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Etienne Vigée (1773). Huile sur toile, 61,6 × 50,5 cm, Saint Louis Art Museum, St. Louis, Missouri. Louis Jean-Baptiste Étienne Vigée (1758-1820) est le frère d’Elisabeth et deviendra auteur dramatique et homme de lettres.
« En demandant au modèle de regarder par-dessus son épaule et d’incliner son chapeau sur son front, Elisabeth-Louise Vigée Le Brun obtient une belle image de défi juvénile. Le portrait – très probablement celui du frère de l'artiste, Étienne, à l'âge de quinze ans – est sans doute celui que l'artiste a décrit dans ses mémoires comme "mon frère en habit d'écolier". Elle fait allusion à son intérêt pour les lettres (il deviendra plus tard un écrivain célèbre) en le faisant tenir une liasse de papiers et une plume. L'artiste a réalisé ce portrait alors qu'elle n'avait que dix-huit ans. » (Commentaire Saint Louis Art Museum)
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Mme Le Sèvre. Huile sur toile, 65 × 54 cm, collection particulière. Madame Le Sèvre, coiffeuse à Paris, née Jeanne Maissin (1728-1800), est la mère d’Elisabeth Vigée Le Brun.
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Madame du Barry (1781). Huile sur bois, 69,2 × 51,4 cm, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie. Jeanne Bécu, comtesse du Barry (1743-1793), fut la dernière favorite de Louis XV, roi de France. Elle fut guillotinée sous la Convention.
« Jeanne Du Barry a dû apprécier ce portrait puisqu'elle en a commandé deux versions : une pour chacun de ses amants dans les années 1780. Ce panneau appartenait à Henry Seymour, un aristocrate anglais qui vivait à quelques kilomètres de Madame Du Barry et qui devint son amant vers 1780. Connue pour sa beauté, sa générosité et le fait qu'elle ne disait jamais de mal des autres, Madame Du Barry était également une admiratrice et une mécène des arts.
La compréhension et la sympathie d'Elisabeth Louise Vigée Le Brun pour ses sujets sont évidentes dans la manière informelle dont elle présente Madame Du Barry, en tournant la tête et en écartant les lèvres, comme si elle parlait à une compagne. Le chapeau de paille et la robe de mousseline légère ajoutent à l'air décontracté et spontané de ce portrait. » (Commentaire Philadelphia Museum of Art)
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Madame du Barry (1782). Huile sur toile, 115 × 89,5 cm, National Gallery of Art, Washington. « Représentée à partir des genoux, une femme se tient face à nous et nous regarde, la tête légèrement inclinée vers la gauche, dans ce portrait vertical. Elle a la peau pâle, un visage en forme de cœur avec des joues roses et une bouche en arc de cercle rose. De fins sourcils arqués de couleur marron sable encadrent ses yeux gris. Une couronne de fleurs rose pâle et de plumes d'autruche blanches bouclées couronne ses longs cheveux gris, qui sont empilés sur sa tête. Des boucles lâches effleurent ses deux épaules. Sa robe de satin argenté resplendissante est ornée d'une délicate dentelle transparente autour du large décolleté plongeant et des manches, et une ceinture rose entoure sa taille étroite. Des bracelets de perles ornent ses poignets. Elle se penche sur sa gauche, à notre droite, pour appuyer son coude gauche sur un piédestal en pierre brun cannelle qui lui arrive à la taille et qui est décoré d'une guirlande et d'un nœud de couleur bronze sur le côté qui nous fait face. Un anneau de fleurs bleues, jaunes, rouges et roses, tissé avec des brins de lierre, pend dans la main qui repose sur le piédestal. Sa main droite pend librement à ses côtés. Le long du bord gauche de l'arrière-plan faiblement éclairé, un arbre au tronc épais forme un angle dans le coin supérieur gauche. Un jeune arbre plus petit pousse juste devant lui. Sur la droite, des buissons aux feuilles vert olive et vert fougère, parsemées de taches lilas-violet s'élèvent au-dessus du piédestal. Des nuages sombres occupent la majeure partie du tiers supérieur de la toile, mais ils s'écartent autour de la tête de la jeune femme pour révéler un ciel d'un bleu tendre. L'artiste a signé et daté l'œuvre en blanc dans le coin inférieur droit : "L. Vigée Le Brun 1782". (Commentaire National Gallery of Art)
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Duchesse de Polignac (1782). Huile sur toile, 92,2 × 73,3 cm, Château de Versailles. Yolande Martine Gabrielle de Polastron (1749-1793), comtesse puis duchesse de Polignac, marquise de Mancini, est l’amie et confidente de la reine Marie-Antoinette. En 1782, elle obtient la charge de gouvernante des enfants royaux.
