Berthe Morisot

 

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Portrait et autoportrait

 

Edouard Manet. Berthe Morisot au bouquet de violettes (1872)

Edouard Manet. Berthe Morisot au bouquet de violettes (1872)

Huile sur toile, 55 × 38 cm, musée d'Orsay, Paris.

     

Berthe Morisot. Autoportrait (1885)

Berthe Morisot. Autoportrait (1885)

Huile sur toile, 50 × 61 cm, musée Marmottan Monet, Paris.

 

 

Biographie

 

1841-1895

La jeunesse

Berthe Morisot est, avec Mary Cassatt (1844-1926) et Eva Gonzalès (1849-1883), l'une des trois femmes peintres des débuts de l'impressionnisme. Elle naît le 14 janvier 1841 à Bourges dans une famille bourgeoise. Son père, Edmé Morisot, était alors préfet du département du Cher. En 1852, il est nommé à la Cour des comptes et la famille s'installe à Paris. Mais nous sommes sous le Second Empire et les positions politiques d'Edmé ne s'accordant pas à celles du pouvoir, il démissionne en 1855. La famille continue cependant à vivre dans l'aisance financière.

Berthe est la troisième enfant. Deux sœurs, Yves et Edma, l'ont précédée, et un frère, Tiburce, la suivra. Le modèle de l'époque faisait une certaine place à l'art dans l'éducation des filles. Les sœurs Morisot apprennent donc le piano et le dessin. Les peintres Geoffroy-Alphonse Chocarne puis Joseph Guichard (1806-1880) sont leurs premiers professeurs. Le talent d'Edma et de Berthe se révèle peu à peu et Guichard leur promet une carrière de peintre. L'ascendance était porteuse puisque les sœurs Morisot sont les arrière-petites-nièces du peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Les jeunes filles allant régulièrement au Louvre copier les chefs-d'œuvre, elles rencontrent en 1859 le peintre Henri Fantin-Latour (1836-1904) qui deviendra un ami de Berthe Morisot.

Mais Edma et Berthe sont attirées par la grande innovation du moment dans le domaine pictural : la peinture sur le motif, c'est-à-dire en plein air, préconisée par les peintres de l'École de Barbizon. Joseph Guichard leur fit alors rencontrer le grand artiste Jean-Baptiste Corot (1796-1875) qui aura une influence importante sur le style de Berthe.

 

Vie mondaine et rencontre d'Édouard Manet

Berthe et Edma exposent pour la première fois au salon des Beaux-arts de 1864 où Berthe propose des paysages. Elles continuent les années suivantes. Les Morisot appartiennent à la bourgeoisie cultivée de l'époque et organisent chez eux des soirées fréquentées par de nombreux artistes. Il en est de même pour les parents d'Edgar Degas ou la mère d'Édouard Manet chez qui les Morisot sont invités. Les sœurs Morisot rencontrent ainsi écrivains, poètes et peintres, en particulier Émile Zola, Charles Baudelaire, Charles-François Daubigny, Edouard Manet. Pendant la décennie 1860, les deux sœurs continuent à peindre, à exposer au salon et vendent quelques tableaux au marchand d'estampes Alfred Cadart (1828-1875). Berthe se lie d'amitié avec Édouard Manet qui devient son professeur. Elle pose également pour lui. En 1868, Edma épouse Adolphe Pontillon, un officier de marine rencontré à Paris mais vivant en Bretagne. Le couple s'installe à Lorient et Edma abandonne presque complètement la peinture, se contentant désormais de faire des copies au pastel d'œuvres de sa sœur. Berthe rend visite à sa sœur à plusieurs reprises et ramène de Bretagne quelques tableaux, en particulier une Vue du petit port de Lorient (1869).

 

Berthe Morisot. Vue du petit port de Lorient (1869)

Berthe Morisot. Vue du petit port de Lorient (1869)

Huile sur toile, 43,5 × 73 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

Après la guerre franco-prussienne de 1870, Berthe Morisot fréquente beaucoup les frères Manet, Edouard et Eugène. L'influence d'Edouard, l'un des plus grands artistes du siècle, est assez écrasante dans un premier temps, mais l'élève affirme peu à peu son originalité et trouve un style personnel de tendance nettement impressionniste.

