Alfred Sisley

 

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Portraits

 

Pierre-Auguste Renoir. Alfred Sisley (1868)

Pierre-Auguste Renoir. Alfred Sisley (1868)

Huile sur toile, 81 × 65 cm

Sammlung E. G. Bührle, Zurich.

 

Photographie de Sisley en 1992

Photographie de Sisley en 1992

Archives Paul Durand-Ruel

 

Photographie de Sisley en 1997

Photographie de Sisley en 1997

 

 

Biographie

 

1839-1899

Alfred Sisley, de nationalité britannique, naît à Paris le 30 octobre 1839. Son père, originaire de Manchester, dirige dans la capitale française une entreprise commerciale spécialisée dans le commerce international de fleurs artificielles. Le futur grand peintre impressionniste passe toute son enfance à Paris et il vivra presque toute sa vie en France.

En 1857, cependant, son père l'envoie à Londres pour parfaire son anglais et suivre des études de commerce international. Il doit en principe reprendre l'entreprise familiale. Mais le jeune homme s'intéresse beaucoup plus à la peinture anglaise qu'aux techniques commerciales. Il fréquente les musées londoniens et se passionne pour les grands paysagistes anglais du 19e siècle : John Constable (1776-1837), Richard Bonington (1802-1828), William Turner (1775-1851).

Alfred Sisley revient en France dans le courant de l'année 1860. Il doit alors faire comprendre à ses parents son attirance pour la peinture. L'aisance financière familiale facilite beaucoup l'orientation vers la vie artistique. Tout en continuant à vivre chez ses parents, Sisley s'inscrit en 1861 à l'École des Beaux-arts de Paris. Son professeur sera Charles Gleyre (1806-1874), peintre suisse appartenant aux courants académique et orientaliste. Aux Beaux-arts, Sisley rencontre Auguste Renoir (1841-1919), Claude Monet (1840-1926) et Frédéric Bazille (1841-1870). Les leçons de Gleyre sont indispensables, mais les quatre jeunes gens ont des ambitions novatrices qui trouvent leurs racines dans la peinture anglaise de Constable et Turner, que Sisley connaît bien, et dans le courant réaliste français, dont l'École de Barbizon constitue l'épicentre. Il n'est question que de travailler sur le motif, c'est-à-dire de sortir de l'atelier pour aller peindre des paysages en plein air. Ainsi feront-ils, à partir de 1863, dans les environs de Paris : forêt de Fontainebleau, Chailly-en-Bière, Barbizon, Marlotte. Les grands paysagistes de l'École de Barbizon, en particulier Corot (1796-1875) et Daubigny (1817-1878), sont alors les références principales de Sisley.

En 1866, Sisley épouse Marie-Eugénie Lescouezec, une modiste parisienne originaire de Toul. Trois enfants, Pierre, Jeanne et Jacques naîtront de cette union. Renoir peindra vers 1868 un tableau représentant le couple Sisley (en réalité, la femme n'est sans doute Mme Sisley mais plutôt un modèle) :

 

Pierre-Auguste Renoir. Les Fiancés ou Le Ménage Sisley (v. 1868)

Pierre-Auguste Renoir. Les Fiancés ou Le Ménage Sisley (v. 1868)

Huile sur toile, 105 × 75 cm, Wallraf-Richartz Museum, Cologne

 

La même année deux de ses toiles représentant des rues de Marlotte sont acceptées au salon officiel. Jusqu'en 1870, Sisley partage son temps entre son atelier parisien et des séjours dans la campagne de l'Île-de-France. A Paris, il retrouve ses amis impressionnistes au café Guerbois, devenu le lieu de rencontre des artistes. La faillite de son père, du fait de la guerre franco-prussienne de 1870, va modifier radicalement ses conditions de vie. Ne vendant que très peu de tableaux, il vivait jusqu'alors avec aisance sur la fortune familiale. Il quitte Paris et s'installe à Louveciennes. La campagne alentour l'inspire et de nombreux tableaux de paysages, enneigés ou non, sont réalisés au cours des années suivantes. Ayant rencontré le marchand d'art Paul Durand-Ruel (1831-1922), un débouché commercial s'offre à lui. Durand-Ruel achètera des centaines de tableaux à Sisley jusqu'à sa mort, mais la situation financière du peintre restera toujours précaire. Il ne fut pas de son vivant considéré comme un grand peintre impressionniste. Le prix de ses œuvres s'en ressentait. En 1874, il fonde avec Monet, Renoir, Pissarro, Degas et Berthe Morisot, la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs qui a pour objectif de permettre aux impressionnistes d'exposer librement sans passer par le salon officiel organisé par l'Académie des Beaux-arts, héritière de l'ancienne Académie Royale de peinture et de sculpture. La même année, en avril, la première exposition impressionniste est organisée à Paris et Sisley fait partie des exposants. Mais son travail ne suscite que peu de réactions.