« Dans ce portrait au naturel, les blonds cheveux retombent sur les épaules "en confidents abattus", la bouche entrouverte découvre la blancheur des dents, trait commun de plusieurs portraits de l’artiste dont son autoportrait avec sa fille (cat. 77). Le chapeau de fine paille à larges bords, dit à la jardinière, à la laitière ou à la bergère, s’accorde à l’esprit champêtre du Petit Trianon où cette intime de la reine séjourna à plusieurs reprises. Il est ici surmonté d’un bouquet de fleurs et d’une follette noire, plume retenue par un ruban bleu ciel. Ce motif de la femme au chapeau s’inspire de Rubens dont Mme Vigée Le Brun avait vu le Portrait au chapeau de paille à Anvers, chez le collectionneur Jean Michel Van Havre. Il n’est pas inutile de préciser que le "chapeau de paille" de ce portrait de Suzanne Lunden, belle-sœur de l’artiste flamand, est en réalité de feutre noir. L’essentiel n’est pas ici l’exactitude de la citation mais l’effet d’ombre portée, le traitement des lumières dorées et chaudes sur le visage du modèle, l’élégance de la jeune femme ainsi parée. Ce couvre-chef apparaît de façon récurrente dans l’œuvre de la portraitiste. » (Commentaire Grand Palais)
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Madame Grand (1783). Huile sur toile, 92 × 72 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Catherine Noël Worlee (1762-1834) est connue sous le nom de son premier époux Georges-François Grand. Elle fut la maîtresse puis, à partir de 1802, l’épouse de Talleyrand.
« Madame Grand est née dans une famille coloniale française près de Pondichéry, en Inde. Alors qu'elle devient célèbre pour sa beauté et son mariage avec le ministre et diplomate Talleyrand, admirateurs et critiques s’inspirent de ses origines pour lui attribuer l'épithète d'Indienne. Cette image remarquable d'elle, les yeux levés et les lèvres entrouvertes comme si elle chantait, faisait partie des dix portraits et des trois tableaux d'histoire présentés par Vigée Le Brun au Salon de 1783, l'année même où l'artiste fut acceptée comme l'une des quatre femmes membres de l'Académie royale de France. » (Commentaire MET)
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Marie-Antoinette à la rose (1783). Huile sur toile, 113 × 73 cm, National Gallery of Art, Washington. Maria Antonia de Habsbourg, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d’Autriche (1755-1793), était archiduchesse d’Autriche et princesse impériale. Elle épouse le dauphin de France (futur Louis XVI) en 1770 et devient reine de France à la mort de Louis XV en 1774. La jeune fille de 15 ans qui épouse le dauphin doit s’adapter à un milieu radicalement différent de celui qu’elle a connu à Vienne et elle ne trouvera pas de réconfort auprès de son jeune époux. Elle se réfugiera dans une certaine frivolité.
Un autre portrait avait été exposé au Salon de 1783 représentant la reine en robe de gaule (mousseline de coton) tenue d'intérieur et non d’apparat. Cette tenue provoqua un scandale et le portrait fut retiré et remplacé par celui figurant ci-dessus.