 

L'impressionnisme

En 1874, Monet, Renoir, Pissarro, Degas et Berthe Morisot fondent la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs qui a pour objectif de permettre aux impressionnistes d'exposer librement sans passer par le salon officiel organisé par l'Académie des Beaux-arts, héritière de l'ancienne Académie Royale de peinture et de sculpture. La première exposition impressionniste est organisée à Paris en avril 1874. Berthe Morisot y présente plusieurs tableaux, dont Cache-cache :

 

Berthe Morisot. Cache-cache (1873)

Berthe Morisot. Cache-cache (1873)

Huile sur toile, 45 × 55 cm, collection particulière.

 

Edouard Manet n'ayant pas voulu se joindre au groupe des impressionnistes, le comportement de Berthe Morisot, seule femme participant à l'exposition, constitue un acte d'indépendance. L'incompréhension de la plus grande partie de la critique à l'égard de l'impressionnisme entraîna des appréciations frôlant l'insulte à l'encontre de Berthe Morisot. Ainsi, le critique d'art Albert Wolf (1835-1891) écrivit dans Le Figaro : « Chez elle, la grâce féminine se maintient au milieu des débordements d'un esprit en délire. ».

En décembre 1874, Berthe épouse le peintre Eugène Manet (1833-1892) qui ne connut pas la gloire de son frère Edouard. Elle fera plusieurs portraits de son mari. Durant l'année 1875, le couple voyage en Angleterre dans l'Île de Wight. Les expositions impressionnistes suivantes ont lieu en 1876, 1877, 1879, 1880, 1881, 1882 et 1886. Berthe Morisot y est toujours présente sauf à celle de 1879, pour raison de santé.

Julie, la fille de Berthe Morisot et d'Eugène Manet naît en 1878. Dans les années 1880, la notoriété de l'artiste lui permet de recevoir chaque jeudi dans sa maison de Paris peintres et écrivains : Degas, Caillebotte, Monet, Pissarro, Renoir, Mallarmé. Ce dernier devient son ami et son plus grand admirateur. Les peintures de Berthe Morisot suscitent l'intérêt dans l'intelligentsia et parmi les peintres d'avant-garde. Ainsi est-elle est invitée à participer à une exposition à Bruxelles en 1887. En 1892, elle organise sa première exposition personnelle à la galerie Boussod et Valadon à Paris. L'accueil est favorable. La même année, son mari décède.

Berthe Morisot contracte en février 1895 une maladie pulmonaire qualifiée grippe ou congestion pulmonaire par les biographes (la médecine était à l'époque plus qu'approximative). Elle décède le 2 mars 1895 à l'âge de 54 ans. Inhumée au cimetière de Passy, à Paris, l'inscription sur sa tombe ne mentionne pas son activité artistique, mais simplement : « Berthe Morisot, épouse d'Eugène Manet ». L'époque n'autorisait pas encore la reconnaissance d'une femme peintre.

 

Œuvre

 

La peinture lumineuse de Berthe Morisot cherche à capter les instants de bonheur familial. On y trouve beaucoup de portraits, en particulier de sa fille Julie. Les formes restent floues et les couleurs claires dominent, produisant une impression de légèreté.

« Les formes sont toujours vagues dans les tableaux de Mme Berthe Morisot, mais une vie étrange les anime. L'artiste a trouvé le moyen de fixer les chatoiements, les lueurs produites sur les choses et l'air qui les enveloppe... le rose, le vert pâle, la lumière vaguement dorée, chantent avec une harmonie inexprimable. Nul ne représente l'impressionnisme avec un talent plus raffiné, avec plus d'autorité que Mme Morisot ». (*).

 

Berthe Morisot. Jeune fille lisant (La lecture) (1888)

Berthe Morisot. Jeune fille lisant (La lecture) (1888)

Huile sur toile 74,3 × 92,7 cm, Museum of Fine Arts, St. Petersburg, Floride.

