Rosa Bonheur

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Patrick AULNAS

Portraits

 

Edouard-Louis Dubufe et Rosa Bonheur. Portrait de Rosa Bonheur (1857)

Edouard-Louis Dubufe et Rosa Bonheur. Portrait de Rosa Bonheur (1857)

Huile sur toile, 131 × 98 cm,  Musée national du Château de Versailles.

 

 

Consuelo Fould. Portrait de Rosa Bonheur (1892-93)

Consuelo Fould. Portrait de Rosa Bonheur (1892-93)

Huile sur toile, 131 × 95 cm, Leeds Art Gallery, Leeds.

 

 

Eugène Desideri. Rosa Bonheur (1861-64)

Eugène Desideri. Rosa Bonheur (1861-64)

Photographie, impression à l’albumine sur carton, 8,4 × 5,2 cm, J. Paul Getty Museum, Los Angeles.

 

 

Georges Achille-Fould. Rosa Bonheur dans son atelier (1893)

Georges Achille-Fould. Rosa Bonheur dans son atelier (1893)

Huile sur toile, 91 × 124 cm, musée des Beaux-arts de Bordeaux

 

Biographie

1822-1899

Née à Bordeaux le 16 mars 1822, Marie-Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, est la fille aînée du peintre Raymond Bonheur (1796-1849) et de son épouse Sophie Marquis (1797-1833). Le couple aura trois autres enfants Auguste (1824-1884), Isidore (1827-1901) et Juliette (1830-1891). Sophie Marquis était née de parents inconnus puis adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet, qui se révèlera par la suite être son père naturel.

Raymond Bonheur est un homme doux et rêveur issu d’un milieu modeste. Il se laisse influencer par l’œuvre de Saint-Simon (1760-1825), socialiste utopiste, et part s’installer à Paris en 1828. Son épouse le rejoint l’année suivante. Rosa a donc sept ans lorsqu’elle découvre la capitale. La vie devient très difficile car Raymond fuit la réalité et s’intègre à un groupe de disciples de Saint-Simon. Sophie Marquis ne recevant plus de pension de son père, décédé en 1830, doit travailler pour faire vivre la famille. Elle tombe malade, décède en 1833 et doit être inhumée à la fosse commune, la famille ne pouvant payer des obsèques.

Après l’école primaire, Rosa entame un apprentissage de couturière, mais son goût pour la peinture et la sculpture conduisent son père à l’intégrer à son atelier. Il est donc son professeur, comme ce fut le cas pour presque toutes les femmes peintres jusqu’au début du 19e siècle. Sous l’influence de son père, qui lui enseigne que les animaux ont une âme, Rosa fera d’eux le motif principal de son art.

En 1837, Raymond Bonheur doit réaliser le portrait de la jeune Nathalie Micas (1824-1889). Rosa et Nathalie, âgées de quinze et treize ans deviennent des amies inséparables. Par la suite, elles vivront ensemble jusqu’à la mort de Nathalie en 1889.

 

 

Rosa Bonheur. Portrait de Nathalie Micas (1850-1875)

Rosa Bonheur. Portrait de Nathalie Micas (1850-1875)

Fusain sur papier, 62 × 49 cm, musée national du château de Fontainebleau.

 

Rosa Bonheur expose pour la première fois en 1841 au Salon officiel de peinture et de sculpture et continue au cours des années suivantes. En 1849, elle obtient une médaille d’or pour Bœufs et taureaux, race du Cantal. Sur commande de l’État, elle réalise la même année Labourage nivernais, vaste composition se rattachant au courant réaliste, qui commençait alors à supplanter l’académisme, axé sur l’idéalisation d’épisodes religieux ou de scènes historiques. Le succès de la jeune artiste, qui applique le style académique à des scènes rurales, est déjà considérable. L’art, qui ne s’intéressait que très peu depuis des siècles au monde rural, retrouve ainsi une assise socio-économique dans une société encore largement dominée par l’agriculture et l’élevage.

 

 

Rosa Bonheur. Labourage nivernais (1849)

Rosa Bonheur. Labourage nivernais (1849)

Huile sur toile, 134 × 260 cm, musée d’Orsay, Paris.

 

Raymond Bonheur meurt en 1849 et Rosa le remplace à la direction de son école, appelée École gratuite de dessin pour jeunes filles. En 1853, elle présente au Salon un tableau immense qui remportera un énorme succès international : Le marché aux chevaux. Cette réussite l’amène à voyager en Belgique et en Angleterre où elle rencontre la reine Victoria. Ses toiles se vendent très bien et l’artiste connaît l’aisance financière. Rosa Bonheur ne participe plus au Salon officiel de 1856 à 1866.

