Stefano da Verona

 
 

Cliquer sur les images ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.

 

 

Patrick AULNAS

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420)

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420)
Tempera sur bois, 129 × 95 cm, Museo di Castelvecchio, Vérone.

 

Biographie

(v. 1374-après 1438)

Il n’existe que très peu d’éléments biographiques concernant Stefano da Verona. Il est couramment admis qu’il serait le fils du peintre français Jean d’Arbois, qui fut au service de Philippe le Hardi (1342-1404), duc de Bourgogne. Stefano da Verona ayant longtemps travaillé à Vérone, Giorgio Vasari (*) lui attribue ce pseudonyme. Mais il apparaît aussi sous le nom de Stefano di Giovanni ou Stefano da Zevio. Sa naissance se situe entre 1374 et 1379.

 

Stefano da Verona. Anges musiciens (1420-30)

Stefano da Verona. Anges musiciens (1420-30)
Tempera sur bois, 48 × 35 cm, Museo Correr, Venise.

 

Formé d’abord par son père, il eut également pour maîtres les miniaturistes et enlumineurs lombards et l’on cite en particulier Michelino da Besozzo (v. 1370-v. 1455). Il s’établit en Vénétie, d’abord à Padoue puis à Vérone où il rencontre Pisanello (1395-1455). Il devient dans cette ville l’un des principaux représentants du style gothique international.

Son fils, Vincenzo di Stefano da Verona, fut actif dans la première moitié du 15e siècle.

La date de la mort de Stefano da Verona n’est pas connue, mais se situe après 1438.

 

Stefano da Verona. Adoration des mages (v. 1435)

Stefano da Verona. Adoration des mages (v. 1435)
Tempera sur bois, 72 × 47 cm, Pinacoteca di Brera, Milan.

 

Œuvre

Contemporain de Lorenzo Monaco (1370-1424), le grand maître du style gothique international, Stefano da Verona incarne pleinement l’esprit de ce courant pictural qui se diffuse dans toute l’Europe un peu avant 1400. On retrouve ainsi chez cet artiste le raffinement des ornements (tissus précieux, broderies, couronnes), l’élégance des silhouettes aux gestes gracieux, les couleurs lumineuses mais aussi les détails naturalistes dans le rendu des plantes et des accessoires.

 

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420), détail

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420), détail

 

Stefano da Varona eut pour élève Pisanello (1395-1455), l’un des derniers représentant du gothique international.

 

Stefano da Verona. Vierge de l’humilité (v. 1430)

Stefano da Verona. Vierge de l’humilité (v. 1430)
Tempera, huile et feuille d’or sur bois, 60,8 × 43,2 cm, Worcester Art Museum, Worcester, États-Unis.

 

Peintures sur bois

Stefano da Verona. La Crucifixion (v. 1400)Stefano da Verona. La Crucifixion (v. 1400). Tempera sur bois, fond doré, 86 × 52 cm, Metropolitan Museum of Art. « Cette œuvre profondément émouvante combine une composition austère avec des expressions du deuil élégamment variées, caractéristiques de la peinture à la cour cosmopolite de Milan. Stefano fut un des principaux représentants du style gothique international, qui doit beaucoup à la sculpture bourguignonne et à la miniature française. Le fond or martelé imite le travail coûteux des orfèvres (les roses sans épines sont des emblèmes de la Vierge Marie). Marie-Madeleine, agenouillée dans la douleur au pied de la croix, porte de façon inhabituelle une robe doublée de fourrure d’hermine coûteuse, ce qui suggère que ce tableau était destiné à un mécène d’élite. » (Commentaire MET)

 

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420)Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420)
Tempera sur bois, 129 × 95 cm, Museo di Castelvecchio, Vérone.

 

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses, détailStefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses, détail

 

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses, détailStefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses, détail

 

Stefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses (v. 1420), détailStefano da Verona. La Vierge dans un jardin de roses, détail


