
Retable de Miraflores (1442-45). Huile sur bois, 71 × 43 cm (chaque panneau), Staatliche Museen, Berlin. Les trois panneaux de taille identique (71 × 43 cm) évoquent trois épisodes de la vie du Christ. A gauche, la Sainte Famille (naissance de Jésus) ; au centre une Pietà (la Vierge berçant le corps du Christ mort) ; à droite, la résurrection du Christ (il apparaît devant la Vierge Marie).
« En 1445, le roi Jean II de Castille légua à la chartreuse de Miraflores, près de Burgos, une œuvre représentant la Nativité, les Lamentations et l'Apparition à Marie du Christ ressuscité. Ce don est mentionné dans le "libro del becerro", registre des actes de la chartreuse, aujourd'hui disparu [...]
Les trois panneaux, organisés chacun autour d'une perspective spatiale délimitée, représentent des étapes importantes de la vie de Marie et du Christ et illustrent avec force la relation intime entre la mère et le fils. À gauche, on voit l'adoration du nouveau-né, nu sur un drap blanc, sur les genoux de Marie. Le vieux Joseph, assis sur un tabouret, somnole ; il est manifestement exclu de ce lien profond entre la mère et le fils. Un précieux tissu d'honneur sert de toile de fond à la scène, la séparant de la chambre gothique voûtée.
Le deuxième panneau s'ouvre sur un vaste paysage où la Croix se dresse sur une colline. Marie, accablée de chagrin, tient son fils mort dans ses bras, soutenue par saint Jean l'Évangéliste et Joseph d'Arimathie. Dans le troisième panneau, le Christ ressuscité se tient devant sa mère, soudainement tirée de sa douleur.
Chacun des trois panneaux est encadré d'une archivolte richement ornée de sculptures, qui met en valeur les scènes principales. Au sommet de chaque panneau, un ange tient une couronne et un rouleau qui exalte les différentes vertus de Marie en lien avec la scène correspondante. Elle est digne de recevoir les trois couronnes, car elle est la plus vertueuse et la plus pure, la plus pieuse durant les Passions du Christ, et la plus persévérante. Les textes brodés sur les bordures du manteau de Marie soulignent également la dimension mariale de l'œuvre. Ils sont tirés du Magnificat, le cantique à la gloire de Marie dans l'Évangile selon saint Luc. Un détail inhabituel de ces tableaux est l'encadrement ocre des portails, qui évoque au premier abord une construction en bois. En réalité, cependant, un tel matériau est difficilement concevable – pas plus qu'un décor architectural peint en brun. Rogier van der Weyden joue ici avec différents niveaux de réalité. Il est fort probable que le brun des portails ait repris les tons du cadre d'origine, aujourd'hui disparu. (Kathrin Dyballa | 200 chefs-d'œuvre de la peinture européenne) » (Commentaire Staatliche Museen)
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Triptyque de la crucifixion (v. 1445). Huile sur bois, 101 × 70 cm (centre), 101 × 35 cm (chaque aile), Kunsthistorisches Museum, Vienne. Volet gauche : Marie-Madeleine. Panneau central : le Christ en croix avec la Vierge Marie (en bleu) et saint Jean (en rouge). Les donateurs sont représentés priant au pied de la croix. Volet droit : Sainte Véronique.