 

 

Rosa Bonheur. Le marché aux chevaux (1853)

Rosa Bonheur. Le marché aux chevaux (1853)

Huile sur toile, 245 × 507 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

En 1859, elle achète une vaste demeure, appelée château de By, située dans la commune de Thomery à proximité de la forêt de Fontainebleau. Elle y vit avec Nathalie Micas et la mère de celle-ci. Rosa Bonheur peut dès lors donner libre court à son goût pour les animaux. L’endroit devient une véritable ménagerie qui accueille dans son parc de quatre hectares chiens, moutons, chevaux, bœufs, cerfs, biches, sangliers, mouflons et un couple de lions, dont la femelle Fatma vit en liberté. Le domaine est devenu aujourd’hui un espace culturel et touristique.

 

 

Le Château de By aujourd’hui

Le Château de By aujourd’hui

 

 

Rosa Bonheur et Nathalie Micas à Nice (1882)

Rosa Bonheur et Nathalie Micas à Nice (1882)

Photographie, auteur inconnu.

 

Rosa Bonheur ne s’est jamais mariée car elle voulait conserver son indépendance pour se consacrer à son art. Elle a vécu successivement avec deux femmes au château de By : Nathalie Micas jusqu’à la mort de celle-ci en 1889, puis Anna Klumpke (1856-1942), peintre américaine qui deviendra sa légataire universelle. Il n’y a pas d’accord entre les spécialistes sur l’éventuelle homosexualité de Rosa Bonheur. Elle se présentait elle-même comme un garçon manqué, portait les cheveux courts, fumait des cigares, et s’habillait en homme. L’époque assignait des rôles totalement distincts aux hommes et aux femmes et les vêtements marquaient nettement la différence. Il était interdit à une femme de s’habiller en homme en public. Rosa Bonheur fut donc contrainte d’obtenir un permis de police spécial pour porter le pantalon, permis qui était accordé pour raisons de santé sur avis médical.

 

 

Rosa Bonheur. El Cid, Le seigneur (1879)

Rosa Bonheur. El Cid, Le seigneur (1879)

Huile sur toile, 95 × 76 cm, musée du Prado, Madrid.

 

Malgré ce non conformisme, Rosa Bonheur fait l’admiration des gouvernants de l’époque. L’impératrice Eugénie (1826-1920) lui rend visite en 1864 et l’invite à venir déjeuner au château de Fontainebleau avec l’empereur Napoléon III (1808-1873). En 1865, l’impératrice lui remet au château de By les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. Elle deviendra officier en 1894.

La vie de Rosa Bonheur et de Nathalie Micas se déroule principalement à By, mais à partir de 1880, elles passent l’hiver à Nice et deviennent propriétaires d’une grande villa, dite villa Bornala car située dans le quartier La Bornala de Nice.

A la fin de sa vie, après la mort de Nathalie, Rosa Bonheur aura la chance de rencontrer Anna Klumpke. On est en 1889, Rosa a 67 ans, Anna 33 ans. Les deux femmes se rencontrent à l’occasion de la visite de William Frederick Cody dit Buffalo Bill (1846-1917) au château de By. Le célèbre chasseur de bisons et homme de théâtre était à Paris pour l’Exposition universelle de 1889. Ces deux personnalités atypiques sympathisent : Rosa défend les indiens d’Amérique et Bill Cody s’est prononcé pour le vote des femmes. Cette rencontre fut très commentée dans la presse et de nombreuses personnes souhaitèrent rencontrer Rosa Bonheur, dont un éleveur de chevaux du Wyoming. Au cours de cette rencontre, l’artiste peintre Anna Klumpke joua le rôle d’interprète puis resta auprès de Rosa Bonheur jusqu’à sa mort en 1899.

 

 

Rosa Bonheur et Anna Klumpke dans les années 1890

Rosa Bonheur et Anna Klumpke dans les années 1890

Photographie, auteur inconnu.

 

Rosa Bonheur meurt au château de By, le 25 mai 1899, d’une congestion pulmonaire. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

 

Œuvre

Rosa Bonheur n’a cherché ni l’originalité ni l’innovation, si prisées des milieux artistiques. Peut-être s’est-elle laissé tenter par l’impressionnisme dans quelques aquarelles paysagères.

