Gabriel Metsu

 
 

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Patrick AULNAS

Autoportraits

Gabriel Metsu. Autoportrait (1655-58)

Gabriel Metsu. Autoportrait (1655-58)
Huile sur toile, 38 × 31 cm, Royal Collection of the United Kingdom, Londres.

 

Gabriel Metsu. Autoportrait (v. 1658)

Gabriel Metsu. Autoportrait (v. 1658)
Huile sur bois, 22 × 17 cm, Speed Art Museum, Louisville, Kentucky

 

Biographie

1629-1667

Gabriel Metsu est le fils de Jacques Metsu (v. 1588-1629), tapissier et peintre originaire du Hainaut mais vivant à Leyde, et de Jacquemijn Garniers (v. 1590-1651), sage-femme. Le père de Gabriel étant mort l’année même de la naissance de son fils, sa mère se remaria en 1636 avec un batelier.

Dans son ouvrage Le Grand Théâtre des peintres néerlandais, le peintre et biographe Arnold Houbraken (1660-1719), ne fournit aucune donnée sur la formation de Gabriel Metsu. Selon divers auteurs, il aurait été apprenti dans l’atelier de Gérard Dou, peintre de Leyde spécialisé dans les scènes de genre. Cette affirmation n’est pas corroborée par le style du jeune Metsu, éloigné de celui de Dou, mais qui subira son influence par la suite. Selon Piet Bakker (The Leiden collection), l’hypothèse la plus probable est que Metsu ait reçu sa première formation de dessin de l’orfèvre Claes Pietersz de Grebber (1590-1650). La future épouse de Metsu fait d’ailleurs partie de la famille de Grebber.

 

Gabriel Metsu. Jeune femme assise lisant une lettre (1658-61)

Gabriel Metsu. Jeune femme assise lisant une lettre (1658-61)
Huile sur bois, 26 × 21 cm, The Leiden Collection, New York.

 

Gabriel Metsu, fils d’un peintre décédé, était donc en relation avec le milieu des peintres de Leyde puisque le frère de l’orfèvre est un peintre qui aura lui-même un fils peintre. Le talent de Metsu sera reconnu très tôt dans le milieu artistique. Une guilde de Saint-Luc, corporation des peintres et sculpteurs, est créée à Leyde en 1648 et il fait partie de ses premiers membres alors qu’il n’a que dix-neuf ans.

A partir de 1650, Metsu n’est plus inscrit sur les registres de la Guilde de Leyde. Il semble qu’il se soit installé à Utrecht en 1650 ou 1651 et qu’il ait travaillé pendant un certain temps avec Nicolaus Knüpfer (v.1609-1655), peintre de scènes bibliques et de scènes de genre. Metsu peignait à cette époque des scènes religieuses.

En 1654, il part pour Amsterdam où il restera le reste de sa vie. Il abandonne alors les scènes religieuses et réalise des scènes de genre dans lesquelles apparaît l’influence de Gérard Dou. Il n’adhère cependant pas à la Fijnschilderei (peinture fine), dont Gérard Dou est le chef de file et qui consiste à réaliser des tableaux de genre de petite taille avec une extrême minutie dans la représentation des détails.

 

Gabriel Metsu. Jeune femme composant de la musique (v. 1664)

Gabriel Metsu. Jeune femme composant de la musique (v. 1664)
Huile sur bois, 58 × 43 cm, Mauritshuis, La Haye.

 

Gabriel Metsu épouse Isabella de Wolff (v. 1632-1718), fille de Wouter Coenraetsz de Wolff (1590-1636) et de Maria de Grebber (1602-1680) qui était elle-même peintre. Metsu connaissait la famille de Grebber depuis sa jeunesse à Leyde. Isabella sera fréquemment son modèle féminin pour ses scènes de genre.

Gabriel Metsu meurt le 24 octobre 1667, à l’âge de trente-huit ans, probablement des suites d’une opération de la vessie.