« Avec Jan van Eyck, Rogier van der Weyden domina la peinture néerlandaise à Bruxelles durant la première moitié du XVe siècle, travaillant aussi bien pour la cour de Bourgogne que pour le patriciat urbain. On sait qu'en 1450, il entreprit un pèlerinage à Rome. Le tableau de Vienne, cependant, fut réalisé avant ce voyage en Italie, qui, au siècle suivant, allait définir les normes de la formation artistique. Aujourd'hui, cette scène de la Crucifixion est disposée sur un autel à volets, mais il s'agissait probablement à l'origine d'un seul panneau, dont le "cadre" était simplement peint. Peu après sa création, l'œuvre fut sciée en trois parties, tranformant les portraits de sainte Marie-Madeleine et de sainte Véronique en volets d'un triptyque. Compte tenu de son état d'origine, l'innovation artistique de van der Weyden n'en est que plus significative : pour la première fois, il réunit tous les personnages – le groupe de la Crucifixion, les saints et les donateurs – devant un paysage continu, où se dessine à l'horizon une Jérusalem idéalisée. Le réalisme d'un espace aussi unifié était inédit. Aujourd'hui méconnus, les mécènes ne sont séparés du sujet central, la contemplation religieuse, que par une fissure bien visible dans le sol – un concept si novateur qu'il fut d'abord atténué dans les peintures de la période suivante. Longtemps après, les donateurs, accompagnés de leurs saints patrons, furent représentés sur les volets de l'autel. Une autre innovation apparaît : le pagne du Christ, qui semble flotter au vent. Ce motif devint fréquent dans la peinture néerlandaise et allemande. (© Cäcilia Bischoff, Masterpieces of the Picture Gallery. A Brief Guide to the Kunsthistorisches Museum, Vienna 2010) » (Commentaire Google Arts & Culture)
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Retable des sept sacrements (1445-50). Huile sur bois, 200 × 97 cm (centre), 119 × 63 cm (chaque aile), Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers. Ce retable représente les sept sacrements de l’Église catholique romaine. Panneau de gauche : le baptême, la confirmation et la confession. Panneau de droite : l'ordination d’un prêtre, le mariage et les derniers sacrements. Panneau central : crucifixion au premier plan, sacrement de l'Eucharistie à l’arrière-plan.
« Le retable des Sept Sacrements fut commandé par Jean Chevrot, évêque de Tournai (1436-1460) et l'un des plus importants conseillers du duc Philippe le Bon. Cet homme influent est lui-même représenté en évêque administrant le sacrement de confirmation à gauche du tableau, figure très semblable à son portrait dans une miniature de 1448. À en juger par les vêtements masculins représentés, le retable des Sept Sacrements a probablement été peint à peu près à la même époque.
Rogier avait pour mission de représenter à la fois les sept sacrements et la Crucifixion, acte fondamental de la rédemption. Il résolut ce problème en plaçant les différentes actions dans une basilique à trois nefs. Les bas-côtés offrent l'espace nécessaire aux sacrements, représentés simultanément ; seul le sacrement le plus important, l'Eucharistie, est placé dans la partie centrale, au niveau du jubé, ce qui le rend directement lié au sacrifice du Christ. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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Triptique de la nativité ou triptyque Bladelin (1445-50). Huile sur bois, 91 × 89 cm (centre), 91 × 40 cm (chaque aile), Staatliche Museen, Berlin. Ce retable a été commandé par Pieter Bladelin, Receveur général des finances de Philippe le Bon. La partie centrale représente la naissance du Christ dans une ruine et non dans une étable comme le veut la tradition. Sur le volet gauche, la Sibylle de Tibur (divinité grecque jouant un rôle de prophète) montre l’apparition de la Vierge à l’empereur Auguste. Le volet droit représente l’apparition de l’enfant Jésus aux Rois mages.
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Triptyque de l'adoration des mages ou Retable de Sainte-Colombe (v. 1450–55). Huile sur bois, 138 × 153 cm (centre), 138 × 70 cm (chaque aile), Alte Pinakothek, Munich. Ce triptyque est dénommé Retable de Sainte-Colombe car il était destiné à l’église Sainte-Colombe de Cologne. Il est actuellement conservé à Munich. Il représente trois épisodes de la vie de la Vierge et de l’enfance du Christ. Volet gauche : l’Annonciation (l’archange Gabriel annonce à Marie la venue du Christ). Panneau central : l’Adoration des Mages (trois mages offrent à Jésus l’or, l’encens et la myrrhe). Volet droit : la présentation au temple de Jésus (équivalent juif du baptême). Le décor (mobilier, ville, église) est celui du 15e siècle, ce qui caractérise le réalisme flamand.