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Charles Alexandre de Calonne (1784). Huile sur toile, 155,5 × 130,3 cm, Royal Collection of the United Kingdom. Juriste et financier, Calonne (1734-1802) eut une brillante carrière de parlementaire (les Parlements étaient des juridictions) puis devint Contrôleur Général des Finances (équivalent du Ministre des Finances) de 1783 à 1787. Opposé à la politique de Necker qui souhaite rationaliser l’administration et réduire les dépenses inutiles, il est plutôt un adepte de « la relance », dirions-nous aujourd’hui. Mais il est un temps pour chaque chose : à la fin des années 80, il n’y avait plus rien à relancer…
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Duchesse de Caderousse (1784). Huile sur toile, 105 × 76 cm, collection particulière. Marie-Gabrielle de Sinéty (1760-1832), duchesse de Caderousse, est la fille du marquis André de Sinéty et de Marie-Anne de Ravenel. Mariée en 1779 avec André Joseph Hippolyte de Gramont, duc de Caderousse (1761-1817), elle en aura quatre enfants. La famille de Gramont est de très ancienne noblesse.
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Marie Antoinette (1785). Huile sur toile, Château Konopiste, Benešov, Tchéquie. La reine pose dans une robe plus simple mais comportant malgré tout de la dentelle et de la fourrure.
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Mme Vigée Le Brun et sa fille Julie (1786). Huile sur toile, 105 × 84 cm, musée du Louvre, Paris. Exposé au Salon de 1787, cet autoportrait de l’artiste avec sa fille Julie, âgée de 6 ans fut un grand succès. Elisabeth Vigée Le Brun s’inspire des représentations des Vierges à l’Enfant de la Renaissance pour évoquer l’amour maternel, sentiment valorisé à partir du 18e siècle. Il était très novateur de montrer sans détour la tendresse maternelle avec une enfant pelotonnée contre sa mère.
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Marie-Antoinette et ses enfants (1787). Huile sur toile, 275 × 215 cm, Château de Versailles. Personnes représentées : Marie-Antoinette, et de gauche à droite : Marie-Thérèse (1778-1851), Louis-Charles (1785-1795) et Louis-Joseph (1781-1789).
« Le 12 septembre 1785, la direction des Bâtiments du roi, sur ordre de Louis XVI, commanda à Élisabeth Louise Vigée Le Brun un grand portrait de la reine. La consigne était précise : le tableau, monumental, la représenterait dans son intérieur, en compagnie de ses enfants, garants de la continuité dynastique. Il devait restaurer l’image de Marie-Antoinette, lui rendre une respectabilité en l’exaltant dans son rôle de mère […]
Coiffée d’une toque empanachée d’une aigrette et de plumes d’autruche assortie à sa robe de velours rouge bordée de martre, la reine, en pied, de grandeur naturelle, tient sur ses genoux le duc de Normandie, Louis Charles, le plus jeune de ses fils. Marie-Thérèse Charlotte de France, dite Madame Royale, se blottit tendrement contre sa mère. Le premier dauphin, Louis Joseph Xavier François de France, arborant le ruban bleu et la plaque de l’ordre du Saint-Esprit, entrouvre le rideau d’une bercelonnette vide, allusion à la mort précoce de Sophie Hélène Béatrix, disparue à onze mois pendant l’exécution de l’œuvre. On a supposé un probable remaniement du tableau après le décès. » (Commentaire Grand Palais)
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Le prince Henryk Lubomirski en Amour de la gloire (1787-88). Huile sur bois, 106 × 83 cm, Staatliche Museen, Berlin. Henryk Lubomirski (1777-1850) appartient à une grande famille de l’aristocratie polonaise. Le physique androgyne du jeune prince a fait la célébrité du tableau. Sur une thématique proche, Annibal Carrache avait déjà peint un Génie de la renommée en 1588-89.
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Hubert Robert (1788). Huile sur bois, 105 × 84 cm, musée du Louvre, Paris. Hubert Robert (1733-1808) est un peintre qui s’illustra particulièrement dans les paysages. Il connut un grand succès et devint membre de l’Académie Royale.
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Pauline de Beaumont (1788). Huile sur toile, collection particulière. Pauline de Montmorin (1768-1803), comtesse de Beaumont, est surtout connue pour avoir été la maîtresse de François-René de Chateaubriand et pour avoir tenu un salon littéraire où les plus brillants intellectuels de Paris se retrouvaient pendant le Consulat. Malade, elle rejoindra Chateaubriand, en poste diplomatique à Rome, et y mourra.