 

Œuvre

Peintre très apprécié à son époque, Gabriel Metsu a compris très vite les contraintes inhérentes au marché de l’art qui émergeait au 17e siècle aux Pays-Bas. Il abandonne dès le début de la décennie 1650 les scènes religieuses en grand format, exigeant beaucoup de temps et supposant un contrat préalable avec un commanditaire. La scène de genre, au contraire, correspond à une demande de plus en plus large et autorise des petits formats à la composition répétitive.

 

Gabriel Metsu. Le Christ prenant la défense de la femme adultère (1653)

Gabriel Metsu. Le Christ prenant la défense de la femme adultère (1653)
Huile sur toile, 134 × 165 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Comme la plupart des peintres de genre, il réalise des scènes de tavernes ou de marchés mais explore surtout la vie domestique de la classe supérieure néerlandaise : femme jouant d’un instrument de musique, femme lisant, chasseurs, servantes au travail. Tout cela représente la vie de ses commanditaires et les séduit en introduisant une dimension artistique dans la banalité du quotidien. Les riches bourgeois ou les aristocrates se surprenaient à découvrir la beauté de leur environnement dans les tableaux du peintre.

 

Gabriel Metsu. Portrait de Lucia Wijbrants (1667)

Gabriel Metsu. Portrait de Lucia Wijbrants (1667)
Huile sur bois, 57 × 43 cm, Minneapolis Institute of Art.

 

Cette approche réaliste de l’activité artistique suppose évidemment une souplesse stylistique qui n’exclut nullement le talent. Influencé d’abord par les artistes emblématiques du baroque, comme Rembrandt, auxquels il emprunte la technique du clair-obscur, Metsu observe ensuite les maîtres de la peinture de genre. On retrouve ainsi chez lui les thèmes et les types de compositions de Gérard Dou : travail domestique, motif de la fenêtre à travers laquelle apparaît la scène. Mais plus tardivement, l’influence de Vermeer ou de Peter de Hooch se fait sentir, en particulier avec le thème de la féminité associé à la musique, à la lecture ou aux bijoux. L’immense succès de Gabriel Metsu aux 18e et 19e siècles conduisit d’ailleurs à lui attribuer certaines toiles de Vermeer, dont La femme à la Balance (1662-65), actuellement à la National Gallery of Art.

 

Gabriel Metsu. Femme lisant une lettre (1662-65)

Gabriel Metsu. Femme lisant une lettre (1662-65)
Huile sur bois, 53 × 40 cm, National Gallery of Ireland, Dublin.

 

Gabriel Metsu ne passait pas un temps infini à parachever chaque détail de ses tableaux et ne peut donc être rattaché à la Fijnschilderei (peinture fine), initiée par Gérard Dou. Sa réussite provient, comme celle de Vermeer, de la quiétude poétique de ses scènes de genre, qui résulte du traitement nuancé de la lumière et de puissants contrastes chromatiques parfaitement maîtrisés. Il restitue avec une vérité saisissante les dentelles, les étoffes satinées, les velours et les fourrures en usage dans les milieux fortunés.

 

Gabriel Metsu. Le duo - Le corset bleu (v.1660)

Gabriel Metsu. Le duo - Le corset bleu (v.1660)
Huile sur bois, 39 × 29 cm, National Trust Collection, England.

 

Sa vie très brève ne lui permit pas de former des disciples et on ne lui connaît qu’un seul élève, le peintre de genre et portraitiste Michiel van Musscher (1645-1705).

 

Gabriel Metsu. Lazare et le mauvais riche (1651)

Gabriel Metsu. Lazare et le mauvais riche (1651). Huile sur toile, 73 × 61 cm, musée des Beaux-Arts de Strasbourg. « Au bas d'un escalier de marbre, Lazare est étendu sur la paille, suppliant de la main. Un serviteur en rouge, debout derrière lui, le raille, tandis qu'un chien lui lèche ses plaies. Une servante, vêtue d'une rutilante robe jaune, gravit l'escalier portant un plat. Au fond, sous un rideau relevé à droite, on aperçoit, surélevée, la salle où le mauvais riche festoie avec ses convives. A droite, un valet secoue une nappe par-dessus une balustrade et les chiens se précipitent sur les miettes. Riche architecture avec plusieurs bas-reliefs à l'antique inspirée de l'architecture hollandaise de l'époque. Entre le dos de Lazare et le domestique en rouge, une planche a été ajoutée ultérieurement. » (Description base Joconde)