 

 

Rosa Bonheur. L’automne en forêt (1850-1899)

Rosa Bonheur. L’automne en forêt (1850-1899)

Aquarelle sur papier, 18 × 23 cm, musée national du château de Fontainebleau.

 

Mais d’une manière générale sa peinture reste un art de la représentation fidèle de la nature. Elle maîtrise parfaitement sa technique et n’a cessé au cours de sa vie d’étudier ses sujets animaliers. En se tenant à l’écart des bouleversements formels de la peinture mais aussi des traditionnels sujets historiques, mythologiques et religieux, elle conquiert un large public de bourgeois et d’aristocrates que les innovations et parfois les dérives artistiques de l’époque n’intéressent pas.

 

 

Rosa Bonheur. Moutons au bord de la mer (1865)

Rosa Bonheur. Moutons au bord de la mer (1865)

Huile sur toile, 32 × 46 cm, National Museum of Women in the Arts, New York.

 

Ceux qui prétendent connaître le chemin de l’avenir lui feront évidemment payer ce conservatisme artistique par les petites remarques acides qui sont de tradition. Cézanne, par exemple, trouve Labourage nivernais « horriblement ressemblant ». Rosa Bonheur réussit rapidement et brillamment, Cézanne ne sera accepté que tardivement. Ceci explique sans doute cela.

Il importe en effet de mettre en évidence l’exceptionnelle réussite professionnelle de cette artiste dans un monde qui restait entièrement dominé par les hommes. Dès l’âge de trente ans, Rosa Bonheur a trouvé un public fortuné sans jamais renoncer à son mode de vie atypique. Réaliste, elle crée un atelier de production avec sa compagne Nathalie Micas et sa sœur Juliette. Ses œuvres sont largement diffusées à travers le monde, sous forme d’estampes, par Goupil & Cie, l’un de plus importants marchands d’art et éditeurs français de l’époque. Rosa Bonheur n’hésite pas à entreprendre ce que nous appelons aujourd’hui des actions de promotion. Son personnage interpelle et la presse est toujours ravie d’obtenir une interview. Il en résulte une véritable spéculation autour de ses tableaux. Rosa Bonheur avait parfaitement compris le rôle essentiel du marché (au sens économique) dans la société du 19e siècle et elle a mis en œuvre une stratégie pour le conquérir.

 

 

Rosa Bonheur. Sultan et Rosette (v. 1850)

Rosa Bonheur. Sultan et Rosette (v. 1850)

Aquarelle sur papier, 44,5 × 59,5 cm, Musée national de Varsovie.

 

C’est donc davantage par sa vie que par son œuvre que cette femme intelligente, talentueuse et courageuse marque l’Histoire. Il serait tout à fait ridicule de regarder aujourd’hui le travail de Rosa Bonheur avec le snobisme dont Cézanne faisait preuve. Comme on le verra avec les images ci-après, les peintures et les sculptures de cette artiste ont du caractère. Outre ses peintures animalières, elle représente à merveille le monde rural, sans la prétendue « idéalisation » dont on l’accable parfois.

 

Peintures

Rosa Bonheur. Le labourage (1844)

Rosa Bonheur. Le labourage (1844). Huile sur toile, 74 × 110 cm, collection particulière. Le talent de la jeune artiste de 22 ans se déploie dans cette scène de labourage sous un ciel menaçant, qui occupe, comme dans les paysages hollandais du 17e siècle (par exemple Jacob Van Ruisdael, Le coup de soleil, 1660) les deux-tiers supérieurs de la toile. Les sillons apparaissent au premier plan avec un réalisme qui suppose une observation minutieuse du milieu rural. L’effort des chevaux et du laboureur est mis en évidence par leur position sur la ligne d’horizon. Seul l’enfant assis sur le cheval pour observer le travail donne une note de légèreté à cette scène de rude confrontation entre l’homme et la nature.