1. « Dans un jardin construit selon une vision toujours différente des objets, comme une miniature persane, se trouvent la Vierge à l'Enfant et sainte Catherine, qui tresse des couronnes de fleurs apportées par de petits anges. On y voit également des oiseaux exotiques, une infinité de fleurs et de plantes, une fontaine précieuse comme un ostensoir avec des figures allégoriques nues - transposition paradisiaque de la fontaine de la jeunesse éternelle des cycles courtois. Le jardin est projeté sur un ciel doré où sont gravées d'autres figures d'anges. » (Commentaire Google Art & Culture)
2. « Le thème du tableau est similaire à celui du
tableau du Maître du Haut-Rhin. Dans ce tableau également, la Vierge est assise par terre au milieu d'un jardin clos, dans lequel jaillit une source. Elle n'est accompagnée que de sainte Catherine d'Alexandrie et d'une multitude d'anges. Cependant, alors que le tableau de Francfort, bien qu'harmonieux comme un conte de fées, nous ouvre un monde dans lequel les événements quotidiens sont embellis, mais un monde dans lequel on pourrait vivre, le tableau de Stefano montre un monde inaccessible, dans lequel nous ne pourrions ni pénétrer, ni vivre, ni expérimenter. Ce n'est pas seulement dû à l'expression des figures suggérant l'intemporalité, ni à la fontaine dorée qui rappelle les œuvres des orfèvres destinées à un usage liturgique (alors que la fontaine du tableau de la Haute-Rhénanie est si réaliste qu'elle est équipée d'une louche fixée par une chaîne), ni à cause de l'épée et de la roue (attributs de sainte Catherine) qui empêchent le spectateur d'entrer dans le premier plan du tableau de Vérone. Il est inaccessible avant tout parce que l'environnement spatial est presque indéfinissable et que les personnages et les objets semblent totalement sublimes. Le sol et l'enceinte du jardin, représentés comme vus d'en haut, sont d'une teinte brun doré, et cette tonalité de base est très proche de l'or neutre de l'arrière-plan, créant ainsi une surface pratiquement homogène. Si nous l'examinons de plus près, nous serons surpris de constater à quel point le plan de ce jardin est complexe : son coin arrière gauche fait saillie, tandis que l'enceinte, dès qu'elle atteint le bord du tableau, change de direction afin d'englober également les coins avant. Mais en raison de l'homogénéité des formes et des couleurs, tout cela est à peine perceptible. Sur cette surface semblable à une tapisserie, les formes gracieuses des personnages et des plantes, qui se ressemblent souvent, se détachent comme un motif décoratif ornemental (voir, par exemple, la similitude entre les ailes des anges et celles des paons). Contrairement au Maître de la Haute Rhénanie, Stefano da Verona n'a pas juxtaposé des détails de la nature soigneusement observés, mais a stylisé les formes et les a transformées en ornements.
C'est la zone sombre du manteau de la Vierge qui se détache le plus nettement sur le fond homogène. Elle est assise sur un coussin noir posé à même le sol, entouré de roses de différentes couleurs disposées à intervalles réguliers. La Madone est la reine non seulement d'un empire idyllique où règne une harmonie intemporelle, mais aussi d'un monde de profonde et éternelle tristesse. Elle regarde tristement dans le vide. La position dans laquelle elle est assise sur le sol est la même que celle dans laquelle elle se lamentera sur son Fils mort. En fait, les roses rouges font également référence au martyre du Christ, et les nombreuses couleurs sombres préfigurent les tons austères de la Passion. » (Commentaire Web Gallery of Art)

 

Stefano da Verona. Anges musiciens (1420-30)Stefano da Verona. Anges musiciens (1420-30). Tempera sur bois, 48 × 35 cm, Museo Correr, Venise. Malgré les interdictions puis les réticences de l’Église catholique, les anges musiciens existent dans l’iconographie (mosaïque, sculpture, peinture) dès le Moyen Âge. Ils accompagnent, dans les cieux, les personnages figurant sur une scène religieuse (Nativité, Annonciation, etc.) et peuvent jouer de divers instruments (harpe, flûte, luth, trompette). Leur apparition est concomitante du développement progressif de la musique instrumentale. Stefano da Verona les fait chanter, accompagnés d’une harpe et d’un luth. Les visages sont indifférenciés, l’artiste s’étant surtout intéressé aux parures des anges : vêtements et diadème couleur or.
« L'attribution de l'œuvre ne fait pas l'unanimité. Elle est généralement attribuée à un peintre vénitien adhérant au style gothique international. Dans Mariacher (1957), on peut lire que l'œuvre est traditionnellement attribuée à Stefano da Verona da Fiocco, par Van Marle – qui notait des éléments similaires à ceux de Michelino da Besozzo –, tandis que Venturi l'accepte avec réserve. Pallucchini, dans l'exposition de 1946, l'attribue à un peintre véronais des premières décennies du XVe siècle. Avena (1937) l'attribue à l'école de Stefano. Pilo (1959) rapproche l'œuvre, surtout dans la partie droite, du style de Michelino da Besozzo et de l'illustration de certaines feuilles de Pietro da Castelletto du manuscrit latin 5888 conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. Moench-Scherer (1989) le considère comme un disciple de Michelino, jugeant l'œuvre académique et rigide. Boskovits (1999) propose quant à lui de réattribuer l'œuvre à Stefano, rapprochant les anges de ceux de la Vierge de l’Annonciation et du prophète Daniel de la Fondation Custodia de Paris, attribués à Stefano. » (Commentaire Museo Correr)