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Mme Vigée Le Brun et sa fille Julie (1789). Huile sur toile, 130 × 94 cm, musée du Louvre, Paris. Nouvel opus du tableau de 1786, ci-dessus, commandé par le directeur général des Bâtiments du roi, Charles Claude Flahaut de La Billarderie, comte d’Angiviller. Vigée Le Brun cède ici à la mode néoclassique en s’habillant avec un costume grec.
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Lady Hamilton en Bacchante (1790-91). Huile sur toile, Walker Art Gallery, Liverpool. Amy Lyon (1765 1815), connue sous le pseudonyme de Lady Emma Hamilton, fut la maîtresse de Lord Horatio Nelson et le modèle du peintre George Romney. Elle changera plus tard son nom en Emma Hart. Le tableau a été peint à Naples pendant l'exil d'Elisabeth Vigée Le Brun. Dans la mythologie antique, les Bacchantes étaient les femmes qui célébraient les mystères de Dionysos (dieu grec) ou Bacchus (dieu romain). Leur fête s'appelait les Bacchanales. Le mot a pris aujourd'hui la signification de fête orgiaque.
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Comtesse Skavronskaia (1796). Huile sur toile, 80 × 66 cm, musée du Louvre, Paris. Tableau peint à Saint Pétersbourg pour la comtesse Catherine Vassilievna Skavronskaia (1761-1829), dame d’honneur de l’impératrice Catherine II de Russie.
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Stanislas Auguste Poniatowski, roi de Pologne (1797). Huile sur toile, 78 × 98 cm, Château de Versailles. Stanislas II Augustus (1732-1798), fut le dernier roi indépendant de la République des Deux Nations qui regroupait la Pologne et la Lituanie.
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Louise, reine de Prusse (1801). Pastel sur papier, Schloss Charlottenburg, Berlin. Louise de Mecklembourg-Strelitz (1776-1810), fut reine de Prusse et épouse de Frédéric-Guillaume III de Prusse. Connue sous le nom de la Reine Louise et d’une très grande beauté, elle devint extrêmement populaire, en particulier pendant la guerre contre les Français.
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Princesse Louise de Prusse (1801). Pastel sur papier.
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Giuseppina Grassini (1804-05). Huile sur toile, 133 × 99 cm, Musée des Beaux-Arts, Rouen. Giuseppina Grassini (1773-1850) est une chanteuse d’opéra italienne. Bonaparte, Premier Consul, la rencontra à la Scala de Milan. Elle devint sa maîtresse et s’installa à Paris. En 1806, Napoléon la nomme Première cantatrice de sa Majesté l’Empereur. Elle est ici représentée dans le rôle de Zaïre.
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Mmede Staël en Corinne au cap Misène (1809). Huile sur toile, 140 × 118 cm, Musée d'Art et d'Histoire, Genève. Anne-Louise Germaine Necker (1766-1817) est connue sous le nom de son mari, le baron de Staël-Holstein (1749-1802), ambassadeur de Suède. Elle est la fille de Jacques Necker (1732-1804), richissime banquier suisse et ministre de Louis XVI. Ecrivain, essayiste, elle fait figure de femme libre et engagée politiquement. Son œuvre littéraire est cependant mineure. Son œuvre la plus connue est Corinne ou l’Italie.
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Princesse Narychkine (1800). Huile sur toile, 63,5 × 54,5 cm, Colombus Museum of Art, Ohio. Varvara Ivanovna Ladomirsky (1785-1840), posant ici en costume grec classique, est l'épouse d'Ivan Dimitrievitch Narychkine (1776-1848). La famille Narychkine est une illustre famille russe alliée à la maison régnante. Le tsar Alexis Ier avait épousé en 1671 la princesse Nathalie Narychkine, jeune fille d'une ancienne famille de boyards, d'une grande beauté, qui devint mère de Pierre le Grand.
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