Claude Joseph Vernet

 

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Portraits

Louis-Michel Van Loo. Portrait de Joseph Vernet (1768)

Louis-Michel Van Loo. Portrait de Joseph Vernet (1768)

Huile sur toile, 65 × 56,5 cm, musée Calvet, Avignon.

 

 

Élisabeth Vigée Le Brun. Portrait de Joseph Vernet (1778)

Élisabeth Vigée Le Brun. Portrait de Joseph Vernet (1778)

Huile sur toile, 92 × 72 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Biographie

1714-1789

Jeunesse à Avignon et départ pour Rome (1714-1734)

Joseph Vernet est né à Avignon le 14 août 1714. Son père, Antoine Vernet, était décorateur pour portes d’appartements, carrosses et chaises à porteur. Selon les registres de la paroisse de Saint-Genest d’Avignon, Antoine Vernet et son épouse Marie-Thérèse Granier ont eu six enfants. François, l’un des frères de Joseph, sera lui-même peintre de paysage et d’histoire.

Joseph commence très jeune à montrer des dispositions pour le dessin. Dès l’âge de cinq ans, il dessine bien et, vers sept ou huit ans, son père lui offre une petite palette et un chevalet. Par la suite, il sera confié à Louis René Vialy (1680-1770), peintre décorateur et ami de son père, habitant Aix-en-Provence. Il revient à Avignon en 1731 et poursuit son apprentissage avec le peintre Philippe Sauvan (1697-1792).

Ses progrès rapides le placent parmi les jeunes artistes prometteurs dans le milieu local. Il travaille pour l’aristocratie et le marquis de Caumont intervient en sa faveur (relations et financement) pour un voyage à Rome où Joseph Vernet arrive en 1734. Il doit y étudier les grands maîtres de la Renaissance et s’imprégner de l’art antique. Mais le jeune artiste de vingt ans ne peint que des paysages et des marines. C’est dans ce genre qu’il rencontrera le succès à Rome. Il y restera dix-neuf ans.

 

L’apprentissage à Rome et le succès rapide (1734-1753)

 

 

Joseph Vernet. Paysage marin, le calme (1735-40)

Joseph Vernet. Paysage marin, le calme (1735-40)

Huile sur toile, 78 × 156 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Dans la capitale italienne, son maître est Adrien Manglard (1695-1760), spécialisé dans les paysages et les marines et qui combine parfois les deux. Vernet est tout à fait séduit par cette peinture qui doit beaucoup, en ce qui concerne la lumière, à Claude Lorrain. Au cours des années 1735-38, il reçoit des commandes de notables d’Avignon et leur envoie plusieurs tableaux. Mais, en ce qui concerne ses engagements, Vernet fait parfois preuve d’une fantaisie toute artistique. Le père Fouque, chargé par de Caumont de surveiller le jeune artiste, s’en plaint au marquis dans sa correspondance, où il rapporte ses dialogues avec Vernet :

« Vous me rebattez depuis six mois que les deux centaures sont finis, que vous avez aussi une éruption du Vésuve, c’est en particulier ce que M. de Caumont souhaite. Envoyez d’abord ces tableaux ou donnez-les-moi, et je me charge de les envoyer […] Il promit que dans deux jours il me donnerait satisfaction : il s’en passa cinq ou six sans que j’entendisse parler de lui, enfin, lorsque je n’en espérais plus rien, on m’apporta de sa part l’éruption du Vésuve et un petit tableau de marine représentant une tempête. Le porteur était chargé de dire qu’incessamment j’aurai le reste… »

Mais la qualité du travail de Vernet attire les commanditaires, français d’abord, puis quelques italiens et enfin des anglais. Le duc de Saint Aignan, ambassadeur de France à Rome, possède déjà trois tableaux de Vernet en 1739 et il lui en commandera cinq autres. Parker, un commanditaire anglais, officier dans la marine pontificale, jouera un rôle important dans la vie du peintre. Vernet épouse en effet sa fille Virginia en 1745 à Rome. A partir de cette date, les commanditaires anglais affluent. Ils apprécient spontanément cette peinture inspirée du style de Claude Lorrain, très admiré en Angleterre. C’est également en 1745 que Vernet est agréé par l’Académie royale de Paris.