 

Stefano da Verona. Vierge de l’humilité (v. 1430)Stefano da Verona. Vierge de l’humilité (v. 1430). Tempera, huile et feuille d’or sur bois, 60,8 × 43,2 cm, Worcester Art Museum, Worcester, États-Unis. « Ce tableau a longtemps été attribué à Stefano da Verona, qui a principalement exercé son activité dans le nord de l'Italie et qui était un artiste du style international. Répandu dans toute l'Europe à la fin du XIVe siècle, ce style incarne une élégance décorative et un intérêt pour les détails minutieux qui proviennent de la peinture nord-européenne. Ici, la Vierge est représentée comme la Madone de l'Humilité : au lieu d'être intronisée, elle est assise sur un coussin posé à même le sol. Dans le ciel au-dessus d'elle apparaissent Dieu le Père avec un sceptre et le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe. La roseraie symbolise la pureté de la Vierge, tandis que les anges musiciens évoquent la vie raffinée et gracieuse de la cour à la toute fin du Moyen Âge. » (Commentaire Worcester Art Museum)

 

Stefano da Verona. Adoration des mages (v. 1435)Stefano da Verona. Adoration des mages (v. 1435)
Tempera sur bois, 72 × 47 cm, Pinacoteca di Brera, Milan.

 

Stefano da Verona. Adoration des mages, détailStefano da Verona. Adoration des mages, détail

 

Stefano da Verona. Adoration des mages, détailStefano da Verona. Adoration des mages, détail

 

« Malgré certains doutes quant à l'authenticité de la signature et de la date apposées sur le tableau, les spécialistes s'accordent aujourd'hui à confirmer l'attribution à Stefano faite au XVIe siècle par Giorgio Vasari et datent l'œuvre des années de maturité de l'artiste. Le thème iconographique est ici traité selon le goût féérique du gothique international, né à la fin du XIVe siècle dans les milieux raffinés des cours européennes et représenté en Italie par des artistes tels que Michelino da Besozzo, Pisanello, Gentile da Fabriano et Stefano lui-même.
Stefano da Verona incarne la quintessence du style gothique international : les formes et les lignes sont similaires à celles de Gentile, mais avec une profusion de détails. Dans le cortège des Rois mages venus adorer l'Enfant, on reconnaît des personnages à la peau foncée, des chameaux et un magnifique paon. À l'arrière-plan, on aperçoit des chasseurs, détail absent du récit évangélique. Près des œillets, dans ce qui semble être des caractères sur pastille, on peut lire la signature de l'artiste.
Le paon s'est posé sur le toit d'une cabane. Sa longue queue descend presque jusqu'au manteau de la mère qui tient son enfant sur les genoux, que le cortège vient adorer. Tout autour, des gens et des animaux se pressent, se frayant un chemin entre des montagnes aussi grandes que des rochers. Les chasseurs se reposent en buvant à leur gourde, tandis qu'en haut, un renard surgit en courant de la forêt. » (Commentaire Pinacoteca di Brera)

 

Cercle de Stefano da Verona. La Nativité dans un Hortus Conclusus (v. 1460)Cercle de Stefano da Verona. La Nativité dans un Hortus Conclusus (v. 1460). Tempera sur bois, 53 × 39 cm, Campion Hall, Université d’Oxford. « Le hortus conclusus (jardin clos) était un élément courant dans l'iconographie médiévale, bien qu'il soit rare d'y trouver une crèche sertie. Habituellement, la Vierge et l’Enfant jouent avec des fleurs, ou la Vierge et une licorne habitent le jardin protégé qui, d’après les miniatures perses, suggère le paradis. L'enfant Jésus est entouré de trois anges, des enfants ailés et nus. Les figures dans les niches sont, à partir du haut à gauche : l'ange de l'Annonciation, les saints Antoine et François ; à droite, la Vierge, saint Jérôme et un martyr. » (Commentaire Art UK)

 

 

Enluminures de manuscrits

Stefano da Verona. Extrait d’un antiphonaire (v. 1430-35)Stefano da Verona. Extrait d’un antiphonaire (v. 1430-35). Feuille d’un manuscrit enluminé, tempera et or, 11,5 × 12,5 cm, The J. Paul Getty Museum, Los Angeles. Un antiphonaire est un manuscrit liturgique comportant des partitions musicales et des prières. Cette enluminure représente la lettre A. Il s’agit d’une conversation sacrée entre le Vierge et des saints. Tous les personnages ont l’auréole dorée de la sainteté autour de la tête. Au-dessus d’eux, Dieu le Père veille.

