John Singer Sargent

 
 

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John Singer Sargent. Mme Fiske Warren (épouse Osgood) et sa fille Rachel (1903)

John Singer Sargent. Mme Fiske Warren (épouse Osgood) et sa fille Rachel (1903)

Huile sur toile, 152 × 103 cm, Museum of Fine Arts, Boston.

 

Autoportraits

 

John Singer Sargent. Autoportrait (1886)John Singer Sargent. Autoportrait (1886)

Huile sur toile, 34,5 × 29,7 cm, Aberdeen Art Gallery & Museums Collections

 

 

John Singer Sargent. Autoportrait (1906)

John Singer Sargent. Autoportrait (1906)

Huile sur toile, 70 × 53 cm, Galerie des Offices, Florence.

 

 

Biographie

 

1856-1925

 

Origines familiales et enfance (1856-1872)

John Singer Sargent appartient à l’une des plus anciennes familles coloniales d’Amérique. Son grand-père travaillait dans le commerce maritime à Gloucester (Massachussetts) puis s’installa à Philadelphie. Le père du peintre, Fitz William Sargent, devint médecin dans cette ville et épousa en 1850 Mary Newbold Singer, fille d’un riche commerçant. A la fin de l’été 1854, à la suite du décès d’un premier enfant et d’une crise dépressive de la mère, le couple s’embarque pour l’Europe. Le séjour, qui devait être temporaire, se prolongea par une vie itinérante. La famille possédait une résidence à Paris mais passait les hivers à Florence, Rome ou Nice et les étés dans des villes au climat moins chaud ou dans les Alpes.

C’est ainsi que John naît à Florence le 12 janvier 1856. Sa sœur Mary naît deux ans plus tard et quatre autres enfants suivront. Fitz William Sargent n’exerçant plus la médecine, la famille vit assez modestement d’un héritage et de ses économies. Les déplacements incessants de ses parents ne permirent pas à John de suivre des études régulières. Il étudia sous la tutelle de son père. Les voyages lui permirent de parler couramment le français, l’italien et l’allemand. Il devint également un pianiste accompli.

La mère de John pratiquait le dessin et la peinture en amateur. Très jeune, il dispose donc du matériel nécessaire et sa mère l’encourage à dessiner les paysages des endroits visités ou à copier les images de la revue The Illustrated London News à laquelle la famille est abonnée. La fréquentation des villes italiennes avait familiarisé le futur peintre avec les grands maîtres de la Renaissance et il appréciait particulièrement Tintoret, Michel-Ange et Titien. John devint ainsi un jeune homme très cultivé dans le domaine artistique et ouvert sur le monde.

 

Formation académique (1873-1878)

Sous l’impulsion de sa mère, il s’inscrit, au cours de l’hiver 1873-74, à l’Académie des Beaux-arts de Florence. De retour en France en 1874, il réussit à la première tentative le concours d’entrée à la prestigieuse École des Beaux-arts de Paris qu’il fréquentera de 1874 à 1878. Il suit les cours de Carolus-Duran (1837-1917), portraitiste célèbre et professeur réputé. Le talent de Sargent est rapidement remarqué. Le peintre américain Julian Alden Weir (1852-1919), qui étudiait également à l’École des Beaux-arts, écrira que Sargent était « l'un de ses camarades les plus talentueux ». Sargent se lie d’amitié avec le futur peintre et graveur Paul Helleu (1859-1927), qui lui fera rencontrer de grands artistes français de l’époque comme Edgar Degas (1864-1917) ou Auguste Rodin 1840-1917).

En juin 1876, Sargent, accompagné de sa mère et de sa sœur Emily, effectue son premier voyage aux États-Unis. Il visite l’exposition du Centenaire à Philadelphie, la ville d’origine de ses parents, et va admirer les chutes du Niagara.

 

Le succès rapide à Paris (1879-1886)

A l’automne 1879, Sargent entreprend une série de voyages qui le mèneront en Espagne, aux Pays-Bas et à Venise. Tout au long de ces déplacements il réalise des études saisies sur le vif, scènes de genre ou paysages. Mais à l’issue de sa formation se pose la question de l’orientation de sa carrière artistique. Sargent est exceptionnellement doué et peut peindre tout aussi bien des paysages que des portraits ou même des scènes historiques ou religieuses qui conservent un grand prestige. Il incline spontanément vers le paysage et en réalise un certain nombre :

 

John Singer Sargent. Au Jardin du Luxembourg (1879)

John Singer Sargent. Au Jardin du Luxembourg (1879)

Huile sur toile, 65,7 × 92,4 cm, Philadelphia Museum of Art.

