas le statut social qui intéresse l'artiste. La date du portrait figure sur le livre représenté, où l'on peut lire : « Sophonisba Angussola Virgo Seipsam fecit 1554 » (Sofonisba Anguissola, vierge, a fait ceci en 1554). Sofonisba jeune, avait l'habitude d'insister sur sa chasteté, ce qui est évidemment le produit d'une éducation. Sous l'influence religieuse, la chasteté et l'obéissance étaient les vertus requises des femmes.
 
S. Anguissola. Autoportrait au chevalet (v. 1556)S. Anguissola. Autoportrait au chevalet (v. 1556). Huile sur toile, 66 × 57 cm, Muzeum-Zamek, Lancut. Comme dans l'Autoportrait à l'épinette, (ci-dessous) l'artiste est en tenue de travail, très simple. Elle peint une Vierge à l'enfant ayant un geste d'affection.
 
S. Anguissola. Autoportrait miniature (v. 1556)S. Anguissola. Autoportrait miniature (v. 1556). Huile sur parchemin, 8,3 × 6,4 cm, Musée des Beaux-Arts de Boston. Sur la grande médaille que porte Sofonisba sont représentées des initiales qui avaient un sens pour la personne devant recevoir la miniature en cadeau. Nous en ignorons la signification. Autour de la médaille figure une inscription en latin : « SOPHONISBA ANGUSSOLA VIR[GO] IPSIUS MANU EX SPECULO DEPICTAM CREMONAE » (Sofonisba Anguissola, vierge, a fait ceci en tenant un miroir, à Crémone).
 
S. Anguissola. Autoportrait à l'épinette (1556-57)S. Anguissola. Autoportrait à l'épinette (1556-57). Huile sur toile, 57 × 48 cm, Museo Nazionale di Capodimonte, Naples. Epinette ou clavecin ou virginal. Les sœurs Anguissola avaient reçu une éducation artistique telle que la concevait l'humaniste qu'était leur père. La musique, le dessin et la lecture étaient indispensables.
 
S. Anguissola. Autoportrait (1550-60)S. Anguissola. Autoportrait (1550-60). Huile sur toile, 36 × 29 cm, Pinacoteca di Brera, Milan. Une incertitude semble exister. S'agit-il d'un autoportrait (apparemment oui) ou d'un portait de Minerva, la sœur de Sofonisba ? La pinacothèque de Brera (salle XVIII) laisse un point d'interrogation après le mot Autoportrait. Le vêtement est très similaire à celui de l'autoportrait miniature de 1556, de même que le soin apporté à la coiffure.
 
S. Anguissola. Autoportrait (1610)S. Anguissola. Autoportrait (1610). Huile sur toile, collection Gottfried Keller, Zürich. Sofonisba est alors âgée de 78 ans et se représente de façon réaliste sans édulcorer les rides sur le visage. Elle offrira ce portrait au roi d'Espagne Philippe III (1578-1621), qu'elle avait vu naître, en témoignage de son attachement à la famille royale espagnole qui l'avait accueillie pendant une vingtaine d'années.

 

Portraits et scènes diverses

S. Anguissola. Portrait d'une nonne (1551)

S. Anguissola. Portrait d'une nonne (1551). Huile sur toile, 169 × 53 cm, City Art Gallery, Southampton. Le modèle est probablement Elena Anguissola, la sœur cadette de Sofonisba, qui suivit avec elle l'enseignement du peintre Bernardino Campi et entra plus tard au monastère San Vicenzo de Mantoue sous le nom de sœur Minerva.
 
S. Anguissola. Les sœurs Anguissola jouant aux échecs (1555)S. Anguissola. Les sœurs Anguissola jouant aux échecs (1555). Huile sur toile, 72 × 97 cm, Muzeum Narodowe, Poznan. Le portrait devient ici scène de genre. Lucia, à gauche, est opposée à Minerva, à droite. Europa, au centre, sourit en regardant Minerva à laquelle sa sœur a pris deux pièces. Une servante observe la scène sur la droite. L'arrière-plan est constitué d'un feuillage et d'un paysage imaginaire donnant de la profondeur à la composition. Les mouvements de Minerva restent assez rigides mais les expressions sur les visages sont remarquables et les détails des vêtements d'une grande finesse.
 
S. Anguissola. Bianca Ponzoni (v. 1558)S. Anguissola. Bianca Ponzoni (v. 1558). Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Gemaldegallerie, Berlin. Bianca Ponzoni est la mère de Sofonisba.
 
S. Anguissola. La famille Anguissola (1558)S. Anguissola. La famille Anguissola (1558). Huile sur toile, Nivaagaards Malerisamling, Nivå, Danemark. Le père, Amilcare Anguissola, est entouré de sa fille Minerva et de son fils Astrubale.
 
