Peinture hollandaise

 

 

0. Panorama 17e siècle
1. La peinture baroque
2. L'âge d'or de la peinture hollandaise
3. Le classicisme français

 

2. L’âge d’or de la peinture hollandaise

 

Vermeer. La jeune fille à la perle (1665-67) Vermeer. La jeune fille à la perle (1665-67)

 Le 26 juillet 1581, par l’Acte de La Haye, les sept provinces du nord des Pays-Bas, alors sous l’autorité du roi d'Espagne, obtenaient leur indépendance et constituaient une fédération des Provinces-Unies appelée République des Sept Pays-Bas-Unis (Republiek der Zeven Verenigde Nederlanden). Les institutions politiques ménageaient une large décentralisation au profit de chaque province. Les militaires et la bourgeoisie d’affaires parvinrent à établir une république tolérante et prospère qui devint la nation la plus riche de l’Europe du 17e siècle. Les Pays-Bas étaient une puissance maritime de premier ordre, tant sur le plan militaire que commercial. Une riche bourgeoisie commerçante disposait des moyens financiers de faire éclore et prospérer des formes artistiques nouvelles. Ses goûts ne coïncidaient pas avec la demande traditionnelle de l’aristocratie et de l’Eglise, axée sur les scènes historiques et religieuses. Les portraits des membres de la famille, les natures mortes, les paysages et les scènes de genre dominèrent la peinture hollandaise. Il s’agit donc d’une étape essentielle de l’histoire de la peinture occidentale : cette thématique est en effet beaucoup plus proche de nous que les traditionnelles illustrations de la mythologie religieuse.

Le 17e siècle devint ainsi l’âge d’or de la peinture hollandaise. Plus de cinq millions de tableaux furent produits aux Pays-Bas. Les commanditaires ne venaient pas seulement de la classe dirigeante mais aussi d’une classe moyenne ou d’une paysannerie riche participant à la réussite économique de la jeune république. L’écrivain anglais John Evelyn (1620-1706) note dans son journal en 1641 à propos de l’achat de tableaux par les hollandais : « C’est chose courante que de voir un fermier consacrer deux ou trois milles livres à ce produit. Leurs maisons sont pleines de tableaux, de plus ils les vendent avantageusement dans les foires. » Cette observation n’est pas dénuée d’importance car elle montre que les artistes ne travaillaient pas uniquement sur commande mais également pour un marché (les foires) qui venait donc d’émerger. C’est, après la thématique, une seconde grande innovation liée à la peinture hollandaise du 17e siècle : elle fait apparaître un marché de l’art significatif économiquement qui n’avait jamais vraiment existé auparavant.

Si l’on peut rattacher l’âge d’or de la peinture hollandaise au baroque par son réalisme, qui rompt avec les figures allégoriques idéalisées des époques précédentes, il est indispensable de lui accorder une forte spécificité. La religion protestante tient cette peinture à l’écart de la propagande religieuse prônée par le concile de Trente. Elle ne subit donc pas la lourde tutelle idéologique de l’Eglise catholique à laquelle sont soumis les pays du sud de l’Europe et la Flandre. En contrepartie, le calvinisme impose son rigorisme étriqué à la population et l’on ne trouvera pas chez les hollandais les nudités provocantes de Caravage ou de Rubens.

 

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Rembrandt (1606-1669)

Rembrandt a acquis l’image du plus grand génie de la peinture hollandaise et de l’un des plus grands peintres de l’histoire de l’art. S’il est très connu pour ses portraits, son œuvre comporte tous les genres et en particulier de nombreux tableaux historiques, religieux et mythologiques.

Frans Hals (1580/83-1666)

Ce grand artiste parvient à concilier avec brio certaines tendances maniéristes acquises de son maître Karel Van Mander (les postures, les mains), un caravagisme nordique dans le traitement de la lumière et le réalisme et une virtuosité rare dans l’exécution.

Pieter Saenredam (1597-1665)

Presque entièrement consacrée à des édifices religieux, d’une rigueur quasi mathématique, d’une limpidité que l’on ne retrouve que chez certains italiens, la peinture de Saenredam est une recherche de pureté et de dépouillement.

Jacob van Ruisdael (1628-1682)

Jacob van Ruisdael compose soigneusement ses paysages qui s’inspirent fortement de la réalité mais ne cherchent pas à en être une représentation fidèle. Il s’agit d’abord d’émouvoir et de transmettre une vision poétique pleine de mélancolie de l’environnement habituel de peintre.

Johannes Vermeer (1632-1675)

Vermeer est un peintre intimiste par l'esprit et par la forme. Il affectionne les petits formats quand l'époque vouait un culte au grandiose. Sa peinture est l'une des plus poétiques de l'histoire de l'art, alliant quotidienneté et mystère.

Pieter de Hooch (1629-1684)

Pieter De Hooch est surtout connu pour les œuvres de sa maturité qui le placent parmi les grands maîtres de la scène de genre aux côtés de Vermeer.

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