 

Mais pour être exposé au Salon et trouver des commanditaires, rien ne valait le portrait si l’on avait le talent de Sargent. Il choisit donc cette spécialité et, en 1879, obtient un premier grand succès avec le portrait de son maître Carolus-Duran. Son français parfait, sa maîtrise technique et son style très apprécié font rapidement de lui un peintre réputé. Les commandes affluent et il demande donc des prix élevés.

Mais un incident va contrarier ce succès. Au Salon de 1884, Sargent présente Madame X :

 

John Singer Sargent. Madame X (1883-84)

John Singer Sargent. Madame X (1883-84)

Huile sur toile, 243 × 144 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

Ce portrait de Virginie Amélie Avegno, épouse du banquier Pierre Gautreau, fit scandale car il fut réalisé dans une première version avec la robe qui glissait sur l’épaule droite, découvrant partiellement le sein. Il s’agissait pour Sargent de mettre en valeur l’audace du personnage, mondaine réputée pour sa liberté de comportement. Le choix stylistique du peintre ne fut pas étranger à la petite cabale dont le tableau fit l’objet. En présentant une chair opalescente associée à une robe noire, Sargent s’inspirait de Manet et des estampes japonaises. La critique académique rejeta totalement le tableau, considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs de l’artiste.

 

Installation en Angleterre et renommée internationale

Profondément blessé par les critiques parisiennes, Sargent pense un instant à abandonner la peinture. Mais il décide en définitive de quitter Paris pour s’installer à Londres. Au printemps 1886, il déménage pour l’Angleterre où il vivra le reste de sa vie. Il doit conquérir la clientèle anglaise qui lui reproche dans un premier temps son style trop inspiré de l’art français. Mais peu à peu la critique anglaise lui devient favorable, avec l’aide importante de l’écrivain Henri James, admirateur de Sargent.

Carnation, Lily, Lily, Rose (1886) est le premier grand succès de l’artiste en Angleterre. L’œuvre, présentée lors d’une exposition de la Royal Academy, rencontre un immense succès et est acquise par la Tate Gallery. Elle représente des enfants allumant des lanternes japonaises le soir dans un  jardin :

 

 

John Singer Sargent. Carnation, Lily, Lily, Rose (1885-86)

John Singer Sargent. Carnation, Lily, Lily, Rose (1885-86)

Huile sur toile, 174 × 154 cm, Tate Britain, Londres.

 

 

En 1887-88, Sargent voyage aux États-Unis et peint une vingtaine de tableaux. La première exposition consacrée à son œuvre se déroule à Boston. De retour à Londres, il est désormais un artiste consacré. Certains clients viennent même des États-Unis pour qu’il réalise leur portrait.

Au début du 20e siècle, Sargent commence à se lasser du portrait. Il voyage beaucoup et profite des paysages ou du spectacle des villes pour réaliser des aquarelles d’une grande délicatesse. Délaissant de plus en plus le portrait, il acquiert une véritable réputation d’aquarelliste.

Sargent ne s’est jamais marié mais vivait entouré de ses amis et de sa famille, en particulier sa sœur Emily. On considère aujourd’hui assez largement qu’il avait de fortes tendances homosexuelles que l’époque interdisait d’évoquer. L’analyse de ses nus masculins (nombreux dessins et quelques huiles) ne semble pas laisser de doutes à ce sujet.

John Singer Sargent est mort à Londres le 14 avril 1925.

 

 

Œuvre

 

L’œuvre peint de John Singer Sargent comporte environ 900 toiles et 2000 aquarelles. Il faut y ajouter un grand nombre de dessins. Sargent est un grand virtuose de l’art de peindre qui s’inspire pour ses portraits de Vélasquez, Van Dyck et Gainsborough. Comme tous les grands portraitistes, il sait flatter ses modèles et mettre à leur service toutes les ressources de sa maîtrise technique. Il devint ainsi le portraitiste de la haute société française, anglaise et américaine qui restait attachée à son classicisme.