Gabriel Metsu. Le triomphe de la justice (1651-53)

Gabriel Metsu. Le triomphe de la justice (1651-53). Huile sur toile, 152,5 × 120 cm, Mauritshuis, La Haye. La peinture allégorique avait un certain succès au 17e siècle. La représentation symbolique de la justice correspond ici à son image la plus courante. Une femme, les yeux bandés en gage d'impartialité, tient dans sa main droite une épée et dans sa main gauche une balance. Elle est venue au secours d’une femme et d’un enfant et a châtié l’homme se trouvant à terre.

Gabriel Metsu. Le Christ prenant la défense de la femme adultère (1653)

Gabriel Metsu. Le Christ prenant la défense de la femme adultère (1653). Huile sur toile, 134 × 165 cm, musée du Louvre, Paris. « Œuvre de jeunesse peinte à Leyde, dans un large style baroque richement coloré, sous l’influence utrechtoise de Knupfer. L’une des rares peintures religieuses de l’artiste. » (Commentaire musée du Louvre)

Gabriel Metsu. Femme lisant un livre près d’une fenêtre. (1653-54)

Gabriel Metsu. Femme lisant un livre près d’une fenêtre. (1653-54). Huile sur toile, 105 × 91 cm, The Leiden Collection, New York. « Dans ce tableau, Metsu a représenté une femme grandeur nature assise à côté d'une fenêtre ouverte. Appuyée sur une petite table recouverte d'un tapis à rayures, elle regarde vers l’extérieur, mais son esprit semble occupé par une idée provenant du livre ouvert devant elle. Sa tenue vestimentaire particulière – un manteau rouge rouille volumineux, un ample corsage blanc et un béret à plumes noir – signifiait pour un spectateur du XVIIe siècle qu'elle n'était pas un modèle hollandais contemporain, mais une figure tirée d'une époque et d’un lieu différents […]
Femme lisant un livre près d'une fenêtre occupe une place importante dans l’évolution artistique précoce de Metsu. C'est le plus ancien tableau dans lequel l'artiste a représenté un intérieur hollandais contemporain. Avant cette époque, Metsu n'avait peint que des scènes extérieures et des intérieurs imaginaires en grès de palais, églises et maisons closes. Bien que cet intérieur ne serve que de toile de fond à la figure, le cadre est comparable à ceux représentés par d'autres peintres de genre de Leyde au milieu du XVIIe siècle. La scène se concentre généralement dans le coin gauche d'une pièce peu profonde avec le mur arrière parallèle au plan de l'image et une fenêtre qui permet à la lumière naturelle d'illuminer la pièce. » (Commentaire Adriaan Waiboer, The Leiden Collection)

Gabriel Metsu. Le roi boit (1653-55)

Gabriel Metsu. Le roi boit (1653-55). Huile sur toile,  81 × 98 cm, Alte Pinakothek, Munich. La tradition intitulée Le roi boit est associée à l’Épiphanie (6 janvier) jour de la galette des rois. Elle remonte aux saturnales, fêtes romaines où l’on désignait par tirage au sort un esclave qui pouvait pendant un jour exaucer tous ses souhaits. Cette coutume, maintenue au Moyen Âge et par la suite, donnait lieu à des beuveries qui font l’objet du tableau de Metsu.

Gabriel Metsu. La cuisinière (1657-62)

