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Jean de Beaumetz. Le Calvaire avec un moine chartreux (1389-95). Tempera sur bois, 60 × 48 cm, musée du Louvre, Paris. Jean de Beaumetz (v. 1335-1396) a travaillé à Valenciennes, Paris et Dijon. Dans cette ville il devient le peintre du duc de Bourgogne et dirige l'atelier de peinture de la chartreuse de Champmol. A sa mort, Jean Malouel le remplace. Ce panneau « fait partie d'une série de 26 tableaux destinés aux cellules des moines et du prieur de la chartreuse de Champmol, près de Dijon, et commandés par le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, à son peintre en titre, Jean de Beaumetz, en 1388. Un autre Calvaire avec un moine chartreux est conservé au musée de Cleveland. » (Notice musée du Louvre)
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Maître du Diptyque Wilton. Diptyque Wilton, extérieur (v. 1395). Tempera sur bois, 53 × 37 cm (chaque panneau), National Gallery, Londres. Ce diptyque comporte deux panneaux peints de chaque côté. Il a probablement été commandé par le roi Richard II d'Angleterre (1367-1400) à un peintre inconnu. Le cerf blanc est l'emblème de Richard II et l'écu du panneau de gauche représente les armes de Richard II.
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Maître du Diptyque Wilton. Diptyque Wilton, intérieur (v. 1395). Tempera sur bois, 53 × 37 cm (chaque panneau), National Gallery, Londres. Les panneaux intérieurs comportent une scène terrestre et une scène céleste. A gauche, le roi Richard II, agenouillé, et trois saints. De gauche à droite, Edmond le Martyr, Édouard le Confesseur et Jean le Baptiste qui porte l'Agneau de Dieu. A droite, la Vierge, tenant l'Enfant Jésus, est entourée d'anges et porte l'auréole autour de la tête, survivance d'une convention picturale du Moyen Âge désignant la sainteté. Les deux panneaux sont conçus pour établir un dialogue entre le divin et l'humain : regards, postures des personnages et spécificité chromatique (couleurs vives à droite symbolisant l'éclat du divin, très atténuées à gauche car – péché originel oblige – l'homme est déchu selon le dogme chrétien).
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Jean Malouel. Grande Pietà ronde (v. 1400). Tempera et or sur bois, diamètre 64,5 cm, musée du Louvre, Paris. « Les armoiries peintes à l'arrière du tableau permettent de penser que cette Pietà a pu être peinte pour le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi (1363-1404), par Jean Malouel, au service de la cour de Bourgogne de 1397 à 1415. [...] Malouel a conçu pour cette représentation de la Pietà une composition adaptée à la forme de son panneau : les personnages épousent subtilement la découpe circulaire et l'action se concentre sur le groupe principal, constitué par Dieu le Père, le Christ, la Vierge et saint Jean l'Evangéliste. L'œuvre s'avère d'une grande richesse expressive, chaque personnage exprimant un sentiment différent : les anges par exemple dont certains soutiennent avec le Père le Christ mort, présentent trois visages empreints de souffrance et de désespoir. La Vierge s'accroche au corps abandonné de son fils, tandis que saint Jean regarde la scène avec tristesse. Cette Pietà est aussi une représentation de la Sainte Trinité puisqu'elle associe Dieu le Père, la colombe du Saint-Esprit et le Christ. Le chromatisme est d'un raffinement remarquable, le rouge-rosé du manteau de saint Jean se retrouvant dans les vêtements des anges, tandis que les bleus profonds du manteau de la Vierge et de celui de Dieu le Père se répondent avec quelques nuances. » (Notice musée du Louvre)
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Maître de Boucicaut. Livre d'Heures du maréchal de Boucicaut-1 (1405-08). Manuscrit, 27,5 x 19 cm, Musée Jacquemart-André, Paris. Ce manuscrit a été commandé par Jean II Le Meingre, dit Maréchal Boucicaut (1364-1421) et son épouse Antoinette de Turenne (1380-1416) à un artiste inconnu appelé aujourd'hui Maître de Boucicaut. Jean Le Meingre, Maréchal de France, était un militaire et un homme d'une grande piété. Son livre d'heures comporte des miniatures d'une finesse de trait exceptionnelle comportant des effets de lumière et de perspective. La miniature ci-contre a pour thème la fuite en Égypte de la Saint Famille (Joseph, Marie et leur fils Jésus). Le registre chromatique et le sens de la composition de l'artiste sont exceptionnels : il cherche un effet de profondeur en détaillant un paysage montagneux avec un gigantesque soleil sur un fond bleu profond à l'arrière-plan.
