Gérard Dou

 

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Patrick AULNAS

Autoportraits

Gérard Dou. Autoportrait (v. 1631)

Gérard Dou. Autoportrait (v. 1631)
Huile sur bois, 33 × 30,5 cm, Brooklyn Museum, New York.

 

Gérard Dou. Autoportrait (v. 1665)

Gérard Dou. Autoportrait (v. 1665)
Huile sur bois, 49 × 39 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

Biographie

1613-1675

Egalement connu sous le nom de Gerrit Dou ou Dow, ce peintre néerlandais est né le 7 avril 1613 à Leyde, où son père était un fabricant de vitraux. Il étudie le dessin avec Bartholomeus Dolendo (1570-1626), graveur de Leyde, puis travaille dans l'atelier de vitraux de Pieter Couwenhorn (1599-1654). En février 1628, à l'âge de quatorze ans, son père l'envoie étudier la peinture dans l'atelier de Rembrandt, alors âgé de seulement 21 ans et qui venait d'ouvrir un atelier à Leyde, sa ville natale. Pendant environ trois ans, Dou est l'apprenti de Rembrandt qui lui enseigne la maîtrise des couleurs, qu'il fallait fabriquer à partir d'une matière première à cette époque, et l'art du clair-obscur, si important dans la peinture baroque. Rembrandt quitte Leyde pour Amsterdam en 1631, mais Gérard Dou reste dans sa ville natale.

 

Gérard Dou. Femme versant de l'eau dans un récipient (1640-50)

Gérard Dou. Femme versant de l'eau dans un récipient (1640-50)
Huile sur bois, 36 × 27 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Ses premiers apprentissages de la gravure sur cuivre et sur verre le conduisent cependant à s'éloigner du grand maître pour travailler avec une extrême minutie et donc très lentement. Il est le principal représentant de la Fijnschilderei (peinture fine), proche de la technique de l'enluminure de manuscrits. Ses tableaux sont donc de petite taille et généralement sur panneau de bois. Il abandonne l'art du portrait, dans lequel il subissait l'influence écrasante de Rembrandt et se spécialise dans les scènes de genre traitées avec un perfectionnisme rare. C'est ainsi qu'il conquiert une renommée internationale et que des souverains comme Charles II d'Angleterre, la reine Christine de Suède et l'archiduc d'Autriche Léopold Wilhelm deviennent ses commanditaires. Charles II lui propose même de s'installer en Angleterre, mais il refuse.

 

Gérard Dou. Jeune fille à la lampe (1660-70)

Gérard Dou. Jeune fille à la lampe (1660-70)
Huile sur bois, 19 × 14 cm, Mauritshuis, La Haye. 

 

A Leyde, il fonde une école, dite école des fijnschilders (peintres fins) qui deviendra, à partir de 1648, une guilde, c'est-à-dire une corporation de métier bénéficiant d'un statut reconnu par les autorités municipales. Il en résulte que Gérard Dou eut de nombreux élèves, les plus connus étant Frans van Mieris l'Ancien (1635-1681) et Gabriel Metsu (1629-1667).

Gérard Dou, qui n'a pratiquement jamais quitté sa ville natale, meurt à Leyde le 9 février 1675. 

 

Œuvre

Gérard Dou fut extrêmement célèbre au 17e siècle et vendait par conséquent ses œuvres à des prix élevés. Les souverains d’Europe appréciaient au plus haut point son travail délicat et minutieux. Cette aura artistique se poursuivit jusqu’au 19e siècle, puis les historiens devinrent sévères à son égard, le comparant défavorablement à Rembrandt, son maître, porté aux nues.

Tout cela est évidemment excessif, aussi bien en ce qui concerne Rembrandt, qui n’est pas toujours génial, qu’en ce qui concerne Dou, qui peut l’être parfois, mais à sa façon. La remise en cause du génie de Gérard Dou se produit lorsque l’art de peindre est sévèrement concurrencé par les débuts de la photographie au milieu du 19e siècle. Au lieu de chercher à représenter le plus fidèlement possible une scène de genre ou une nature morte, en fonction de ce que le système optique humain est capable de capter, les artistes vont se diriger vers des interprétations de plus en plus subjectives de leur environnement naturel, architectural ou humain. Il est bien évident que cette approche n’était même pas envisageable au 17e siècle. Bien au contraire, le débat, dit paragone (comparaison en italien) portait depuis la Renaissance sur la capacité respective de la peinture et de la sculpture à représenter la nature avec fidélité. Quelle discipline artistique pouvait prétendre à la plus grande proximité avec le réel ?