De juillet à octobre 1874, Sisley voyage en Angleterre : Londres, Hampton Court, Molesey. Il réalise plusieurs tableaux des lieux visités.

En 1875, le peintre quitte Louveciennes pour Marly-le-Roi où il restera jusqu'à 1878. Il participe aux deuxième et troisième expositions impressionnistes en 1876 et 1877. En 1878 et 1879, il réside à Sèvres. Enfin, en 1880, il s'installe à Moret-sur-Loing toujours en Île-de-France, et y restera jusqu'à la fin de sa vie. La campagne environnante lui inspirera des tableaux considérés aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre, mais qui ne trouvaient pas preneur à l'époque. Avec l'aide de ses amis impressionnistes et de Paul Durand-Ruel, Sisley va commencer à organiser des expositions personnelles. Celles-ci permettent au peintre de se faire connaître et, si tout se passe bien, de conquérir un public. La première a lieu en 1881, à l'initiative de Renoir, dans les locaux parisiens du journal La Vie moderne. Quatorze paysages de Sisley sont exposés. Une seconde exposition personnelle a lieu en 1883 dans la galerie parisienne de Paul Durand-Ruel. Mais le succès ne vient pas.

Sisley continue à produire et à exposer jusqu'à sa mort, tant en France qu'à l'étranger. Durand-Ruel présente ses toiles à New York dans des expositions collectives et dans une exposition particulière en 1889. Sisley expose également à Bruxelles. En 1888, par arrêté du Ministère de l'Instruction publique, l'État français achète Matinée de septembre (1887) pour un prix de 1000 francs.

La reconnaissance artistique de Sisley apparaît ainsi peu à peu dans la dernière décennie du siècle. Mais il faudra attendre le 20e siècle pour qu'il soit considéré comme l'un des grands paysagistes du 19e siècle.

La fin de la vie du peintre est extrêmement douloureuse. Sa femme meurt en octobre 1898, atteinte d'un cancer. Atteint de la même maladie, l'artiste est trop faible pour assister à ses obsèques. Son état s'aggrave en janvier 1899 et il fait venir Claude Monet qu'il charge de s'occuper de ses enfants. Il décède le 29 janvier dans sa maison du 19 rue Montmartre à Moret-sur-Loing.

Quelques mois plus tard, en mai 1899, Monet organise une vente de tableaux de Sisley à la galerie Georges Petit à Paris. Le succès est enfin au rendez-vous.

 

 

Œuvre

 

Alfred Sisley a réalisé un millier de tableaux mais il ne connut pas le succès de son vivant. S'il est considéré aujourd'hui comme l'un des grands artistes de l'impressionnisme, il le doit sans doute à la ténacité avec laquelle il s'est tenu dans la voie qu'il savait être la sienne : le paysage. Théodore Duret (1838-1927), critique d'art avec lequel Sisley entretenait une correspondance, insiste sur cette capacité de l'artiste à respecter sa vocation profonde : « Il faut dire, à la louange de Sisley que, dans sa détresse, il ne pensa jamais à dévier de la voie où il était entré, à faire la moindre concession au public, pour essayer de se le rendre favorable. L'exemple de tant d'autres, qui savent l'allécher en se pliant à ses demandes et en empruntant aux sources qui lui plaisent, fut absolument perdu pour lui. Il persista dans sa manière propre, qui le condamnait à la misère. Elle était la manifestation même de sa personnalité, elle correspondait à ce que son jugement lui faisait reconnaître comme juste et dès lors il s'y tenait coûte que coûte. »

 

Alfred Sisley. Pont de Villeneuve-la-Garenne (1872)

Alfred Sisley. Pont de Villeneuve-la-Garenne (1872)