 

 

Joseph Vernet. Vue de Naples avec le Vésuve (1748)

Joseph Vernet. Vue de Naples avec le Vésuve (1748)

Huile sur toile, 99 × 197 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Les époux Vernet mènent à Rome une vie animée. La communauté française y est importante et les pensionnaires de l’Académie de France à Rome viennent la compléter. Spectacles, promenades en carrosse, parties de campagne, soupers fins ne manquent pas.

Joseph Vernet et Virginia Parker auront quatre enfants : Livio, né en 1747, Orazio, né en 1750 et mort et bas-âge, Carle (1758-1836) et Émilie (1760-1793).

La célébrité de Vernet ne fait que croître. Son nom est bientôt connu dans l’Europe entière. Les anglais en voyage en Italie veulent ramener un ou plusieurs tableaux signés de son nom, des hollandais s’intéressent à sa peinture, des aristocrates suédois et autrichiens lui passent commande et enfin le roi de Prusse lui-même charge son surintendant des bâtiments de commander plusieurs tableaux à l’illustre paysagiste.

La France ne fait évidemment pas exception. Ainsi, entre 1749 et 1751, le marquis de Marigny, frère de Mme de Pompadour, séjourne en Italie. Il passe commande à Vernet, pour le roi, de « deux tableaux de quatre pieds deux pouces et demy de large et deux pieds quatre pouces et demy de haut » (environ 135 × 75 cm) qui seront payés au total deux mille livres, ce qui représente à peu près le prix d’un carrosse sans les chevaux. Il s’agit d’un montant élevé pour une œuvre d’art à cette époque, les prix ne pouvant être comparés aux prix actuels des adjudications de chefs-d’œuvre. Mais la visite de Marigny fut bénéfique à plus long terme pour l’artiste.

 

La vie itinérante : les ports du royaume de France (1753-1762)

En 1753, Joseph Vernet quitte l’Italie pour la France. Après un séjour à Marseille, il se rend à Paris où il rencontre de nombreux personnages importants. Le 23 août 1753, il devient membre de l’Académie royale de peinture et sculpture.

Le marquis de Marigny, désormais Directeur général des Bâtiments du roi, lui commande, au nom du souverain, vingt-sept tableaux représentant  « les plus beaux ports du royaume ». Il ne peindra que quinze toiles, ce qui constitue pour l’époque une performance peu commune. Le peintre devait en effet adopter un mode de vie itinérant, aller de port en port pour observer le paysage et fixer ses choix de composition. Il commence par Marseille, puis se rend à Toulon, selon un itinéraire précis qui lui a été prescrit. Ces contraintes ne lui interdisent pas de revenir parfois à Paris pour quelques mois. Cependant toute sa famille l’accompagne dans ses pérégrinations côtières.

 

 

Joseph Vernet. Le Port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756)

Joseph Vernet. Le Port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756)

Huile sur toile, 165 × 263 cm, Musée national de la Marine, Paris.

 

La série des ports n’est pas du tout une peinture sur le motif, qui n’existait pas à cette époque. Le peintre se rend dans chaque port pour prendre des croquis et noter les orientations chromatiques, puis il réalise le tableau en atelier. La part de l’imagination est donc importante, quoique Marigny ait insisté dans sa correspondance avec Vernet sur l’importance de la ressemblance :

« Surtout ne perdés pas de vue l’intention du Roy qui est de voir les ports du royaume représentés au naturel dans vos tableaux. Je sens bien que votre imagination se trouve par là gênée ; mais avec votre talent on peut réunir le mérite de l’imitation et celuy de l’invention : vous en avés donné des preuves. »

Cette commande royale le place sur un piédestal et il reçoit de nombreuses commandes privées de la haute société française et anglaise, qu’il exécute au cours de ses voyages en province.

Après avoir peint les ports de la Méditerranée (Marseille, Bandol, Toulon, Antibes, Sète) puis quatre de l’Atlantique (Bayonne, Bordeaux, Rochefort et La Rochelle), Joseph Vernet éprouve une compréhensible lassitude et il abandonne la série des ports. Il est de retour à Paris en juillet 1762.