C’est à l’aune de ce contexte historique qu’il convient d’observer les petits chefs-d’œuvre de Gérard Dou et non en plaçant naïvement Rembrandt au rang des génies insurpassables et son élève au niveau des besogneux plutôt limités. On comprendra alors pourquoi cet artiste faisait l’admiration de tous. Voici, à titre d’exemple, deux détails d’un tableau de 21 cm sur 17, qui permettent d’apprécier la qualité du travail de Gérard Dou.

 

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons (1646)

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons (1646)
Huile sur bois, 20,8 × 16,9 cm, Royal Collection of the United Kingdom, Londres.

Analyse détaillée 

 

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons, détail

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons, détail

 

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons, détail

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons, détail

 

Ces détails ont une largeur réelle sur le panneau de bois d’environ 6 cm. Pourtant, aucune touche de peinture n’est visible et les reflets de la lumière ainsi que les détails (cheveux, coiffe, oignons) sont traités avec une précision d’orfèvre de la peinture. Voilà ce qu’appréciaient les contemporains et nous ne pouvons que saluer l’exceptionnelle réussite de cet artiste par rapport aux attentes de son époque.

La première formation de peintre sur verre de Gérard Dou a donc marqué toute sa carrière artistique. Il utilise les couleurs brillantes de la technique sur verre pour obtenir un rendu final proche de l’émail. Cependant, les leçons que Rembrandt a puisé dans le courant baroque italien, en particulier l’utilisation appuyée du clair-obscur, ont également été comprises par Dou. Ses compositions comportent toujours un fond sombre sur lequel se détache une scène en pleine lumière. De même, le traitement minutieux des effets de lumière sur les surfaces ou les visages caractérise cette Fijnschilderei (peinture fine).

 

Gérard Dou. La femme hydropique (1663)

Gérard Dou. La femme hydropique (1663)
Huile sur bois, 86 × 67 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Enfin, il faut signaler que Gérard Dou contribue à la reconnaissance de la scène de genre à une époque où les scènes religieuses et mythologiques constituaient le genre noble par excellence. Si cette peinture, plus proche de la réalité de l’époque, se développe aux Pays-Bas, c’est qu’il existe dans ce pays une bourgeoisie aisée qui s’est enrichie dans le commerce. Elle s’intéressait évidemment davantage à son environnement immédiat qu’aux dieux et déesses antiques ou aux scènes bibliques. La scène de genre trouvera son grand maître avec Vermeer, de vingt ans plus jeune que Dou.

Gérard Dou. Vieille femme lisant la Bible (v. 1630)

Gérard Dou. Vieille femme lisant la Bible (v. 1630). Huile sur bois, 71 × 56 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. Élève de Rembrandt, Gérard Dou s’inspirait beaucoup de son maître dans sa jeunesse. Il est possible de comparer ce tableau à la Vieille femme lisant de Rembrandt (1631), également au  Rijksmuseum. La femme lit un épisode de l'Évangile de saint Luc concernant l'entrée de Jésus à Jéricho.

Gérard Dou. L’arracheur de dents (1630-35)

Gérard Dou. L’arracheur de dents (1630-35). Huile sur bois, 32 × 26 cm, musée du Louvre, Paris. « Œuvre de jeunesse, peinte vers 1630-1635 sous la proche influence de Rembrandt. Représentation chargée de significations allégoriques (vanité, douleur, patience). » (Commentaire base Atlas, musée du Louvre)

Gérard Dou. Femme mangeant du porridge (1631-35)

Gérard Dou. Femme mangeant du porridge (1631-35). Huile sur bois, 51,5 × 41 cm, collection particulière. « Il s'agit d'un des premiers travaux de Gerrit Dou. Il est généralement daté d'environ 1631-35, donc au moment où Dou a quitté l'atelier de Rembrandt ou peu de temps après. Christopher Brown, qui l'a salué comme "un exemple exceptionnel du style indépendant précoce de Dou", a préconisé une période légèrement plus tardive de datation plausible, vers 1632-37, tout comme Wayne Franits.
Ronni Baer compare ce travail, sur des bases thématiques et de composition, à la Vieille Femme mangeant des pommes de Berlin, qu'elle date d’un peu plus tôt, mais précise qu'il est plus avancé dans le rendu des matériaux et la représentation de l'espace : "la composition est ici plus équilibrée et la figure est traitée avec plus d'assurance ". Les deux œuvres comportent des éléments de nature morte, dont certains similaires, par exemple le pot renversé et le panier en osier. » (Commentaire Sotheby’s)

Gérard Dou. Femme versant de l'eau dans un récipient (1640-50)

Gérard Dou. Femme versant de l'eau dans un récipient (1640-50). Huile sur bois, 36 × 27 cm, musée du Louvre, Paris. Aussi intitulé La cuisinière hollandaise, ce tableau présente la caractéristique d’instaurer un dialogue visuel entre la cuisinière et l’observateur de l’œuvre. Les aliments et les objets posés sur la table constituent, par la précision des détails, une véritable nature morte.