Rosa Bonheur. Labourage nivernais (1849)

Rosa Bonheur. Labourage nivernais (1849). Huile sur toile, 134 × 260 cm, musée d’Orsay, Paris. « Datée de 1849, cette scène décrit le premier labour, appelé sombrage, que l'on effectue au début de l'automne et qui ouvre la terre afin de l'aérer pendant l'hiver. On y voit dans une plaine joliment vallonnée et fermée par un coteau boisé, deux attelages de bœufs tirant de lourdes charrues et retournant un champ dont on aperçoit les sillons déjà éventrés.
Tout l'intérêt se concentre sur l'attelage du premier plan, sur ces bœufs du Charolais-Nivernais dont la robe claire, rousse et blanche, est mise en valeur par la lumière froide et claire qui enveloppe toute la scène. C'est d'abord une scène animalière, dont les héros sont les bœufs eux-mêmes, qui laisse peu de place à l'homme : le bouvier est bien petit sur cette toile. C'est un hymne au travail des champs dont la grandeur est d'autant plus magnifiée qu'il est aisé de l'opposer, en ces lendemains de révolution, aux turpitudes de la ville. C'est également une reconnaissance de la province, ici le Nivernais, de ses traditions agricoles et de ses paysages.
Tout ceci fit que cette œuvre réaliste fut presque unanimement louée par la critique. L'Etat qui l'avait commandée à Rosa Bonheur en 1848 pour le musée de Lyon, préféra la conserver à Paris, au musée du Luxembourg. Elle entra ensuite au Louvre à la mort de cette artiste, riche et célèbre, en France, en Angleterre, mais surtout aux Etats-Unis, avant de rejoindre les collections du musée d'Orsay. » (Commentaire musée d’Orsay)

Rosa Bonheur. Sultan et Rosette (v. 1850)

Rosa Bonheur. Sultan et Rosette (v. 1850). Aquarelle sur papier, 44,5 × 59,5 cm, Musée national de Varsovie. Il s’agit des deux  chiens des princes polonais Czartoryski, qui avaient dû fuir la Pologne en proie à des troubles politiques. La princesse Anna Czartoryska avait acquis en 1843 l’hôtel Lambert, situé sur l’île Saint-Louis à Paris. La famille Czartoryski y accueillait les émigrés polonais.

Rosa Bonheur. Le marché aux chevaux (1853)

Rosa Bonheur. Le marché aux chevaux (1853). Huile sur toile, 245 × 507 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Ce tableau, le plus connu de Rosa Bonheur, représente le marché aux chevaux qui se déroulait à Paris sur le boulevard de l'Hôpital, large artère bordée d'arbres, proche de l'hôpital de la Salpêtrière visible à l'arrière-plan gauche. Pendant un an et demi, Rosa Bonheur a dessiné à cet endroit deux fois par semaine, s'habillant en homme pour ne pas attirer l'attention. Rosa Bonheur était déjà connue peintre animalier lorsque la peinture fut présentée au Salon de Paris de 1853, où elle a reçu de nombreux éloges. Pour son projet définitif, l'artiste s'est inspirée de George Stubbs, Théodore Gericault, Eugène Delacroix et de la sculpture grecque antique : elle prétendait que Le marché aux chevaux était sa frise du Parthénon. » (Commentaire MET)

Rosa Bonheur. Scène de labour (1854)

Rosa Bonheur. Scène de labour (1854). Huile sur toile, 49,5 × 80,5 cm, The Walters Art Museum, Baltimore. « Des bœufs traînent une charrue sous le soleil de midi dont la chaleur est palpable. Ils sont suivis par un homme dont le visage est masqué par un chapeau qui le protège du soleil éclatant, tandis que les oiseaux picorent dans le sillon laissé à sa gauche. Rosa Bonheur figurait parmi les peintres animaliers les plus célèbres du XIXe siècle. Elle a fréquemment représenté des scènes de labour mettant en évidence sa maîtrise de l'anatomie animale, qu’elle avait étudiée par la dissection. » (Commentaire The Walters Art Museum)

Rosa Bonheur. La fenaison - Auvergne (1855)

Rosa Bonheur. La fenaison - Auvergne (1855). Huile sur toile, 213 × 422 cm, musée national du château de Fontainebleau. La base Joconde cite des réactions de la critique lors de l’exposition universelle de 1855. En voici un extrait :
« Exposition Universelle par Valleyres. Les bœufs de Mlle Bonheur. Je ne m’arrête pas au char, mais aux bœufs, celui qui se présente presque de face, avec son admirable poitrail d'un ton brun, miroitant, qui va se perdre dans le roux. Ces mufles sont bien cela, épais et frais, dégouttant de longs fils d'écume. On serait tenté de croire que ce dernier détail est de trop, quelques touches dans le pelage sont singulièrement délicates, eh bien, malgré le fini, cette peinture est large, elle est puissante. Encore un peintre qui retourne tous les jours à l'école des champs, en face de la nature, qui en a compris l'indicible beauté et qui la rend. »

Rosa Bonheur. Barbaro après la chasse (1858)