 

La vie parisienne (1762-1789)

Vernet et sa famille sont logés aux galeries du Louvre. Le palais du Louvre, abandonné par la cour au profit de Versailles, accueillait à cette époque les Académies mais servait aussi de logement aux artistes qui devaient disposer d’un brevet royal à cet effet. Cette occupation du palais se faisait dans le plus grand désordre et entraînait des dégradations croissantes. Vernet occupe le logement n° 15 et a pour voisin Chardin au n° 12 et Greuze au n° 16.

Il assiste aux séances de l’Académie de peinture et de sculpture. Il est un familier du salon de Madame Geoffrin qui reçoit chaque semaine les artistes. La vie mondaine du peintre est tout aussi remplie qu’en Italie. Il fréquente l’Opéra et le théâtre des Italiens et assiste aussi à beaucoup de spectacles plus légers. En Italie, dans sa jeunesse, Vernet fut l’ami du compositeur Pergolèse (1710-1736), qui avait à peu près le même âge que lui. Il adore les concerts.

Cependant, Marigny lui rappelle son engagement de peindre tous les ports figurant dans l’itinéraire qui lui avait été fourni. Il manque Lorient, Brest, Saint-Malo, Le Havre et Calais. Vernet rechigne et une transaction est établie : il peindra encore un seul port. Il choisit Dieppe et élimine ceux de l’itinéraire. Dès septembre 1763, il part pour Dieppe et il est de retour fin octobre de la même année. Le tableau est terminé en atelier en 1765. De 1753 à 1765, Vernet a peint quinze tableaux à caractère topographique des plus grands ports de France. Cette série constitue un ensemble unique en Europe par l’exactitude de la représentation et l’intelligence de la création. La série des ports fut d’ailleurs diffusée dans le public sous forme de gravures vendues par souscriptions.

A partir de 1765, Joseph Vernet peut se consacrer pleinement aux paysages maritimes imaginaires dans lesquels il excelle. Les commanditaires ne font pas défaut en France. Diderot lui-même, grand admirateur de Vernet, lui commande deux tableaux en 1768 et 1769. Il écrit dans une lettre à Vernet : « Il ne faut rien commander à un artiste, et quand on veut avoir un beau tableau de sa façon, il faut lui dire : faites-moi un tableau et choisissez le sujet qui vous conviendra. » En 1769, une commande de cinq grands tableaux provient de la comtesse du Barry, favorite de Louis XV.

 

 

Joseph Vernet. La nuit, un port de mer au clair de lune (1771)

Joseph Vernet. La nuit, un port de mer au clair de lune (1771)

Huile sur toile, 98 × 164 cm, musée du Louvre, Paris.

(Commande de la comtesse du Barry)

 

A l’étranger, les anglais restent nombreux jusqu’en 1776. A partir de cette date, la clientèle anglaise disparaît des livres de comptes de l’artiste. Sans doute est-il passé de mode outre-Manche où des paysages plus poétiques, préfigurant le romantisme, avaient déjà vu le jour (voir Richard Wilson).

Mais la clientèle de Vernet ne se limite pas à la France et à l’Angleterre. Il reçoit des commandes de toute l’aristocratie européenne et parfois des souverains : Pays-Bas, Suède, Allemagne, Pologne (le roi), Russie (l’impératrice Catherine II).

En 1778, Vernet fait un voyage en Suisse et, en 1785, il part, avec son fils Carle, pour Avignon, qu’il souhaite revoir avant de mourir. Au salon de 1789, il présente encore plusieurs tableaux qui sont accueillis avec enthousiasme. Il tombe malade peu après le Salon et meurt à Paris le 3 décembre 1789.

 

La dynastie Vernet

L’un des fils de Joseph Vernet, Antoine Charles Horace, devint un peintre célèbre sous le nom de Carle Vernet (1758-1836). Il fut l’élève de son père et du peintre d’histoire Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784). Spécialisé dans la peinture paysagère et équestre, il exécuta de nombreux portraits équestres des princes, des scènes de bataille et de chasse.

Carle Vernet épousa Catherine Moreau, la fille du peintre Jean-Michel Moreau (1741-1814). Horace Vernet (1789-1863) naquit de cette union et devint peintre en suivant approximativement l’orientation paternelle (portraits équestres, scènes de bataille). Il fut très apprécié au 19e siècle.

