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Deux moulins à eau avec hommes ouvrant l'écluse (1650). Huile sur bois, 54 × 68 cm, collection particulière. L'inspiration provient des sites visités par le peintre au cours de ses voyages dans les nord des Pays-Bas autour de 1650. Le moulin à eau, très utilisé au 17e siècle, constitue un thème riche pour un paysagiste. Végétation, bâtiment, activité humaine, action de l'eau, ciel nuageux sont autant d'éléments à agencer. Seuls deux petits personnages sont à l'œuvre, l'essentiel étant le paysage.
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Deux moulins à eau et une écluse près de Singraven (1650-52). Huile sur toile, 87,3 × 111,5 cm, National Gallery, Londres. On perçoit avec ces moulins ce qui, au 19e siècle, a séduit les romantiques : le réalisme poétique de van Ruisdael se fonde sur l'émotion suscitée par un paysage. Un moulin à eau très ancien subsiste encore à Singraven près de Denekamp aux Pays-Bas.
« Le vent semble chasser les nuages dans ce tableau, laissant filtrer un soleil intermittent qui illumine un instant l'eau tumultueuse. L'instant d'après, la lumière a disparu, tombant plutôt sur les moutons à flanc de colline, de l'autre côté de la vallée, ou peut-être sur le moulin et le clocher de l'église au loin. L'homme sur le pont de l'écluse s'apprête à fermer la vanne pour arrêter le flot. Il semble hésiter, peut-être pour rassembler ses forces, peut-être simplement absorbé par la lumière vacillante sur le torrent impétueux.
Le décor du moulin est une pure invention de van Ruisdael : il n'existe nulle part en Hollande de collines de cette hauteur. Il a beaucoup voyagé, réalisant des croquis et des dessins qu'il a ensuite utilisés avec imagination dans ses paysages. Il s'est également inspiré des dessins d'Allart van Everdingen, qui s'était rendu en Scandinavie et en était revenu avec des vues montagneuses d'une grandeur sauvage, à la fois inédites et saisissantes. » (Commentaire National Gallery)
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Vue nord-ouest du château de Bentheim (1652). Huile sur panneau, 52 × 68 cm, collection particulière. Van Ruisdael a voyagé dans la région de Bentheim, petite ville allemande proche de la frontière néerlandaise. Il en a ramené de nombreux tableaux du château dont seize nous sont parvenus. L'exactitude topographique n'est pas la préoccupation première du peintre. Le château existant encore, on s'est aperçu que van Ruisdael avait considérablement accentué la hauteur et la pente de la colline. L'artiste s'inspire d'un paysage réel mais ne cherche pas à le reproduire fidèlement.
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Le château de Bentheim (1653). Huile sur toile, 111 × 144 cm, National Gallery of Ireland, Dublin. Ce tableau propose une vision grandiose du château, tout aussi inexacte que la précédente. Ce paysage n'en est pas moins un chef-d'œuvre par l'association d'un espace très vaste et profond et de détails minutieusement traités comme les rochers et leur végétation, le tronc d'arbre coupé au premier plan, les maisons au second plan.
« Vers 1650, Ruisdeal visita le village de Bentheim, dans la province allemande de Westphalie, près de la frontière néerlandaise. Il a réalisé au moins quatorze tableaux du château, dont cette vue est la plus imposante. Il a magnifié le site du château : en réalité, il n'est pas situé sur une hauteur. Il a également mis en valeur la puissance de la nature pour créer ce qui est considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre, peint à l'âge de vingt-quatre ans. » (Commentaire National Gallery of Ireland)
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Le cimetière juif (1654-55). Huile sur toile, 141 × 183 cm, Institute of Arts, Detroit. Ruisdael a peint deux fois un cimetière juif, l'autre toile, plus petite, se trouvant à Dresde. Un regard du 21e siècle perçoit le caractère romantique du tableau : ciel tourmenté, ruines, arbres noueux pliés par le vent. Mais l'intention morale était sans doute la plus évidente au 17e siècle. Il s'agit de confronter la vie éphémère des hommes à la puissance et à la pérennité de la nature figurée par l'arc en ciel, les nuages, le vent. Dit simplement, le ressenti était : nous sommes bien peu de chose.