Huile sur toile, 49,5 × 65,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

Le paysage représente la quasi-totalité de l'œuvre de Sisley. Il existe également quelques natures mortes et scènes de genre, mais son apport à la peinture occidentale se situe dans le regard unique qu'il porte sur les paysages de l'Île-de-France. Anglais par ses origines familiales, mais ayant presque toujours vécu en France, aux alentours de Paris, il a ressenti avec l'acuité du grand artiste l'essence même de la nature locale. Ses lieux de prédilection furent les environs de Louveciennes, de Marly-le-Roi et de Moret-sur-Loing. Il est assez étrange de constater le degré d'empathie entre ce britannique, français d'adoption, et les paysages de la « douce France », chantée ensuite par Charles Trenet (1913-2001). La peinture de Sisley restitue en effet la douceur du printemps, le silence de l'hiver, la monotonie de l'automne dans un cadre formel et des tonalités chromatiques en adéquation parfaite avec le sujet.

La taille de ses tableaux reste toujours modeste, inférieure au mètre de largeur, ce qui permet d'appréhender d'un seul regard l'ensemble de la composition et de ressentir immédiatement la dominante que l'artiste entendait exprimer. Par rapport à celui des autres impressionnistes, l'art de Sisley accorde une attention particulière à l'espace. Le ciel recouvre toujours une grande partie de la toile, comme chez les peintres hollandais du 17e siècle, afin de donner de la profondeur et de jouer sur toutes les nuances possibles de couleurs, d'ombre et de lumière induites par les conditions atmosphériques.

 

Alfred Sisley. Moret-sur-Loing au soleil levant (1888)

Alfred Sisley. Moret-sur-Loing au soleil levant (1888)

Huile sur toile, 61 × 74 cm, collection particulière.

 

Comment situer Sisley dans l'histoire de la peinture ? On peut considérer, de façon très synthétique, que l'histoire de la peinture de paysage comporte deux grandes tendances : d'une part, le paysage arcadien italien qui donne naissance au paysage classique français du 17e siècle (Poussin, Lorrain) ; il s'agit alors d'idéaliser le concept même de nature ; d'autre part, le paysage réaliste nordique des flamands et des hollandais qui se prolonge avec les grands paysagistes anglais des 18e et 19e siècles (Constable, Turner) ; il s'agit de restituer l'ambiance spécifique d'un lieu réel. Sisley appartient, comme tous les impressionnistes, à la seconde tendance. Dans sa jeunesse, à Londres, il a pu admirer Constable, Turner et Bonington, puis en France, Corot et Courbet. Il subit bien entendu l'influence de ses amis, Monet et Pissarro en particulier. Ces influences combinées font de lui le grand paysagiste de l'impressionnisme du 19e siècle car il n'aura pas le temps d'évoluer, comme Cézanne ou Monet. Il restera toujours fidèle aux principes fondateurs de l'impressionnisme et en particulier à la peinture sur le motif.

Cette fidélité n'exclut pas les évolutions stylistiques. Le style de Sisley a beaucoup évolué, comme on le verra avec les images reproduites ci-dessous. Du paysage réaliste aux formes géométriques et au dessin apparent (Rue de village à Marlotte, 1866), le peintre évolue vers le paysage typiquement impressionniste, vaporeux, aux formes suggérées par quelques touches (Le sentier du vieux bac à By, 1880), puis il cherche à étudier les effets de la lumière matinale sur la surface de l'eau et la transparence de l'air (Moret-sur-Loing au soleil levant, 1888), avant de parvenir dans les années 1890 à une véritable synthèse de toute son expérience du paysage impressionniste (Le pont de Moret, 1890).

 

Quelques citations (*)

Alfred Sisley, 1892, propos rapportés par Adolphe Tavernier, L'Atelier de Sisley, Paris 1907

« Il faut que les objets soient rendus avec leur texture propre, il faut encore et surtout qu'ils soient enveloppés de lumière, comme ils le sont dans la nature. Voilà le progrès à faire. C'est le ciel qui doit être le moyen (le ciel ne peut n'être qu'un fond). Il contribue au contraire non seulement à donner de la profondeur par ses plans (car le ciel a des plans comme les terrains), il donne aussi le mouvement par sa forme, son arrangement en rapport avec l'effet ou la composition du tableau. »

Stéphane Mallarmé, 1876

« [Sisley] fixe les moments fugitifs de la journée, observe un nuage qui passe et semble le peindre en son vol. Sur sa toile, l'air vif se déplace et les feuilles sur les branches légères poussent à l'envi, quand, rouges d'or, vert roussi, les dernières tombent en automne, car espace et lumière ne font alors qu'un, et la brise agite le feuillage, l'empêche de devenir une masse opaque, trop lourde pour donner l'impression d'agitation et de vie. »

