Marianne Loir

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Marianne Loir. Portrait de la marquise du Châtelet (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de la marquise du Châtelet (1745-69)

Huile sur toile, 118 × 96 cm, musée des Beaux-arts de Bordeaux.

 

Biographie

Vers 1715-1769

La biographie de Marianne Loir est mal connue. Sa date de naissance exacte n’a pas été déterminée, mais elle se situe aux alentours de 1715, année de la mort de Louis XIV (1638-1715) et de l’accession au pouvoir du régent Philippe d’Orléans (1674-1723), neveu du roi défunt. Marianne Loir appartient ainsi totalement au 18e siècle, qui commence vraiment à la mort du Roi-Soleil.

Elle est issue d’une famille d’artistes depuis plusieurs générations. Fille de l’orfèvre Alexis II Loir et petite-fille du peintre et graveur parisien Nicolas Loir (1624-1679), son frère Alexis III Loir (1712-1785) était un sculpteur célèbre. De 1739 à 1745, elle séjourne à Rome, accompagnant son frère Alexis qui est pensionnaire de l’Académie de France. Jean-François de Troy (1679-1752) étant alors directeur de l’Académie, la jeune artiste aurait pu bénéficier de ses conseils. Le rôle de Jean-François de Troye dans sa formation reste conjectural, mais celui du portraitiste Hubert Drouais (1699-1767), élève de Jean-François de Troye, est attesté. Les historiens spécialisés notent l’influence de Drouais dont l’art « n’est pas sans parenté avec celui pratiqué un peu plus tard par la jeune femme, au point d’ailleurs que l’on a pu récemment hésiter pour l’attribution de certains tableaux entre ces deux artistes » (*)

Après son séjour à Rome, Marianne Loir s’installe à Paris où elle reste jusqu’à 1755. A cette date, elle part pour la province et mène une vie itinérante liée aux commandes de portraits de la noblesse de province, dont elle se fait une spécialité. Elle a travaillé à Pau, à Toulouse et à Marseille et elle devient membre de l’Académie des Beaux-arts de cette ville en 1762. En 1763, on sait qu’elle est à nouveau à Paris pour la réalisation d’un portrait du jeune Antoine Duplàa.

 

Marianne Loir. Portrait d’Antoine Duplàa à l’âge de neuf ans (1763)

Marianne Loir. Portrait d’Antoine Duplàa à l’âge de neuf ans (1763)

Huile sur toile, 75 × 59 cm, musée des Beaux-arts de Tours.

 

Marianne Loir quitte Paris en 1765 et s’installe à nouveau en Provence. Elle meurt en 1769 à l’âge de cinquante-quatre ans.

 

Œuvre

Dix portraits de Marianne Loir sont signés et datés de la période 1745-1769. D’autres portraits lui sont attribués sur des caractéristiques stylistiques, sans véritable certitude. Son œuvre comporte quelques figures de la haute aristocratie comme la marquise du Châtelet ou le maréchal de Saxe, ou de la bourgeoisie cultivée comme Madame Geoffrin. Mais l’artiste n’ayant pas le renom de Quentin de la Tour, Jean-Marc Nattier ou François Boucher, elle s’est surtout spécialisée dans les portraits de la noblesse et de la bourgeoisie de province, ce qui explique sa vie itinérante.

 

Marianne Loir. Portrait présumé de Mme Geoffrin (v. 1750-60)

Marianne Loir. Portrait présumé de Mme Geoffrin (v. 1750-60)

Huile sur toile, 82 × 100 cm, National Museum of Women in the Arts, Washington.

 

Les portraits de Marianne Loir sont typiques de la mode du portrait rococo au milieu du 18e siècle. Le statut social doit rester très apparent, d’où une description minutieuse des luxueux vêtements et, parfois, la mise en exergue de la dimension culturelle avec la présence de livres en particulier. Les visages restent conventionnels et idéalisés, ce qui leur donne un caractère assez répétitif car la psychologie individuelle n’est pas explorée. A la solennité du portrait du siècle précédent s’est substituée la douceur omniprésente du regard tourné vers le spectateur, afin d’établir un dialogue immédiat. Les personnes cultivées de cette époque valorisent l’émotion, l’intelligence et souvent l’esprit, d’où cette volonté de marquer le rapport apaisé à l’autre.

 

Marianne Loir. Portrait d’un homme assis à son bureau (v. 1750)

Marianne Loir. Portrait d’un homme assis à son bureau (v. 1750)

Huile sur toile, 102 × 80 cm, Portland Art Museum.

 

Toutes ces caractéristiques se retrouvent chez des artistes comme Jean-Marc Nattier, Pierre Gobert ou encore Hubert Drouais, qui fut le maître de Marianne Loir, d’où des attributions anciennes qui ont dû être modifiées. Le style de Marianne Loir a toute la suavité de celui de Nattier et elle excelle également à représenter les étoffes moirées et les dentelles.

