Peinture flamande

 
 
0. Panorama 15-16e siècles
1. La peinture flamande au 15e siècle
2. La Première Renaissance en Italie (15e siècle)
3. La peinture française aux 15e et 16e siècles
4. La Haute Renaissance en Italie (fin 15e siècle et 16e siècle)
5. La Renaissance en Europe du Nord
6. Le maniérisme

 

1. La peinture flamande au 15e siècle

 

 

Van der Weyden. Descente de croix (1435)Van der Weyden. Descente de croix (1435)

 

Le 19e siècle a qualifié les peintres de cette période de primitifs flamands car le renouveau artistique au 15e siècle en Europe du Nord présente deux caractéristiques.

- Il est circonscrit à la région des Pays-Bas méridionaux comprenant approximativement la Belgique actuelle et le Luxembourg. Des villes comme Bruxelles, Gand, Bruges, Anvers, Tournai jouissent d'une prospérité économique propice au développement d'une activité artistique.

- Le renouveau artistique ne s'accompagne pas comme en Italie d'un rejet du style gothique international du 14e siècle. L'expression gothique tardif est parfois utilisée pour qualifier cet art, car il peut être analysé comme une transition douce entre la peinture gothique et la Renaissance.

La réalité historique est évidemment complexe, d'autant que les relations entre Flandre et Italie du Nord étaient solidement établies depuis le 12e siècle avec les foires de Champagne où se rencontraient les commerçants italiens et flamands. Les influences réciproques dans le domaine artistique sont incontestables : le puissant réalisme des maîtres flamands a été admiré par les peintres de la Première Renaissance italienne.

 

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Robert Campin, le Maître de Flémalle (1375-1444)

Le premier grand artiste qui imprime sa marque au renouveau de la peinture en Flandre est appelé le Maître de Flémalle, petite ville près de Liège. La caractéristique essentielle de certaines de ces œuvres est la volonté de se rapprocher d'un réalisme inconnu du gothique international des siècles précédents.

Jan Van Eyck (1390-1441)

Jan Van Eyck a longtemps été considéré comme l'inventeur de la peinture à l'huile, mais en réalité, ce procédé technique est plus ancien. Il est certain, par contre, que les artistes flamands du début du 15e siècle ont considérablement fait progresser les possibilités offertes par cette technique. Van Eyck a sans doute été le principal novateur dans ce domaine, tout autant, et peut-être plus, que le Maître de Flémalle.

Petrus Christus (v. 1410-1476)

Petrus Christus est sans doute le peintre flamand le plus proche de Jan Van Eyck, qui fut son maître. Il s’intéresse particulièrement à la perspective et réussit magistralement à représenter l’espace par des arrière-plans percés de vastes fenêtres nous laissant apercevoir le décor extérieur. Quant aux portraits de Christus, ils dépassent ceux de son maître par le traitement de la lumière.

Rogier Van der Weyden (1399-1464)

Rogier Van der Weyden est, avec Robert Campin et Jan Van Eyck, le troisième grand fondateur de la peinture flamande du 15e siècle. Il apporte une évolution notable de la thématique : il s'agit d"un peintre de l'intériorité. 

Hugo Van der Goes (v. 1440-1482)

L’œuvre de Van der Goes est un prolongement de la peinture de Van Eyck et Van der Weyden, qui sont incontestablement ses grandes références. Il accentuera encore l’intensité émotionnelle qu’avait recherchée Van der Weyden, avec des compositions très personnelles et tourmentées.

Hans Memling (1435/40-1494)

L'œuvre de Memling est l'aboutissement de tous les apports du 15e siècle flamand. Qu'il s'agisse des polyptyques, des scènes religieuses ou des portraits, son aisance est exceptionnelle. Il excelle particulièrement dans l'art du portrait. 

Gérard David (v. 1455-1523)

Gérard David peut être considéré comme le dernier grand « primitif » flamand. Il arrive à Bruges à la fin de la vie de Memling et subira évidemment son influence. Mais son évolution artistique l'amènera à tisser le lien entre la peinture flamande du 15e siècle et la première Renaissance italienne.

Gérard de Saint-Jean (1460/65 -1490/95)

Ce peintre Néerlandais très attachant se distingue nettement des primitifs flamands par l'intérêt qu'il porte à l'émotion des personnages. Sa courte carrière (à peine dix ans) ne l'empêchera pas d'influer notablement sur la peinture néerlandaise du 16e siècle.

Jérôme Bosch (v. 1451-v. 1516)

Bosch est avant tout un peintre de l'intériorité, d'où l'intérêt qu'il a suscité au 20e siècle dans le monde de la psychanalyse. Dès 1605, Jose de Sigüenza (1544-1606), historien et théologien espagnol, écrivait : « Les autres cherchent à peindre les hommes tels qu'ils apparaissent vus du dehors ; celui-ci a l'audace de les peindre tels qu'ils sont au-dedans. »

Quentin Metsys (1466-1530)

Metsys est davantage un grand technicien qu'un novateur. Il a parfaitement assimilé les apports des grands maîtres du 15e siècle flamand, mais il connaît également les reproductions de Léonard de Vinci (1452-1519). Son art constitue une tentative de synthèse entre le réalisme de la peinture flamande et les innovations picturales de la Renaissance italienne.

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