 

John Singer Sargent. Mlle  Beatrice Townsend (1882)

John Singer Sargent. Mlle  Beatrice Townsend (1882)

Huile sur toile, 79 × 58 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

Mais ses dons exceptionnels lui permettaient d’explorer d’autres domaines, à une époque où l’impressionnisme bouleversait les repères esthétiques. Il fut l’ami de Monet et vint à Giverny. Ses paysages et même certains portraits en pied de la période française portent l’influence des impressionnistes ainsi que ses aquarelles qui constituent une partie tout à fait remarquable de son œuvre.

 

John Singer Sargent. Col du Simplon, lecture (v. 1911)

John Singer Sargent. Col du Simplon, lecture (v. 1911)

Aquarelle sur papier, 51 × 36 cm, Museum of Fine Arts, Boston.

 

 

Après un succès considérable de son vivant, si l’on excepte les inévitables réticences des fanatiques de l’avant-gardisme, Sargent fut discrédité par le conformisme des critiques d’art des années 1920 et 1930. L’époque était à la transgression (on y est encore !) et il fallait donc dévaloriser le savoir-faire des grands artistes du passé. Ainsi, dans les années 1930, Lewis Mumford évoquait « la vacuité fondamentale de l’esprit de Sargent » et «  la méprisante et cynique superficialité d’une grande partie de son travail ».

Ces outrances d’intellectuels à la recherche d’une réputation peuvent aujourd’hui être reléguées au magasin des accessoires inutilisables. Depuis les années 1960, l’œuvre de Sargent a fait l’objet de plusieurs grandes expositions dans les musées les plus prestigieux, en particulier la National Gallery of Art de Washington et la National Gallery de Londres.

 

 

Huiles

 

John Singer Sargent. En route pour la pêche (1878)

John Singer Sargent. En route pour la pêche (1878). Huile sur toile, 112 × 157 cm, National Gallery of Art, Washington. La scène se déroule sur la plage de Cancale, sur la côte nord de la Bretagne. A marée basse, un groupe de femmes et d’enfants descendent vers la mer pour pêcher poissons, coquillages ou crustacés dans l’eau peu profonde. Le sujet et son approche picturale renvoient aux peintures d’Eugène Boudin : grand ciel nuageux, étude de la lumière et de ses reflets pour évoquer une ambiance dans un style quasi-impressionniste. Sargent a présenté ce tableau au Salon parisien de 1878 et la toile a trouvé preneur.

John Singer Sargent. Au Jardin du Luxembourg (1879)

John Singer Sargent. Au Jardin du Luxembourg (1879). Huile sur toile, 65,7 × 92,4 cm, Philadelphia Museum of Art. « Pour s'imposer internationalement comme portraitiste, John Singer Sargent a développé un style nécessairement plus conservateur mais plus ostentatoire techniquement que les productions d’avant-garde de ses contemporains, les impressionnistes. Au Jardin du Luxembourg, situé dans le plus grand parc urbain de Paris, est l’un des rares paysages de son début de carrière. Il partage l'intérêt des impressionnistes pour les effets de la lumière et de couleur à un moment précis de la journée et pour les sujets retraçant le quotidien de la classe moyenne. Pourtant, en amincissant la couche de peinture pour traiter en couleurs opalescentes le ciel, le gravier au sol, l'architecture en pierre au crépuscule et les formes sombres et ondulantes des arbres, la composition de Sargent se rapproche des harmonies soigneusement ajustées de James Abbott McNeill Whistler. » (Commentaire Philadelphia Museum of Art)

John Singer Sargent. Madame Édouard Pailleron (1879)

John Singer Sargent. Madame Édouard Pailleron (1879). Huile sur toile, 211 × 104 cm, National Gallery of Art, Washington. Marie Buloz, épouse d’Édouard Pailleron, est la fille de François Buloz, fondateur de la Revue des Deux Mondes. Son mari, journaliste et dramaturge, entra à l’Académie française en 1882. Sargent débute dans le portrait mais reçoit déjà à cette époque de nombreuses commandes. Avec ce portrait en pied, l’artiste a cherché à s’éloigner avec sagesse de l’académisme : paysage en arrière-plan et mouvement de la robe.

John Singer Sargent. Les Filles d'Edward Darley Boit (1882)

John Singer Sargent. Les Filles d'Edward Darley Boit (1882). Huile sur toile,  222,5 × 222,5 cm, Museum of Fine Arts, Boston. A la suite d’un voyage en Espagne, Sargent veut rendre hommage à Vélasquez en parodiant Les Ménines (1656), représentation de la famille royale espagnole mais surtout jeu de regards et de miroirs entre le peintre et son sujet. Ce grand tableau parfaitement carré représente les quatre filles d’Edward Boit, peintre américain mineur et ami de Sargent. De gauche à droite : Mary Louisa (1874-1945), Florence (1868-1919), Jane (1870-1955) et Julia (1878-1969).