 

Œuvre

Une œuvre qui relie classicisme et néoclassicisme

Joseph Vernet doit son succès international au 18e siècle à son génie du paysage classique. Ses compositions répondent parfaitement au goût dominant de l’époque, qui se situe dans le prolongement des œuvres de Nicolas Poussin et Claude Lorrain. Les paysages de Vernet sont donc des paysages idéalisés et poétisés, principalement côtiers, puisqu’il est considéré comme l’un des plus grands peintres de « marines ».

Il n’est pas question pour lui de représenter avec minutie une scène côtière réelle. Mais il faut malgré tout s’inspirer de la réalité pour la transposer sur la toile et la magnifier. Vernet y parvient par deux constantes de composition. La première est la maîtrise de la dimension spatiale du paysage. Les paysages de Vernet sont de vastes panoramas comportant en général deux-tiers de ciel dans la partie supérieure et un tiers de mer et de rivage dans la partie inférieure.

 

Joseph Vernet. La ville et la rade de Toulon (1756)

Joseph Vernet. La ville et la rade de Toulon (1756)

Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Ces vastes ciels, que l’on retrouve déjà dans certaines toiles de Lorrain (par exemple Vue côtière avec l’enlèvement d’Europe, 1667), créent une impression d’espace infini par leur surface importante sur la toile et par l’éloignement de la ligne d’horizon qui traverse horizontalement tout le tableau.

La seconde constante est la place réservée à la lumière. La restitution de la lumière est une nécessité générale de l’art de peindre, mais elle apparaît parfois comme un élément central, absolument essentiel de la composition. Vernet reprend à Lorrain le contre-jour. La lumière vient des profondeurs du tableau. Le soleil, à l’horizon, éclaire la composition pour les scènes diurnes et la lune joue le même rôle pour les scènes nocturnes.

 

Joseph Vernet. Paysage au coucher du soleil (1773)

Joseph Vernet. Paysage au coucher du soleil (1773)

Huile sur toile, 114,5 × 163,5 cm, National Gallery, Londres.

 

Pour tout observateur, les deux personnages principaux de tous les paysages de Vernet sont donc l’espace et la lumière, comme dans le paysage classique. Mais les figures religieuses et mythologiques, omniprésentes chez les classiques, sont ici remplacées par des activités contemporaines diverses : travail ou loisir. Le paysage, qui devait se rattacher à la peinture d’histoire pour conserver son prestige au 17e siècle, conquiert au 18e siècle sa complète autonomie, tout en conservant l’aspiration à la beauté idéale des classiques. La beauté peut aussi apparaître dans les ports de France tels qu’ils existent, dans la construction d’un « grand chemin », dans un naufrage le long d’une côte rocheuse.

La peinture de Joseph Vernet constitue ainsi le lien le plus remarquable entre les scènes paysagères du classicisme français et le néoclassicisme qui commence à se développer à la fin de la vie du peintre.

 

Diderot et La promenade Vernet

Au Salon de 1767, Joseph Vernet présente sept tableaux. Diderot, qui s’enthousiasme depuis de nombreuses années pour les paysages du peintre, rédige à cette occasion un long texte sous forme d’une promenade dans les paysages de Vernet. Le promeneur dialogue parfois avec un abbé. Voici un extrait de ces dialogues dans lequel Diderot exprime parfaitement l’ambition de beauté idéale du peintre.

« - En bonne foi, lui dis-je, croyez-vous qu’un artiste intelligent eût pu se dispenser de placer ce nuage précisément où il est ? Ne voyez-vous pas qu’il établit pour nos yeux un nouveau plan ; qu’il annonce un espace en-deçà et au-delà ; qu’il recule le ciel, et qu’il fait avancer les autres objets ? Vernet aurait senti tout cela. Les autres, en obscurcissant leurs ciels de nuages, ne songent qu’à en rompre la monotonie. Vernet veut que les siens aient le mouvement et la magie que nous voyons.

- Vous avez beau dire Vernet, Vernet, je ne quitterai point la nature pour courir après son image. Quelque sublime que soit l’homme, ce n’est pas Dieu.