« La taille imposante, la composition majestueuse et l'atmosphère mystérieuse de ce paysage envoûtant placent cette toile parmi les œuvres les plus célèbres du grand peintre néerlandais Jacob van Ruisdael. Prenant pour point de départ le cimetière de la communauté juive portugaise d'Oudekerk, près d'Amsterdam, Ruisdael transcende la simple description. L'artiste a créé un paysage allégorique où les tombes abandonnées, l'église en ruine, les nuages d'orage et l'arc-en-ciel évoquent la fugacité de toute chose terrestre. Ce type de sujet se rencontre fréquemment dans les natures mortes, où le thème de la "vanité" est représenté par un crâne, un livre, une fleur ou une bougie. Il est rare de trouver une telle symbolique dans la peinture de paysage. » (Commentaire Institute of Arts, Detroit)
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Vue d'Amsterdam (v. 1656). Huile sur toile, 52,5 × 43,5 cm, Szépmûvészeti Múzeum, Budapest. Les rives de l'Amstel, la rivière qui donna son nom à la ville d'Amsterdam, sont bordées à cette époque d'une route sablonneuse. L'Église que l'on aperçoit à l'arrière-plan est la Zuiderkerk (église du sud), construite au 17e siècle, et qui existe toujours aujourd'hui.
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Le coup de soleil (1660). Huile sur toile, 83 × 99 cm, musée du Louvre, Paris. « Jacob Van Ruisdael imagine ici un ample panorama, construit sur de subtiles diagonales (nuages, fleuves, collines). Il le recompose à partir de différents motifs réels : ruines d'un petit pont et du château de Brederode (près de Haarlem), moulins à vents, collines de Gueldre ou de Rhénanie... C'est au XIXe siècle que ce tableau, autrefois simplement dénommé "Effet de soleil après la pluie", prend le titre sous lequel il est désormais universellement connu : Le Coup de soleil. Et c'est effectivement le soleil qui orchestre magistralement l'espace du tableau, alternant les zones d'ombres et de clarté. » (Notice musée du Louvre)
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Tempête en mer avec bateaux à voiles (1668). Huile sur toile, 50 × 63 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. C'est la violence de la nature qui intéresse le peintre. Elle est mise en évidence par les flots agités, la force du vent et le caractère frêle des embarcations.
« Sur la toile présentée ici, l'artiste a utilisé un format que l'on retrouve dans plusieurs de ses marines, comportant quelques variations dans les éléments qui les composent. On découvre un ciel ample et volumineux qui devient l'un des éléments les plus importants du tableau, occupant les trois quarts de la surface tandis que la mer se réduit à une étroite bande. L'eau est représentée agitée et tumultueuse, fouettée par le vent qui gonfle également les voiles inclinées des bateaux, les propulsant vers l'avant. Parfois, Van Ruisdael place une mince bande de terre à l'horizon, esquissant les contours d'une ville. D'autres compositions incluent des zones rocheuses, des bouées ou d'autres signaux maritimes constitués de poteaux en bois, comme on le voit ici à droite. Ses bateaux, voiliers et embarcations légères, se situent généralement au second plan et au loin, le premier plan étant occupé par une mer agitée où la lumière du soleil est rarement visible. Cette zone est généralement plongée dans l'ombre, tandis que les plans plus éloignés présentent des bandes de lumière alternées qui créent de forts contrastes. Dans cet exemple, la grande zone d'obscurité en forme de S, créée par l'ombre du nuage, recouvre le plus grand navire, tandis que la bouée à droite crée un contraste grâce à l'écume blanche qui se brise autour d'elle. » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)
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La chute d'eau (1665-70). Huile sur toile, 100 × 87 cm, Staatliche Museen, Kassel. Van Ruisdael a peint de nombreuses variations sur ce thème qui était apprécié dans les pays du nord de l'Europe. Peut-être s'est-il inspiré du travail d'Allaert van Everdingen (1621-1675) un autre paysagiste néerlandais.
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Paysage avec église au bord d'un torrent (1670). Huile sur toile, 71 × 55 cm, Cleveland Museum of Art. Autre variation sur le thème du torrent.