John Singer Sargent. Mlle  Beatrice Townsend (1882)

John Singer Sargent. Mlle  Beatrice Townsend (1882). Huile sur toile, 79 × 58 cm, National Gallery of Art, Washington. « Eleanor Beatrice Townsend (1870-1884) était la sixième des sept enfants de John Joseph Townsend, avocat et politicien de New York, et de son épouse, Catherine Rebecca Bronson Townsend, une amie de John Singer Sargent […] Les portraits d'enfants apparaissent dès les premières œuvres de Sargent et certains font partie de ses peintures les plus intéressantes. Plutôt que des images idéalisées de l'enfance, les figures vivantes créées par l'artiste constituent des études de caractère de ses jeunes modèles. La présence d'un jouet ou d'un animal de compagnie préféré, tel le petit terrier de Béatrice placé à ses côtés, sert à souligner la personnalité individuelle du modèle. Comme l'a noté un historien de l'art, "la sensibilité de Sargent aux complexités, aux intensités et aux incertitudes de l'adolescence, en particulier chez les femmes, est une caractéristique dominante de ses portraits." […] Malheureusement, seulement deux ans après la réalisation de cette peinture, Beatrice est décédée d’une péritonite à l'âge de quatorze ans. »

John Singer Sargent. Madame X (1883-84)

John Singer Sargent. Madame X (1883-84). Huile sur toile, 243 × 144 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Madame Pierre Gautreau (Virginie Amélie Avegno, 1859-1915) était célèbre à Paris pour son allure d’artiste. Sargent espérait se faire mieux connaître en peignant et en exposant son portrait. Travaillant sans commande du modèle, mais avec la complicité de son amie, il a souligné son comportement audacieux en montrant la partie droite de sa robe glissant de son épaule. Au Salon de 1884, le portrait a reçu plus de critiques que de louanges. Sargent a repeint l'épaule et a conservé l’œuvre pendant plus de trente ans. Quand, finalement, il l'a vendue au MET, il a déclaré : "Je suppose que c'est la meilleure chose que j'ai faite", mais a demandé que le musée ne divulgue pas le nom du modèle. » (Commentaire MET)

John Singer Sargent. Le verre de porto (1884)

John Singer Sargent. Le verre de porto (1884). Huile sur toile, 51,4 × 68,6 cm, Young Museum, San Francisco. « Le couple représenté dans Le verre de porto est Edith et Albert Vickers, deux des dévoués mécènes de John Singer Sargent. Mme Vickers jette un regard languide sur le spectateur, probablement l’artiste qui a vraisemblablement terminé ce portrait informel lors d’une de ses nombreuses visites dans la maison du couple dans le Sussex. Alors que Mme Vickers occupe une place centrale, la figure de M. Vickers est marginalisée et placée au bord de la composition, ce qui augmente le sentiment de sa distance à l’égard de sa femme. Le verre de porto représente l’une des œuvres les plus impressionnistes de Sargent par le flou et les touches fluides qui contrastent stylistiquement avec le réalisme académique préconisé par le prestigieux Salon de Paris où il a régulièrement exposé. » (Commentaire Young Museum)

John Singer Sargent. Claude Monet peignant à la lisière d’un bois (v. 1885)

John Singer Sargent. Claude Monet peignant à la lisière d’un bois (v. 1885). Huile sur toile, 62 × 73 cm, Tate Britain, Londres. « Sargent a d'abord rencontré Monet en 1876, mais les deux artistes ont été plus proches dix ans plus tard. C'est probablement en 1885 qu'ils ont peint ensemble à Giverny, près de Paris. Sargent admirait la façon dont Monet travaillait sur le motif et a imité certains de ses sujets et sa technique dans des études comme celle-ci. Sargent cherche à donner une vision humaniste de la pratique de Monet et de la patience de sa femme, assise derrière lui. Quand il s'installe à Londres en 1885, Sargent est d'abord considéré comme avant-gardiste, mais il devint le plus grand portraitiste de son époque. » (Commentaire Tate Britain)

John Singer Sargent. Carnation, Lily, Lily, Rose (1885-86)

John Singer Sargent. Carnation, Lily, Lily, Rose (1885-86). Huile sur toile, 174 × 154 cm, Tate Britain, Londres. « Le sujet a été saisi dans un jardin de Broadway, village situé dans les monts Cotswolds, où Singer Sargent a séjourné durant l’été 1885. Les enfants qui allument des lanternes japonaises avec des cierges sont Dolly (à gauche) et Polly Barnard. Leur père était l’illustrateur Frederick Barnard, un ami de Sargent. Sargent voulait restituer aussi exactement que possible la lumière crépusculaire ; aussi a-t-il travaillé en extérieur, de manière impressionniste. » (Commentaire Tate Britain).

