Panorama 15-16e siècles

 
 
 

Botticelli. La Naissance de Vénus (v. 1485)Botticelli. La Naissance de Vénus (v. 1485)

0. Panorama 15-16e siècles
1. La peinture flamande au 15e siècle
2. La Première Renaissance en Italie (15e siècle)
3. La peinture française aux 15e et 16e siècles
4. La Haute Renaissance en Italie (fin 15e siècle et 16e siècle)
5. La Renaissance en Europe du Nord
6. Le maniérisme

 

0. Panorama 15e et 16e siècles

A partir du 14e siècle, certains hommes prennent conscience qu'ils n'appartiennent plus au Moyen Âge. Il s'agit d'intellectuels comme le poète italien Pétrarque qui prône la redécouverte des auteurs anciens en respectant le texte original grec ou latin. Ces hommes s'aperçoivent que la longue période qui commence au 5e siècle, lorsque s'effondre l'Empire romain d'Occident, arrive à son terme. Il est possible de faire renaître la culture de l'Antiquité (littérature, sciences, art). Les mots italiens rinascimento ou rinascita seront transposés en français et même en anglais par le vocable renaissance. Il n'est pas possible de fixer une date précise du début de la Renaissance mais ses manifestations culturelles s'étalent sur les 15e et 16e siècles. C'est au cours de cette période que l'homme occidental va progressivement prendre conscience de l'histoire. Pour l'homme médiéval, l'histoire n'existait pas : à l'ère sous la loi correspondant à l'Ancien Testament avait succédé l'ère de la grâce postérieure à la naissance de Jésus-Christ. Aux yeux de l'homme médiéval d'occident le dieu des chrétiens déterminait seul le destin des hommes. La construction d'un récit humaniste de l'histoire, reposant sur la distinction Antiquité, Moyen Âge, Renaissance, constitue une avancée majeure qui permet à l'homme de se libérer d'une vision religieuse et dogmatique de son passé. Ce récit constitue aussi l'arrière-plan intellectuel de toutes les innovations culturelles de cette époque cruciale : c'est parce que l'homme prend conscience qu'il bâtit lui-même son histoire qu'il décide d'innover hardiment. La redécouverte de la culture antique offrit aux artistes de la Renaissance des modèles et des sources d'inspiration. L'art religieux du Moyen Âge laissa place à davantage de réalisme.

Deux innovations techniques sont à la base de cette nouvelle tendance au réalisme. La peinture à l'huile remplace la tempera à l'œuf utilisée au Moyen Âge. La tempera à l'œuf est une émulsion de pigments mélangés à du jaune d'œuf dilué. Ce produit était en général appliqué sur des panneaux de bois. La peinture à l'huile est un mélange de pigments et d'huile (par exemple huile de lin) permettant d'obtenir une pâte colorée plus ou moins épaisse. La tempera sèche très vite, la peinture à l'huile très lentement. Le peintre peut donc travailler longuement son tableau, le corriger, l'améliorer s'il utilise l'huile. La peinture à l'huile est une pâte visqueuse permettant de nombreux effets : fine couche, empâtements, fondus, dégradés, ombres. Tout cela était impossible avec la tempera sur bois. La seconde innovation majeure est la représentation en perspective mathématique. Le Moyen Âge utilisait la perspective symbolique ou signifiante : les personnages sont représentés par taille croissante en fonction de leur importance symbolique (le seigneur est plus grand que le paysan, la vierge est plus grande que ses protégés).

 

La Vierge au manteau d’hermine (1407)La Vierge au manteau d'hermine (1407). Œuvre d'un artiste inconnu probablement originaire de Flandre, La vierge au manteau d'hermine était destinée à orner l'église des Carmes du Puy. Elle est actuellement au musée Crozatier du Puy-en-Velay. La Vierge accueille et protège les simples humains représentés plus petits.

 

La perspective linéaire permet de simuler trois dimensions sur la surface plane du tableau. Alors que les peintures du Moyen Âge apparaissaient plates à l'observateur, la perspective permettra des effets de profondeur, donnant ainsi une illusion de tridimensionnalité. Les principes de la perspective linéaire ont été théorisés par des architectes (Filippo Brunelleschi, 1377-1443 ; Leon Battista Alberti, 1404-1472)  au début du 15e siècle. En peinture, l'un des premiers tableaux utilisant la perspective est La Sainte Trinité de Masaccio (1401-1428) :

 

Masaccio. La Sainte Trinité (1425-28)La Sainte Trinité (1425-28). Fresque peinte dans l'église Santa Maria Novella de Florence. Le plafond voûté à caissons situé derrière le Christ donne à l'observateur une impression de profondeur : "...on dirait que la voûte s'enfonce dans le mur" écrira Giorgio Vasari (1511-1574) dans son ouvrage Vies des meilleurs peintres sculpteurs et architectes.

 

La peinture des 15e et 16e siècles comporte plusieurs phases dominantes et géographiquement situées. Le point de savoir où commence exactement la Renaissance et où elle finit relève de querelles byzantines entre historiens et ne sera pas abordé. Chacun s'accorde cependant sur un point en ce qui concerne la peinture : le renouveau de cet art naît simultanément en Flandre et à Florence au tout début du 15e siècle.

 


Principales sources.

 - Histoire de l'Art par H. W. Janson, Eclectis Cercle d'Art, Paris 1993.

 - Tout sur L'Art, Flammarion, Paris 2010.

 - La peinture flamande et hollandaise, Editions Place des Victoires, 2010.

 - Encyclopedia Universalis, 20 volumes, Paris 1975.

 - http://www.larousse.fr/encyclopedie

 - Wikipedia

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