- D’accord ; mais si vous aviez un peu plus fréquenté l’artiste, il vous aurait peut-être appris à voir dans la nature ce que vous n’y voyez pas. Combien de choses vous y trouveriez à reprendre ; combien l’art en supprimerait qui gâte l’ensemble et nuisent à l’effet ; combien il en rapprocherait qui doublerait notre enchantement.

- Quoi sérieusement vous croyez que Vernet aurait mieux à faire que d’être le copiste rigoureux de cette scène ?

- Je le crois.

- Dites-moi donc comment il s’y prendrait pour l’embellir.

- Je l’ignore, et si je le savais je serais plus grand poète et plus grand peintre que lui ; mais si Vernet vous eût appris à mieux voir la nature, la nature, de son côté, vous eût appris à bien voir Vernet. »

 

 

Joseph Vernet. Soir d’été, paysage d’Italie (1773)

Joseph Vernet. Soir d’été, paysage d’Italie (1773)

Huile sur toile, 89 × 133 cm, Musée National d’Art Occidental, Tokyo.

Analyse détaillée

 

Les ports de France

En 1753, le marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour, est directeur général des Bâtiments du roi. Ce poste lui permet de proposer au roi les commandes publiques d’œuvres d’art. Avec l’accord du souverain, il commande à Joseph Vernet une série de grands tableaux représentant  « les plus beaux ports du royaume ». Vernet parviendra à en peindre quinze de 1753 à 1765, douze de plus étant prévus à l’origine. Ces tableaux de 2,63 × 1,65 mètres concernent les ports de Marseille (2), Banbol (1), Toulon (3), Antibes (1), Sète (1), Bordeaux (2), Bayonne (2), La Rochelle (1), Rochefort (1), Dieppe (1).

Les tableaux des ports de France étaient exposés au Salon de l’Académie royale de peinture et de sculpture et rencontraient un immense succès. Ils furent reproduits en gravures. La présentation des tableaux dans les livrets du Salon consiste en une brève description du paysage traité par le peintre. Elle est disponible en ligne sur le site de la BNF. Cette description a été reprise ci-dessous avec une orthographe actualisée.

Joseph Vernet. L’entrée du port de Marseille (1754)

Joseph Vernet. L’entrée du port de Marseille (1754). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée du Louvre, Paris. « Cette vue est prise à mi-côte de la montagne appelée Tête de More. On y voit le fort S. Jean et la Citadelle saint Nicolas qui défendent cette entrée. Ce tableau offre les divers amusements des habitants de cette ville. Sur le devant l’auteur a peint le portrait d’un homme qui a présentement cent-dix-sept ans, et qui jouit d’une bonne santé. » (Livret du Salon de 1755)

 

Joseph Vernet. Intérieur du port de Marseille (1754)

Joseph Vernet. Intérieur du port de Marseille (1754). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Comme c’est dans ce port que se fait le plus grand commerce du Levant et de l’Italie, l’auteur a enrichi ce tableau de figures de différentes nations des Echelles du Levant, de Barbarie, d’Afrique et autres. Il y a réuni ce qui peut caractériser un port marchand, et qui a un commerce très étendu. » (Livret du Salon de 1755)

 

Joseph Vernet. Le Port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756)

Joseph Vernet. Le Port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Comme ce port est une place frontière de la France du côté de l’Italie, le devant du tableau présente des troupes qui y vont en garnison. La campagne est enrichie d’orangers et de palmiers, qui sont assez communs dans cette province. Les fleurs et les fruits qui se trouvent en même temps sur les orangers, caractérisent la saison, qui est la fin du printemps. On y voit les Alpes encore couvertes de neige. La vue des montagnes du fond est depuis Nice et Villefranche jusqu’à San Remo. L’heure du jour est au coucher du soleil. » (Livret du Salon de 1757)

 

Joseph Vernet. La ville et la rade de Toulon (1756)

Joseph Vernet. La ville et la rade de Toulon (1756). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée du Louvre, Paris.  « Cette vue est prise d’une maison de campagne à mi-côte de la montagne qui est derrière la ville. On y a représenté les amusements des habitants et les voitures dont ils se servent pour aller aux maisons de campagne qu’on nomme bastides. L’heure du jour est le matin ». (Livret du Salon de 1757)