John Singer Sargent. Femme et enfant endormis dans une barque sous les saules (v. 1887)

John Singer Sargent. Femme et enfant endormis dans une barque sous les saules (v. 1887). Huile sur toile, 68,6 × 56 cm, Musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne. « Sargent se place au cœur du développement de l'impressionnisme en Grande-Bretagne en choisissant de montrer quelques-uns de ses travaux plus expérimentaux au New English Art Club, qui suivait de près les dernières tendances artistiques venant de France. Au cours de l'été 1887, Sargent avait été invité par ses amis Robert et Helen Harrison à passer la saison à Wargrave et il est probable que la composition a été peinte à Henley-on-Thames. Dans ce tableau, les deux personnages sommeillant à l'ombre d'un saule sont bercés par le mouvement doux de la barque dans la chaleur d’un après-midi d'été. La composition est clairement de style impressionniste, à la fois par ses touches rapides et par le traitement de la lumière. Le même sujet a été traité à plusieurs reprises par Sargent, avec la même atmosphère de "dolce farniente" commune à presque tous ses tableaux des étés de 1887, 1888 et 1889. Il est possible que l'inspiration de ce travail provienne de La Barque (Musée Marmottan, Paris), exécuté par Monet vers 1887. » (Commentaire Musée Calouste Gulbenkian)

John Singer Sargent. Promenade matinale (1888)

John Singer Sargent. Promenade matinale (1888). Huile sur toile, 67 × 50 cm, collection particulière. A cette époque, Sargent reste très influencé par Monet. On retrouve dans Promenade matinale le thème de la femme à l’ombrelle traité plusieurs fois par Monet en 1886. Il avait pris pour modèle Suzanne Hoschedé, la fille de sa compagne Alice : Claude Monet. Femme à l’ombrelle, tournée vers la droite (1886)

John Singer Sargent. Alice Vanderbilt Shepard (1888)

John Singer Sargent. Alice Vanderbilt Shepard (1888). Huile sur toile, 76 × 56 cm, Amon Carter Museum of American Art, Fort Worth. Alice Vanderbilt Shepard (1874-1950) est la fille de riches industriels et banquiers. Sa mère appartenait à la famille Vanderbilt, d’origine néerlandaise, qui fonda un empire industriel aux États-Unis au 19e siècle. Réputée pour la beauté de son visage et la douceur de son caractère, Alice était surnommée Angela dans sa famille. Sargent la représente ici à quatorze ans en utilisant une pose conventionnelle et un style académique.

John Singer Sargent. Henry Cabot Lodge (1890)

John Singer Sargent. Henry Cabot Lodge (1890). Huile sur toile, 127 × 84,5 cm, Smithsonian's National Portrait Gallery, Washington. « Son ascendance, sa richesse et son influence en Nouvelle-Angleterre ont donné à Henry Cabot Lodge une grande assurance et une certaine arrogance. Il est devenu un sénateur puissant et l'un des leaders les plus respectés, sinon aimés, du parti républicain, Lodge, en accord avec son ami proche, Theodore Roosevelt, a augmenté la puissance de la marine des États-Unis et contribué à accroître le rôle de son pays dans les affaires mondiales. Lorsque la guerre a éclaté en Europe en 1914, il a soutenu la neutralité américaine mais a cru que l'Allemagne était l'agresseur. » (Commentaire Smithsonian's National Portrait Gallery)

John Singer Sargent. Nu d’après nature (Jeune fille égyptienne nue) (1891)

