Antoine Van Dyck

 
 
 

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Patrick AULNAS

 Autoportraits

Van Dyck. Autoportrait (1621)

Autoportrait (1621)
Huile sur toile, 82 × 70 cm, Alte Pinakothek, Munich

Van Dyck. Autoportrait (1633)

Autoportrait au tournesol (1633)
Huile sur toile, 60 × 73 cm, collection particulière

 

Biographie

 1599-1641

Né à Anvers dans une famille de riches marchands, Antoine Van Dyck (Antoon Van Dijck en Néerlandais, Sir Anthony Van Dyck en anglais) est le septième enfant d’une famille qui en comportait douze. Sa vocation artistique apparaît précocement et il est placé en 1609 comme apprenti chez le peintre anversois Heindrick van Balen (1575-1632) qui eut également pour élève le peintre de natures mortes Frans Snyders (1579-1657). Vers 1617, Van Dyck entre dans l’atelier de Rubens et en 1618 (à 19 ans) il apparaît comme maître sur les registres de la guilde de Saint-Luc d’Anvers. Dans une lettre adressée à Dudley Carleton, ambassadeur de Jacques 1er d’Angleterre, Rubens le qualifie de « meilleur de mes disciples ».

Van Dyck prendra une grande part dans l’exécution de plafonds de l’église des Jésuites d’Anvers, sous la direction de Rubens. Vers la fin de l’année 1620, Van Dyck part pour Londres à l’invitation du comte d’Arundel (1580-1642), grand amateur d’art et mécène. Le roi Jacques 1er (1566-1625) lui alloue une rente de 100 livres.

 

Van Dyck. Frans Snyders et sa femme (1621)

Van Dyck. Frans Snyders et sa femme (1621)
Huile sur toile, 83 × 110 cm, Staatliche Museen, Kassel.

 

De 1621 à 1627, Van Dyck voyage en Italie et découvre les œuvres des grands peintres de la Renaissance, en particulier Titien (1488-1576), Giorgione (1477-1510) et Véronèse (1528-1588), qui auront une influence décisive sur son évolution ultérieure. Pendant ce séjour en Italie, il parcourt de nombreuses villes (Rome, Florence, Gênes, Venise, Turin, Palerme) et commence une carrière de portraitiste. Il réalise également la décoration de palais et d’édifices religieux.

Le peintre est de retour à Anvers en 1627. Il y reçoit un accueil chaleureux et l’archiduchesse Isabelle (1566-1633) le nomme peintre de la Cour en 1630. Il poursuit sa carrière de portraitiste et de peintre d’église. Ayant appris la gravure dans l’atelier de Rubens, il réalise un recueil de portraits des hommes les plus illustres de son temps : Iconographie de Van Dyck. La première édition du recueil, en 1631, est réalisée par Martin Van den Enden. Elle est constituée de quatre-vingts portraits divisés en trois livres : Princes, Hommes d’Etat et Savants, Artistes et Amateurs. La technique de la gravure sur cuivre permettait de tirer des estampes sur papier et de reproduire ainsi les œuvres avec une grande fidélité. Voici deux estampes signées Van Dyck représentant les peintres Jacob Jordaens (1593-1678) et Cornelis de Vos (1584-1651) :

 

Van Dyck. Gravure, Jacob Jordaens                 Van Dyck. Gravure, Cornelis De Vos

 

Anvers n’était pas une ville suffisamment importante pour permettre à deux peintres de l’importance de Rubens et Van Dyck de coexister. Aussi, en 1632, Van Dyck s’installe-t-il définitivement en Angleterre, sur les instances de Charles 1er (1600-1649). Le roi lui attribue distinctions honorifiques et cadeaux divers et le nomme peintre officiel de la famille royale. Il doit donc réaliser les portraits des membres de la famille royale et assurer la décoration de ses résidences. Le portrait en pied sur fond paysager est une innovation de Van Dyck ; le plus célèbre est celui de Charles 1er d’Angleterre (1635). Ce style inspirera de nombreux peintres anglais jusqu’à la fin du 18e siècle. Ayant été l’élève de Rubens, Van Dyck a pu observer l’organisation du travail collectif. Son atelier reçoit de nombreux élèves et la production est importante : des centaines de toiles en sortiront.