 

Joseph Vernet. Vue du port de Rochefort, prise du magasin des Colonies (1762)

Joseph Vernet. Vue du port de Rochefort, prise du magasin des Colonies (1762). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Le bâtiment à droite, sur le devant du tableau est la corderie ; ceux du fond à l’autre extrémité du port sont les magasins. On y voit un vaisseau qu’on chauffe pour le caréner, un vaisseau sur le chantier, et un autre dans le bassin pour y être radoubé. Le premier plan du tableau étant près du magasin des colonies, on y a peint des approvisionnements destinés pour ces colonies. On débarque et l’on transporte du chanvre pour la corderie, d’où sortent des cordages pour être embarqués. C’est le moment du départ d’une escadre. La marée est haute, et l’heure est le matin. » (Livret du Salon de 1763)

 

Joseph Vernet. Vue du port de Dieppe (1765)

Joseph Vernet. Vue du port de Dieppe (1765). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « L’auteur a regardé la pêche comme le caractère distinctif de ce port, et a orné le devant de ce tableau des divers poissons que l’on pêche dans ces parages, et des différents habillements des habitants. L’heure du jour est le matin. » (Livret du Salon de 1767)

 

Les images des quinze tableaux de Vernet sont consultables sur WIKIPÉDIA

 

Autres paysages

Ils ont tout le charme du classicisme français avec une dimension poétique qui constitue sans doute un glissement préromantique. L’art du 18e siècle découvre l’individu dont les émotions peuvent s’exprimer avec plus de liberté. Outre cette dimension poétique, Vernet aime étudier les variations d’un même paysage en fonction de la météorologie (calme et tempête) ou du moment de la journée (nuit et jour, matin et soir). Le réalisme et l’impressionnisme revisiteront abondamment ces variations.

Joseph Vernet. Paysage marin, le calme (1735-40)

Joseph Vernet. Paysage marin, le calme (1735-40). Huile sur toile, 78 × 156 cm, musée du Louvre, Paris. Vernet a souvent représenté un paysage côtier à deux moments : la calme et la tempête. Ces deux tableaux tableau (pendant ci-après) du début de sa carrière italienne (il a alors 20-25 ans) illustrent déjà cette orientation et permettent de situer l’artiste dans la lignée des successeurs de Claude Lorrain par sa maîtrise du contre-jour et son sens de l’espace.

 

Joseph Vernet. Paysage marin, la tempête (1735-40)

Joseph Vernet. Paysage marin, la tempête (1735-40). Huile sur toile, 78 × 156 cm, musée du Louvre, Paris. Pendant du tableau précédent.

 

Joseph Vernet. Vue de Sorrente (1745-50)

Joseph Vernet. Vue de Sorrente (1745-50). Huile sur toile, 59 × 109 cm, musée du Prado, Madrid. Joseph Vernet « profite du caractère pittoresque du lieu pour créer une composition fantastique où les figures apparaissent dominées par une arche monumentale d’aspect théâtral. » (Commentaire musée du Prado)

 

Joseph Vernet. Villa à Caprarola (1746)

Joseph Vernet. Villa à Caprarola (1746). Huile sur toile, 133 × 309 cm, Philadelphia Museum of Art. « Au centre du tableau, un groupe de courtisans et d'ecclésiastiques accompagnant Elizabeth Farnese, la reine d'Espagne, se promène au cours de l'après-midi à Caprarola, au nord de Rome. Caprarola était connue depuis l'Antiquité pour son air frais et sa beauté sauvage. Le palais de campagne de la famille Farnese, visible à l'arrière-plan, était utilisé par l'ambassadeur d'Espagne à Rome, le cardinal Acquaviva, qui dirige la procession. Assis sur un rocher à gauche, Vernet enregistre tous les détails de cet événement informel mais significatif. » (Commentaire Philadelphia Museum of Art)

 

Joseph Vernet. L’embarquement d’une jeune femme grecque (v. 1747)

Joseph Vernet. L’embarquement d’une jeune femme grecque (v. 1747). Huile sur toile, 58 × 61 cm, Norton Simon Museum, Pasadena, Californie. Le peintre utilise ici un format presque carré qui ne lui est pas habituel pour évoquer le voyage et l’exotisme. Il place dans un paysage classique la scène du départ en bateau d’une jeune femme grecque qui fait ses adieux sur le quai.