 

La phrase suivante de Berthe Morisot montre à quel point  elle se situait dans la recherche impressionniste avec un sentiment d'incertitude quant au résultat : « Fixer quelque chose de ce qui passe, oh ! Quelque chose, la moindre des choses, un sourire, une fleur, un fruit, une branche d'arbre [...]. Cette ambition-là est encore démesurée. »

Berthe Morisot fut quelque peu oubliée au 20e siècle. Ses œuvres se trouvaient, pour la plupart, dans des collections privées et elles n'avaient donc pas la réputation de celles des leaders de l'impressionnisme figurant dans les musées. Mais cette artiste fut redécouverte à la fin du 20e siècle et au début du 21e à la faveur d'expositions consacrées à l'impressionnisme ou à Berthe Morisot seule, en particulier aux États-Unis et en France. Aujourd'hui, comme on le verra en parcourant la sélection ci-après, de nombreux tableaux de l'artiste sont conservés dans les plus grands musées. Le musée Marmottan Monet de Paris en possède plus de quatre-vingt.

 

(*) Gustave Geoffroy, L'exposition des artistes indépendants, article publié dans le journal La Justice, 19 avril 1881

 

Berthe Morisot. Vue du petit port de Lorient (1869)Berthe Morisot. Vue du petit port de Lorient (1869). Huile sur toile, 43,5 × 73 cm, National Gallery of Art, Washington. Le tableau a été réalisé lors d'un séjour de Berthe Morisot à Lorient, chez sa sœur Edma. La silhouette de celle-ci apparaît sur la toile, assise sur le parapet avec une ombrelle, dans un style déjà impressionniste. L'artiste ne cherche pas à réaliser un portrait de sa sœur, mais à restituer un ressenti en la plaçant dans le cadre maritime qui était son environnement habituel. Les jeux de lumière sur la surface de l'eau deviendront un thème important des impressionnistes.

 

Berthe Morisot. La lecture (1869-70)Berthe Morisot. La lecture (1869-70). Huile sur toile,  101 × 81,8 cm, National Gallery of Art, Washington. Le tableau fut exposé au salon des Beaux-arts de 1870. « La toile, portrait de famille et scène de genre domestique, fut commencée quand la sœur de Morisot, Edma Pontillon, séjourna dans sa famille durant l'hiver 1869-70, en attendant la naissance de son premier enfant. Sa grossesse est discrètement dissimulée par une ample robe blanche. Anxieuse à l'idée de présenter la peinture au salon, Morisot sollicita l'avis de Manet, en visite chez les Morisot le dernier jour des soumissions. Il résulte de la correspondance de Morisot que, plutôt que de faire des suggestions verbales, Manet a largement retouché la figure de la mère de l'artiste. La touche délicate de Manet, qui apparaît dans les traits et la robe noire de la mère, est nettement différente du raffinement nerveux de la touche de Morisot que l'on voit dans les traits de sa sœur, le tissu d'ameublement à fleurs et le reflet de la tête d'Edma dans le miroir. » (Notice National Gallery of Art)

 

Berthe Morisot. Femme et enfant au balcon (1872)Berthe Morisot. Femme et enfant au balcon (1872). Huile sur toile, 60 × 50 cm, collection particulière. Le tableau représente la sœur de Berthe, Yves Gobillard, avec sa fille Paule. Elles sont placées sur le balcon de la maison des parents Morisot, rue Franklin, à Paris. On aperçoit le Dôme des Invalides à l'horizon.

 

Berthe Morisot. Vue de Paris depuis le Trocadéro (1872)Berthe Morisot. Vue de Paris depuis le Trocadéro (1872). Huile sur toile, 46 × 81 cm, Santa Barbara Museum of Art, Californie. Berthe Morisot expérimente le vaste paysage urbain panoramique. La vue plongeante est prise des hauteurs du Trocadéro, avec un arrière-plan très semblable à celui de Femme et enfant au balcon, peint la même année. La ligne d'horizon, placée très haut permet de mettre l'accent sur le territoire et non sur le ciel, comme le faisaient les peintres hollandais du 17e siècle.