Octave Mirbeau, 1892

« C'était souriant, délicat et frais, d'une fraîcheur délicieuse. Sa sensibilité très fine, très vibrante, se trouvait à l'aise parmi tous les spectacles de la nature ; elle en recevait des impressions pas très aiguës, mais multiples et vives. M. Sisley comprenait les jolies lumières, la transparence des enveloppes aériennes, les mobilités et les métamorphoses des reflets, l'agilité des mouvements. »

 

(*) Dossier de presse de l'exposition Alfred Sisley, poète de l'impressionnisme, musée des Beaux-arts de Lyon, 2002-2003.

 

 

Alfred Sisley. Rue de village à Marlotte (1866)

Alfred Sisley. Rue de village à Marlotte (1966). Huile sur toile, 50 × 92 cm, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, New York. Marlotte est une commune de Seine-et-Marne située à proximité de la forêt de Fontainebleau. De nombreux artistes y ont résidé au 19e siècle lorsque la peinture sur le motif devint une pratique courante. Ce tableau reste sous l'influence des peintres de l'École de Barbizon. Il cherche, en mettant l'accent sur les murs de pierres, à restituer l'ambiance d'un petit village jouxtant la forêt qui apparaît à l'arrière-plan.
 
Alfred Sisley. Nature morte aux pommes (1868)Alfred Sisley. Nature morte aux pommes (1868). Huile sur toile, Muskegon Museum of Art, Michigan. L'œuvre de Sisley ne comporte que quelques natures mortes. Le peintre se spécialisera très vite dans le paysage.
 
Alfred Sisley. Vue du canal Saint-Martin (1870)Alfred Sisley. Vue du canal Saint-Martin (1870). Huile sur toile, 50 × 65 cm, musée d'Orsay, Paris. Le canal Saint-Martin parcourt essentiellement les 10e et 11e arrondissements de Paris. Long de 4,5 km, il relie le bassin de la Villette au port de l'Arsenal (aujourd'hui port de plaisance de Paris) qui communique avec la Seine. Sisley adopte déjà à cette époque le style impressionniste. Les couleurs claires dominent et les formes se dissolvent. Il travaille par petites touches juxtaposées, cherchant à capter les effets de la lumière dans l'air et sur la surface de l'eau.
 
Alfred Sisley. Passerelle d'Argenteuil (1872)Alfred Sisley. Passerelle d'Argenteuil (1872). Huile sur toile, 38 × 60 cm, musée d'Orsay, Paris. Le pont ayant été détruit au cours de la guerre de 1870, cette passerelle en bois l'a provisoirement remplacé jusqu'à la reconstruction en 1874. Tableau totalement impressionniste où les personnages et les maisons sont évoqués. Le peintre cherche désormais à restituer sa perception du paysage et non à en faire une représentation fidèle.
 
Alfred Sisley. Vue de Villeneuve-la-Garenne sur la Seine (1872)
Alfred Sisley. Vue de Villeneuve-la-Garenne sur la Seine (1872). Huile sur toile, 59 × 81 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Ce tableau, réalisé deux ans avant la première exposition impressionniste (1874), est une étude de la lumière qui inonde l'arrière-plan tandis qu'au premier plan la rive reste dans l'ombre. L'observateur a ainsi l'impression presque physique de se trouver à l'ombre des arbres et d'observer la lumière sur la Seine et les maisons de Villeneuve.
 
Alfred Sisley. Pont de Villeneuve-la-Garenne (1872)Alfred Sisley. Pont de Villeneuve-la-Garenne (1872). Huile sur toile, 49,5 × 65,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Ce pont suspendu au tablier en acier sur piliers de pierres a été construit en 1844 pour établir une liaison entre Villeneuve-la-Garenne et Paris. Le pont permet à Sisley d'accentuer l'effet de perspective par la diagonale du tablier s'enfonçant vers les maisons. Cette composition lumineuse montre la maîtrise de l'espace et le goût de l'artiste pour les couleurs claires et délicates qui s'accordent parfaitement aux paysages de printemps et d'été de l'Île-de-France. Paul Durand-Ruel, qui savait repérer les grandes œuvres, achète le tableau pour 200 francs et le revend l'année suivante 360 francs.
 