 

Joseph Vernet. Vue de Naples avec le Vésuve (1748)

Joseph Vernet. Vue de Naples avec le Vésuve (1748). Huile sur toile, 99 × 197 cm, musée du Louvre, Paris. « Vernet n’a sans doute pas résisté à l’attrait de cette baie, tant de fois vantée comme l’une des plus belles au monde et passage obligé des voyageurs en Italie. Il la représente ici baignée d’une belle lumière matinale dorée, dans laquelle toute une vie s’anime déjà : sur la mer, un navire bat pavillon, des embarcations diverses sont chargées de passagers tandis que sur le port se pressent de nombreux promeneurs. Au premier plan, devant des pêcheurs en train d’accoster, des femmes, des enfants, une élégante en robe à paniers accompagnée d’un jeune homme en costume et tricorne, et de son petit chien, manifestent une joyeuse insouciance. Tandis qu’au loin le Vésuve, d’où s’élève une légère fumée grise, laisse planer comme une ombre sur cette quiétude. » (Commentaire musée du Louvre)

 

Joseph Vernet. Vue du golfe de Naples (1748)

Joseph Vernet. Vue du golfe de Naples (1748). Huile sur toile, 99 × 197 cm, musée du Louvre, Paris. Ce tableau est le pendant de Vue de Naples avec le Vésuve.

 

Joseph Vernet. Une mer calme (1748)

Joseph Vernet. Une mer calme (1748). Huile sur toile, 44,5 × 60,5 cm, Museo  National Thyssen-Bornemisza, Madrid. « Une des spécialités de Vernet était la production de paires de peintures représentant une mer calme et orageuse, ainsi que de séries qui représentaient la côte à différents moments de la journée et sous différentes conditions d'éclairage […]
​Dans Une mer orageuse [tableau suivant], Vernet restitue l’agitation des vagues et le vent qui fouette l'écume et frappe le fort sur le rivage à gauche. Dans Une mer calme, il recrée avec soin la douce lumière brumeuse du soir qui évoque la peinture de paysage classique du 17e siècle.

 

Joseph Vernet. Une mer orageuse (1748)

Joseph Vernet. Une mer orageuse (1748). Huile sur toile, 44,5 × 60,5 cm, Museo  National Thyssen-Bornemisza, Madrid. Pendant du tableau précédent.

 

Joseph Vernet. Vue d’Avignon, depuis la rive droite du Rhône près de Villeneuve (1757)

Joseph Vernet. Vue d’Avignon, depuis la rive droite du Rhône près de Villeneuve (1757). Huile sur toile, 99 × 183 cm, musée du Louvre, Paris. « La composition déploie, de façon panoramique, la ligne d’horizon de la cité des Papes où se détachent ses principaux monuments : le Palais des Papes, le Petit Palais, la cathédrale des Doms, l’église Saint-Pierre, les remparts, la porte médiévale, le fameux pont et ses arches brisées, etc. Mais le sujet est avant tout dans l’alliance du ciel et de l’eau, dans les jeux d’ombres et de lumières sur la pierre dorée du Palais des Papes, dans le contraste entre le pittoresque et le sublime, entre l’éternité tranquille de monuments séculaires et les activités des hommes des Lumières. » (Commentaire musée du Louvre)

 

Joseph Vernet. Le midi (1760)

Joseph Vernet. Le midi (1760). Huile sur toile, 95 × 131 cm, The Fitzwilliam Museum, Cambridge. Vernet s’inspire du Pont du Gard, situé à une vingtaine de kilomètres d’Avignon et qui comporte bien trois niveaux d’arches superposées. Mais il prend des libertés avec l’architecture réelle, en particulier en augmentant la hauteur des arches du dernier niveau. De même, le paysage est beaucoup plus encaissé sur la toile que dans la réalité.