En 1634, Van Dyck fait un séjour à Bruxelles au cours duquel il réalise des portraits des échevins et magistrats de la ville. En octobre 1634, il devient doyen d’honneur de la guilde des peintres d’Anvers, honneur qui avait été jusque-là réservé au seul Rubens. Il rentre à Londres au début de 1635 et se marie en 1639 avec Mary Ruthven, dame de compagnie de la reine. La jeune fille descend des Stuart mais elle est sans fortune. Très belle, elle lui apporte une alliance avec l’aristocratie anglaise. Le couple voyage sur le continent pendant près d’un an, mais au retour Van Dyck est très malade de la poitrine. Le roi Charles 1er promet 300 livres à celui qui parviendrait à guérir le peintre, mais celui-ci meurt le 9 décembre 1641, à l’âge de 42 ans.

  

Œuvre

Van Dyck. Henriette-Marie de France (1636-38)

Van Dyck. Henriette Marie de France (1636-38)
Huile sur toile, 107 × 85 cm, San Diego Museum of Art, San Diego.

 

Antoine Van Dyck est le peintre baroque flamand le plus célèbre avec Rubens. Comme celui de son maître, son œuvre est quantitativement considérable et d’une très grande diversité : peinture religieuse et historique, portraits, dessins, gravures. Son style initial est caravagesque et il réussit rermarquablement à emboiter le pas du grand maître italien (Le couronnement d’épines). Il s’éloigne rapidement de Caravage pour trouver son style personnel, fait de raffinement dans la mise en scène et de délicatesse dans l’approche, qu’il s’agisse de mythologie (Cupidon et Psyché) ou de portrait (Portrait de famille, Philadelphia and Elisabeth Wharton). Le très grand portraitiste que fut Van Dyck inspirera ses successeurs anglais du 18e siècle, en particulier Joshua Reynolds et Thomas Gainsborough. Mais il sera aussi une référence pour les peintres français du siècle des Lumières.

Van Dyck. Le couronnement d'épines (1620)

Le couronnement d'épines (1620). Huile sur toile, 223 × 196 cm, musée du Prado, Madrid. Le Christ est accusé d'avoir voulu se faire roi. Il est couronné d'épines par dérision. Le tableau est très rubéniste. Rubens, à cette époque, n’avait pas encore éclairci sa palette. On retrouve ici le clair-obscur et la représentation réaliste de la musculature caractéristiques du baroque.
« Plusieurs personnages entourent et se moquent du Christ. Un soldat armé et un bourreau lui placent la couronne d'épines, tandis qu'un autre lui tend une canne en guise de sceptre. Deux autres personnages contemplent la scène depuis la fenêtre. Cette œuvre a été réalisée par Van Dyck dans sa jeunesse, alors qu'il était fortement influencé par la peinture vénitienne. Ainsi, la figure de Jésus s'inspire directement d'un modèle du Titien. La composition, avec le Christ en axe central, découle de l'apprentissage du peintre auprès de Rubens, tout comme les techniques de clair-obscur que ce dernier a utilisées au cours des premières décennies du XVIIe siècle. » (Commentaire musée du Prado)

 
Van Dyck. Portrait de Famille (1621)