Gabriel Metsu. La cuisinière (1657-62). Huile sur toile, 40 × 34 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. « Cette toile a été datée par Robinson d’une période proche de l'installation de l'artiste à Amsterdam, vers 1657-1662. Exécuté dans un petit format, elle nous présente une femme dans son environnement de travail habituel, qui nous montre avec ostentation un plateau avec deux poissons. La figure se détache sur l'environnement sombre qui l'entoure et où l’on distingue à peine l’intérieur d'une haute cheminée […] Metsu utilise une gamme de couleurs assez sobre qui s'anime avec les blancs et les jaunes des tissus, avec le bleu du tablier et avec quelques rouges timides du poisson grillé.
Dans certaines œuvres de Metsu, des allusions érotiques ont été trouvées. Ici, elles pourraient correspondre aux deux perdrix qui, avec leurs plumes, pendent encore à un crochet. S’y ajoute l'attitude aguicheuse de la cuisinière souriante qui nous offre le plat. Les oiseaux pouvaient avoir une connotation sexuelle, comme cela a été vérifié dans certaines peintures hollandaises. La figure de la cuisinière présentant le résultat de son travail peut être interprété comme une allusion à sa disponibilité. Cette lecture est renforcée par la symbolique de la paire de perdrix qui fait allusion à la luxure et au plaisir sexuel. Gaskell analyse cet aspect de la peinture auquel, sans doute, aujourd'hui, il faut ajouter le plaisir du regard. » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)

Gabriel Metsu. Femme assise et homme accordant un violon (v. 1658)

Gabriel Metsu. Femme assise et homme accordant un violon (v. 1658). Huile sur toile, 43 × 38 cm, National Gallery, Londres. « Metsu attire notre attention sur la femme assise à la table en faisant tomber sur son corsage rouge vif la lumière venant de la fenêtre surélevée. Son comparse ou son professeur accorde son violon en arrière-plan, suscitant notre intérêt par son regard impénétrable. On ne sait pas si la viole de gambe, l'instrument qui repose sur la table, lui appartient, ou si un troisième musicien est sur le point de les rejoindre.
Le rôle du violoniste détermine l’interprétation que l’on faisait de ce tableau il y a 400 ans. La représentation d'un homme accordant son instrument en vue d'un duo pouvait comporter une connotation sexuelle ou du moins faire allusion à une idylle amoureuse. » (Commentaire National Gallery)

Gabriel Metsu. Une fête musicale (1659)

Gabriel Metsu. Une fête musicale (1659). Huile sur toile, 62 × 54 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « La pratique d’un instrument était un divertissement courant dans la haute société et avait des rapports étroits avec la galanterie en République néerlandaise. Ici, une femme richement vêtue donne une partition à un dandy placé derrière elle tout en tenant nonchalamment son luth. Un autre homme enrubanné, ayant posé son épée sur le sol, joue de la viole, et en arrière-plan une servante s’arrête dans l’encadrement de la porte avec un plateau de rafraîchissements. Pour les spectateurs du XVIIe siècle, le chauffe-pieds pouvait constituer un symbole de relâchement et de tentation. » (Commentaire MET)

Gabriel Metsu. Jeune femme assise lisant une lettre (1658-61)

Gabriel Metsu. Jeune femme assise lisant une lettre (1658-61). Huile sur bois, 26 × 21 cm, The Leiden Collection, New York. « Gabriel Metsu était un maître pour restituer l’ambiance d’attente et d’anticipation qui apparaît à la lecture d’une lettre d'un être cher. Ici, une jeune femme, assise discrètement près de son panier de couture, avec un coussin sur les genoux, regarde vers le bas pour lire la lettre reçue alors qu'elle était diligemment occupée à ses travaux d'aiguille. La scène est calme et statique, le seul semblant de mouvement étant le léger sourire qui traverse son visage à la lecture de la missive de son amant. Bien qu’ignorant le texte, le spectateur est un témoin silencieux de ce moment tendre et intime.
Metsu, toujours soucieux de répondre aux tendances contemporaines de la peinture de genre néerlandaise, était un peintre passionné de scènes de correspondance amoureuse, un thème apprécié par les artistes du troisième quart du XVIIe siècle. L'intérêt pour ce thème reflète le rôle important de la rédaction de lettres aux Pays-Bas. La capacité de rédiger une correspondance soignée était un signe de distinction et d'éducation, même lorsque l'écrivain utilisait les manuels de rédaction de lettres largement disponibles en République néerlandaise. » (Commentaire Adriaan Waiboer, The Leiden Collection)

Gabriel Metsu. L’intrus (v. 1660)