 

Stefano da Verona. Initiale M extraite d'un antiphonaire (1430-38)Stefano da Verona. Initiale M extraite d'un antiphonaire (1430-38). Encre, tempera et or sur vélin, 19,7 × 16,7 cm, The Cleveland Museum of Art, Cleveland, États-Unis. Sur le manuscrit, le M est le début de la phrase latine :  Missus est Gabriel Angelus ad Miriam Virginem... (L'ange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie...). La page est consacrée au thème de l’Annonciation.
« Le style de cette initiale décorée s'apparente à celui d'un ensemble de livres de chœur réalisés par Belbello pour l'église Saints Giovanni e Paolo à Venise. Le style de Belbello a été associé à celui d'un autre artiste, le Maître du Graduel de Murano, avec lequel il a peut-être collaboré à Venise. La carrière de Belbello l'a conduit à Milan, Mantoue, Pavie et Venise. Ses services étaient très recherchés par les princes de la Renaissance, et son style était influent et répandu dans le nord de l'Italie. » (Commentaire The Cleveland Museum of Art)

 

 

Dessins sur papier

Stefano da Verona. Un prophète assis de profil (1389-1438)Stefano da Verona. Un prophète assis de profil (1389-1438). Plume et encre brune sur papier, 23,5 × 21,1 cm, British Museum, Londres. « Il s'agit de l'un des douze dessins (le treizième étant une esquisse préparatoire à une fresque) reconnus comme étant l'œuvre de Stefano da Verona dans la monographie de Karet publiée en 2002. Toutes les œuvres sur papier sont des études de figures à la plume, pour la plupart dessinées avec beaucoup d'énergie et de vigueur, et étaient très probablement destinées à servir de source d'inspiration à Stefano et à son atelier. Karet suggère que ces dessins se trouvaient autrefois dans un ou plusieurs carnets de croquis, mais l'absence de preuves matérielles telles que des marques de couture ou des numéros rend cette hypothèse impossible à vérifier. » (Commentaire British Museum)

 

Stefano da Verona. La Vierge à l'Enfant avec une sainte martyre, un saint évêque et une donatrice (début 15e s.)Stefano da Verona. La Vierge à l'Enfant avec une sainte martyre, un saint évêque et une donatrice (début 15e s.). Plume et encre brun foncé, pinceau et encre grise, 23,9 × 19,1 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Bien que ce dessin fasse écho au vocabulaire de Stefano da Verona, il est plus probable qu'il soit attribuable à l'un de ses disciples, en raison de son caractère schématique et de la relation spatiale incertaine entre les personnages. Cette feuille pourrait être une copie d'un tableau perdu de Stefano da Verona ou peut-être une esquisse réalisée par un élève. La donatrice au premier plan s'agenouille en adoration devant la Vierge et l'Enfant, présentée par la sainte qui l'accompagne et qui tient une palme de martyre. À droite, un saint évêque porte une crosse et une mitre. » (Commentaire MET)

 

Stefano da Verona. Un homme endormi aux côtés d’un chien et d’un cheval (début 15e s.)Stefano da Verona. Un homme endormi aux côtés d’un chien et d’un cheval (début 15e s.). Plume et encre brune sur papier, 24,5 × 19,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Bien que les scènes de la vie quotidienne telles que celle-ci soient assez rares dans les dessins conservés de cette période, elles apparaissent souvent comme détails dans les peintures contemporaines et les enluminures de manuscrits du nord de l'Italie. Cette feuille, qui appartenait peut-être à l'origine à un carnet de croquis, pourrait représenter la copie par l'artiste d'une partie d'un tableau ou d'un manuscrit. Si les hachures sur les contours et le type physionomique s'inspirent de Stefano da Verona, le dessin a probablement été réalisé par un disciple de l'artiste. » (Commentaire MET)

 

 

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre :

Stefano da Verona

 

 

 _______________________________

(*) Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (première édition 1550, remaniée en 1568, traduction Leclanché, 1841)

 

Ajouter un commentaire