John Singer Sargent. Nu d’après nature (Jeune fille égyptienne nue) (1891). Huile sur toile, 190,5 × 61 cm, Art Institute of Chicago. « Portraitiste de renommée internationale, John Singer Sargent a également exécuté plusieurs fresques murales, en particulier un cycle sur l’histoire des religions pour la bibliothèque publique de Boston (1890-1919). A la recherche d’une source d’information et d’inspiration, Sargent s’est rendu en 1891 en Égypte où il a peint cette étude dans un atelier du Caire. Au lieu d’utiliser le célèbre style qui caractérisait ses portraits de la haute société, Sargent revient ici à sa formation académique, modélisant soigneusement les formes et les nuances de la peau de cette femme. Elle prend une pose complexe, son poids reposant sur son pied droit tout en tournant vers la gauche le haut de son corps. Étude d’après nature a été largement exposée, en particulier au Salon du Champ de Mars à Paris en 1892 et à l'exposition colombienne mondiale à Chicago en 1893. » (Commentaire Art Institute of Chicago)

John Singer Sargent. Mme Carl Meyer et ses enfants (1896)

John Singer Sargent. Mme Carl Meyer et ses enfants (1896). Huile sur toile, 201 × 134 cm, Tate Britain, Londres. « Il s’agit d’un portrait d'Adèle Meyer (née Levis) avec sa fille Elsie Charlotte et son fils Frank Cecil. Son mari, un banquier, était fondé de pouvoir des Rothschild à l’étranger et président de De Beers. La composition théâtrale de la peinture, avec sa perspective plongeante, reflète peut-être la passion de Mme Meyer pour le théâtre et l'opéra. En utilisant des accessoires d’atelier, en particulier les panneaux de bois et le canapé Louis XV, Sargent crée une image d'opulence reflétant le statut social d'Adèle Meyer. » (Commentaire Tate Britain)

John Singer Sargent. M. et Mme Phelps Stokes (1897)

John Singer Sargent. M. et Mme Phelps Stokes (1897). Huile sur toile, 214 × 101 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Isaac Newton Phelps Stokes (1867-1944) a épousé la New Yorkaise Edith Minturn (1867-1937) en 1895. Un ami du couple a commandé comme cadeau de mariage un portrait de la jeune mariée au célèbre expatrié John Singer Sargent. Initialement, l'artiste avait choisi une robe de soirée pour les séances de pose, mais il a rapidement décidé de présenter Edith Minturn Stokes en tenue de sport avec un Danois à ses côtés. Lorsque le chien est devenu indisponible, son mari a eu "une inspiration soudaine", rappela-t-il plus tard ; il "s'est proposé d'assumer le rôle du grand Danois sur l'image". Le résultat convaincant fut bientôt considéré comme l'un des doubles portraits les plus importants de Sargent. » (Commentaire MET)

John Singer Sargent. Mme Joshua Montgomery Sears (1899)

John Singer Sargent. Mme Joshua Montgomery Sears (1899). Huile sur toile, 97 × 148 cm, The Museum of Fine Arts, Houston. « Ce portrait représente Sarah Sears, photographe et mécène de Boston et amie de John Singer Sargent toute sa vie durant. Sa pose alerte, son regard intense et la posture du haut du corps contrastent avec la position apparemment détendue du bas du corps, exemple de la manière dont Sargent semblait saisir, comme l’a écrit un critique, "la tension nerveuse de l’âge" […] Dans cette peinture, la robe de satin de Sears illustre l’extraordinaire habileté de Sargent à rendre le blanc, subtilement nuancé par des fleurs bleues et roses. L’élégance et le panache avec lesquels Sargent maîtrise la peinture nous stupéfient et explique son statut de portraitiste favori de l’aristocratie anglaise et américaine à la fin du 19e siècle et au début du 20e. » (Commentaire Museum of Fine Arts, Houston)

John Singer Sargent. Mme Fiske Warren (épouse Osgood) et sa fille Rachel (1903)

John Singer Sargent. Mme Fiske Warren (épouse Osgood) et sa fille Rachel (1903). Huile sur toile, 152 × 103 cm, Museum of Fine Arts, Boston. « Madame Osgood Warren, membre d'une célèbre famille de Boston et poétesse accomplie, pose avec sa fille aînée à Fenway Court, aujourd’hui musée Isabella Stewart Gardner. Les œuvres d'art entourant les figures, tout comme les chaises délicatement sculptées sur lesquelles elles sont assises, soulignent leur raffinement. Sargent apparaît ici comme un virtuose de la technique : notez les touches argentées sur la robe de Mme Warren et l’empâtement blanc, teinté de vert, sur le bras du fauteuil. Sargent souligne la beauté et l'élégance de ses personnages, mais l'affection suggérée par leur pose est contredite par leurs expressions distantes. Ce portrait combine la distinction apparente et la tension sous-jacente. » (Commentaire Museum of Fine Arts, Boston)

