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Mary Cassatt. Après la corrida (1873). Huile sur toile, 64 × 82,5 cm, Art Institute of Chicago. (After the Bullfight). « Lors d'un séjour prolongé à Séville, Mary Cassatt a choisi un sujet typiquement espagnol pour réaliser cette peinture d'un torero en tenue de cérémonie. Formée à Philadelphie et Paris, Cassatt s'aventure seule en Espagne pour étudier les maîtres espagnols et suivre le parcours artistique de peintres modernes comme Édouard Manet. Représentant le torero à un moment de détente, loin du spectacle et de la violence de l'arène, Cassatt élude les détails narratifs. Bien au contraire, avec une sensibilité moderne, elle se concentre sur la figure masculine dans une pose détendue en utilisant des touches vigoureuses et un riche chromatisme pour décrire son costume. La bravade propre au torero est néanmoins une allusion à un flirt avec une partenaire féminine hors cadre. » (Notice Art Institute of Chicago)
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Mary Cassatt. Portrait de Madame Sisley (1873). Huile sur toile, Collection particulière. (Portrait of Madame Sisley). Alfred Sisley est un des artistes fondateurs de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, qui organise en 1874 la première exposition impressionniste. Il est le grand paysagiste du groupe. En 1866, il avait épousé Marie-Eugénie Lescouezec, une modiste parisienne, dont la jeune Mary Cassatt fait ici le portrait.
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Mary Cassatt. Petite fille dans un fauteuil bleu (1878). Huile sur toile, 89,5 ×129,8 cm, National Gallery of Art, Washington. (Little Girl in a Blue Armchair). « Dans Petite fille dans un fauteuil bleu, le sens de l'observation de Mary Cassatt apparaît dans la représentation de son jeune modèle étendu dans un large fauteuil bleu. La petite fille, joliment habillée, gigote ; son chien dort dans l'autre fauteuil. La pose de la petite fille relève du naturalisme de l'enfance qui caractérisera plus tard de nombreuses peintures d'enfants de Cassatt... Dans les peintures de Cassatt, la lumière ne dissout pas les formes. Au contraire, les objets gardent leur masse et leur cohérence avec la lumière rehaussant leur présence physique. » (Notice National Gallery of Art)
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Mary Cassatt. Femme au collier de perles dans une loge (1879). Huile sur toile, 81 x 60 cm, Museum of Art, Philadelphia. (Woman with a Pearl Necklace in a Loge). Mary Cassatt a peint plusieurs tableaux de spectateurs au théâtre. Celui-ci se situe à la fin des années 1870 où l'influence d'Edgar Degas sur l'artiste américaine était importante. La femme au collier est probablement Lydia, la sœur de Mary Cassatt. La construction spatiale de l'œuvre joue sur l'effet miroir. Tout ce qui se situe derrière la femme du premier plan n'est en fait que l'image dans un miroir de ce qu'elle voit devant elle, comme en atteste son dos visible sur la gauche. Le tableau fut présenté à la quatrième exposition impressionniste de 1879 à Paris.
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Mary Cassatt. Au Théâtre (v. 1879). Pastel sur papier, 55,5 × 46 cm, The Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City. Il s'agit de Lydia, la sœur de Mary Cassatt, dans une loge de théâtre. Le titre anglais complet est Lydia Leaning on Her Arms, in a theatre box.