Portrait de Famille (1621). Huile sur toile, 114 × 94 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Style encore proche de Rubens. L’élégance des mains est mise en évidence pour souligner l’appartenance à l’aristocratie ou à la haute bourgeoisie. On a longtemps pensé qu'il s'agissait de la famille de Frans Snyders (voir tableau suivant). Mais Snyders n'avait pas d'enfant.
« Portrait de famille est l'une des meilleures œuvres de jeunesse du célèbre peintre flamand Anthony van Dyck [...] Une jeune mère assise dans un fauteuil tient sur ses genoux un enfant qui, la tête renversée en arrière, regarde son père. Le couple ne montre pas ses sentiments, mais la composition compacte et monolithique donne une impression de confiance, de proximité et d'harmonie entre les deux personnages. Le regard ouvert et accueillant de la femme laisse deviner son intelligence et sa dignité. L'artiste souligne la retenue, la délicatesse et le sérieux dans l'apparence de l'homme. Les premiers portraits de Van Dyck témoignent d'un lien solide avec les traditions nationales de la peinture de portrait, qui se manifestent par l'absence d'idéalisation des modèles, la simplicité et la concision de la composition et la restitution virtuose de la texture. Le drapé de velours pourpre, l'insert doré sur la robe de la femme, la jupe verte de l'enfant et le collier de corail rose, associés au noir et au blanc, créent une gamme de couleurs élégante et raffinée. » (Commentaire musée de l'Ermitage)

 
Van Dyck. Frans Snyders et sa femme (1621)

Frans Snyders et sa femme (1621). Huile sur toile, 83 × 110 cm, Staatliche Museen, Kassel. Frans Snyders (Snijders en néerlandais) (1579-1657), peintre de natures mortes, fut, comme Van Dyck, l’élève de Hendrick van Balen. Il collabora avec Rubens à plusieurs tableaux.
« Anthony van Dyck était non seulement célèbre dans toute l'Europe pour ses portraits de personnages de haut rang, mais il était également très apprécié par ses collègues. En témoignent les portraits que lui ont commandés des artistes, comme ce double portrait de Frans Snyders, peintre d'animaux et de natures mortes, et de son épouse Margaretha de Vos.

La présence des deux époux sur un seul panneau permet de représenter une relation plus intime, et c'était le format qu'Anthony van Dyck avait tendance à préférer, en particulier pour ses amis artistes. Les mains jointes, qui symbolisaient à l'origine la promesse de mariage, sont ici un signe de fidélité conjugale et d'affection mutuelle. » (Commentaire Web Gallery of Art)

 
Van Dyck. Isabelle Brant (1621)

Isabelle Brant (1621). Huile sur toile, 153 × 120 cm, National Gallery of Art, Washington. Isabelle Brant (ou Brandt), (1591-1626) est la première femme de Rubens. Ce portrait a été offert à Rubens par Van Dyck à l’occasion du départ de celui-ci pour l’Italie. Rubens lui offrit en contrepartie un cheval blanc.
« Le monumental portail de style italien à l'entrée du jardin du manoir de Rubens, monument emblématique d'Anvers conçu par l'artiste-propriétaire lui-même comme l'une des premières structures de style classique d'Europe du Nord, constitue un cadre idéal. Rubens avait placé des sculptures de Mercure, dieu des peintres, et de Minerve, déesse de la sagesse et du savoir, au sommet du monument. Dans son portrait, Van Dyck a déplacé la statue de Minerve vers une position imaginaire derrière l'épaule droite d'Isabelle, renforçant ainsi le lien entre son modèle et la déesse. Van Dyck a accentué la vivacité et le charme d'Isabelle grâce aux rythmes angulaires du rideau rouge orangé derrière elle, à l'élégance colorée de sa robe rouge et or, à la chaîne dorée et sertie de pierres précieuses qui scintille sur sa poitrine et aux nuages qui traversent le ciel bleu. Isabelle Brant est morte en 1626 à l'âge de 34 ans de la peste bubonique, laissant derrière elle un Rubens désespéré et trois enfants. » (Commentaire NGA)

 
Van Dyck. Marie-Louise de Tassis (1630)