Rosa Bonheur. Barbaro après la chasse (1858). Huile sur toile, 96,5 × 130,2 cm, Museum of Art. « Le chien Barbaro est assis à côté du seau et de la brosse en bois avec lesquels il vient d'être nettoyé après une journée de chasse. Barbaro était l'un des nombreux animaux peints par Marie-Rosalie Bonheur au Château de By, situé près de Fontainebleau, en France. » (Commentaire Philalelphia Museum of Art)

Rosa Bonheur. Highland Raid (1860)

Rosa Bonheur. Highland Raid (1860). Huile sur toile, 51 × 84 cm, National Museum of Women in the Arts, New York. « Highland Raid  incarne la capacité de l'artiste à saisir la nature animale, ces taureaux et moutons dont les épais manteaux laineux sont typiques du bétail des Highlands. Le ciel menaçant suggère que les bergers tentent de devancer la tempête imminente, pour mener le troupeau à l’abri en descendant vers un chemin. » (Commentaire National Museum of Women in the Arts)

Rosa Bonheur. Cerfs dans la forêt de Fontainebleau (1862)

Rosa Bonheur. Cerfs dans la forêt de Fontainebleau (1862). Crayon, aquarelle et gomme arabique, 34 × 50 cm, collection particulière. Avec cette remarquable aquarelle, l’artiste choisit une touche délicate permettant de faire ressortir les détails de la végétation et privilégie un chromatisme réduit mais riche de nuances de gris, blanc, ocre, vert.

Rosa Bonheur. Berger des Pyrénées (1864)

Rosa Bonheur. Berger des Pyrénées (1864). Huile sur toile, 68 × 100 cm, musée Condé, Chantilly. « Le duc d’Aumale lui commanda ce tableau en 1864 pour la duchesse d’Aumale. La comtesse de Ségur servit d’intermédiaire entre l’artiste et le prince, alors exilé en Angleterre. Le tableau plut tellement au duc et à la duchesse, que celui-ci doubla le prix convenu avec Rosa Bonheur, qui de 5 000 francs passa ainsi à 10 000 francs. Par la suite, Rosa Bonheur fut invitée à déjeuner à Chantilly en 1894 avec Ernest Lavisse et Auguste Cain. » (Commentaire musée Condé)

Rosa Bonheur. Moutons au bord de la mer (1865)

Rosa Bonheur. Moutons au bord de la mer (1865). Huile sur toile, 32 × 46 cm, National Museum of Women in the Arts, New York. « Rosa Bonheur a réalisé Moutons au bord de la mer après un voyage dans les Highlands écossais au cours de l’été 1855. En peignant ce paisible troupeau de moutons installés dans une prairie près d'un plan d'eau, Bonheur a saisi un moment de sérénité. Moutons au bord de la mer montre l’intérêt de l'artiste pour l'observation directe de la nature. La peinture appliquée en couche épaisse possède une texture qui transmet la luxuriance d'un paysage verdoyant au bord de l'eau […]
Bien que l'impératrice Eugénie de France ait commandé Moutons au bord de la mer, Bonheur exposa le tableau au Salon de 1867 avant qu'il n'entre dans la collection impériale. L'impératrice (comme sa contemporaine, la reine Victoria) a également fréquenté le célèbre artiste britannique Sir Edwin Landseer, dont les peintures sentimentales d'animaux domestiques sont devenues populaires parmi les classes supérieures en Angleterre et en France. Pourtant, contrairement aux animaux de Landseer, qui simulent des sentiments humains, les animaux de Bonheur apparaissent dans leurs habitats naturels, non soumis aux lois et aux émotions humaines. » (Commentaire National Museum of Women in the Arts)

Rosa Bonheur. Le monarque de la harde (1868)

Rosa Bonheur. Le monarque de la harde (1868). Huile sur toile, 79,4 × 99,1 cm, collection particulière. Rosa Bonheur place au premier plan le cerf dominant de la harde et laisse à l’arrière-plan les autres animaux, en particulier les biches.

Rosa Bonheur. L'aigle blessé (v. 1870)

Rosa Bonheur. L'aigle blessé (v. 1870). Huile sur toile, 147,6 × 114,6 cm, Los Angeles County Museum of Art. L’aigle n’est pas courant dans les tableaux de Rosa Bonheur. Peut-être est-ce le seul. Pour comprendre, il faut sans doute se replacer dans le contexte historique, c’est-à-dire la guerre franco-prussienne qui se déroule de juillet 1870 à janvier 1871 et qui se termine par la victoire allemande. L’image de l’aigle appartient aux armoiries des souverains, aussi bien Napoléon III que Guillaume 1er, roi de Prusse. L’artiste a elle-même indiqué que la défaite française l’incita à changer de sujet : « Je m’occupai alors de grands félins. C’est à l’influence de nos désastres que j’attribue l’idée d’abandonner les pacifiques animaux dont je m’étais occupée jusqu’alors ». La symbolique de la défaite apparaît clairement dans le tableau : un aigle blessé tombant vers le sol sur fond de ciel nuageux.

