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La nativité (1480-95). Huile sur bois, 34 × 25 cm, National Gallery, Londres. Il ne s'agit pas de la première nativité nocturne puisque le Gothique international en possédait déjà (par exemple, en 1423, Gentile da Fabriano). Mais celle de Gérard de Saint-Jean semble constituer une anticipation du Nouveau-né (1645-48) de Georges de La Tour. Le caractère très épuré des formes et la maîtrise de l'effet de lumière provenant de l'enfant donnent à cette composition une intensité inédite à cette époque.
« Ce tableau illustre la scène traditionnelle de Noël : l'Enfant Jésus, couché dans la crèche, est veillé par Marie, Joseph et des anges adorateurs, tandis qu'un bœuf et un âne apparaissent dans l'obscurité, à l'arrière-plan. À travers le mur du fond, en ruine, on aperçoit des bergers et leurs moutons, sur les collines, rassemblés autour d'un feu, leur chien à leurs côtés. Ils contemplent avec émerveillement l'ange qui brille dans le ciel.
La lueur divine de l'Enfant Jésus est une lueur dans l'obscurité, créant une atmosphère d'intimité et de recueillement qui nous plonge au cœur de la scène. L'idée de cette scène nocturne éclairée de cette manière n'est pas de Gérard de Saint-Jean, mais s'inspire de deux crèches nocturnes aujourd'hui disparues, réalisées par Hugo van der Goes. » (Commentaire National Gallery)
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Saint Jean-Baptiste au désert (1480-95). Huile sur bois, 42 × 28 cm, Staatliche Museen, Berlin. Il s'agit, avec La nativité, du second chef-d'œuvre de Gérard de Saint-Jean. Ces tableaux appartiennent à cette catégorie d'œuvres touchant immédiatement tout observateur, sans qu'il soit besoin de posséder une culture artistique. Leur puissance évocatrice réside dans l'universalité de l'émotion traduite et dans une simplicité formelle reposant cependant sur une maîtrise technique de haut niveau.
« Depuis les débuts du christianisme, la naissance du Christ et celle de Jean-Baptiste ont été associées aux grands moments charnières de l'année, marquant respectivement le début de l'hiver et de l'été. Les paroles émouvantes de Jean-Baptiste, "Il faut qu'il croisse, et que je diminue" (Jean 3, 30), ont toujours été liées à la durée du jour. Il semble que Gérard de Saint-Jean permette également à cet évènement, à savoir la naissance de Jean en été, de résonner dans ce paysage estival fleuri, liant ainsi indissolublement la fin tragique de Jean-Baptiste à la mort du Christ. La représentation du cadre naturel est particullièrement remarquable et tient du chef-d'œuvre, constituant une innovation artistique sans précédent. C'est pourquoi ce petit tableau est considéré à juste titre comme l'incunable de la peinture de paysage européenne. Rainald Grosshans » (Commentaire Staatliche Museen)
ÉTUDE DÉTAILLÉE
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La résurrection de Lazare (1480-95). ). Huile et tempera sur bois, 127 x 97 cm, musée du Louvre, Paris. Le peintre a repris un thème traité par son maître Aelbert Van Ouwater en le transposant en extérieur, ce qui autorise un riche paysage en arrière-plan.
« La restauration de 1985-1986 a fait réapparaître en bas à droite une petite fille en orante, détail masqué à une date inconnue, ainsi qu’un pied du Christ, caché, lui, par un autre pied différemment orienté qui aura été vraisemblablement peint au XVIIe s. (Bergeon).
Scène tirée de l’Évangile de saint Jean (XI, 1-44). À l’arrière-plan, les sœurs de Lazare font venir le Christ. Le chien vaut sans doute comme symbole de fidélité (cf. Guratzsch).
Tableau indépendant plutôt que partie d’un retable (centre ou volet), et d’une destination probablement privée (peinture-épitaphe pour la chapelle de quelque famille ?). La composition doit beaucoup à la miniature et à la gravure hollandaises des années 1440-1450 (cf. Fiero). L’une des rares œuvres sûres de cet artiste mort très jeune. – À dater assez tardivement, vers 1480-1485, datation s’accordant avec les données dendrochronologiques. La datation précoce, proposée par Châtelet, qui fait du reste naître Geertgen vers 1445-1450 puis décéder vers 1475, n’a généralement pas convaincu. » (Commentaire musée du Louvre)
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La Vierge et l'Enfant (1) (1480-95). Huile sur bois, 27 × 21 cm, Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Vierge de l'Apocalypse qui semble emportée dans un tourbillon d'anges musiciens.