Alfred Sisley. Le Chemin de la Machine, Louveciennes (1873)Alfred Sisley. Le Chemin de la Machine, Louveciennes (1873). Huile sur toile, 54 × 73 cm, musée d'Orsay, Paris. Les maîtres hollandais du paysage étaient connus de Sisley. Le ciel immense à la Jacob Van Ruisdael, les petits personnages et le travail sur la profondeur en attestent. Ce tableau est à comparer à L'Allée de Middelharnis de Meindert Hobbema que Sisley aurait pu voir à Londres. Le Chemin de la Machine conduit à la Machine de Marly que Louis XIV avait fait construire pour pomper l'eau qui devait alimenter les bassins du château de Versailles.
 
Alfred Sisley. La Machine de Marly (1873)Alfred Sisley. La Machine de Marly (1873). Huile sur toile, 46 × 65 cm, Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague. Au 17e siècle, Louis XIV avait fait construire à Bougival une station de pompage des eaux de la Seine pour alimenter le château de Marly, qui lui appartenait, et les jardins du château de Versailles. Ce dispositif fut appelé la Machine de Marly. Le bâtiment figurant au centre du tableau a été construit sous Napoléon III lorsque l'ingénieur Dufrayer modernisa le système de pompage.
 
Alfred Sisley. La route d'Hampton Court (1874)Alfred Sisley. La route d'Hampton Court (1874). Huile sur toile, 39 × 55,5 cm, Neue Pinakothek, Munich. Au cours de son séjour en Angleterre en 1874, Sisley peint plusieurs paysages, dont cette route menant de Londres à Hampton Court, localité située au sud-ouest de la capitale, sur les bords de la Tamise. Hampton Court est célèbre pour son château du 16e siècle considéré par la rumeur publique comme un édifice hanté.
 
Alfred Sisley. La forge à Marly-le-Roi (1875)Alfred Sisley. La forge à Marly-le-Roi (1875). Huile sur toile, 55 × 73 cm, musée d'Orsay, Paris. Une des rares scènes de genre peintes par Sisley.
 
Alfred Sisley. La Place du Chenil à Marly, effet de neige (1876)Alfred Sisley. La Place du Chenil à Marly, effet de neige (1876). Huile sur toile, 50 × 61,5 cm, Musée des Beaux-Arts, Rouen. Les paysages d'hiver représentent une partie importante de l'œuvre de Sisley. Avec cette place de Marly-le-Roy, il s'intéresse aux effets de la lumière sur la neige qu'il transcrit par de légères touches bleutées et rose pâle. Le ciel particulier du temps neigeux est restitué avec les mêmes choix chromatiques.
 
Alfred Sisley. L'inondation à Port-Marly (1876)Alfred Sisley. L'inondation à Port-Marly (1876). Huile sur toile, 61 × 50 cm, musée d'Orsay, Paris. La grande crue de la Seine a provoqué des inondations catastrophiques en 1876. Sisley a réalisé cette année-là plusieurs tableaux sur ce thème. A gauche apparaît la boutique d'un marchand de vin. Le reste du tableau est consacré au ciel nuageux, qui représente presque la moitié de la surface, et à la prairie envahie par les eaux. Pour les impressionnistes, qui aimaient les reflets de la lumière sur l'eau, ce sujet est une opportunité.
 
Alfred Sisley. La neige à Louveciennes (1878)Alfred Sisley. La neige à Louveciennes (1878). Huile sur toile, 61 × 51 cm, musée d'Orsay, Paris. « La campagne hivernale attire particulièrement Sisley qui excelle à rendre la tristesse et le caractère désolé de la nature. Son tempérament réservé et solitaire s'accorde mieux aux mystères et au silence qu'à l'éclat des paysages ensoleillées et méditerranéens qu'affectionne par exemple Renoir.

Comme Monet, Sisley suit l'exemple de Courbet en peignant des paysages enneigés. Si ce thème séduit les impressionnistes, c'est parce qu'il leur permet d'étudier les variations de la lumière et de jouer des différentes nuances de leur palette. Grâce à des petites touches colorées posées sur la toile, le sol n'est pas uniformément blanc, mais irisé de reflets bleutés. » (Notice musée d'Orsay)

 
Alfred Sisley. Le sentier du vieux bac à By (1880)Alfred Sisley. Le sentier du vieux bac à By (1880). Huile sur toile, 50 × 65 cm, Tate Gallery, Londres. By est un village situé au nord-ouest de Moret-sur-Loing où Sisley s'est installé en 1880. Sur la rive opposée se trouve le village de Champagne. Un bac permettait de traverser la rivière. Des lavandières travaillent sur la berge. Sisley a judicieusement choisi un point de vue d'où il pouvait voir l'autre rive à travers les branches.
 
