Jean Joseph Xavier Bidauld

 
 

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Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Le parc à Mortefontaine (1806)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Le parc à Mortefontaine (1806)

Huile sur toile, 87,6 × 128,3 cm, Indianapolis Museum of Art. 

 

 

Biographie

 

1759-1846

Jean-Joseph-Xavier Bidauld est originaire de Carpentras, petite ville située à proximité d’Avignon, dans le sud de la France. Son père y exerçait la profession d’horloger-bijoutier. Son frère Jean-Pierre-Xavier (1745-1813), également peintre, de 14 ans son aîné, fut son premier professeur. Il poursuit ensuite sa formation à l’École des Beaux-arts de Lyon.

Dans les années 1770, on sait que les deux frères, influencés par l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, ont voyagé en Suisse. Pour des peintres paysagistes, la haute montagne représente une source d’inspiration puissante qui sera parfois utilisée ensuite. A Genève, les deux frères découvrent la peinture hollandaise.

En 1783, Bidauld s’installe à Paris où il rencontre le grand paysagiste Claude Joseph Vernet (1714-1789), originaire d’Avignon. Les conseils de Vernet sont précieux pour parfaire la formation de Bidauld. Le marchand de tableaux Charles Antoine Dulac (1729-1811) lui demande de copier les paysagistes hollandais du 17e siècle, en particulier Nicolaes Berchem (1620-1683) et Paulus Poter (1625-1654) spécialisé dans les scènes paysannes et la peinture animalière.

Le séjour en Italie était indispensable pour un peintre, qui devait découvrir les grands maîtres de la Renaissance. Dulac et le cardinal de Bernis (1715-1794), homme de lettres et diplomate, acceptent de financer le voyage de Bidauld. Celui-ci arrive à Rome en novembre 1785 et y reste cinq ans. Mais il voyage beaucoup à travers le pays pour s’imprégner des paysages et prendre des esquisses sur le vif qu’il utilisera ensuite en atelier. Il parcourt ainsi la campagne romaine, la région de Narni, les montagnes des Abruzzes, le sud de Naples. Comme son contemporain Pierre-Henri de Valenciennes, chef de file du paysage néoclassique, il se consacre exclusivement au paysage. Sa méthode de travail consiste, comme celle de Valenciennes, à composer des paysages en atelier à partir d’études prises sur le motif.

 

 

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue des cascades à Tivoli (1788)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue des cascades à Tivoli (1788)

Huile sur papier marouflé sur toile, 51 × 38 cm,  National Gallery of Art, Washington.

 

 

A son retour d’Italie, en 1791, Bidauld expose cinq tableaux au Salon officiel de peinture et de sculpture. Sa carrière démarre à partir de ce moment et il devient un des peintres majeurs du paysage néoclassique. Jusqu’à 1844, il participe régulièrement au Salon. Sa renommée dépasse les frontières françaises puisqu’en 1800, il reçoit du roi d’Espagne Charles IV une importante commande de quatre paysages pour la Casita del Labrador, l’une des résidences de la famille royale à Aranjuez. Le pouvoir politique français a également recours à lui, aussi bien sous l’Empire napoléonien que sous la Restauration. Ainsi, en 1807, il réalise quatre paysages pour le salon Murat du palais de l’Élysée. Sous le règne de Louis XVIII, il reçoit plusieurs commandes officielles dont deux compositions pour la galerie de Diane du Château de Fontainebleau en 1817 et 1822.

En 1823, Jean-Joseph-Xavier Bidauld devient membre de l’Académie des Beaux-arts. Le paysage idéalisé des néoclassiques resta longtemps en France le seul admis par l’art académique. Mais, sous l’influence du réalisme anglais (John Constable en particulier), une évolution apparut dès la première moitié du 19e siècle, avec l’École de Barbizon. Bidauld, alors âgé, resta indéfectiblement attaché au néoclassicisme. Il mourut dans la pauvreté en 1846, à l’âge de 87 ans, ne trouvant plus acquéreur pour ses toiles.