« Le panneau représente une adoration de Marie, synthèse de divers textes bibliques. La vision montre Marie assise sur la faucille lunaire, terrassant le dragon. Elle est entourée d'anges jouant avec des instruments de musique et des instruments de la Passion. La dimension visionnaire est renforcée par la lumière céleste qui enveloppe la mère et l'Enfant. Cette représentation de Marie fait référence à l'Apocalypse de saint Jean 12,1 : "Et un grand signe apparut dans le ciel : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles." Ce panneau faisait initialement partie d'un diptyque. L'autre panneau, conservé à Édimbourg, représente la crucifixion du Christ. » (Commentaire Museum Boijmans Van Beuningen)
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La Vierge et l'Enfant (2) (1480-95). Huile sur bois, 81 × 52 cm, Staatliche Museen, Berlin. « Sur ce panneau, Geertgen réinterprète les modèles d'Hugo van der Goes avec une simplicité charmante. Une Vierge à l'Enfant pensive partage une douce rêverie, suggérée par l'ancolie que tient Jésus. Cette fleur symbolise l'introspection et la mélancolie. » (Commentaire Web gallery oif Art)
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L'Adoration des mages (1) (1480-95). Huile sur bois, 90 × 70 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. Selon le récit biblique, trois mages auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l'or, l'encens et la myrrhe. L'originalité de la composition se situe dans l'expressivité des visages dont l'émotion nous est transmise.
« Le peintre Geertgen tot Sint-Jans vécut à Haarlem, au monastère des Chevaliers de Saint-Jean (Sint-Jansheren), dont il tira son nom. Les trois rois mages représentent les trois générations et sont originaires des trois continents connus au Moyen Âge : l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ils rendent hommage à l’enfant Jésus. » (Commentaire Rijksmuseum)
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L'Adoration des mages (2) (1480-95). Huile sur bois, 111 × 69 cm, Národní Galerie, Prague. Il s'agit d'un volet d'un triptyque qui a été démantelé. Comme précédemment, traitement soigné de l'émotion des personnages.
« Le côté gauche du tableau a été découpé ; à l'origine, saint Jean était représenté derrière Marie, et le motif du baiser de la main se trouvait au centre de la composition. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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Lamentation sur le Christ mort (1480-95). Huile sur bois, 175 × 139 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Thème récurrent de la peinture occidentale appelé aussi Déploration du Christ. Le Christ est mort, allongé, et des personnages le pleurent. La Lamentation de Gérard de Saint-Jean est emprunte de douceur et insiste sur le chagrin quand Van der Weyden, par exemple, demeure solennel et dramaturgique.
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Les reliques de saint Jean-Baptiste (1480-95). Huile sur bois, 172 × 139 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Triptyque offert par le peintre au couvent des chevaliers de Saint-Jean de Haarlem, où il vivait. Un seul panneau nous est parvenu. Jean le Baptiste ou Saint Jean-Baptiste est le prophète qui, selon la tradition chrétienne, aurait annoncé la naissance du Christ. De nombreuses communautés religieuses ont prétendu détenir les reliques de saint Jean-Baptiste, en faisant ainsi un thème artistique.
« À l'arrière-plan, l'inhumation séparée de la tête et du corps après la décapitation de Jean-Baptiste sous Hérode ; au premier plan, l'ouverture du tombeau et la crémation des ossements sur ordre de l'empereur Julien l'Apostat en 362 ; au second plan, la redécouverte des restes sauvés au XIIIe siècle. Cette scène a cependant été transposée à la fin du XVe siècle, les membres de l'Ordre de Saint-Jean de Haarlem étant représentés dans un portrait de groupe – le plus ancien de l'histoire de la peinture. » (Commentaire Kunsthistorisches Museum)
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L'arbre de Jessé (1480-95). Huile sur bois, 89 × 59 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. Il s'agit d'un thème fréquent dans la peinture occidentale entre les 12e et 15e siècles. Il représente l'arbre généalogique (mythologique) de Jésus de Nazareth. On remonte à Jessé, père du roi David.
« L'arbre généalogique du Christ est ici représenté symboliquement. Il prend racine dans la figure endormie de Jessé, ancêtre d'une lignée de rois qui comprend, selon la tradition, Salomon, David et Jésus. Les branches sont ornées des rois d'Israël, parmi lesquels le roi David avec sa harpe. Au sommet, la Vierge est assise, tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. » (Commentaire Rijksmuseum)
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La Sainte Famille (1480-95). Huile sur bois, 137 × 105 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. Encore appelé La famille de la Vierge, ce tableau atypique a tout le charme de la candeur.
« Les proches parents du Christ sont réunis dans une église médiévale imaginaire [...] À gauche, la Vierge (en bleu) est assise avec Jésus sur ses genoux, à côté d'Anne, sa mère. Derrière eux se tiennent leurs époux, Joachim et Joseph. À droite, on aperçoit la cousine de Marie, Élisabeth, avec son fils, Jean-Baptiste. » (Commentaire Rijksmuseum)
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