John Singer Sargent. Portrait de Millicent, duchesse de Sutherland (1904)

John Singer Sargent. Portrait de Millicent, duchesse de Sutherland (1904). Huile sur toile, 254 × 146 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. Épouse du duc de Sutherland, Millicent Leveson-Gover (1867-1955) était l'une des femmes les plus importantes de la haute société londonienne. Elle est représentée ici à l'âge de 37 ans. « Dans la pénombre d’un jardin, la main posée sur une fontaine, cette femme imposante vêtue d’une robe verte aux motifs floraux et au décolleté généreux, semble émerger de la nature d’où provient la couronne de lauriers ornant ses cheveux roux. L’inspiration de cette composition monumentale s’étend des maîtres du classicisme que Sargent a étudiés – Vélasquez et Van Dyck – aux portraitistes anglais du 17e siècle. » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)

John Singer Sargent. La fontaine, Villa Torlonia, Frascati (1907)

John Singer Sargent. La fontaine, Villa Torlonia, Frascati (1907). Huile sur toile, 71,4 × 56,5 cm, The Art Institute of Chicago. « Situé dans un jardin ensoleillé de la ville de Frascati, en Italie centrale, ce charmant double portrait représente les peintres Wilfrid et Jane Emmet de Glehn, amis de Sargent. Le tableau très lumineux conjugue une surface éblouissante et des empâtements caractéristiques de Sargent. Jane a décrit l’œuvre comme une "image amusante et mortellement drôle" dans une lettre à sa sœur Lydia. Elle a continué: "Je suis tout en blanc avec une blouse blanche de peintre et un voile bleu pâle autour de mon chapeau. Je ressemble plutôt à un pierrot, mais j'ai une expression assez inquiète car tous les peintres doivent savoir qu’ils ne sont pas parfaits, dit Sargent. Wilfrid est en manches courtes, très décontracté et somnolent, et nos têtes se heurtent au grand panache de la fontaine" ». (Commentaire Art Institute of Chicago)

John Singer Sargent. Paysage avec des chèvres (1909)

John Singer Sargent. Paysage avec des chèvres (1909). Huile sur toile, 56 × 71,2 cm, Freer and Sackler Galleries, Washington. « Sargent a passé les automnes de 1908 et 1909 sur les îles méditerranéennes de Majorque et de Corfou, où il a peint Paysage avec des chèvres, saisissant les mouvements des animaux et le feuillage traversé par la lumière du soleil. Ce travail est caractéristique de l’orientation de l'artiste vers des motifs inhabituels où il montre sa capacité à les doter d'une force dramatique. Sargent appréciait la peinture de paysages comme celui-ci pour se détendre quand il était en vacances et éloigné de sa carrière officielle de portraitiste. » (Commentaire Freer and Sackler Galleries)

John Singer Sargent. Henry James (1913)

John Singer Sargent. Henry James (1913). Huile sur toile, 85 × 67 cm, National Portrait Gallery, Londres. « Le romancier américain Henry James s'installa en Angleterre, à Lamb House, Rye, en 1898. Au moment de la réalisation de ce portrait, il était à la fin d'une carrière couronnée de succès avec les romans de ses débuts comme Portrait of a Lady (1881), suivis de ses derniers chefs-d'œuvre The Wings of the Dove (1902) et The Golden Bowl (1904). Ce portrait a été commandé pour célébrer le soixante-dixième anniversaire de James à l’initiative d’un groupe de 269 souscripteurs regroupés par la romancière américaine Edith Wharton, bien que finalement Sargent ait renoncé à ses honoraires. Après son achèvement, James a déclaré que le portrait avait "le souffle de la ressemblance vivante et constituait un chef-d'œuvre de la peinture". » (Commentaire National Portrait Gallery)

John Singer Sargent. Étude de nu de Thomas E. McKeller (1917-20)

John Singer Sargent. Étude de nu de Thomas E. McKeller (1917-20). Huile sur toile, 126 × 84 cm, Museum of Fine Arts, Boston. Thomas E. McKeller était un groom afro-américain de l’hôtel Copley Plaza à Boston. C’est dans cet hôtel que Sargent le rencontre et éprouve une fascination pour son physique. Outre cette huile, le peintre a réalisé de nombreux dessins de son modèle. L’orientation sexuelle de Sargent reste sujette à controverse, d’autant qu’il ne s’est jamais marié. Certains auteurs le considèrent comme homosexuel, d’autres comme bisexuel. Son œuvre comporte également quelques nus féminins.