« On ignore si Ruisdael considérait ses peintures comme une analyse sociale ou morale, car aucun document de son vivant n'indique comment l'artiste ou ses commanditaires interprétaient ses œuvres. Dans ce tableau, des rapides dangereux bloquent l'accès à la chapelle, et des troncs d'arbres jonchent le second plan, suggérant la fugacité de la vie et la difficulté d'atteindre le salut. » (Commentaire Cleveland Museum of Art)
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Champs de blé (1670). Huile sur toile, 100 × 130,2 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Ce magistral paysage se caractérise par la convergence des lignes de fuite vers le centre de la toile (au bout du chemin) et par le jeu de l'ombre et de la lumière (premier plan ombragé, deuxième plan lumineux). Comme souvent chez Ruisdael, le ciel majestueux couvre les deux-tiers de la surface.
« Cette grande toile exécutée vers 1670 est le plus ambitieux des nombreux paysages de champs cultivés peints par Ruisdael. Sa structure monumentale, avec les lignes de fuite au centre, fait penser que la toile a été conçue pour être accrochée à un endroit précis, peut-être sur un manteau de cheminée, à la hauteur que commandait la mode du XVIIe siècle. » (Commentaire MET)
Analyse détaillée
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Paysage d'hiver (1670). Huile sur toile, 66 × 97 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. La rudesse de l'hiver est mise en scène en accentuant la noirceur du ciel. Mais de petits personnages viennent égayer l'ensemble.
« L'approche de Van Ruisdael face au paysage hivernal différait de celle d'autres artistes, car il privilégiait la rigueur et les désagréments de la saison plutôt que les possibilités de jeux et de sports. Sur cette toile, vue en plongée, l'artiste a utilisé une forte diagonale formée par le canal gelé qui traverse l'espace pictural. À droite, dans le méandre de l'eau gelée, on aperçoit une série de bâtiments fonctionnels, identifiés comme des entrepôts de tourbe, un combustible autrefois transporté par le bateau amarré à proximité. Gaskell a noté que l'extraction de la tourbe était l'une des activités les plus lucratives des Provinces-Unies et que, produit de base utilisé dans diverses industries, elle était transportée par canal. À gauche de la toile, un arbre se distingue par son inclinaison prononcée, la forme de son tronc et de ses branches, ainsi que par le contraste créé par ses branches enneigées et lumineuses sur le ciel sombre. À l'arrière-plan, dans les plans qui se fondent presque dans les épais nuages d'hiver, on distingue un village. » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)
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La place Dam à Amsterdam (1670). Huile sur toile, 52 × 65 cm, Staatliche Museen, Berlin.
La place Dam à Amsterdam, détail (1670)
Le Dam ou place du Dam est le centre historique d'Amsterdam. Van Ruisdael s'était installé dans cette ville vers 1656. Il compose ici un paysage urbain, assez rare dans son œuvre, où l'activité commerciale et maritime de la ville est mise en évidence.
« À gauche, au second plan, se trouve la maison de pesage municipale d'Amsterdam. Sous le porche, des ballots de marchandises sont entreposés, prêts à être pesés sur la grande balance suspendue à l'entrée. À droite, s'ouvre la vue sur le Damrak, le port intérieur de la ville : une scène animée où s'affairent les voiliers. La rive opposée, à droite, est densément bâtie, avec une rangée de maisons à pignons et d'entrepôts. Au-delà, le clocher de l'Oude Kerk se dresse vers le ciel du soir. La place est pleine de promeneurs et de groupes de dames et de messieurs élégants, absorbés dans leurs conversations, ainsi que de marchands de fruits et légumes et de poissons proposant leurs marchandises. Ruisdael connaissait bien les lieux qu'il a peints. Après avoir quitté Haarlem pour Amsterdam en 1657, il vécut près de la place du Dam, puis, à partir de 1670, sur la place même, où il s'installa du côté sud. De là, il devait avoir une vue sensiblement identique à celle représentée dans le tableau [...]
Bien que la représentation de Ruisdael puisse paraître convaincante, il ne s'agit pas d'une reproduction topographique exacte d'une scène urbaine. » (Commentaire Staatliche Museen)
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Paysage avec une vue de Haarlem (1670-75). Huile sur toile, 52 × 65 cm, Staatliche Museen, Berlin. De la position élevée des dunes au nord-ouest de Haarlem, on peut apercevoir les toits de la ville, la cathédrale Saint-Bavon et les autres églises. A l'extérieur de la ville apparaissent de nombreux moulins à vent. Le ciel absorbe presque les trois-quarts du tableau et projette ombre et lumière sur le plat pays.