« L'Adoration des Mages, unique représentation de ce thème dans l'œuvre de Rogier qui nous est parvenue, était un sujet particulièrement apprécié à Cologne, car depuis le XIIe siècle, la ville conservait dans sa cathédrale les reliques des Mages, ses biens les plus précieux. L'artiste néerlandais réalisa cette œuvre non seulement pour un commanditaire de Cologne, mais s'inspira également d'un tableau remarquable peint à Cologne à la même époque : le Retable des Saints Patrons de Cologne de Stefan Lochner, parfois appelé Retable de la Cathédrale. Ce grand retable, peint dans les années 1440 pour la chapelle du conseil communal de Cologne, réunit les saints patrons de la ville dans une œuvre monumentale et grandiose, dépourvue de toute trace de récit historique. Rogier, peut-être à la demande expresse de son commanditaire, choisit de placer la Vierge Marie presque au centre de la représentation de l'Adoration ; une situation inhabituelle pour elle dans l'art néerlandais. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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Triptyque Braque (v. 1450). Huile sur bois, 41 × 68 cm (centre), 41 × 34 cm (chaque aile), musée du Louvre, Paris. Ce triptyque a été peint pour Jean Braque et son épouse Catherine de Brabant. Panneau central : Le Christ rédempteur entre la Vierge et saint Jean Évangéliste. Volet gauche : Saint Jean Baptiste. Volet droit : Sainte Madeleine.
« La juxtaposition de figures sacrées à mi-corps disposées au tout premier plan et se détachant sur un paysage très profond est inédite à cette date dans la peinture flamande. » (Commentaire musée du Louvre)
« Le Triptyque Braque compte parmi les œuvres les plus célèbres de Rogier van der Weyden. C’est une œuvre de petit format, du genre de celles qui ornaient les autels portatifs des oratoires des riches familles. Fermé, il présente le thème classique de la vanité : un crâne et une croix. Ouvert, il dévoile au centre les images du Christ, et de part et d’autre : la Vierge Marie, saint Jean l’Évangéliste, saint Jean-Baptiste et Marie-Madeleine. Ils sont représentés sur un paysage rendu avec une précision extrême, où rivières et montagnes, herbes et feuilles si finement dessinées qu'on pourrait presque les compter, et silhouettes minuscules visibles au loin dans les rues de villes imaginaires – un motif cher aux maîtres flamands. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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Polyptyque du jugement dernier, ouvert (1446-52)
Huile sur bois, 215 × 560 cm, musée de l'Hôtel Dieu, Beaune.
Commandé par le chancelier Nicolas Rolin (1376-1462), ce polyptique orne depuis le 15e siècle la salle principale des Hospices (ou Hôtel-Dieu) de Beaune également créés par le chancelier.
Enposition ouverte, il représente le Jugement dernier. Pour les religions juive, chrétienne et musulmane, il s’agit du jour au cours duquel la divinité, après avoir ressuscité les morts, va classer les humains en damnés et justes. Les uns et les autres auront ensuite un sort distinct. Ce thème naïf, très populaire au Moyen Âge, permettait au peintre d’exercer sa créativité par de multiples scènes plus ou moins apocalyptiques. Les humains, dans le bas monde, sont nus et de petite taille. Les anges et les apôtres appartiennent à la cour céleste et sont représentés sur des nuages. Au centre, le juge suprême.
« Le retable avait alors [au 15e siècle] une double vocation : il était perçu comme une forme d’expression de charité chrétienne associée à un support imagé de soins spirituels. Depuis leurs lits, les malades pouvaient soit saluer l’engagement charitable du couple Rolin, soit observer le jugement des âmes selon leurs péchés ou selon leurs vertus, avant leur passage vers l’Enfer ou le Paradis. Assurer les soins corporels et les soins spirituels, veiller au salut des âmes de chacun, telle était la vocation hospitalière originelle du retable de l’Hôtel-Dieu. » (Commentaire Hospices civils de Beaune)

Polyptyque du jugement dernier, fermé (1446-52)
Huile sur bois, musée de l'Hôtel Dieu, Beaune
En position fermée, le polyptyque représente à droite et à gauche, les donateurs Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins (1403-1470). Les quatre niches centrales ne sont pas des sculptures mais des grisailles (nuances d’une même couleur avec effets de clair-obscur imitant le marbre). En bas saint Sébastien et saint Antoine abbé, en haut l'Ange annonciateur la Vierge.
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