 

Berthe Morisot. Cache-cache (1873)Berthe Morisot. Cache-cache (1873). Huile sur toile, 45 × 55 cm, collection particulière. Ce tableau fait partie de ceux que Berthe Morisot présenta au premier salon impressionniste de 1874. Les principales caractéristiques du courant impressionniste sont ici réunies : couleurs claires, lumière, scène de genre dans un paysage, dilution des formes. La jeune artiste a trouvé sa voie et quitté la nécessaire mais pesante influence d'Édouard Manet.

 

Berthe Morisot. Le berceau (1873)Berthe Morisot. Le berceau (1873). Huile sur toile, 56 × 46 cm, musée d'Orsay, Paris. Ce tableau fut également exposé au premier salon impressionniste de 1874. « Sans conteste le tableau le plus célèbre de Berthe Morisot, Le berceau a été peint en 1872 à Paris. L'artiste y représente l'une de ses sœurs, Edma, veillant sur le sommeil de sa fille, Blanche. C'est la première apparition d'une image de maternité dans l'œuvre de Morisot, sujet qui deviendra l'un de ses thèmes de prédilection.

Le regard de la mère, la ligne de son bras gauche replié, auquel fait écho le bras également replié de l'enfant, les yeux clos du bébé tracent une diagonale, que souligne encore le mouvement du rideau à l'arrière-plan. Cette diagonale relie la mère à son enfant. Le geste d'Edma, qui tire le voilage du berceau entre le spectateur et le bébé, vient renforcer un peu plus le sentiment d'intimité et d'amour protecteur exprimé dans le tableau. » (Notice musée d'Orsay)

 

Berthe Morisot. Dans la salle à manger (1875)Berthe Morisot. Dans la salle à manger (1875). Huile sur toile, 61,3 × 50 cm, National Gallery of Art, Washington. Dans cette scène domestique, le style impressionniste de Berthe Morisot s'affirme avec des touches visibles correspondant à une certaine perception du mobilier et des vitrages. Les mains du personnage ne sont que suggérées mais évoquent parfaitement le geste de tenir une tasse.

 

Berthe Morisot. Dans les blés (1875)Berthe Morisot. Dans les blés (1875). Huile sur toile, 46,5 × 69 cm, musée d'Orsay, Paris. « "J'arrive de la plaine de Gennevilliers que j'ai traversée de part en part venant d'Épinay. Tout bourgeonne et a un parfum de printemps. Cette plaine est bien jolie de tous côtés...", écrit Eugène Manet à Berthe Morisot en 1882. Berthe Morisot connaît bien les environs de Paris, où sa belle-famille est propriétaire. Elle aime ce paysage... Á l'occasion d'un séjour entrepris peu de temps après son mariage, au printemps 1875, elle lui consacre quatre tableaux. Le Petit Moulin à Gennevilliers (collection particulière), le Percher de Blanchisseuse (collection particulière), Paysage à Gennevilliers (collection particulière) et Dans les blés (musée d'Orsay) sont pareillement structurés. L'artiste choisit un point de vue légèrement surbaissé et place la ligne d'horizon au tiers supérieur du tableau pour augmenter le sentiment de vaste plaine. » (Dossier de presse de l'exposition 2012, musée Marmottan Monet)

 

Berthe Morisot. Eugène Manet à l'île de Wight (1875)Berthe Morisot. Eugène Manet à l'île de Wight (1875). Huile sur toile, 38,1 × 46 cm, musée Marmottan Monet, Paris. Berthe Morisot a épousé Eugène Manet en 1874. Le couple séjourne en Angleterre, sur l'Île de Wight, dans le port de Cowes, durant l'été 1875. Pendant ce séjour, Berthe prend son mari comme modèle, dans l'hôtel Globe Cottage, à côté d'une fenêtre donnant sur Quenn's Parade, quai principal du port de Cowes. Le tableau constitue à la fois un portrait, une scène d'intérieur et un paysage que l'on aperçoit à travers la vitre. Berthe Morisot cherche à rendre les effets de transparence et les jeux de lumière que les impressionnistes affectionnaient particulièrement.