« Depuis un point de vue surélevé sur les dunes au nord-ouest de Haarlem, approximativement depuis Bloemendaal, on aperçoit au loin le toit de la ville rougeoyant, l'imposante église Saint-Bavon, à gauche l'église des boulangers, l'église Saint-Jean et le Klockhuis, à droite l'hôtel de ville et la Nieuwe Kerk, et à la périphérie de la ville, de nombreux moulins à grains sur les remparts. Sur létendue de la campagne, le ciel nuageux, haut perché au-dessus d'un horizon bas, se reflète en bandes alternées d'ombre et de lumière. Au premier plan, de grandes pièces de lin sont étendues pour être blanchies, un spectacle courant dans les environs de Haarlem à cette époque. Le blanchiment du lin, qu'il provienne des Hollandais ou de marchandises importées d'Allemagne, d'Angleterre et de Scandinavie, était l'une des principales activités économiques de la ville, grâce à la limpidité de l'eau des dunes. Ruisdael, dans la quasi-totalité de ses "Haarlempjes" − nom donné par ses contemporains à ce type de paysage qu'il créa et que perpétuèrent Jan van Kessel et Jan Vermeer van Haarlem − accorda une place prépondérante au motif du linge blanchi. » (Commentaire Staatliche Museen)
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Vue de Haarlem avec herberies (1670-75). Huile sur toile, 55,5 × 62 cm, Mauritshuis, La Haye. Cette vue panoramique de Haarlem, la ville d’origine de l’artiste, permet aussi au peintre de montrer le travail de blanchiment des toiles de lin. Les tissus étaient trempés dans l’eau et exposés au soleil à de multiples reprises sur des champs herbeux ou herberies. De cette manière, les fibres textiles blanchissaient.
« Dans ce tableau, Van Ruisdael a capté l’essence du paysage néerlandais. Depuis la hauteur d’une dune, on regarde au-delà de l’étendue plate, en direction de Haarlem, la ville que l’on aperçoit au loin. Au-dessus de cette ville, s’étire un ciel immense avec des nuages à la dérive.
Van Ruisdael évoque le soleil qui brille entre les nuages, en faisant alterner la lumière et l’ombre. Il dirige notre regard le long des zones ensoleillées, vers la profondeur du tableau, depuis les champs où le linge est étalé à blanchir jusqu’à l’église Saint-Bavon au loin. » (Commentaire Mauritshuis)
Analyse détaillée
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Le moulin à vent de Wijk près de Duurstede (1668-72). Huile sur toile, 83 × 101 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.
Le moulin à vent de Wijk près de Duurstede, détail (1668-72)
Ce tableau est l'un des plus connus de van Ruisdael. L'impressionnant moulin à vent face à un ciel menaçant donne à la composition une puissance rare. L'artiste a coordonné les verticales (mâts des bateaux), les horizontales (ligne d'horizon) et les diagonales (ailes du moulin) de façon magistrale afin d'équilibrer sa composition.
Wijk bij Duurstede est une petite ville néerlandaise de la province d'Utrecht située à la confluence du Rhin et de la Lek. L'église Saint-Jean de Wijk est bien visible à l'arrière-plan ainsi que le château. Ces édifices existent encore aujourd'hui. Van Ruisdael a eu une intuition géniale : peindre le moulin en contre-plongée de façon à placer les ailes très haut dans les nuages. La réalisation humaine confrontée aux forces de la nature acquiert ainsi une puissance évocatrice incontestable.
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Vue d'Amsterdam, rivière Amstel et Hogesluis (1675-80). Huile sur toile, 52,1 × 66,1 cm, Fitzwilliam Museum, Cambridge. Cette veduta d'Amterdam au 17e siècle met l'accent sur la navigation sur la rivière Amstel et l'omniprésence des moulins à vent. Le pont traversant l'Amstel, appelé Hogeshuis, avait été construit en 1662. Il a été remplacé par un nouveau pont en 1883.
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