 

Joseph Vernet. La nuit, un port de mer au clair de lune (1771)

Joseph Vernet. La nuit, un port de mer au clair de lune (1771). Huile sur toile, 98 × 164 cm, musée du Louvre, Paris. « Commande de la comtesse du Barry (1743-1793), favorite de Louis XV, roi de France (1715-1774), pour son pavillon de Louveciennes (environs de Paris). » (Notice musée du Louvre)

 

Joseph Vernet. Paysage au coucher du soleil (1773)

Joseph Vernet. Paysage au coucher du soleil (1773). Huile sur toile, 114,5 × 163,5 cm, National Gallery, Londres. « Paysage au coucher du soleil représente un port baigné d'un soleil radieux. L'ambiance est sereine mais la composition comporte de nombreux détails des activités portuaires et les effets de la lumière sont rendus avec une exceptionnelle délicatesse.
Vernet était réputé pour ses paires de peintures montrant des états contrastés de la nature et ses œuvres étaient particulièrement recherchées par les collectionneurs britanniques au 18e siècle. Ce tableau et son pendant, Naufrage sur une mer orageuse [tableau suivant], sont aujourd’hui la seule paire de ce genre à figurer dans une collection publique britannique. La paire appartenait à l'origine au célèbre Anglais Clive of India, qui les acheta à Vernet en 1773. » (Commentaire National Gallery)

 

Joseph Vernet. Naufrage sur une mer orageuse (1773)

Joseph Vernet. Naufrage sur une mer orageuse (1773). Huile sur toile, 114,5 × 163,5 cm, National Gallery, Londres. « Naufrage sur une mer orageuse représente une forte tempête et une scène de naufrage sous une pluie battante avec des navires couchés sur la mer et les survivants se précipitant vers la côte. Comme dans Paysage au coucher du soleil, les effets de lumière créent un choc visuel par le contraste entre l’obscurité de la mer et le soleil qui perce les nuages ​​d'orage. » (Commentaire National Gallery)

 

Joseph Vernet. Soir d’été, paysage d’Italie (1773)

Joseph Vernet. Soir d’été, paysage d’Italie (1773). Huile sur toile, 89 × 133 cm, Musée National d’Art Occidental, Tokyo. Vernet utilise le thème des baigneuses pour évoquer l’antique locus amoenus. Il aurait été nécessaire d’utiliser le détour de la mythologie un siècle plus tôt, mais les baigneuses de Vernet sont bien des contemporaines qui se baignent nues dans un étang édénique et elles semblent jouir d’une totale liberté de comportement. Il s’agit d’un rêve.

Analyse détaillée

 

Joseph Vernet. La construction d'un grand chemin (1774)

Joseph Vernet. La construction d'un grand chemin (1774). Huile sur toile, 97 × 162 cm, musée du Louvre, Paris. « Tableau peint pour l’abbé Terray (1715-1778), Contrôleur général des Finances. » (Notice musée du Louvre)

 

Joseph Vernet. Paysage de rivière au lever du soleil (v. 1781)

Joseph Vernet. Paysage de rivière au lever du soleil (v. 1781). Huile sur toile, 64 × 96,5 cm, The Wallace Collection, Londres. « Cette peinture est un exemple typique des scènes de calme de Vernet. L'intérêt réside dans l’habileté de l'artiste à restituer les effets brumeux du soleil matinal. Les activités des personnages indquent le début de la journée. Les couchers et les levers de soleil de Vernet, comme celui-ci, perpétuent une tradition créée par Claude Lorrain au début du XVIIe siècle et internationalement admirée au XVIIIe siècle. » (Commentaire The Wallace Collection)

 

Joseph Vernet. Les baigneuses (1786)

Joseph Vernet. Les baigneuses (1786). Huile sur toile, 57 × 82 cm, Fine Arts Museum of San Francisco. Vernet revisite le thème des baigneuses, déjà utilisé en 1773 (ci-dessus). Le peintre, placé dans une anfractuosité rocheuse, observe un rivage portuaire situé à l’arrière-plan. Des baigneuses apparaissent au premier plan. La composition est traitée comme une vision de l’intérieur vers l’extérieur par une ouverture encadrée d’une arche rocheuse.

 

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CLAUDE JOSEPH VERNET

 

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