Marie-Louise de Tassis (1630). Huile sur toile, 128 × 92 cm, Fürstlich Lichtensteinische Gemäldegalerie, Vaduz, Liechtenstein. La famille de Tassis, originaire de Bergame, est réputée pour avoir instauré le premier système postal en Europe à la fin du 15e siècle. Ce portrait est l'un des grands chefs-d'œuvre de Van Dyck. Marie-Louise de Tassis, qui appartient à la branche anversoise de la famille, a alors dix-neuf ans.
« Le Portrait de Marie de Tassis, réalisé en 1629/30, compte parmi les chefs-d'œuvre d'Antoine van Dyck, notamment en raison de son raffinement pictural. Originaire de Bergame, la famille de la femme représentée a développé à la fin du XVe siècle le premier système postal en Europe. Maria était issue de la branche de la famille établie à Anvers, qui fournissait traditionnellement le maître de poste impérial. Le portrait la montre à l'âge d'environ 19 ans. Elle porte une somptueuse robe en soie qui, en soulignant ses hanches et son décolleté, correspond à la mode française de l'époque. Elle est somptueusement ornée de galons dorés, avec de nombreux volants et plis, ce qui crée un jeu de lumière vivant qui met en valeur l'éclat précieux de ce luxueux tissu. Van Dyck représente la robe et l'éventail en plumes d'autruche avec un grand souci du détail et une riche tonalité qui rappelle Titien. Un large col en dentelle raffinée encadre les traits juvéniles de la femme, qui regarde le spectateur avec un sourire discrètement esquissé. Son charisme naturel et son charme confèrent de la vivacité à sa pose. » (Commentaire 
Fürstlich Lichtensteinische Gemäldegalerie)

 
Antoine Van Dyck. Henriette Marie de France (1632)

Henriette Marie de France (1632). ). Huile sur toile, 109 × 86,2 cm, Royal Collection, Grande-Bretagne. Henriette Marie de France (1609-1669) est la fille du roi de France Henri IV (1553-1610) et de Marie de Médicis (1575-1642). Elle épouse le roi d'Angleterre Charles Ier en 1625. Elle est la mère de deux rois d'Angleterre Charles II et Jacques II.
« 
Le 8 août 1632, Charles Ier autorisa le paiement de 20 livres sterling à Van Dyck pour "One of our royall Consort" (L'une de nos consorts royales). Il s'agissait peut-être du premier portrait individuel de la reine Henriette Marie peint par Van Dyck après son arrivée à Londres, et il servit de modèle à de nombreuses variations réalisées par l'artiste et ses assistants.
Le charme du portrait est rehaussé par la légèreté du ton et du trait avec lesquels il est peint : la robe gris argenté, sur fond vert foncé, met en valeur les nœuds rose pâle et les roses roses sous sa main droite. La chair est modelée avec une extrême délicatesse et la robe à la mode est également représentée avec beaucoup de soin [...]

Dans ses premiers portraits anglais, Anthony van Dyck inclut des détails vestimentaires à la mode (tels que les poignets en dentelle pointus que l'on voit ici) qu'il aura tendance à omettre ou à simplifier par la suite. Le corsage et la jupe de la reine ont été festonnés de lignes ondulées afin de produire un effet décoratif sur la soie bleu argentée brillante, tandis que les rubans rose "chair" ajoutent de la chaleur à la palette froide. Dans le cadre de sa dot, Henriette Marie a apporté une paire de grosses perles en forme de larme, probablement les boucles d'oreilles que l'on voit ici. Connues plus tard sous le nom de perles Mancini, elles existent encore aujourd'hui.
Inscription au centre gauche, avec son monogramme, HMR, sous une couronne. » (Commentaire Royal Collection)

Analyse détaillée

 
Van Dyck. Charles Ier d'Angleterre à la chasse (1635)

Charles Ier d'Angleterre à la chasse (1635). Huile sur toile, 266 × 207 cm, musée du Louvre, Paris. 