 

 

Œuvre

 

Avec Pierre-Henri de Valenciennes, Jean-Joseph-Xavier Bidauld fut le grand peintre du paysage néoclassique à la fin du 18e siècle et au début du 19e. Les trois premiers quarts du 18e siècle furent dominés en France par le style rococo, qui empruntait au baroque certaines composantes esthétiques. Le néoclassicisme est un retour à la rigueur et au culte d’une Antiquité idéalisée. Les peintres paysagistes de ce courant ont pour modèles Nicolas Poussin et Claude Lorrain, les grands maîtres du 17e siècle.

Ayant séjourné cinq ans en Italie, Bidauld s’est imprégné des chefs-d’œuvre de la Renaissance. Paysagiste dans l’âme, il trouve dans la péninsule des modèles de composition et une nature qu’il saisit sur le vif, amassant ainsi de nombreuses études utilisées ensuite pour composer en atelier des paysages idéalisés. Primat du dessin, équilibre de la composition, cadrage rigoureux, couleurs d’une discrète élégance sans contrastes agressifs, soin extrême apporté à l’étude de la lumière, voilà les caractéristiques dominantes de cette peinture qui disparaîtra totalement quelques décennies plus tard.

 

 

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Grenoble (v. 1790)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Grenoble (v. 1790)

Huile sur toile, 40 × 52 cm, collection particulière.

 

 

Pour les contemporains, qui ne disposaient pas de la photographie, les paysages néoclassiques représentaient une nature plus belle que nature, la nature rêvée et poétique, les paysages d’Arcadie où séjournaient les dieux grecs, le lieu idyllique (locus amoenus) où « tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » (*). L’art s’orientera pourtant vers tout autre chose au 19e siècle avec l’École de Barbizon puis l’impressionnisme : l’analyse méticuleuse de la réalité perçue.

Le rêve d’un paysage idéal disparaît ainsi avec cet artiste attachant qui ne parviendra plus à vendre ses tableaux à la fin de sa vie.

(*) Charles Baudelaire, L’invitation au voyage.

 

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de l’Isola di Sora (1787)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de l’Isola di Sora (1787). Aquarelle sur papier vergé blanc, 23,4 × 18,2 cm, musée des Beaux-arts, Anger. Cette aquarelle, réalisée sur le motif au cours du séjour de Bidauld en Italie, est datée et signée.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue du pont et de la ville de Cava (1785-90)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue du pont et de la ville de Cava (1785-90). Huile sur toile, 20,5 × 27,5 cm, J. Paul Getty Museum, Los Angeles. Titre complet : Vue du pont et d’une partie de la ville de Cava, royaume de Naples. « Jean Joseph-Xavier Bidauld peint ce paysage lors d'un séjour de cinq ans en Italie, où il a trouvé son style personnel en réalisant des études sur le motif. Cette vue du sud de l'Italie comporte de nombreuses constantes de son travail ; une terre fertile, une architecture pittoresque, une source et une montagne escarpée et majestueuse, dans le lointain. La lumière argentée du matin traverse les plans ondulants, rendus dans les bleus atténués, les verts et les bruns, et mis en évidence avec les jaunes d'automne. La fraîcheur et la précision extraordinaires qui caractérisent cette peinture expriment l'immédiateté de l'impression de la nature sur Bidauld… » (Commentaire J. Paul Getty Museum)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue des cascades à Tivoli (1788)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue des cascades à Tivoli (1788). Huile sur papier marouflé sur toile, 51 × 38 cm,  National Gallery of Art, Washington. Cette étude a été peinte pendant le séjour en Italie de Bidauld, entre 1785 et 1790, à Tivoli, localité proche de Rome.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de la ville d'Avezzano (1789)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de la ville d'Avezzano (1789). Huile sur toile, 37 × 49 cm, musée du Louvre, Paris. Titre complet : Vue de la ville d'Avezzano, au bord du lac de Celano, royaume de Naples. Il s’agit d’une esquisse ou de la réplique d’un tableau exposé au Salon de 1793.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Grenoble (v. 1790)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Grenoble (v. 1790). Huile sur toile, 40 × 52 cm, collection particulière. Les bords de l’Isère et un panorama de la ville de Grenoble à la fin du 18e siècle dans une atmosphère limpide. L’idéalisation néoclassique se traduit par une composition parfaitement équilibrée en plusieurs plans horizontaux (personnages, rivière, ville, montagnes et ciel) et par un traitement de la lumière inspiré des maîtres italiens ou français comme Poussin ou Lorrain.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de l'île de Sora (1793)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Vue de l'île de Sora (1793). Huile sur toile, 113 × 144 cm, musée du Louvre, Paris. « Exposé sous ce titre au Salon de 1793, ce tableau représente en fait le village d'Isola del Liri et le château de Buoncompagni, près de Sora. Il a été peint à la suite d'un prix d'encouragement décerné par la Nation en 1792 pour pallier l'absence des clients habituels des artistes, exilés ou ruinés sous la Révolution. » (Notice musée du Louvre)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Le parc à Mortefontaine (1806)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Le parc à Mortefontaine (1806). Huile sur toile, 87,6 × 128,3 cm, Indianapolis Museum of Art. Ce paysage reste classique par l'équilibre de la composition et le chromatisme très retenu, mais il est déjà romantique par l'ambiance. Bidauld maîtrise admirablement les effets de lumière sur l'herbe, à travers les arbres et sur la surface de l'eau.

