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La Lamentation (v. 1450). Tempera et huile sur bois, 26 × 36 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Destiné à la dévotion privée, ce tableau représente la lamentation sur le corps du Christ mort, invitant le spectateur à la contemplation et à l'empathie. Les personnages soulevant le linceul du Christ, Joseph d'Arimathie et Nicodème, se distinguent par leurs vêtements contemporains, établissant un lien avec l'époque de l'artiste. La posture affaissée de Marie suggère sa souffrance partagée avec son Fils et affirme son rôle de corédemptrice. Le tableau a probablement été exporté en Italie, puisqu'il a inspiré un bas-relief en marbre conservé dans la cathédrale de Palerme, en Sicile. » (Commentaire MET)
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L’Annonciation (1452). Huile sur bois, 86 × 55 cm, Groeninge Museum, Bruges. Il s’agit probablement d’un panneau d’un polyptique destiné à servir de retable dans une église. L’archange Gabriel, messager de Dieu pour les chrétiens et les musulmans, annonce à la Vierge Marie qu’elle sera la mère du fils de Dieu. L’arche sculptée qui encadre la scène est typique des églises gothiques flamandes de l’époque. L’effet de perspective (carrelage au sol, baies latérales) est très inspiré de Van Eyck.
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Vierge à l'Enfant dans une chambre (1450-55). Huile sur bois, 70 × 51 cm, Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City. Il s’agit d’un travail sur l’espace et la perspective avec des couleurs chaudes et un soin extrême apporté au traitement de la lumière. L’intérieur est typiquement flamand du 15e siècle. Au fond, on aperçoit Saint Joseph. Le tableau s’intitule aussi Sainte Famille dans un intérieur.
« La clarté de l'espace et la douceur des tonalités caractérisent ce tableau de la Vierge à l'Enfant dans une chambre. Composée selon une perspective précise, la pièce se déploie en cases bien délimitées : la plus éloignée, où saint Joseph entre par une cour ouverte, est baignée de lumière ; dans la chambre à coucher au premier plan, où Marie et l'Enfant semblent se reposer devant une fenêtre ouverte, la lumière est modulée dans de doux tons de brun et de gris, lui conférant une apparence cubiste simple, dépourvue d'objets et de détails aux couleurs locales éclatantes. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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La Lamentation (1455-60). Huile sur bois, 98 × 188 cm, Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles. Réalisation plus ambitieuse et beaucoup plus aboutie que celle de 1450. Il s’agit de l’épisode situé après la descente de croix du Christ et avant sa mise au tombeau, qualifié également de « déploration » par les chrétiens. Ce tableau a pour commanditaire la famille Adornes de Bruges. Le Christ mort est entouré de disciples : Marie-Madeleine est agenouillée à l’extrême-gauche. La Vierge Marie évanouie au centre, est soutenue par Saint Jean et Marie de Cléophas. Joseph d’Arimathie tient le linceul du Christ et Nicodème soulève le corps. A l’extrême-droite, un peu en retrait, Marie-Salomé et son mari Zébédée. La scène est marquée par le calme et la dignité des personnages et tranche avec d’autres représentations plus dramatisées (Van der Weyden par exemple).
« La Lamentation est l'une des rares œuvres de grande envergure attribuées à Petrus Christus. Le style et les cernes de croissance des panneaux de chêne suggèrent une datation aux alentours de 1455-1460. Le tableau témoigne de l'influence croissante de Rogier van der Weyden sur le maître brugeois, qui s'est exercée au cours de sa dernière période, après l'imitation initiale du style de Jan van Eyck,. Les figures principales rappellent clairement celles de la Descente de Croix de Van der Weyden, conservée au Prado à Madrid. Cependant, La Lamentation révèle aussi les limites de cette influence. L'orientation dramatique du modèle espagnol est totalement absente : les personnages semblent repliés sur eux-mêmes, plongés dans l'introspection et la contemplation. Cette impression de sérénité s'explique peut-être en partie par la simplification croissante qui caractérise l'œuvre tardive de l'artiste. Le penchant du mécène de Petrus Christus pour les idées stoïciennes a probablement aussi joué un rôle. Le format imposant et inhabituel, l'utilisation de peintures coûteuses et la technique picturale exigeante indiquent que le panneau n'était pas destiné au marché. » (Commentaire Web Gallery of Art)
Analyse détaillée
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Sainte Élisabeth présentant Isabelle de Portugal (1457-60). Huile sur bois, 59 × 33 cm, Groeninge Museum, Bruges. Isabelle du Portugal (1397-1471) est la troisième épouse de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Il s’agit du volet de gauche d’un triptyque dédié par Isabelle à Elisabeth de Thuringe ou de Hongrie (1207-1231), sa sainte patronne, canonisée en 1235.