Van Dyck. Charles Ier à la chasse (détail)Charles Ier à la chasse (détail)

Charles Ier Stuart (1600-1649) accède au trône en 1625. Il est le second fils du roi Jacques Ier d'Angleterre et d'Anne de Danemark.
« Selon Millar, le site pourrait être le parc de Greenwich où le roi chassait, avec vue sur l’estuaire, exaltant ainsi la grandeur maritime de l’Angleterre. La pose inclinée du cheval souligne la dignité du roi, un motif dérivé de Titien (voir ses Adoration des Mages) et qui trouve de frappants parallèles chez Rubens (suite de Constantin et de Decius Mus). On doit écarter nombre de surinterprétations à base d’analyses politico-historiques ou religieuses (même Hennen, pourtant critique, suggère ainsi, in fine, que le tableau aurait été destiné à Louis XIII ou à sa cour), comme est improbable l’identification de l’un des valets du roi avec le duc d’Hamilton ou avec M. de Saint-Antoine. » (Commentaire musée du Louvre)

Analyse détaillée

 
Van Dyck. Portrait équestre de Charles Ier d'Angleterre (1635-40)

Portrait équestre de Charles Ier d'Angleterre (1635-40). Huile sur toile, 123 × 85 cm, musée du Prado, Madrid. Van Dyck a réalisé plusieurs portraits équestres du roi, soit de profil et axés sur la majesté, soit de face et axés sur le personnage, comme ci-dessus. Le cadrage très resserré donne moins de majesté mais plus de puissance à la composition qui ne comporte pratiquement que la monture et son cavalier.

 
Van Dyck. Henriette-Marie de France (1636-38)

Henriette Marie de France (1636-38). Huile sur toile, 107 × 85 cm, San Diego Museum of Art, San Diego. Ce somptueux portrait de la reine d'Angleterre à l'âge d'environ 28 ans permet d'apprécier le talent de l'artiste pour mettre en valeur le modèle. Une robe, des bijoux et une fleur, sans aucun arrière-plan, permettent à Van Dyck de peindre un chef-d'œuvre.
« Fille aînée de Marie de Médicis, reine de France, Henriette Marie épousa en 1625 le malheureux Charles Ier d'Angleterre. Catholique romaine ne parlant pas anglais, elle fut immédiatement confrontée à des difficultés à la cour de Londres. Ce mariage était en réalité une alliance politique à une époque où la Grande-Bretagne devait affronter des problèmes croissants, tant sur le plan intérieur qu'à l'étranger. La guerre civile qui s'ensuivit se termina par la condamnation et l'exécution de son mari pour trahison.
Charles et Henriette Marie étaient des mécènes passionnés et généreux qui ont fait venir à leur cour des peintres tels qu'Orazio et Artemisia Gentileschi, Peter Paul Rubens et Anthony van Dyck. » (Commentaire San Diego Museum of Art)

 
Van Dyck. Lord James Stuart, duc de Richmond (1637)

Lord James Stuart, duc de Richmond (1637). Huile sur toile, 216 × 130 cm, Metropolitan Museum of Art. Les Stuart ou Stewart sont des aristocrates et souverains écossais. James Stuart, 1er duc de Richmond, 4e duc de Lennox (1612-1655) est le 2e enfant de Esme II Stuart (1579-1624), 3e duc de Lennox, et de Catherine de Balzac d'Entraigues. Le couple eut neuf enfants. En 1637, James épouse Mary Villiers, fille de Georges Villiers, 1er duc de Buckingham.
« Van Dyck représente le duc de Richmond et Lennox comme un modèle d'assurance et de nonchalance aristocratiques. Avec une mèche blonde à la mode débordant de son col en dentelle, le duc porte l'insigne de l'Ordre de la Jarretière, la plus haute distinction chevaleresque d'Angleterre. Ce portrait commémore peut-être l'obtention de cette distinction en novembre 1633. Le lévrier qui pose son museau sur la hanche du duc fait allusion à la vertu de loyauté ainsi qu'au passe-temps aristocratique qu'est la chasse. » (Commentaire MET)

 
Van Dyck. Lord John and Lord Bernard Stuart (1638)