 

Marianne Loir. Portrait de la duchesse de Fleury (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de la duchesse de Fleury (1745-69)

Huile sur toile, 102 × 87 cm, château de Castries, Hérault.

 

Marianne Loir. Portrait du maréchal de Saxe (1745-50)

Marianne Loir. Portrait du maréchal de Saxe (1745-50). Huile sur toile, 107 × 105 cm, Domaine national de Chambord. Maurice de Saxe (1696-1750) est le fils adultérin de Marie-Aurore, comtesse de Königsmarck et de l’électeur de Saxe Frédéric-Auguste 1er. Il apprend très jeune le métier des armes. Après une vie mouvementée, il rallie l’armée française et est nommé lieutenant général par Louis XV en 1734. En 1741, il devient maréchal de France, la plus haute distinction militaire française. Il se distingue au service de la France lors de la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) : dirigeant l’armée française, il la conduit vers les victoires de Fontenoy (1745) et de Rocourt (1746). Parmi ses descendants on trouve Aurore Dupin dite George Sand.

Marianne Loir. Portrait d’un homme assis à son bureau (v. 1750)

Marianne Loir. Portrait d’un homme assis à son bureau (v. 1750). Huile sur toile, 102 × 80 cm, Portland Art Museum. « Bien que l'identité du modèle reste un mystère, il est clair qu'il s’agit d’un homme cultivé et à la mode. Assis à un bureau, il lève les yeux de son livre pour engager un dialogue avec le spectateur. Ses grands yeux et son doux sourire projettent une chaleur et une empathie inhabituelles à une époque où les hommes étaient généralement représentés avec un sobre détachement. Il porte un somptueux manteau de velours doublé de fourrure de guépard et un gilet de soie richement brodé sur lequel est suspendu un fin jabot de dentelle. » (Commentaire Portland Art Museum)

Marianne Loir. Portrait présumé de Mme Geoffrin (v. 1750-60)

Marianne Loir. Portrait présumé de Mme Geoffrin (v. 1750-60). Huile sur toile, 82 × 100 cm, National Museum of Women in the Arts, Washington. « Marie Thérèse Rodet Geoffrin (1699-1777) était célèbre dans la société parisienne pour la tenue de salons hebdomadaires réunissant des artistes, des écrivains et des hommes politiques remarquables […]
Pour souligner la notoriété de Geoffrin, Marianne Loir insiste sur les détails de sa somptueuse robe. Loir décrit avec minutie le motif complexe de la robe de satin de Geoffrin, les perles décorant ses cheveux et son manteau rouge garni de fourrure. Peut-être encore plus fastueux d’un point du vue pictural apparaissent les plis du manteau tombant sur les épaules et les hanches du modèle. Le traitement par Loir du voile délicat à rayures de Geoffrin est particulièrement impressionnant.
Ce qui singularise ce portrait par rapport à ses contemporains est la volonté de Loir de ne pas idéaliser son modèle. Bien que Geoffrin soit une femme séduisante et brillante, la chair amollie sous son menton indique le début de l'âge mûr, détail que les portraitistes les plus en vogue omettaient. » (Commentaire National Museum of Women in the Arts)

Marianne Loir. Portrait d’Antoine Duplàa à l’âge de neuf ans (1763)

Marianne Loir. Portrait d’Antoine Duplàa à l’âge de neuf ans (1763). Huile sur toile, 75 × 59 cm, musée des Beaux-arts de Tours. Antoine Daplàa est le fils d’un noble Béarnais, le baron de Daplàa, seigneur d’Escou. « Cette œuvre a été réalisée par Marianne Loir l’année suivant sa réception à l’Académie de Marseille. Le minois attendrissant du petit garçon, aux joues rebondies et rosies par le bon air de la campagne, fait oublier l’aspect artificiel de ce type de portrait. La position très figée de l’enfant, la mise en scène organisée pour valoriser ce petit jardinier de théâtre sont représentatives de l’art de Marianne Loir, mais également de cette production de la deuxième moitié du XVIIIe siècle prônant les plaisirs bucoliques et les vertus campagnardes […] Dans ce portrait d’Antoine Duplàa, dominé par le beau rouge de la veste et de la culotte portées par l’enfant, l’artiste décline toute une gamme de couleurs fraîches en harmonie avec le sujet. Ce tableau peut être rapproché d’un autre portrait de Marianne Loir, Portrait de fillette tenant une guirlande de fleurs, qui partage une même douceur avec l’œuvre de Tours. » (Commentaire musée des Beaux-arts de Tours)

Marianne Loir. Portrait de femme en divinité aquatique (1750-69)