Gérard Dou. La prière de la fileuse (v. 1645)

Gérard Dou. La prière de la fileuse (v. 1645). Huile sur bois, 27,7 × 28,3 cm, Alte Pinakothek, Munich. Une femme a cessé son travail pour se consacrer à la prière. La fileuse travaillait à domicile et avait pour tâche de transformer en fil la laine, le lin ou toute autre matière se prêtant à cette production. A droite, le rouet, actionné par une roue, permettait d’effectuer ce travail.

Gérard Dou. Buste d’homme barbu (1642-45)

Gérard Dou. Buste d’homme barbu (1642-45). Huile sur bois, 18,4 × 14,9 cm, National Gallery of Art, Washington. « Ce portrait en buste représente un homme barbu aux yeux perçants, qui regarde vers sa droite, son visage buriné et puissamment éclairé contrastant avec son béret noir. Les touches lumineuses animant les yeux contribuent à mettre en évidence le front et les pommettes, tandis que des reflets similaires apparaissent sur les plis de la chemise ouverte et contribuent également à mettre en valeur les mèches de cheveux gris. L’expressivité du travail au pinceau de Dou et les touches minutieuses apportent une vigueur et une animation extraordinaires à cette merveilleuse image […]
Le petit panneau ovale de Dou est un remarquable exemple de tronie (*), un type de portrait répandu parmi les artistes néerlandais. Parmi eux, Rembrandt van Rijn, le professeur de Dou, a réalisé de nombreuses études de ce type du début au milieu du 17e siècle. » (Commentaire NGA)
(*) La tronie (visage, trogne) est un portrait non personnalisé cherchant à représenter une mimique, un état d’esprit, une excentricité, une caractéristique particulière du visage. Ce type de portrait eut son heure de gloire pendant l’âge d’or de la peinture néerlandaise et flamande, c’est-à-dire approximativement le 17e siècle.

Gérard Dou. Portrait d’une vieille femme (1643-45)

Gérard Dou. Portrait d’une vieille femme (1643-45). Huile sur bois, 20 × 16 cm, Szépmûvészeti Múzeum, Budapest. Ce petit tableau représente probablement la mère de l'artiste. Il fait partie d'une série utilisant le même modèle.

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons (1646)

Gérard Dou. Jeune fille hachant des oignons (1646). Huile sur bois, 20,8 × 16,9 cm, Royal Collection of the United Kingdom, Londres. « Les activités des cuisinières étaient l'un des thèmes préférés de Dou, lui permettant non seulement d’incorporer de brillantes natures mortes, mais également d’approfondir l’aspect artistique. Les cuisinières lascives étaient fréquemment un sujet de la littérature comique dans la Hollande du XVIIe siècle, et les peintres ont souligné leurs charmes par l'utilisation d'un symbolisme basé sur des livres d'emblèmes ou des proverbes contemporains. Ainsi, la cage à oiseaux vide peut être une allusion à la perte de vertu et la volaille morte comporte un double sens – le mot néerlandais vogel (oiseau) étant aussi un terme d'argot pour copulation. De nombreux ustensiles du tableau – comme la bougie, le pilon, le mortier et la cruche – ont des connotations sexuelles claires. De plus, la cuisinière regarde directement le spectateur tout en se livrant de manière suggestive à hacher des oignons, légume utilisé au XVIIe siècle comme aphrodisiaque. Cependant, tous ces aspects disparates pourraient être réunis dans une interprétation plus large incarnée par les deux personnages : le petit garçon pour l'innocence et la jeune fille pour l'expérience. » (Commentaire Royal Collection)
Analyse détaillée

Gérard Dou. L'Epicière de village (1647)

Gérard Dou. L'Epicière de village (1647). Huile sur bois, 38 × 29 cm, musée du Louvre, Paris. Cette composition avec fenêtre au premier plan, au travers de laquelle l’observateur est sensé regarder la scène, a été développée par Gérard Dou. L'Epicière de village en est le premier exemple, mais l’artiste l’utilisera fréquemment par la suite. Le tableau figurant à l’arrière-plan est un autoportrait de l’artiste.

