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Nattier. L'Education de Marie de Médicis (1702-04). Estampe, Bibliothèque nationale de France, Paris. Le tout jeune Jean-Marc Nattier, fils de l'académicien Marc Nattier, a obtenu l'autorisation de dessiner et de faire graver les vingt-quatre tableaux peints par Rubens entre 1621 et 1625 et représentant l'Histoire de Marie de Médicis (1575-1642). Ces tableaux, exposés au palais du Luxembourg (aujourd'hui au musée du Louvre), retracent des épisodes de la vie de la Reine en les associant à des thèmes mythologiques.
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Nattier. Persée changeant Phinée en pierre (1718). Huile sur toile, 151,5 × 196 cm, musée des Beaux-arts de Tours. Titre complet : Persée, assisté par Minerve, pétrifie Phinée et ses compagnons en leur présentant la tête de Méduse. « Ce thème est bien sûr, pour l'artiste déjà reconnu, prétexte à faire valoir ses qualités et sa maîtrise. Nattier utilise avec brio le vocabulaire enseigné par l'Académie : il campe son sujet dans une ample composition au décor architectural complexe, multiplie les anatomies masculines à l'antique puissamment dessinées, varie les effets de perspective et emploie des raccourcis audacieux. La scène est particulièrement théâtrale et la large draperie verte qui clôt l'espace à droite ne fait qu'accentuer cet effet. C'est au premier plan, par le traitement de la fourrure et des pièces d'orfèvrerie, que le peintre révèle toute sa virtuosité et le goût pour les belles matières qui le caractérise. » (Commentaire musée des Beaux-arts de Tours)
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Nattier. Le duc de Richelieu (1732). Huile sur toile, 239 × 177,5 cm, musée Calouste-Gulbenkian, Lisbonne. Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis (1696-1788), duc de Richelieu, est le petit-neveu du cardinal de Richelieu (1585-1642) et le filleul de Louis XIV. Maréchal de France, Richelieu est un courtisan habile qui a une certaine influence sur Louis XV.
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Nattier. Mademoiselle de Clermont en Sultane (1733). Huile sur toile, 109 × 105 cm, Wallace Collection, Londres. Marie Anne de Bourbon (1697-1741), dite Mademoiselle de Clermont est la quatrième fille de Louis III de Bourbon, prince de Condé, et de Louise Françoise de Bourbon, dite Mademoiselle de Nantes. Elle appartient à la famille royale de France et exerce les fonctions de surintendante de la Maison de la Reine de 1725 à sa mort. La mode des turqueries avait cours à l'époque, d'où la mise en scène.
« Nattier représente Mademoiselle de Clermont sous les traits d'une sultane dans un harem, espace chargé d'érotisme dans l'imaginaire occidental. Ce tableau est donc un exemple précoce de turquerie – une représentation dans un style "turc" imaginaire – qui émergea progressivement comme une nouvelle mode vers 1720. Ce décor offrait à l'artiste un prétexte pour inclure les jambes et les genoux dénudés de Clermont, éléments qui auraient été inacceptables dans un portrait de cour officiel.
Ce cadre onirique explique peut-être aussi la présence des autres femmes dans ce tableau : six figures noires regroupées autour de Clermont assise. En tant que femmes de couleur, ces femmes n'étaient pas des habituées de la cour de France du XVIIIe siècle ; leur présence ici renforce donc l'atmosphère exotique créée par les allusions "turques". Aujourd'hui, leur identité est inconnue, mais compte tenu de la précision avec laquelle l'artiste a rendu leurs traits, on peut supposer qu'il s'est inspiré de modèles réels ou de gravures, plutôt que de sa seule imagination. Il est également intéressant de noter que le tableau a été réalisé quelques décennies seulement après l'instauration, par Louis XIV, ancêtre de Clermont, du Code Noir. Ce document tristement célèbre a codifié l'esclavage dans l'empire colonial français. Il est donc probable que les femmes représentées ici aient été perçues comme des esclaves par les spectateurs de l'époque. » (Commentaire Wallace Collection)
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Nattier. La marquise d'Antin (1738). Huile sur toile, 118 × 96 cm, musée Jacquemart-André, Paris. Marie-François-Renée de Carbonnel-Canisy (1725-1796), dite Mathilde, a 14 ans sur ce tableau. Elle a été mariée à l'âge de 12 ans au marquis d'Antin.
« Le peintre représente la marquise au pied d’un chêne, surplombant un paysage servant de décor. La pose gracieuse, et la douceur de ses traits, lui confèrent quelque chose de l’enfance et de l’innocence. La composition est très affirmée, ce portrait représentant à ce titre une belle illustration de la personnalité de l’artiste et de son art : les bras aux courbes inversées forment une diagonale et la guirlande de fleurs en écharpe traverse le buste de sa robe en soie blanche. Le peintre joue sur les effets de draperies et de soieries. La reine Marie Leszczynska, l’épouse de Louis XV, et leurs filles appréciaient tout particulièrement la douceur, l’élégance et la légèreté qu’il introduit dans un genre traditionnellement majestueux : le portrait de cour. » (Commentaire musée Jacquemart-André)
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Nattier. Madame Geoffrin (1738). Huile sur toile, 145 × 115 cm, musée Fuji, Tokyo. Marie-Thérèse Rodet Geoffrin (1699-1777) est une femme d'esprit issue de la petite bourgeoisie. De 1749 à 1777 elle organise dans son hôtel de la rue Saint-Honoré un salon bihebdomadaire. Elle reçoit artistes, gens de lettres et philosophes. Voltaire, Diderot, D'Alembert fréquentent son salon.