Gabriel Metsu. L’intrus (v. 1660). Huile sur toile, 67 × 59 cm, National Gallery of Art, Washington. « Les protestants hollandais respectaient des règles strictes dans leur comportement en société. En de rares occasions, comme des fiançailles, on admettait qu’un prétendant se passionne pour sa future épouse ; une démonstration d’émotion était alors considérée comme acceptable. Dans ce somptueux tableau, Gabriel Metsu imagine un acte transgressif se déroulant apparemment dans la haute société d’Amsterdam. Un officier fait irruption dans une chambre à coucher, où deux jeunes femmes élégantes se préparent pour la journée. La femme de chambre, identifiée par les clés pendant à son tablier, fait semblant de jouer à le retenir. La femme assise devant le miroir est clairement amusée, mais la jeune femme qui descend du lit semble perturbée et retient sa robe. La scène contient un certain nombre d’objets dont les significations symboliques ambigües pouvaient intriguer les spectateurs contemporains. Le glissement d’un pied nu dans une pantoufle comporte un sous-entendu sexuel et le costume rouge vif indique la passion, tandis que le peigne tenu par la femme assise à la table renvoie à sa pureté.
Metsu a organisé cette scène narrative complexe en plaçant ses figures dans la diagonale de l’image. Son sujet et son style ont été influencés par Gerard ter Borch le Jeune (1617-1681), dont La visite du prétendant est également à la National Gallery of Art. Les deux artistes ont excellé à représenter les interactions humaines et à rendre les satins, les velours, la dentelle et les fourrures que l’on retrouve dans la classe supérieure. » (Commentaire National Gallery of Art)

Gabriel Metsu. Le duo - Le corset bleu (v.1660)

Gabriel Metsu. Le duo - Le corset bleu (v.1660). Huile sur bois, 39 × 29 cm, National Trust Collection, England. « Le duo, daté d’environ 1660, est l’un des chefs-d’œuvre de la maturité de Gabriel Metsu. La peinture restitue à la perfection le rendu des textures. Le titre renvoie à l'élégante jeune femme qui tient une partition musicale – sur laquelle le peintre a apposé sa signature, à l'envers – et s'apprête apparemment à chanter en s’accompagnant du luth tenu par le jeune homme. Sa tenue colorée attire immédiatement l'attention – une robe de satin brillant et une veste de velours bleu bordée de fourrure blanche. Cette veste bleue est une caractéristique si frappante qu'elle a donné son nom (Le corset bleu) au tableau lorsqu'il a été gravé pour la célèbre collection de Pierre-Louis Randon de Boisset (1708-1776) à Paris. Le couvre-chef blanc de la femme cache la plupart de ses boucles. Ses pieds reposent sur un chauffe-pieds. Elle a écarté le coûteux tapis persan pour s'appuyer sur la table, où un grand verre de vin est à portée de la main. Complètement plongée dans ses pensées, elle regarde droit devant elle, évitant le regard de l'homme placé derrière la table. Quant à lui, regardant vers elle, il s'assied sur la table en accordant son luth. La poignée de son épée est tout juste visible à gauche.
Le petit chien de la femme apparaît au premier plan, regardant sa maîtresse, comme pour commenter la scène. On ne peut que spéculer sur la relation entre la femme et l'homme : sont-ils déjà mariés ou se courtisent-ils ? La présence du luth est significative, car la littérature emblématique et la peinture contemporaine le considéraient comme l'instrument le plus évocateur de l'amour. Au cours de sa carrière, Metsu a réalisé un certain nombre de compositions dans lesquelles les hommes tentent d'attirer l'attention des femmes par la pratique de la musique. » (Commentaire National Trust Collection)

Gabriel Metsu. Leçon de musique (v. 1660)

Gabriel Metsu. Leçon de musique (v. 1660). Huile sur bois, 32 × 40 cm, musée du Louvre, Paris. Aussi intitulé Joueuse de virginal et chanteur préparant un morceau de musique. Le virginal, proche du clavecin, est un instrument de musique à clavier et cordes pincées. Il apparaît fréquemment dans la peinture de genre néerlandaise, par exemple chez Vermeer : Une dame debout au clavecin (1670-73).