S. Anguissola. Bernardino Campi peignant Sofonisba Anguissola (v. 1559)S. Anguissola. Bernardino Campi peignant Sofonisba Anguissola (v. 1559). Huile sur toile, 111 × 110 cm, Pinacoteca Nazionale, Sienne. Ce portrait est à la fois un trait d'esprit et une allégorie du rapport maître-élève. Sofonisba peint son maître la peignant elle-même et tous deux regardent vers l'observateur du tableau (« Qu'en pensez-vous ? »). Il s'agit aussi d'un hommage à Bernardino Campi qui crée devant nous l'artiste Sofonisba Anguissola qui, quelques années plus tard, sera capable d'imaginer et de réaliser ce tableau.
 
S. Anguissola. Minerva Anguissola (v.1564)S. Anguissola. Minerva Anguissola (v.1564). Huile sur toile, 85 × 66 cm, Milwaukee Art Museum, Milwaukee. Très beau portrait de la sœur de l'artiste. L'accent est mis sur les vêtements, les accessoires vestimentaires et les bijoux.
 
S. Anguissola. Elisabeth de Valois (1561-65)S. Anguissola. Elisabeth de Valois (1561-65). Huile sur toile, 206 × 123 cm, musée du Prado, Madrid. Elisabeth de Valois (1545-1568) est la fille d'Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis. Elle devient Isabel, reine d'Espagne, en épousant le roi Philippe II en 1559, à l'âge de quatorze ans. Sofonisba entre immédiatement à son service comme dame d'honneur et peintre officiel de la famille royale. La reine tient dans sa main un petit portrait de Philippe II.
 
S. Anguissola. Philippe II (1565)S. Anguissola. Philippe II (1565). Huile sur toile, 88 × 72 cm, musée du Prado, Madrid. Philippe II (1527-1598) est roi d'Espagne, de Naples, de Sicile et du Portugal et l'un des plus puissants souverains du 16e siècle, Il accueille Sofonisba à sa cour et lui donne ainsi un statut officiel d'artiste. La reine, née Elisabeth de Valois, a sans doute joué un rôle important en faveur de Sofonisba car la cour d'Espagne est réputée pour son obscurantisme.
 
S. Anguissola. Trois enfants avec un chien (v. 1580)S. Anguissola. Trois enfants avec un chien (v. 1580). Huile sur bois, 74 × 95 cm, Collection particulière. L'originalité de Sofonisba Anguissola tient à sa capacité de saisir les expressions et par conséquent de nous suggérer la personnalité des personnages. C'est chose rare au 16e siècle : le portrait a alors une fonction sociale et met en évidence la richesse ou la puissance.
 
S. Anguissola. Garçon et fille de la famille Attavanti (v. 1580-85)S. Anguissola. Garçon et fille de la famille Attavanti (v. 1580-85). Huile sur bois. Allen Memorial Art Museum, Oberlin, Etats-Unis. Ce portrait est l'une des rares œuvres connues de la période génoise.
 
S. Anguissola. Vierge à l'enfant (1598)S. Anguissola. Vierge à l'enfant (1598). Huile sur toile. Après son second mariage, Sofonisba Anguissola diversifie sa production artistique et l'on voit apparaître des scènes religieuses comme cette Vierge à l'enfant. L'allaitement de l'enfant symbolise l'humilité de la Vierge.

 

 Dessins

S. Anguissola. L'alphabet (v.1550)

S. Anguissola. L'alphabet (v.1550). Pierre noire avec rehauts de blanc sur papier, 30,1 × 34,5 cm, Galerie des Offices, Florence. Une vieille femme étudie l'alphabet avec une jeune fille arborant un large sourire. Sofonisba Anguissola figure parmi les premiers artistes à dessiner des scènes de genre. Le dessin très soigneux indique qu'il ne s'agit pas seulement d'une esquisse préparatoire.
 
S. Anguissola. Asdrubale pincé par une écrevisse (v. 1554)S. Anguissola. Asdrubale pincé par une écrevisse (v. 1554). Pierre noire et fusain sur papier brun, 33,3 × 38,5 cm, Museo Nazionale di Capodimonte, Naples. A propos de ce dessin, Vasari est élogieux : « Il y a peu de temps, Messer Tommaso Cavalieri, gentilhomme romain, envoya au duc Cosme une Cléopâtre du divin Michel-Ange, et un dessin de Sofonisba, qui représente une jeune fille se moquant d'un petit garçon qui pleure parce qu'une écrevisse lui a pincé le doigt. Rien n'est plus gracieux ni plus vrai que ce charmant morceau. Nous gardons précieusement ce dessin en mémoire de Sofonisba, qui, par son séjour en Espagne, a rendu ses ouvrages très rares en Italie. » Astrubale est le jeune frère de Sofonisba ; l'une des sœurs de Sofonisba calme l'enfant.

 

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 SOFONISBA ANGUISSOLA

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