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Mary Cassatt. Le thé (v. 1880). Huile sur toile, 64,8 × 92 cm, Museum of Fine Arts, Boston. (The Tea). « À la fin des années 1870 et au début des années 1880, Cassatt réalise un certain nombre de tableaux de femmes participant au rituel domestique et social du thé... Cette peinture de Cassatt se situe dans un intérieur contemporain, parfois considéré comme celui de Cassatt même. Le papier peint à rayures fines et la cheminée de marbre sculpté, ornée d'une peinture minutieusement encadrée et d'un vase en porcelaine, sont typiques d'un intérieur parisien de la classe moyenne supérieure ; et l'antique service à thé en argent sur la table au premier plan provient d'une famille distinguée. Les deux femmes jouent les rôles traditionnels de l'hôtesse et de l'invitée, mais il semble que leur conversation ait expiré : l'hôtesse (sur la gauche, dans une simple robe d'intérieur brune) porte sa main à son menton tandis que son invitée (portant chapeau, écharpe et gants indiquant qu'elle vient de l'extérieur) boit son thé. L'hôtesse est souvent identifiée comme Lydia, la sœur de Cassatt, et l'invitée comme une amie de la famille, mais il est tout aussi probable que les femmes soient les modèles habituels de Cassatt, une brune et une blonde. » (Notice Museum of Fine Arts, Boston)
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Mary Cassatt. Lydia assise dans le jardin avec un chien sur ses genoux (v. 1880). Huile sur toile, 27,3 × 40,6 cm, collection particulière. (Lydia Seated in the Garden with a Dog in Her Lap). Lydia, la sœur de Mary Cassatt pose dans un jardin et l'artiste représente la scène dans un style totalement impressionniste aux formes diluées. La peinture de Mary Cassatt évoluera par la suite : les contours deviendront plus nets : voir par exemple La promenade en barque.
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Mary Cassatt. Jeune fille au jardin (1880-82). Huile sur toile, 92 × 65 cm, musée d'Orsay, Paris. (Girl in the garden) « Les portraits de proches, le plus souvent femmes et enfants saisis dans l'intimité de leur quotidien, sont fréquents dans son œuvre. La Jeune fille au jardin, appelée aussi Femme cousant, en témoigne, avec une originalité : la figure est représentée en plein air. La toile fut exposée lors de la dernière exposition du groupe, en 1886. Le fond, richement coloré, est structuré par un chemin, large bande diagonale qui détermine un arrière-plan. Il met en valeur la représentation de la jeune femme, monumentale dans un premier plan rapproché. Le coup de pinceau rapide et esquissé dont témoigne la jupe contraste avec le contour net et ferme du visage et du buste, qui montre que l'artiste ne renonce pas à la précision du dessin. » (Notice musée d'Orsay)
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Mary Cassatt. Portrait de Louisine Elder (v. 1880-85). Pastel sur papier, 47 × 37 cm, collection particulière. (Portrait of Louisine Elder, Mrs. Samuel T. Peters). Louisine Elder (1859-1929) est une collectionneuse d'art, amie de Mary Cassatt, qui épouse en 1883 Henry Osborme Havemeyer, un riche industriel. Elle va être à l'origine du succès de l'impressionnisme aux États-Unis en achetant de nombreux tableaux venant enrichir la collection de son mari.
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Mary Cassatt. Enfants jouant sur la plage (1884). Huile sur toile, 98 × 74 cm, National Gallery of Art, Washington. (Children playing on the Beach). « Dans Enfants jouant sur la plage transparaît l'habileté de Mary Cassatt à saisir les attitudes naturelles des enfants. L'expression absorbée de l'un des enfants, leurs têtes orientées vers le bas et la position de leurs épaules suggèrent une concentration complète sur leurs activités. On remarque particulièrement la maladresse avec laquelle le bambin tient la manche de sa pelle en agrippant le bord du seau avec son autre main grassouillette... Pour maintenir l'attention sur les petites filles, Cassatt a traité le fond marin de manière plus lâche ; les bateaux sur l'océan se fondent dans un halo de lumière naturelle. » (Notice National Gallery of Art)