Gabriel Metsu. Le marché aux herbes d'Amsterdam (1660-61)

Gabriel Metsu. Le marché aux herbes d'Amsterdam (1660-61). Huile sur toile, 97 × 85 cm, musée du Louvre, Paris. « De sa propre demeure sur le Prinsengracht (devant laquelle se tenait le marché aux légumes), l’artiste voyait les maisons représentées au fond du tableau. La scène de marché en tant que telle, avec le duo galant du centre, fait allusion à une pièce de théâtre comique de Bredero alors très en vogue, Moortje (1615), évoquant la vie des marchés à travers la faconde d’un laquais (déguisé ici en bouffon rouge). » (Commentaire musée du Louvre)

Gabriel Metsu. Le chasseur (1661)

Gabriel Metsu. Le chasseur (1661). Huile sur bois, 28 × 23 cm, Mauritshuis, La Haye. « Un chasseur dans un beau manteau rouge est assis derrière une fenêtre ouverte. Il lève son verre et nous regarde sournoisement. Devant lui se trouvent les attributs de son activité : un cor de chasse et un pigeon mort. Il était sans doute immédiatement clair pour les contemporains qu'il s'agissait de chasser (courtiser une femme) et d’observer les oiseaux (faire l'amour). » (Commentaire Mauritshuis)
NB : Le verbe néerlandais vogelen a un double sens : observer les oiseaux et faire l’amour. Le peintre s’amuse avec ce jeu de mot fréquemment utilisé.

Gabriel Metsu. Portrait de l’artiste et de sa femme Isabella de Wolff dans une taverne (1661)

Gabriel Metsu. Portrait de l’artiste et de sa femme Isabella de Wolff dans une taverne (1661). Huile sur bois, 36 × 31 cm, Gemäldegalerie, Dresde. Metsu utilise son couple comme modèle pour réaliser une scène de taverne, thème courant dans la peinture de genre de l’époque. Il a épousé Isabella de Wolff, nièce du peintre Pieter de Grebber, en 1658. L’homme, probablement éméché, tient une flûte et rit alors que la jeune femme sérieuse a le regard perdu dans les lointains et tend quelques baies à son époux. La composition est construite autour du contraste ombre-lumière, cette dernière provenant de l’avant afin d’éclairer les figures et de laisser dans l’ombre l’arrière-plan. Longtemps, cette œuvre fut connue sous le titre Les amants du petit-déjeuner, mais l’identification des deux personnages semble juste.

Gabriel Metsu. Femme au virginal (v. 1662)

Gabriel Metsu. Femme au virginal (v. 1662). Huile sur toile, 24 × 20 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris. « Une femme, représentée assise sur une chaise de profil, pose ses mains sur les touches d'un virginal. Elle porte une robe grise à manches trois quarts, nouée par des rubans rose pâle, un tablier blanc et une petite coiffe attachée à son chignon. La musicienne semble être absorbée dans une rêverie mystérieuse. Derrière elle, à côté d'une porte fermée, une peinture de paysage est accrochée au mur.
Avec la Femme au virginal, Gabriel Metsu s'affirme comme un maître incontesté du tableau de conversation. Cette œuvre appartient à une courte période vermeerienne de l'artiste, au début des années 1660 : rigueur et simplicité de la construction, modelé presque dur, facture bien nourrie, harmonie claire et austère. Elle séduit par le charme un peu étrange de cette femme, que l'on surprend dans quelque mystérieuse rêverie. » (Commentaire Paris-Musées-Collections)

Gabriel Metsu. Le vieux buveur (1661-63)

Gabriel Metsu. Le vieux buveur (1661-63). Huile sur bois, 22 × 19,5 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. « Le vieil homme à la chope a l'air somnolent. L'ardoise derrière lui indique ce qu’il a bu. Le tonneau de bière à gauche provient – compte tenu de la marque sur le bois – de la brasserie Het Rode Hert. Vers 1650, Gabriel Metsu habitait à côté de cette brasserie d'Amsterdam sur la Prinsengracht. » (Commentaire Rijksmuseum)

Gabriel Metsu. Le petit déjeuner du chat (1661-64)