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Maître de Boucicaut. Livre d'Heures du maréchal de Boucicaut-2 (1405-08). Manuscrit, 27,5 x 19 cm, Musée Jacquemart-André, Paris. La miniature montre le maréchal Boucicaut priant à genoux devant sainte Catherine d'Alexandrie. Un ange tient le blason du maréchal. Sainte Catherine est plus grande que Boucicaut afin de symboliser la hiérarchie entre le sacré et le profane. Cette miniature est encadrée par une délicate frise végétale.
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Colart de Laon. Prière dans le jardin avec le donateur Louis Ier d’Orléans (1405-1408). Huile sur bois de chêne, 47 × 33,5 cm, musée du Prado, Madrid. Colart de Laon (v. 1355-v. 1417) a travaillé pour le duc de Bourgogne Philippe le Hardi puis pour les ducs d’Orléans. Il ne reste de son œuvre qu’un panneau provenant d’un petit triptyque. Le Christ prie dans le Jardin des Oliviers, avant sa crucifixion, accompagné de trois apôtres qui somnolent. Le donateur Louis 1er d’Orléans (1372-1407), à gauche, est accompagné de sainte Agnès. Cet artiste brillant parvient à donner de la profondeur à sa composition en éloignant le Christ des apôtres et en le plaçant en surélévation. Cette recherche de tridimensionnalité est rare dans le gothique international.
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Henri Bellechose. Le retable de saint Denis (v. 1416). Tempera et or sur toile marouflée sur panneau, 162 × 211 cm, musée du Louvre, Paris. « Le Retable de saint Denis a été commandé, avant 1416, pour la chartreuse de Champmol aux portes de Dijon sans doute au peintre en titre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, Henri Bellechose, un des derniers représentants du style gothique international. [...] Encore fidèle à l'esthétique médiévale notamment par l'omniprésence des ors, ce retable surprend néanmoins par certains accents réalistes qui témoignent de préoccupations nouvelles : la figure du bourreau est d'une vigueur plastique et d'une caractérisation physionomique sans précédents. La variété du coloris, renforcée par le riche fond d'or, est également remarquable, dominée par le bleu intense des manteaux du Christ et des saints. Le Christ crucifié placé au centre est présenté par Dieu le Père et le Saint-Esprit, tandis que deux épisodes de la vie de saint Denis sont figurés de part et d'autre de la Croix. À gauche, la dernière communion reçue par saint Denis de la main du Christ même et, à droite, le martyre de saint Denis, qui fut décapité avec ses deux disciples, Rustique et Éleuthère. Selon Grégoire de Tours, saint Denis fut évangélisateur des Gaules et premier évêque de Paris (vers 250). Décapité à Montmartre, il est souvent représenté avec l'attribut de son martyre, tenant sa tête qu'il aurait ramassée après sa décollation. » (Notice musée du Louvre)
ANALYSE DÉTAILLÉE
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Frères de Limbourg. Les Très Riches Heures du duc de Berry (v. 1416). Manuscrit, 21 × 29 cm, musée Condé, Chantilly. Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean 1er de Berry aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois frères en 1416, il sera complété par un peintre anonyme vers 1440 puis achevé par Jean Colombe en 1485-1486. Ci-dessus, un extrait du calendrier figurant le mois de mai, illustré par la cavalcade traditionnelle du 1er mai : des jeunes gens vont à cheval, précédés de joueurs de trompettes. Ils partent en forêt chercher des rameaux qu'ils porteront sur la tête ou autour du cou. À cette occasion, les dames arborent une longue robe verte.
ANALYSE DÉTAILLÉE
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Maître de Bedford. Livre d'Heures du duc de Bedford (1423-30). Manuscrit, 26 × 18 cm, British Library, Londres. L'artiste inconnu appelé aujourd'hui Maître de Bedford doit son nom à l'un de ses commanditaires, Jean de Lancaster, duc de Bedford (1389-1435). Le Livre d'Heures de Bedford compte 289 feuillets comportant 38 miniatures. La miniature ci-contre représente la construction de la Tour de Babel dans un style typiquement Gothique international qui en fait un petit chef-d'œuvre : couleurs vives, multiples détails, paysage imaginaire.
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