Marianne Loir. Portrait de femme en divinité aquatique (1750-69). Huile sur toile, 54,5 × 46,5 cm, musée de Picardie, Amiens. « Ce portrait d'une femme inconnue (qui ne saurait être celui de l'une des filles de Louis XV, comme a pu le proposer le catalogue de 1894), âgée semble-t-il d'une trentaine d'années, nous présente le modèle en buste, la tête légèrement tournée vers la gauche, les yeux fixant le spectateur et les lèvres esquissant un léger sourire. Des algues garnissent ses cheveux et un double rang de perles s'enroule dans sa coiffure pour descendre en tresse sur son épaule droite. Le nœud de sa ceinture s'orne de feuilles de roseaux. Cette même végétation compose l'unique décor qui apparaît derrière le personnage. L'utilisation des perles et des roseaux comme ornements de la figure fonctionne comme un attribut et incite à penser que l'artiste a voulu conférer à son sujet la tournure d'une divinité aquatique. On sait la fortune de ces portraits où le modèle se travestit en une figure mythologique : Largillière, puis surtout Nattier ont beaucoup pratiqué ce genre. » (Commentaire Base Joconde).

Marianne Loir. Portrait de la marquise du Châtelet (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de la marquise du Châtelet (1745-69). Huile sur toile, 118 × 96 cm, musée des Beaux-arts de Bordeaux. Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet (1706-1749), est une personnalité exceptionnelle du 18e siècle. Femme de lettres, mathématicienne, physicienne, elle traduit Newton en Français et popularise l’œuvre de Leibnitz. Elle réalise elle-même des expériences de physique et devient l’amie de Voltaire qu’elle accueille dans son château lorsqu’il est en disgrâce. Ce portrait est le plus célèbre de Marianne Loir, qui a surtout peint une noblesse moins prestigieuse.

Marianne Loir. Portrait de Madame du Boccage (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de Madame du Boccage (1745-69). Huile sur toile, 93 × 75,4 cm, musée d’Art et d’Histoire, Auxerre. Ou Portrait de dame en Flore. Flore (Flora en latin) est une divinité de l’antiquité romaine qui favorisait les récoltes. Elle fut par la suite associée aux fleurs et à la floraison. Il était à la mode sous le règne de Louis XV de représenter les dames en déesse antique. Anne-Marie Fiquet du Boccage (1710-1802) est une femme de lettres originaire de Rouen, qui créa un salon littéraire à Paris.

Marianne Loir. Portrait de la duchesse de Fleury (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de la duchesse de Fleury (1745-69). Huile sur toile, 102 × 87 cm, château de Castries, Hérault. Anne-Madeleine-Françoise d'Auxy de Monceaux, duchesse de Fleury (1721-1802) fut dame du palais de la reine Marie Leczinska, épouse de Louis XV, de 1739 à 1763.

Marianne Loir. Portrait d’un écuyer portant livrée de la reine (1745-69)

Marianne Loir. Portrait d’un écuyer portant livrée de la reine (1745-69). Huile sur toile, 75 × 59 cm, château de Versailles. Attribué désormais à Marianne Loir ce portrait était auparavant considéré comme une œuvre d’Antoine Pesne (1683-1757). Le modèle non identifié pose en livrée de la maison de la reine : manteau de drap rouge à galons bleus et blancs.

Marianne Loir. Portrait présumé de la comtesse de Blois (1745-69)

Marianne Loir. Portrait présumé de la comtesse de Blois (1745-69). Huile sur toile, 73 × 58,5 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait de jeune femme en robe bleue tenant une couronne de fleurs (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de jeune femme en robe bleue tenant une couronne de fleurs (1745-69). Huile sur toile, 99 × 81 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait d'homme consultant un traité historique de numismatique (1745-69)

Marianne Loir. Portrait d'homme consultant un traité historique de numismatique (1745-69). Huile sur toile, 93 × 73 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait présumé de Charles de Montaignac en pâtre (1745-69)

Marianne Loir. Portrait présumé de Charles de Montaignac en pâtre (1745-69). Huile sur toile, 92,5 × 74 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait d’une dame tenant un panier de fleurs (1745-69)

Marianne Loir. Portrait d’une dame tenant un panier de fleurs (1745-69). Huile sur toile, 101 × 80,5 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait de gentilhomme accoudé à son bureau et tenant un livre (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de gentilhomme accoudé à son bureau et tenant un livre (1745-69). Huile sur toile, 92 × 72 cm, collection particulière.

Marianne Loir. Portrait de Monsieur de Fontaine (1745-69)

Marianne Loir. Portrait de Monsieur de Fontaine (1745-69). Huile sur toile, 91,5 × 65 cm, collection particulière.

 

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(*) Guillaune Faroult, conservateur au département des peintures du musée du Louvre, cité par le musée des Beaux-arts de Tour.

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