 

Berthe Morisot. Jour d'été, Bois de Boulogne (1879)Berthe Morisot. Jour d'été, Bois de Boulogne (1879). Huile sur toile, 46 × 75 cm, National Gallery, Londres. « Il s'agit probablement du tableau que Morisot présenta sous le titre Le lac du Bois de Boulogne, à la cinquième exposition impressionniste en 1880. D'une exécution intentionnellement sommaire, il représente deux jeunes femmes à la mode dans un bateau flottant calmement sur un lac. Le sentiment d'une impression visuelle saisie sur le vif est souligné par le petit détail d'un chariot tiré par des chevaux se déplaçant le long de la rive.

Les femmes, probablement des modèles professionnels, apparaissent également dans d'autres œuvres de Morisot. » (Notice National Gallery)

 

Berthe Morisot. Jeune femme en toilette de bal (1879)Berthe Morisot. Jeune femme en toilette de bal (1879). Huile sur toile, 71 × 54 cm, musée d'Orsay, Paris. « Cette évocation brillante et libre d'une jeune femme inconnue en tenue de soirée se situe aux antipodes du portrait mondain ou officiel pratiqué par les peintres habitués du Salon. L'œuvre se situe aux confluences de l'impressionnisme et de l'art de Manet, le beau-frère de Berthe Morisot... On y observe en effet un modèle plongé dans un environnement végétal qui résonne, tant par la forme que par le traitement, avec la garniture de son décolleté. » (Notice musée d'Orsay)

 

Berthe Morisot. Eugène Manet et sa fille au jardin (1883)Berthe Morisot. Eugène Manet et sa fille au jardin (1883). Huile sur toile, 60 × 73,5 cm, collection particulière. Eugène Manet, époux de Berthe Morisot joue avec sa fille Julie dans le jardin de Bougival.

 

Berthe Morisot. Autoportrait (1885)Berthe Morisot. Autoportrait (1885). Huile sur toile, 50 × 61 cm, musée Marmottan Monet, Paris. « Berthe Morisot n'a pas conçu ce portrait comme une œuvre intime, destinée à la sphère familiale, mais comme l'autoportrait d'un peintre qui s'assume et qui souhaite léguer son image à la postérité. Habituée des musées, elle avait visité, en 1881, les Offices à Florence, et peut-être sa galerie des autoportraits d'artistes dans la tradition desquels elle décide résolument de s'inscrire. Comme tant de peintre avant elle, Berthe Morisot se représente une palette et un pinceau à la main, en buste, le visage de face, le regard fixe et impassible du créateur qui a tout sacrifié à son art. » (Dossier de presse de l'exposition 2012, musée Marmottan Monet)

 

Berthe Morisot. Le corsage rouge (1885) Berthe Morisot. Le corsage rouge (1885). Huile sur toile, 73,5 × 60 cm, Ordrupgaard, Charlottenlund, Danemark. Ce portrait est intitulé La jeune fille sur l'herbe en danois. « Le tableau représente une jeune fille – Isabelle Lambert – qui a posé pour Morisot à plusieurs reprises. Il semble que Morisot cherche à saisir la personnalité de la jeune fille en utilisant le potentiel d'expressivité de la sensualité que recèle l'approche impressionniste de la peinture. » (Notice Ordrupgaard)

 

Berthe Morisot. Jeune fille lisant (La lecture) (1888)Berthe Morisot. Jeune fille lisant (La lecture) (1888). Huile sur toile 74,3 × 92,7 cm, Museum of Fine Arts, St. Petersburg, Floride. « Le modèle de ce portrait était Jeanne Bonnet. L'artiste a utilisé des touches épaisses et énergiques pour appliquer des couleurs complémentaires aux tonalités douces de bleu et de vert, avec quelques touches de rouge, de bleu et de jaune. Morisot apparaît comme un membre important du mouvement impressionniste, respecté à l'égal de ses pairs, son style n'étant pas plus féminin que celui de Renoir. » (Notice Museum of Fine Arts, St. Petersburg)