Analyse détaillée
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Nattier. Pauline Félicité de Mailly-Nesle (v. 1740). Huile sur toile 97 × 78 cm, collection particulière. Pauline Félicité de Mailly-Nesle (1712-1741), marquise de Vintimille, est une favorite de Louis XV à partir de 1739. Elle supplanta sa sœur aînée, Louise Julie de Mailly Nelle, comtesse de Mailly, auprès du roi et mourut en couches en 1741. Sa sœur cadette Marie-Anne prit la suite auprès de Louis XV.
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Nattier. Marie-Anne de Mailly-Nesle (1740). Huile sur toile, 81 × 96 cm, Palais de Versailles. Marie-Anne de Mailly-Nesle (1717-1744), marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux, est une favorite de Louis XV à partir de 1742. Louis XV tomba gravement malade en 1744 et, sous la pression du clergé, prit de « bonnes résolutions ». Il renvoya sa maîtresse qui mourut d'une péritonite quelques mois plus tard.
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Nattier. Comtesse Tessin (1741)
Huile sur toile, 81 × 65 cm, musée du Louvre, Paris.
Nattier. Comtesse Tessin (1741). Vue sans cadre.
« Un oculus de pierre forme comme un second cadre à ce portrait de l'épouse de Charles-Gustave Tessin, ambassadeur de Suède à Paris de 1739 à 1742. Le soin apporté au rendu des étoffes et à la douceur de l'expression caractérise l'art élégant et souvent flatteur de Nattier, brillant portraitiste de la cour sous Louis XV. » (Commentaire musée du Louvre)
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Nattier. Comtesse d'Argenson (1743). Huile sur toile, 139 × 106 cm, collection particulière. Anne Larcher (1706-1754), comtesse d 'Argenson, est la fille d'un conseiller au Parlement de Paris, Pierre Larcher, seigneur de Pocancy. Les Larcher appartiennent à la très ancienne noblesse de robe ; leur fortune est considérable. Riche héritière, Anne Larcher est mariée peu après ses onze ans avec le descendant d'une des plus anciennes familles nobles de Touraine, Marc-Pierre de Voyer, comte d'Argenson, vicomte de Paulmy, baron de La Haye (1696-1764).
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Nattier. La duchesse de Chaulnes représentée en Hébé (1744). Huile sur toile, 144 × 110 cm, musée du Louvre, Paris. « Ce portrait en travesti mythologique d'Anne Josèphe Bonnier de la Mosson (1718-1787) est le pendant de celui de son époux, le duc de Chaulnes en Hercule (Louvre). Hébé, femme d'Hercule, symbolisait la jeunesse dans la mythologie gréco-romaine. » (Commentaire musée du Louvre)
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Nattier. Louis XV (1745). Huile sur toile, 80 × 64 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Louis XV (1710-1774), roi de France, est l'arrière-petit-fils de Louis XIV. A la mort de Louis XIV en 1715, il n'a que cinq ans et son grand-oncle Philippe d'Orléans (1674-1723) est proclamé régent du Royaume. Louis XV ne prendra officiellement le contrôle du gouvernement qu'en 1723. Surnommé le « Bien-aimé » au début de son règne, il devint très impopulaire par la suite. Intelligent et cultivé, il manquait totalement de vision politique à une époque où elle devenait particulièrement nécessaire. Sa sensualité débordante et ses nombreuses maîtresses contribuèrent également à le discréditer.
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Nattier. Marie-Adélaïde de France en Diane (1745). Huile sur toile, 95 × 128 cm, Galerie des Offices, Florence. Marie Adélaïde de France (1732-1800), dite Madame Adélaïde, est la quatrième fille et le sixième enfant de Louis XV et de Marie Leszczynska. Elle avait beaucoup d'ascendant sur la famille royale et tenta de s'opposer à la liaison du roi avec Mme de Pompadour. Les portraits avec travestissement mythologique rencontraient un grand succès.
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Nattier. Marie Leszczynska (1748). Huile sur toile, 139 × 107 cm, Château de Versailles. Marie Leszczynska (1703-1768) est la reine de France, épouse de Louis XV. Fille de Stanislas Leszczynski, qui fut brièvement roi de Pologne de 1704 à 1709, elle épouse Louis XV en 1725 alors que celui-ci n'a que quinze ans. Le mariage avait principalement pour but de procurer rapidement une descendance. A l'âge de 22 ans, la princesse polonaise est déjà considérée comme une « vieille fille » et l'on parle de mésalliance. Mais les tourtereaux tombent amoureux l'un de l'autre dès la nuit de noces...