Gabriel Metsu. Le petit déjeuner du chat (1661-64). Huile sur bois, 34 × 27 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. Encore intitulé Femme mangeant. « Une femme humble partage son repas avec un chat. Au 17e siècle, il n'était pas rare de manger du hareng avec du pain (et de la bière !) à jeun. En raison du vieillissement de la peinture, le pigment jaune a disparu des tiges des fleurs dans le vase. Le vert est donc devenu bleu. » (Commentaire Rijksmuseum)

Gabriel Metsu. Jeune femme composant de la musique (v. 1664)

Gabriel Metsu. Jeune femme composant de la musique (v. 1664). Huile sur bois, 58 × 43 cm, Mauritshuis, La Haye. « Ce tableau est un point culminant de l'œuvre de Metsu, maître de la représentation des tissus et des matières. Une jeune femme écrit une composition musicale, tandis qu'un homme regarde par-dessus son épaule et une autre femme joue du luth. Cet instrument pourrait faire référence à l'harmonie dans un mariage heureux. Pour contrebalancer ce bonheur, la peinture d'un navire dans une mer déchaînée est accrochée au-dessus de la cheminée – allusion à l’inconstance du sentiment amoureux ? » (Commentaire Mauritshuis)

Gabriel Metsu. Femme lisant une lettre (1662-65)

Gabriel Metsu. Femme lisant une lettre (1662-65). Huile sur bois, 53 × 40 cm, National Gallery of Ireland, Dublin. « Une femme est absorbée par la lecture d'une lettre qu'elle vient de recevoir de son prétendant. Elle tient la feuille en biais, non seulement parce qu'elle a peut-être besoin de plus de lumière pour la lire, mais aussi parce qu'elle veut en cacher le contenu à sa femme de chambre. Pourtant, la servante sait déjà de quoi il s'agit. Elle en avertit sa maîtresse en tirant de côté un rideau protégeant une peinture d'un navire naviguant sur des eaux agitées, référence à la comparaison alors courante selon laquelle l'amour est semblable à une mer agitée.
Metsu avait initialement prévu que la veste bordée de fourrure de la dame soit rouge, mais il l'a peinte en jaune par la suite. La peinture rouge peut encore être vue à l'œil nu. Il a fait cette modification en sachant que les vestes jaunes étaient l'une des caractéristiques de la peinture de Vermeer. Metsu a peint le velours jaune avec des aplats qu’on ne retrouve pas dans les autres parties du tableau mais qui rappellent le travail de Vermeer au milieu des années 1660. La femme de chambre tient à la main une autre lettre adressée à « M. / Metsu / tot Amst [erdam] / Port. » Cette lettre constitue une manière humoristique pour Metsu de signer son œuvre. » (Commentaire National Gallery of Ireland)

Gabriel Metsu. L’enfant malade (1664-66)

Gabriel Metsu. L’enfant malade (1664-66). Huile sur toile, 32 × 27 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. « En 1663, la peste fait rage à Amsterdam. Un habitant sur dix meurt. C'est à cette époque que Metsu a peint de façon émouvante cet enfant malade, en utilisant des couleurs vives sur un fond gris. La scène rappelle une Pietà : Marie avec le cadavre de Jésus sur ses genoux. La peinture sur le mur du fond, avec le Christ en croix, est également un rappel de cette souffrance. » (Commentaire Rijksmuseum)

Gabriel Metsu. Portrait de Lucia Wijbrants (1667)

Gabriel Metsu. Portrait de Lucia Wijbrants (1667). Huile sur bois, 57 × 43 cm, Minneapolis Institute of Art. « Il est désormais possible de mettre un nom sur ce visage. Pendant des siècles, ce tableau a été connu simplement comme Portrait d’une femme. Des recherches récentes ont révélé son identité : Lucia Wijbrants, riche veuve d’un marchand de tissus néerlandais. Elle se tient à sa table de toilette, entourée de ses objets les plus précieux, tandis qu’un fringant épagneul exige de l’attention. L’identification de Lucia provient de nombreuses sources, y compris des portraits d’elle et de son mari sur lesquels apparaissent des ressemblances et certains des objets représentés ici. Le lit, derrière elle, appartenait auparavant à la première femme de son mari. » (Commentaire Minneapolis Institute of Art)


 

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