Lord John and Lord Bernard Stuart (1638). Huile sur toile, 238 × 146 cm, National Gallery, Londres. John (1621-1644) et Bernard (1623-1645) Stuart sont les plus jeunes enfants de Esme II Stuart et les jeunes frères de James. Les deux frères furent tués au cours de la guerre civile anglaise (1642-1645). Même si la pose, jugée élégante à l'époque, fait sourire aujourd'hui, le rendu du satin, de la dentelle et du cuir de chevreau est incomparable.
« Ce double portrait grandeur nature représente les plus jeunes fils du 3e duc de Lennox : Lord John Stuart, à gauche, et son frère Lord Bernard Stuart. Ils n'avaient que 17 et 18 ans environ, mais ils dégagent une supériorité aristocratique et sont vêtus de manière extravagante.

La capacité de Van Dyck à rendre les textures de la soie et du satin était l'une des raisons pour lesquelles ses portraits étaient si appréciés de l'aristocratie de l'époque. Ici, il a encore renforcé cet effet en utilisant les lignes claires et les couleurs sombres de l'arrière-plan pour faire ressortir les plis et les riches couleurs des tissus.

Il a également évoqué une tension dans la relation entre les deux frères. Ils se tiennent proches l'un de l'autre, leurs postures se chevauchant, chacun avec la main gauche sur la hanche et le torse tourné vers l'autre. Mais leurs regards ne se croisent pas. L'un se penche en arrière de manière plutôt passive, tandis que l'autre, qui nous regarde directement, fait un pas en avant, ses éperons et son épée clairement visibles. » (Commentaire National Gallery)

 
Van Dyck. Mary Hill, lady Killigrew (1638)

Mary Hill, lady Killigrew (1638). Huile sur toile, 106,5 × 83 cm, Tate Britain, Londres. Mary Hill est l’épouse de Sir Thomas Killigrew (1613-1683), dramaturge anglais.
« Lady Mary regarde directement le spectateur. À la fin des années 1630, Van Dyck semble avoir imaginé pour ses portraits féminins une forme d'habillement moins spécifiquement à la mode. Il est clair que le prestige d'être peint par lui était tel que ses modèles étaient prêts à l'accepter. Lady Mary est représentée dans une robe de ce type, simplifiée et dépourvue de la dentelle richement texturée qui demandait tant de temps à peindre, et qui est ainsi devenue une version "intemporelle" de la robe contemporaine. Le bord de sa chemise apparaît juste au-dessus de l'ourlet de sa robe rouge foncé, tous deux tirés vers le bas. Il ne fait pas de doute que Van Dyck s'est inspiré des peintres vénitiens. La Flora de Titien, datant d'environ 1515-1520 (Galleria degli Uffizi, Florence), est par exemple une image comparable d'une belle femme, peut-être dans le rôle de la déesse classique Vénus, les cheveux dorés tombant sur sa joue, une chemise de nuit crème couvrant à peine sa poitrine et ses épaules, et des roses dans une main. Lady Mary tient elle aussi des roses qui, en tant qu'attributs de Vénus, sont des symboles appropriés pour une femme heureuse en mariage. De plus, sa position derrière un parapet en pierre fait écho à d'autres images de Titien, telles que le portrait de La Schiavona (la femme dalmate) datant d'environ 1510-12 (National Gallery, Londres). » (Commentaire Tate Britain)

Van Dyck. Margaret Lemon (la violoniste) (1639-40)

Margaret Lemon (la violoniste) (1639-40). Huile sur toile, 114 × 96 cm, Alte Pinakothek, Munich. Célèbre beauté londonienne, Margaret Lemon fut la maîtresse de Van Dyck lorsque celui-ci était au sommet de sa carrière.  Présentée comme très libre dans les sources du 17e siècle, elle suscite les ragots. Selon la Royal Collection de Londres, le peintre Wenceslaus Hollar (1607-77), la décrivait "comme extrêmement jalouse, allant même jusqu'à tenter à une occasion de mordre le pouce de Van Dyck. "

 
Van Dyck. Cupidon et Psyché (1639-40)