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Mary Cassatt. Enfant au chapeau de paille (v. 1886). Huile sur toile, 65,3 × 49,2 cm, National Gallery of Art, Washington. (Child in a Straw Hat). « Tard dans sa carrière Mary Cassatt a souvent repris le thème d'une petite fille portant un chapeau surdimensionné dans des poses similaires à celle-ci. Cependant, l'expression sérieuse de cette enfant distingue ce tableau des autres portraits. La plupart des fillettes, dans les peintures d'enfants à chapeau de Cassatt, sont des modèles collaboratifs et heureux ; ils sourient et portent des bonnets sophistiqués et des robes à froufrous. Dans Enfant au chapeau de paille, la petite fille porte un tablier gris uni et un grand chapeau de paille tout simple. Son froncement de sourcils et sa lèvre supérieure saillante suggèrent qu'elle est impatiente ; elle pourrait avoir été distraite de son jeu afin de poser. » (Notice National Gallery of Art)
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Mary Cassatt. Mère et enfant sur fond vert ou Maternité (1887). Pastel sur papier, 55 × 46 cm, musée d'Orsay, Paris. « Un univers intimiste et bourgeois de la fin du XIXe siècle qu'un graphisme nerveux et élégant a su restituer, avec autant de passion que de maîtrise : tel est l'œuvre de Mary Cassatt... L'artiste s'inspirait, comme Berthe Morisot, de scènes de la vie de femme. Mais le thème que l'on associe le plus souvent à l'œuvre de Mary Cassatt est celui de la mère et de l'enfant dont elle sut varier avec beaucoup de finesse les formes et les moyens. Son travail confirme l'exigence des impressionnistes pour lesquels, liberté et originalité du regard, constituaient les principaux points de ralliement. » (Notice musée d'Orsay)
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Mary Cassatt. Le bain (1891). Aquateinte et pointe sèche sur papier, 31,2 × 24.4 cm, National Museum of Women in the Arts, Washington. (The bath) « En 1890, l'Ecole des Beaux-arts de Paris organise une grande exposition d'estampes japonaises qui renforce l'intérêt de Mary Cassatt pour la gravure. L'exposition lui inspire la création d'une série de 10 aquateintes (aquatintes). Le bain est la première de la série et provient d'un vaste ensemble de travaux connexes sur le thème des mères et des enfants.
L'art japonais a influencé non seulement le choix du sujet par Cassatt mais aussi la technique et la composition. Les estampes japonaises représentent couramment des femmes baignant leurs enfants.
La femme et l'enfant de Cassatt ne sont clairement ni européennes, ni asiatiques. Elle a traité les figures et la baignoire en deux dimensions. En effet, elle a presque complètement éliminé les ombrages et les variations de tons traditionnels qui créent l'illusion de la profondeur dans l'art occidental. » (Notice National Museum of Women in the Arts)
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Mary Cassatt. La toilette de l'enfant (1893). Huile sur toile, 100 × 66 cm, Art Institut of Chicago. (The Children's Bath). « La toilette de l'enfant, composition saisissante et peu orthodoxe, est l'un des chefs-d'œuvre de Cassatt. Elle y emploie des moyens atypiques tels que raccourcis, motifs et contours appuyés et perspective aplatie, tous dérivés de son étude des estampes japonaises. Les motifs éclatants et contrastés accentuent la nudité de l'enfant, dont les jambes blanches et vulnérables sont aussi droites que les rayures de la robe de la femme. Le point de vue élevée permet au spectateur d'observer, mais pas de participer à cette scène très intime. La composition de Cassatt renforce ainsi son sujet : la tendre attention d'une femme s'occupant de son enfant. » (Notice Art Institute of Chicago)