 

Berthe Morisot. Le cerisier (1891)Berthe Morisot. Le cerisier (1891). Huile sur toile, 154 × 80 cm, musée Marmottan Monet, Paris.  « Cette charmante œuvre, comme saisie sur le vif dans la lumière de printemps, est en fait l'inverse de ce qu'elle paraît : une peinture méditée, conduite en de multiples études, après maints efforts et changements de modèles. Elle est, de plus, menée en un temps de détresse, entre la maladie et la mort de son mari, ce que le spectateur ne peut imaginer en contemplant cette joyeuse cueillette... Commencée par un dessin aux crayons de couleur pris sur le vif, l'œuvre définitive est menée à bien sur les encouragements de Renoir, après maintes études de détail et d'ensemble... La qualité graphique de la composition, orchestrée autour de l'échelle, ainsi que la souplesse de la touche, toujours vive mais plus longue, dessinant dans la couleur formes et silhouettes, repose sur cette multiplicité d'études sans rien perdre de naturel. » (Dossier de presse de l'exposition 2012, musée Marmottan Monet)

 

Berthe Morisot. Les enfants de Gabriel Thomas (1894)Berthe Morisot. Les enfants de Gabriel Thomas (1894). Huile sur toile, 100 ×81 cm, musée d'Orsay, Paris. Gabriel-Jules Thomas (1824-1905) est un sculpteur français, prix de Rome en 1848, membre de l'Académie des Beaux-arts en 1875 puis professeur à l'École des Beaux-arts de Paris.

 

Berthe Morisot. Julie Manet et sa levrette Laërte (1893)Berthe Morisot. Julie Manet et sa levrette Laërte (1893). Huile sur toile, 73 × 80 cm, musée Marmottan Monet, Paris. Ce tableau a été peint dans le salon de Berthe Morisot, rue Weber, à Paris. Derrière Julie apparaît une estampe japonaise. De nombreux peintres s'intéressaient à l'art japonais à la fin du 19e siècle. Peu avant sa mort, en 1895, Berthe Morisot demandera à Julie de laisser un souvenir à Monet. Celui-ci choisira ce tableau lors de l'exposition consacrée à Berthe Morisot chez Durand-Ruel en 1896.

 

Berthe Morisot. Julie rêveuse (1894)Berthe Morisot. Julie rêveuse (1894). Huile sur toile, 65 × 54 cm, collection particulière. « Ce portrait mélancolique et intimiste fut commencé dans l'atelier de la rue Weber après la mort de son père et achevé l'année même où l'artiste pose en compagnie de sa fille pour Renoir. Julie remarque elle-même : " J'ai l'air triste dans ce portrait plein de grâce, on sent le malheur qui vient me frapper si violemment encore si jeune ". Cette rêverie douloureuse s'exprime particulièrement bien dans la pose lovée sur elle-même, dans le regard vague et dans la moue de la bouche... Berthe Morisot possède cette particularité de la touche, longue, presque langoureuse, qui cerne la silhouette de sa fille et suit le contour de la tête en de multiples ondulations, et crée comme une aura verte autour de cheveux. » (Dossier de presse de l'exposition 2012, musée Marmottan Monet)

 

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 BERTHE MORISOT

Commentaires (3)

Naguère

Ah oui ! J'adore B. Morisot et les Impressionnistes d'ailleurs. Et, étrangement, Hopper, bien avant qu'il ne soit à la mode.

rivagedeboheme
  • 2. rivagedeboheme (site web) | 16/12/2012

Nous sommes spontanément en harmonie avec l'impressionnisme. Il aura fallu un siècle et demi. C'est beaucoup et ce n'est pas grand chose un siècle et demi.

Larissa
  • 3. Larissa | 01/07/2013

J'adore l'impressionnisme, mais l'oeuvre de Berthe Morisot a été une découverte pour moi.

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