« Ce panneau gauche d'un triptyque représente Isabelle de Portugal accompagnée de sa sainte patronne, Élisabeth de Hongrie. Au revers, on distingue encore des traces de grisaille où figure l'ange Gabriel de l'Annonciation. Petrus Christus réalisa ce triptyque peu avant sa mort en 1472, sur commande d'Isabelle de Portugal. L'œuvre fut ensuite offerte à Marguerite d'Autriche par Catherine de Buisson, abbesse du monastère Sainte-Élisabeth de Quesnoy. Le panneau central représente une Pietà, et le panneau droit, sainte Catherine. » (Commentaire Groeninge Museum)
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La Vierge de l’Arbre Sec (v. 1460). Huile sur bois, 17 × 12 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid. Selon une légende, la Vierge Marie et l'Enfant Jésus seraient apparus à Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1396-1467) sur le tronc d'un arbre sec, avant une bataille contre les Français. Il aurait alors prié pour la victoire devant cette apparition et la victoire lui fut accordée. La Confrérie Notre-Dame de l’Arbre Sec aurait été instituée en remerciement et pour la commémoration de cette victoire.
« Le sujet de La Vierge de l'Arbre sec, attribué pour la première fois à Christus par Grete Ring en 1919, est inhabituel. Il est lié à la Confrérie de Notre-Dame de l'Arbre sec, à laquelle appartenaient l'artiste et son épouse. Il est probable qu'un membre de cette confrérie ait commandé le tableau pour sa dévotion personnelle, ou peut-être était-il destiné à l'artiste lui-même. Sur ce petit panneau, le peintre représente symboliquement le message de la Rédemption par la référence à l'arbre sec du Livre d'Ézéchiel et, par conséquent, à l'idée de Marie comme Nouvelle Ève. L'arbre a été interprété comme l'Arbre de la Connaissance, qui se dessécha après le péché originel puis refleurit avec la conception du Christ. L'Enfant Jésus est représenté comme le Sauveur de l'humanité, tenant le globe surmonté de la croix. » (Commentaire Museo Thyssen-Bornemisza)
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La Nativité (v. 1465). Huile sur bois, 130 × 97 cm, National Gallery of Art, Washington. Il s’agit probablement d’un panneau d’un polyptique destiné à servir de retable dans une église. L’actualisation du thème biblique était déjà présente chez Van Eyck : la campagne brugeoise sert de cadre général et Saint-Joseph a des allures de paysan flamand. L’arche sculptée qui encadre la scène est typique des églises gothiques flamandes de l’époque. La perspective symbolique (personnages profanes plus petits que personnages divins) relève de la peinture gothique. Il s’agit donc d’un travail stylistiquement très composite.
« La Nativité, l'une des peintures dévotionnelles les plus importantes de Petrus Christus, souligne la dimension sacrificielle de la venue du Christ et situe la scène dans le cadre de l'histoire de la Chute et de la Rédemption de l'humanité. Au premier plan, une arche sculptée présente des scènes de la Chute telles que décrites dans la Genèse. Sous Adam et Ève, des figures évoquant Atlas symbolisent l'humanité accablée par le péché originel. La représentation de la scène par l'artiste s'apparente à un acte d'un mystère ou d'une Passion : les personnages sont vêtus de simples costumes flamands et se détachent sur un paysage qui, au premier abord, semble représenter une ville des Pays-Bas. Cependant, avec ses deux édifices à coupole, il s'agit de Jérusalem, théâtre de la Passion du Christ.
Christus a représenté non seulement le moment historique de la naissance de Jésus, mais aussi la célébration de la première messe, une image inspirée en partie par la révélation de sainte Brigitte, devenue la représentation conventionnelle de la Nativité au début du XVe siècle. Les anges portent les vêtements eucharistiques des sous-ministres de la messe, mais aucun ne porte la chasuble du célébrant principal, ce qui suggère que le Christ lui-même est ici à la fois prêtre et sacrifice. » (Commentaire NGA)
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La mort de la Vierge (1457-67). Huile sur bois, 171 × 138 cm, Timken Art Gallery, San Diego. Scène rarement représentée car la Bible n’y fait pas allusion. La Vierge Marie est entourée des apôtres. Celui qui domine la scène, en blanc avec un goupillon et un sceau d’eau bénite, est Saint Pierre.
« Petrus Christus est connu pour avoir introduit la perspective à point de fuite unique dans la peinture d'Europe du Nord. Il emploie cette technique dans ce tableau, sa plus grande œuvre connue, qui comportait à l'origine deux ailes, détruites pendant la Seconde Guerre mondiale. Son interprétation de la Mort de la Vierge, entourée des apôtres, est singulière car elle représente en une seule toile les trois épisodes du récit. La Vierge, alitée, tient une bougie allumée, symbole de sa foi. Au-dessus d'elle, son âme s'élève vers Dieu le Père. À l'extrême droite, un ange laisse tomber la ceinture de la Vierge entre les mains de saint Thomas, preuve de son Assomption, corps et âme, au ciel. » (Commentaire Timken Art Gallery)
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