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Nattier. Mme de Pompadour en Diane (1746). Huile sur toile, 102 × 82 cm, Château de Versailles. Jeanne-Antoinette Poisson (1721-1764) est issue d'un milieu bourgeois. Elle épouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles et devient la favorite de Louis XV en 1745. Le roi lui fait immédiatement don du domaine de Pompadour.
« Ce portrait fut peint en 1746, peu de temps après la présentation officielle de la marquise, devenue maîtresse de Louis XV, à la cour en septembre 1745. L'iconographie de Diane fut remise au goût du jour par Nattier, alors portraitiste réputé. La première image de la favorite s'inscrivait dans le goût du moment et l'œuvre connut un succès immédiat qui lui valut d'être copiée à de nombreuses reprises. La marquise de Pompadour offrit ce portrait en 1750 à son frère le marquis de Marigny, qui le conserva jusqu'à sa mort » (Commentaire Château de Versailles)
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Nattier. Madame Victoire (1748). Huile sur toile, 64 × 81 cm, Château de Versailles. Victoire-Louise-Marie-Thérèse de France (1733-1799), dite Madame Victoire, est l'une des huit filles de Louis XV et Marie Leszczynska.
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Nattier. Comtesse de Tillières (1750). Huile sur toile, 80 × 63 cm, Wallace Collection, Londres. Michelle Julie Françoise Bouchard d'Esparbès de Lussan (1715-1757) vient de la maison d'Esparbès de Lussan, très ancienne famille noble d'Armagnac. Elle épouse en 1730 Jacques Tanneguy IV Le Veneur, marquis de Tillières (1700-1777). La pelisse de soie de la comtesse est garnie de fourrure d'écureuil.
« Ce type d’œuvre témoigne d’une conception nouvelle du portrait français, visant avant tout le naturel, qui trouvera sa plus belle expression dans l’œuvre du pastelliste Maurice Quentin de La Tour.
Nattier réalisa ce portrait au sommet de sa gloire, après celui de la reine de France Marie Leczinska en 1748 (voir p. 437). La fin des années 1740 marque un tournant dans sa carrière, où il s’attache de plus en plus à la personnalité du modèle. » (Commentaire Wallace Collection)
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Nattier. Marie Josèphe de Saxe (1751). Huile sur toile, 105 × 120 cm, Château de Versailles. Marie Josèphe de Saxe (1731-1767) est dauphine de France par son mariage, en 1747, avec le dauphin Louis, fils de Louis XV. Elle est la fille d'Auguste III, roi de Pologne et électeur de Saxe et de Marie-Josèphe d'Autriche.
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Nattier. Marie Zéphyrine de France (1751). Huile sur toile, 70 x 82 cm, Galerie des Offices, Florence. Marie Zéphyrine de France (1750-1755), est la première des huit enfants du dauphin Louis de France (1729-1765) fils de Louis XV, et de Marie-Josèphe de Saxe.
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Nattier. Henriette de France (1754). Huile sur toile, 246 × 185 cm, Château de Versailles. Henriette de France (1727-1752), dite Madame Henriette, est l'une des filles aînées de Louis XV et de Marie Leszczynska. Elle est la sœur jumelle d'Elisabeth de France (1727-1759). Elle se passionna pour la musique et Nattier l'a donc représentée jouant de la basse de viole. Elle meurt de la variole (petite vérole à l'époque) à l'âge de 24 ans. Le personnage de la petite princesse est un peu écrasé par le cadre majestueux et l'ample robe corail et or, au demeurant superbement rendue.
« Commencé en 1748, le portrait n'était pas achevé lorsque la princesse décéda en 1752. De nombreuses répliques et copies de cette œuvre furent commandées, témoignant ainsi de la popularité du modèle et du succès de la composition. Le talent musical de la jeune princesse est somptueusement mis en scène dans une composition empruntant son vocabulaire aux plus beaux portraits d'apparat : décor palatial imposant, lourde draperie théâtrale, forme pyramidale du modèle. » (Commentaire Château de Versailles)
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Nattier. Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1755). Huile sur toile, 82,3 × 64,5 cm, collection particulière, Londres. Beaumarchais (1732-1799) est un écrivain français surtout connu pour ses pièces de théâtre (Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro). Il fut aussi un homme d'affaires très aventureux.
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Nattier. Jean Victor de Rochechouart de Mortemart (1756). Huile sur toile, 80,5 × 65 cm, collection particulière. Jean Victor de Rochechouart (1711-1771), duc de Mortemart, seigneur de l'île d'Yeu, est général et pair de France.
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Nattier. Madame de Maison-Rouge en Diane (1756). Huile sur toile, 136,5 × 105,1 cm, Metropolitan Museum of Art, New-York. « Il s'agit d'un portrait avec déguisement, le modèle étant représenté en Diane, déesse de la chasse, avec ses attributs traditionnels, l'arc et le carquois de flèches. Elle est vêtue d'un blanc virginal. Il semble que le modèle soit mademoiselle Belot, qui, l'année où le portrait a été peint, est devenue la troisième épouse d'Étienne de Maison-Rouge, Receveur général des finances. » (Commentaire MET)
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