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Mary Cassatt. La promenade en barque (1893-94). Huile sur toile, 90 × 117,3 cm, National Gallery of Art, Washington. (The Boating Party). « Mary Cassatt réalise La promenade en barque au cours de l'hiver 1893-94 à Antibes, sur la côte méditerranéenne française... La composition de La promenade en barque est, conformément aux peintures les plus intéressantes de Cassatt, anticonformiste et suspendue. La figure sombre du batelier occupe une place importante au premier plan, semblant presque se projeter hors de la toile. La voile à gauche, l'aviron et la proue du bateau pointent vers la tête de l'enfant qui, dans une pose caractéristique de l'artiste, apparaît dépourvu de grâce, mais tout à fait naturel, sur les genoux de sa mère. Malgré la simplicité du sujet et la mise en évidence de la satisfaction de l'enfant, le tableau dégage une intensité psychologique particulière en raison de la relation énigmatique entre les personnages, étroitement liés dans la composition. Par sa conception, son exécution et sa taille, il s'agit certainement du travail le plus audacieux de Cassatt. » (Notice National Gallery of Art)
Analyse détaillée
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Mary Cassatt. L'été (1894). Huile sur toile, 100,6 × 81,3 cm, Terra Foundation for American Art, Chicago. (Summertime). Mary Cassatt achète en 1894 le Château de Beaufresne à Mesnil-Théribus, près de Paris. Elle passe l'été 1894 dans cette résidence de campagne et réalise plusieurs tableaux sur le thème de l'étang qui décorait le parc du château. Dans ce tableau, le format vertical permet de concentrer la vue sur les deux personnages qui observent les canards. La peinture sur le motif à l'extérieur était plutôt, à l'époque, réservée aux hommes, mais dans sa propriété privée Mary Cassatt peut planter son chevalet et peindre la nature en toute liberté. La surface de l'eau est rendue par de multiples touches énergiques aux couleurs complémentaires – vert et rouge, orange et bleu – qui évoquent les ondulations et les reflets. Les deux figures humaines constituent un contraste chromatique sobre sur ce fond multicolore.
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Mary Cassatt. La lectrice pensive (1894). Pastel sur papier, 52,3 × 43,8 cm, collection particulière. (The Pensive Reader). Ce thème est utilisé depuis des siècles car il permet de saisir le moment unique où l'intelligence et la sensibilité se concentrent sur la lecture. Il s'agit d'une recherche picturale de l'intériorité. Mary Cassatt, par la pose du personnage et l'orientation du regard, parvient à nous communiquer ce que de grands prédécesseurs avaient déjà atteint, en particulier Fragonard avec La liseuse (v. 1770).
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Mary Cassatt. Nurse lisant à une petite fille (1895). Pastel sur papier, 60 × 73 cm, Metropolitan Museum of Art. (Nurse Reading to a Little Girl). « En 1894, Cassatt achète et rénove le Château de Beaufresne au Mesnil-Theribus, à environ quatre-vingt kilomètres au nord-ouest de Paris. Il deviendra son refuge à la campagne pour le reste de sa vie. Dans ses pastels, son intérêt croissant pour le paysage semble refléter un penchant pour l'environnement de terres cultivées du château. » (Notice Metropolitan Museum of Art)
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Mary Cassatt. La caresse (1902). Huile sur toile, 83,5 × 69,5 cm, Smithsonian American Art Museum, Washington. (The Caress). « Seule américaine à exposer avec les impressionnistes français, Mary Cassatt devint célèbre avec ses nombreuses peintures de mères et d'enfants. Vaguement inspirée des peintures de la Renaissance italienne représentant la Vierge, l'Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste, La caresse a obtenu le prix de l'Académie des Beaux-arts de Pennsylvanie et celui de l'Institut d'Art de Chicago. Cependant, Cassatt refusa les deux, s'en tenant à ses principes « pas de jury, pas de médailles, pas de prix », en réaction au système du jury du Salon de Paris. » (Notice Smithsonian American Art Museum)
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Mary Cassatt. Jeune femme en vert, dehors au soleil (v. 1914). Huile sur toile, 54,9 × 46 cm, Worcester Art Museum, Massachusetts. (Young Woman in Green, Outdoors in the Sun). Ce portrait d'une jeune femme, dont l'identité n'est pas connue, permet à Mary Cassatt de jouer avec la lumière solaire qui traverse le rebord du chapeau pour atteindre le visage. Il s'agit presque d'un camaïeu de vert. Seuls le visage, le rebord du chapeau et l'arrière-plan jaune contrastent avec la couleur dominante.
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