Gérard Dou. Chien endormi (1650)

Gérard Dou. Chien endormi (1650). Huile sur bois, 33 × 37 cm, Museum of Fine Arts, Boston. En se concentrant sur l’animal, dont il a bien observé la posture, Gérard Dou obtient une composition plus dépouillée mais plus puissante. Cette scène, par sa simplicité, préfigure les scènes de genre du siècle suivant, en particulier celles de Jean-Siméon Chardin.

Gérard Dou. La jeune mère (1658)

Gérard Dou. La jeune mère (1658). Huile sur bois, 73,5 × 55,5 cm, Mauritshuis, La Haye. « Une jeune mère est assise près de la fenêtre et occupée à des travaux d'aiguille. A côté d'elle, une servante s'agenouille près du berceau. Le tableau a été peint par Gerrit Dou, le père des fijnschilders de Leyde, c’est-à-dire des peintures fines. Dou a travaillé avec une telle précision que les touches individuelles sont à peine visibles.
En 1660, ce tableau faisait partie d'un cadeau diplomatique de la Hollande au nouveau roi d'Angleterre, Charles II. En le recevant, le souverain a immédiatement proposé à Gerrit Dou un poste permanent à la cour. Mais Dou a décliné son offre. » (Commentaire Mauritshuis)

Gérard Dou. Jeune fille avec une bougie allumée à une fenêtre (1658-65)

Gérard Dou. Jeune fille avec une bougie allumée à une fenêtre (1658-65). Huile sur bois, 26,7 × 19,5 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. « Ce type de peinture était connu sous le nom de "pièce à niche » ou "niche de fenêtre". La figure est encadrée par une fenêtre dont le rebord contribue à la construction de l'espace pictural, tout comme le rideau. Des scènes vues à travers une fenêtre ou des personnages penchés à une fenêtre apparaissent dans l'œuvre de Dou au milieu des années 1640 et l'un des premiers exemples est le tableau du Louvre intitulée L’épicière de village. Des précédents de ce type de composition apparaissent dans l'œuvre de Rembrandt. Un autre élément popularisé par Dou est l'utilisation de l'éclairage artificiel, ici sous la forme de la bougie tenue par la jeune femme, un dispositif que l'on retrouve dans son œuvre au cours des années 1650. Selon Naumann, les deux motifs, la jeune femme à une fenêtre et l'éclairage artificiel, apparaissent dans son travail du milieu des années 1650 et le premier exemple est un panneau conservé anciennement par la Gemäldegalerie de Dresde (détruit pendant la Seconde Guerre mondiale). » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)

Gérard Dou. Vieille femme arrosant les fleurs (1660-65)

Gérard Dou. Vieille femme arrosant les fleurs (1660-65). Huile sur bois, 28,3 × 22,8 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. La composition avec fenêtre présente deux avantages pour l’artiste. D’abord, elle constitue un modèle répétitif et adaptable à des thèmes multiples. Ensuite, elle permet de donner l’illusion au spectateur de découvrir la scène depuis l’extérieur, comme s’il se promenait dans la rue. L’impression de réalisme est accentuée.

Gérard Dou. Baigneuse (1660-65)

Gérard Dou. Baigneuse (1660-65). Huile sur bois, 25 × 19 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. Le thème des baigneuses est en général rattaché à la mythologie antique au 17e siècle. Rembrandt, le maître de Gérard Dou, a ainsi réalisé quelques nus féminins, comme par exemple cette Danaé de 1636. Le musée de l’Ermitage ne fournit aucune référence mythologique pour cette baigneuse de Dou, ce qui ne signifie pas qu’une telle référence soit absente.

Gérard Dou. La femme hydropique (1663)