Cupidon et Psyché (1639-40). Huile sur toile, 199,4 × 191,8 cm, Royal Collection, Windsor. Mythologie antique. Cupidon est le fils de Vénus, déesse de l’amour. Psyché est la fille d’un roi. D’une beauté parfaite, elle est jalousée par Vénus qui charge Cupidon de la rendre amoureuse du mortel le plus méprisable. Après les multiples péripéties habituelles chez les dieux antiques, Psyché épouse Cupidon. Destiné à Charles Ier pour la décoration de Whitehall Palace, résidence principale des rois d’Angleterre (1500 pièces environ !), ce tableau est le dernier grand format de Van Dyck.
« Dans la mythologie classique, Vénus, jalouse de la beauté de Psyché, lui confia plusieurs tâches, la dernière étant de lui rapporter une petite portion de la beauté de Proserpine, épouse d’Hadès, dans un cercueil fermé. Psyché, submergée par la curiosité, l’ouvrit et libéra non pas la beauté, mais le sommeil, dont elle est réveillée par Cupidon. Psyché représente la beauté terrestre, tandis que Cupidon est le désir éveillé par la beauté.
Certaines zones du tableau comportant un degré de finition plus élevé, comme les rideaux tourbillonnants et la masse de l’arbre, contrastent avec des zones peintes de façon rapide ; par exemple, les boucles et plumes de Cupidon, traitées par des touches légères. Le pinceau libre et la représentation poétique d’un récit mythologique montrent l’importance de Titien pour Van Dyck, un artiste passionnément collectionné par Charles Ier.
L’intimité et la tension des figures résultent de plusieurs contrastes simples mais saisissants : la chaleur du teint et des drapés de Cupidon face à la fraîcheur de la peau et du manteau de Psyché ; la gestuelle rapide et énergique de Cupidon, effleurant à peine le sol, s'opposant au poids du corps inanimé de Psyché ; Cupidon apparaît comme un Ange Annonciateur, porteur d'espoir, tandis que Psyché ressemble à un Christ mort dans une Lamentation. Les diagonales de leurs corps trouvent un écho dans la dualité de l'arbre, mort et vivant, qui se dresse au loin, renforçant l'idée que le contact de Cupidon ramène la vie aux morts. » (Commentaire Royal Collection)

 

Van Dyck. Philadelphia et Elisabeth Wharton (1640)

Philadelphia et Elisabeth Wharton (1640). Huile sur toile, 162 × 130 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Il s’agit des filles de Philip Wharton, 4e Lord Wharton. Elles ont pour mère deux épouses successives de leur père : Jane Goodwin pour Philadelphia, Elisabeth Wandsford pour Elisabeth.
« Le célèbre peintre flamand Antoine van Dyck est l'un des rares artistes de l'histoire à avoir aimé et maîtrisé l'art de peindre des enfants. Dans la collection de l'Ermitage, cette facette de son talent se révèle dans son Portrait de Philadelphia et Elizabeth Wharton. Ce tableau date de la dernière période anglaise de l'artiste et s'inscrit dans la tradition du portrait officiel d'Europe occidentale. Les fillettes sont représentées dans des poses statiques, sur un fond de draperies et de paysage décoratif conventionnel. Vêtues et coiffées selon la mode, elles ressemblent à des dames adultes. L'aînée se tient avec dignité et assurance, telle une dame de compagnie. La cadette, un bras affectueux autour de l'épaule de sa sœur, demeure figée dans la pose qui lui a été fixée. Rien de tout cela n'altère la spontanéité et le charme enfantins des fillettes. La solennité formelle de ce portrait de commande est adoucie par un motif de genre : un chien, surpris par l'immobilité de ses maîtresses, tire sur l'une de leurs robes avec sa patte. Ce tableau se distingue par son exquise palette de couleurs, dominée par des gris perle froids et des bleus argentés, et par le rendu magistral des textures des tissus et des ornements. » (Commentaire musée de l'Ermitage)

 

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