Voir étude détaillée

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage montagneux au Printemps (1808)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage montagneux au printemps (1808). Huile sur toile, 24 × 33 cm, musée Thomas Henry, Cherbourg-Octeville. Représentation du lieu idyllique (locus amoenus) avec personnages habillés à l’antique.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Une allée d’arbres dans un parc (v. 1810)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Une allée d’arbres dans un parc (v. 1810). Huile sur toile, 40 × 32 cm, National Galleries Scotland, Edimbourg. Le thème du paysage sans aucun personnage sera repris par le courant réaliste au 19e siècle, par exemple Théodore Rousseau, (Une avenue forêt de l’Isle-Adam, 1849) que Bidauld, académicien, empêcha d’exposer au Salon. Bidauld compose à partir d’esquisses en recomposant un paysage, les peintres de Barbizon peignent sur le motif avec l’ambition de capter le réel.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Nature morte (1810)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Nature morte (1810). Huile sur toile, 71 × 55 cm, collection particulière. Bidauld ne s’est que rarement aventuré en dehors du paysage. Mais cette nature morte comportant œillets, roses, iris, narcisses et autres fleurs, ainsi que des raisins, des grenades et des figues, est signée et datée en bas à droite.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage historique : Psyché et le dieu Pan (v. 1819)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage historique : Psyché et le dieu Pan (v. 1819). Huile sur toile, 97,5 × 130 cm, musée du Louvre, Paris. Ce grand tableau, typiquement néoclassique, met en scène des personnages de la mythologie antique dans un paysage recomposé. L’artiste cherche un paysage idéal qu’il ne peut trouver que dans l’harmonie du paysage pastoral habité par les dieux antiques. Pan, né en Arcadie, est le dieu des bergers, des pâturages et des bois. Psyché est une déesse grecque à la beauté parfaite.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage classique avec figures (1822)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Paysage classique avec figures (1822). Huile sur toile,  32 × 41 cm, musée Thomas Henry, Cherbourg-Octeville. Ce paysage composé permet à Bidauld de déployer tout son savoir-faire, en particulier les effets d’ombre et de lumière sur les murs de l’édifice.

effets d’ombre et de lumière sur les murs de l’édifice.  Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Villageois et animaux dans un paysage (1830)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Villageois et animaux dans un paysage (1830). Huile sur toile, 46 × 38 cm, collection particulière. Titre complet : Villageois et animaux dans un paysage devant un pont à l’entrée d’un village. Cette vue de village a été réalisée à Paris mais reflète nettement l’influence du paysage italien sur Bidauld, tant dans la composition que dans l’exécution.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Général de la Moricière (1842)

Jean-Joseph-Xavier Bidauld. Général de la Moricière (1842). Mine de plomb sur papier, 36 × 25 cm, musée municipal, La Roche-sur-Yon. Bidauld a 83 ans lorsqu’il dessine ce personnage. Le général de la Moricière (1806-1865) est un officier français ayant servi dans les campagnes coloniales dirigées par Bugeaud. Il devint ministre de la guerre en 1848.

 

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