Rosa Bonheur. Lionne posant (1874)

Rosa Bonheur. Lionne posant (1874). Huile sur toile, 54 × 63,5 cm, collection particulière. Rosa Bonheur possédait un couple de lions dans son domaine de By et avait donc tout loisir d’observer les attitudes de ces fauves.

Rosa Bonheur. El Cid, Le seigneur (1879)

Rosa Bonheur. El Cid, Le seigneur (1879). Huile sur toile, 95 × 76 cm, musée du Prado, Madrid. « Bonheur s'est particulièrement intéressée aux félins, comme le montre ce lion de l'Atlas, désigné ainsi en fonction de la montagne en arrière-plan. Le titre de l'œuvre, lié à l'Espagne, évoque également la liberté, l'insubordination et le courage, valeurs que l'artiste a exprimées dans sa propre vie et à travers la représentation des animaux, qui sont devenues le motif principal de son travail. » (Commentaire musée du Prado)

Rosa Bonheur. Le colonel William F. Cody (1889)

Rosa Bonheur. Le colonel William F. Cody (1889). Huile sur toile, 47 × 39 cm, Buffalo Bill Center of the West, Cody (Wyoming). « Les Européens appréciaient beaucoup le spectacle Wild West de William F. "Buffalo Bill" Cody. Lors de son voyage à Paris en 1889, la peintre française Rosa Bonheur a visité l'exposition universelle pour réaliser des esquisses des animaux exotiques américains et des guerriers indiens avec leurs familles. Cody, à son tour, a accepté l'invitation de Rosa Bonheur dans son château proche de Fontainebleau où elle a peint ce portrait. » (Commentaire Buffalo Bill Center of the West)

Rosa Bonheur. Deux chevaux (v. 1889)

Rosa Bonheur. Deux chevaux (v. 1889). Huile sur toile, 64 × 80 cm, National Gallery, Athènes. Ce gros plan sur les têtes des chevaux permet à Rosa Bonheur de saisir le regard. L’arrière-plan n’a pas été étudié et reste indistinct.

Rosa Bonheur. L’automne en forêt (1850-1899)

Rosa Bonheur. L’automne en forêt (1850-1899)

Aquarelle sur papier, 18 × 23 cm, musée national du château de Fontainebleau.

Rosa Bonheur. Chemin à l’orée d’un bois (1850-1899)

Rosa Bonheur. Chemin à l’orée d’un bois (1850-1899)

Aquarelle sur papier, 15,5 × 24 cm, musée national du château de Fontainebleau.

Avec ces aquarelles Rosa Bonheur élargit sa thématique vers le paysage, mais surtout, elle adopte un style impressionniste qui n’apparaît pas dans ses scènes animalières. Dans les deux cas, le répertoire chromatique se limite aux blancs, crème, ocre, gris, gris-vert.


 

Sculptures

Rosa Bonheur. Brebis tondue (1842)

Rosa Bonheur. Brebis tondue (1842). Bronze, 14,6 × 21,6 × 10,2 cm, Metropolitan Museum of Art. Le modèle est daté 1842, coulé probablement avant 1891.

Rosa Bonheur. Taureau marchant (1846)

Rosa Bonheur. Taureau marchant (1846). Bronze, 17,5 × 31,6 × 11,1 cm, Metropolitan Museum of Art. Le modèle est daté 1846.

Rosa Bonheur. Buffle allongé (1846)

Rosa Bonheur. Buffle allongé (1846). Bronze, 14,6 × 28,9 cm, Metropolitan Museum of Art. Le modèle est daté 1846.

Rosa Bonheur. Le bélier couché-1 (1850-1899)

Rosa Bonheur. Le bélier couché-1 (1850-1899)

Rosa Bonheur. Le bélier couché-2 (1850-1899)

Rosa Bonheur. Le bélier couché-2 (1850-1899)

Bronze et fonte, 9 × 22,5 × 12 cm, musée Alphonse-Georges Poulain, Vernon.


 

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