Alfred Sisley. La petite prairie au printemps (1880)Alfred Sisley. La Petite Prairie au printemps (1880). Huile sur toile, 55 × 73 cm, Tate Gallery, Londres. Cette composition, d'une facture proche de la précédente, montre également la berge du Loing, avec un ciel couvrant les deux-tiers de la toile, mais traversé par les verticales des arbres.
 
Alfred Sisley. La berge de la rivière à Saint-Mammès (1884)Alfred Sisley. La berge de la rivière à Saint-Mammès (1884). Huile sur toile, 50 × 65 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Cette toile est assez atypique et montre que Sisley tentait des expériences. Aux paysages vaporeux des impressionnistes, il substitue ici une juxtaposition de plans horizontaux traités par des empâtements. Il est sur le chemin d'un postimpressionnisme que Cézanne approfondira.
 
Alfred Sisley. Moret-sur-Loing au soleil levant (1888)Alfred Sisley. Moret-sur-Loing au soleil levant (1888). Huile sur toile, 61 × 74 cm, collection particulière. Le Loing se confond presque avec le rivage car le peintre insiste sur les reflets sur l'eau de la lumière rasante du matin. Mais, sensible à la dimension spatiale du paysage, Sisley donne de la profondeur à sa composition en opposant les arbres au premier plan et le village à l'arrière-plan.
 
Alfred Sisley. Le canal du Loing (1892)Alfred Sisley. Le canal du Loing (1892). Huile sur toile, 73 × 93 cm, musée d'Orsay, Paris. « Ici, l'artiste offre une mise en page originale. Il s'est placé à un endroit où le canal amorce une courbe et il aperçoit la rive opposée à travers un rideau de peupliers aux troncs dénudés. Cette manière d'aborder le motif rappelle les effets de perspectives obtenus autrefois avec les routes tournantes se perdant à l'horizon.

Une large place est réservée au ciel. D'ailleurs, l'année même où il signe cette peinture, Sisley s'explique ainsi sur son art au critique Tavernier : "le ciel ne peut pas n'être qu'un fond [...] J'appuie sur cette partie de paysage, parce que je voudrais vous faire bien comprendre l'importance que j'y attache [...] je commence toujours une toile par le ciel" » (Notice musée d'Orsay)

 
Alfred Sisley. Un coude du Loing (1892)Alfred Sisley. Un coude du Loing (1892). Huile sur toile, 92,5 × 66 cm, Museu Nacional d'Art de Catalunya, Barcelone. Encore appelée Saint Mammès, soleil de juin, cette composition est une variante sur le même thème que la précédente.
 
Alfred Sisley. Le pont de Moret (1893)Alfred Sisley. Le pont de Moret (1893). Huile sur toile, 73,5 × 92 cm, musée d'Orsay, Paris. Cette vue panoramique de Moret-sur Loing par un jour radieux de printemps permet à Sisley de synthétiser tout son savoir-faire. Les bâtiments se découpent nettement sur un ciel immense et le pont est minutieusement dessiné, mais les reflets de la lumière sur l'eau sont traités avec une parfaite maîtrise de la technique impressionniste. Avec Corot, Sisley est le peintre qui a le mieux capté la quiétude de la campagne française du 19e siècle.
 
Alfred Sisley. L'église de Moret, le soir (1894)Alfred Sisley. L'église de Moret, le soir (1894). Huile sur toile, 101 × 82 cm, musée du Petit Palais, Paris. « Il peint à différents moments de la journée et à diverses saisons une quinzaine de toiles représentant l'église de son village. Celle que nous exposons a été exécutée par un soir de grand beau temps en 1894. Installé au deuxième étage d'une maison bordant la place de Moret, Sisley projette directement sur la toile ses impressions visuelles. Les couleurs claires et franches appliquées par petites touches captent les effets fugitifs de la lumière du soir. La ligne d'horizon placée bas laisse une large surface au ciel dont l'azur s'anime d'un nuage rose nacré. Malgré la spontanéité de cette vision, on trouve aussi dans ce tableau la rigueur architectonique et la recherche de  profondeur si caractéristiques de toutes les compositions du peintre. » (Notice musée du Petit Palais)

 

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