 

 

Aquarelles et dessins

 

John Singer Sargent. Homme debout, mains sur la tête (1890-1910)

John Singer Sargent. Homme debout, mains sur la tête (1890-1910). Fusain sur papier bleu, 62 × 48 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. L’inscription en bas à gauche est en partie illisible : « Mario Mancini, 77 [illisible] Hammersmith »

John Singer Sargent. Evora (1903)

John Singer Sargent. Evora (1903). Aquarelle sur papier, 31 × 46 cm, Museum of Fine Arts, Boston. Evora est une petite ville très ancienne du sud du Portugal, célèbre pour son important patrimoine historique. Au cours d’un voyage au Portugal, Sargent saisit à l’aquarelle plusieurs perspectives urbaines d’Evora, dont celle-ci, constituant presque un camaïeu de gris.

John Singer Sargent. Sir Neville Wilkinson sur les marches du pont palladien à Wilton House (1904)

John Singer Sargent. Sir Neville Wilkinson sur les marches du pont palladien à Wilton House (1904). Aquarelle sur papier, 35,6 × 25,3 cm, National Gallery of Art, Washington. Sir Neville Wilkinson (1869-1940) était un officier de l’armée britannique, spécialiste réputé en héraldique. Wilton House, près de Salisbury, était la demeure ancestrale des comtes de Pembroke. La signature de Sargent figure en bas à droite : « A mon ami Wilkinson / Avec excuses / JS »

John Singer Sargent. Ruelle vénitienne (v. 1905)

John Singer Sargent. Ruelle vénitienne (v. 1905). Aquarelle et gouache sur papier, 54 × 37 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Sargent séjourne fréquemment à Venise et saisit sur le motif les curiosités urbaines de la cité des Doges.

John Singer Sargent. Rio dei Mendicanti, Venise (v. 1909)

John Singer Sargent. Rio dei Mendicanti, Venise (v. 1909). Aquarelle sur papier, 37 × 52 cm, Indianopolis Museum of Art. « Élu académicien royal en tant que portraitiste, Sargent excelle également dans les aquarelles, qu’il pratique exclusivement pendant ses vacances annuelles à Venise à partir de 1886. "Sargent a dessiné et peint les choses fortuites qui ont attiré son attention, les formes étranges et irrégulières des gondoles sombres sur les canaux… le rayon de lumière sur les façades des palais et les reflets sur l’eau scintillante" (Martin Hardie, 1930). » (Commentaire Indianopolis Museum of Art)

John Singer Sargent. Corfou, ombre et lumière (1909)

John Singer Sargent. Corfou, ombre et lumière (1909). Aquarelle sur papier, 40 × 53 cm, Museum of Fine Arts, Boston. Sargent saisit les jeux d’ombre et de lumière du feuillage sur les murs blancs d’un petit bungalow proche de la mer, que l’on aperçoit à l’arrière-plan.

John Singer Sargent. Col du Simplon, lecture (v. 1911)

John Singer Sargent. Col du Simplon, lecture (v. 1911). Aquarelle sur papier, 51 × 36 cm, Museum of Fine Arts, Boston. Le peintre passe le col du Simplon au cours de l’été avec sa sœur Emily et quelques amis. Sur cette aquarelle, Emily, à droite, se repose sur une pente en observant Sargent en contrebas qui travaille à son aquarelle. Il est assis sur sa chaise pliante, sous un parasol, avec son chevalet. Cette aquarelle saisie sur le motif est typiquement impressionniste par le style. Sargent manie avec maestria les couleurs complémentaires (vert et lavande) pour donner de l’éclat à son œuvre.

John Singer Sargent. Alligators dans la boue (1917)

John Singer Sargent. Alligators dans la boue (1917). Aquarelle sur papier, 34 × 52 cm, Worcester Art Museum, Massachusetts. « Sujet improbable pour un peintre à la mode, les alligators allongés dans la boue constituaient néanmoins un défi pictural qui se retrouve fréquemment dans l’œuvre de Sargent : la représentation de la lumière et de l’ombre sur des formes exposées au soleil. Cette masse menaçante et toute en contorsion de créatures serpentines présentait des opportunités intéressantes de surface et de texture qu’il pouvait traiter avec toutes les ressources de sa technique. » (Commentaire Worcester Art Museum)

 

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