Gérard Dou. La femme hydropique (1663). Huile sur bois, 86 × 67 cm, musée du Louvre, Paris. « Dans le calme clair-obscur d’un intérieur, un médecin examine à la lumière du jour les urines de sa patiente, peut-être pour déterminer si elle est enceinte (le titre du tableau, La Femme hydropique, est erroné). Cette dernière attend les résultats, réconfortée par sa fillette et sa servante. La représentation satirique de médecins et autres arracheurs de dents avait une grande place dans la peinture de genre (on la retrouve chez Teniers, van Ostade, Metsu...). Mais ici il s’agit bien moins de la dénonciation triviale du charlatanisme que d’une réflexion morale sur le symbolisme de l’eau. L’eau est en effet source de vie et purificatrice, comme Dieu (d’où la Bible bien visible, ouverte sur son pupitre). Elle est très présente dans ce tableau : dans le bassin du premier plan, mais surtout par la magnifique aiguière peinte sur les volets qui protégeaient l’œuvre de la poussière (elle aussi conservée au musée du Louvre). La vie vertueuse qu’elle incarne s’oppose à la vanité du temps qui fuit (figuré par la petite horloge à côté de la fenêtre), et la pureté de l’âme aux maux du corps. Ainsi il faut sans doute comprendre le regard de la malade comme un élan vers la lumière du ciel, au-delà de la basse matérialité de cette chambre confinée. » (Commentaire musée du Louvre)

Gérard Dou. L’astronome (v. 1665)

Gérard Dou. L’astronome (v. 1665). Huile sur bois, 38 × 28 cm, musée du Liechtenstein, Vienne. Gerrit Dou a réalisé plusieurs versions de ce sujet, qui a été repris en 1668 par Vermeer. Il semble que Gérard Dou ait popularisé ce thème ancien à Leyde en relation avec l’université de la ville, la plus ancienne université néerlandaise, fondée en 1575.

Gérard Dou. Jeune fille à la lampe (1660-70)

Gérard Dou. Jeune fille à la lampe (1660-70).  Huile sur bois, 19 × 14 cm, Mauritshuis, La Haye. Le Mauritshuis reste prudent sur l’attribution à Gérard Dou en indiquant « attribué à » sur son site internet. Dans cette œuvre tardive, Dou conserve la composition avec fenêtre, déjà fréquemment utilisée, mais aboutit à un dépouillement qui le rapproche des scènes nocturnes du français Georges de la Tour, par exemple cette Madeleine à la veilleuse de 1642-44.

Gérard Dou. L’ermite (1670).

Gérard Dou. L’ermite (1670). Huile sur bois, 46 × 34,5 cm, National Gallery of Art, Washington. « Un vieil ermite vêtu d'un habit franciscain, les mains jointes posées sur une page cornée de la Bible ouverte, s'agenouille devant un crucifix et contemple les mystères de la mort et de la résurrection du Christ. Gerrit Dou était fasciné par le thème de la vie contemplative et de ses vertus, et il a réalisé au moins onze scènes d'ermite au cours de sa carrière. Ici, Dou a renforcé son message avec des éléments symbolisant la brièveté de la vie humaine : le crâne, le sablier et la lumière éteinte de la lanterne. Le chardon représente la constance de l'ermite, tandis que les branches vivantes poussant à partir d'un arbre mort symbolisent la vie après la mort. » (Commentaire NGA)

Gérard Dou. L’épicerie (1672)

Gérard Dou. L’épicerie (1672). Huile sur bois, 41,5 × 32 cm, Royal Collection of the United Kingdom, Londres. « L’épicerie est une œuvre tardive, aux couleurs plus chaudes et plus diversifiées et au style plus expansif que Jeune fille hachant des oignons (Royal Collection), peint près de trente ans plus tôt. Dou avait déjà traité ce thème en 1647 (Paris, Louvre). Ses origines remontent à des scènes de marché du XVIe siècle réalisées par des artistes tels que Joachim Beuckelaer et Pieter Aertsen. Mais Dou combine ici plusieurs de ses motifs préférés, en particulier son habitude de composer une illusion picturale. La scène est en effet incorporée dans une fenêtre cintrée en pierre avec un rebord. Au-dessous apparaît un relief sculpté d'enfants jouant avec une chèvre, à la manière de François Duquesnoy (**). Le même relief se trouve dans The Poulterer's Shop (National Gallery, Londres), proche de la peinture actuelle. Bien que Dou utilise un artifice de composition, il éloigne en fait le spectateur de la scène en positionnant des objets au premier plan et sur le rebord. Il faut ajouter une dimension narrative forte, qui ne se limite pas aux deux personnages principaux, mais s'étend à l'arrière-plan où une femme tenant une cafetière (en regardant directement le spectateur) est sur le point de quitter la boutique. Un autre client est servi derrière elle. » (Commentaire Royal Collection)
(**) François Duquesnoy (1597-1643) est un sculpteur bruxellois produisant à la fois des œuvres de grande taille et des reliefs et statuettes de petite taille ayant pour thèmes des scènes religieuses ou mythologiques où figurent des putti se livrant à des jeux bucoliques.

 

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Gérard Dou