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Patrick AULNAS
Autoportraits
Biographie
1748-1825
Jacques-Louis David est né à Paris le 30 août 1748 dans une famille de commerçants merciers parisiens. Son père meurt dans un duel en 1757. L'enfant est alors pris en charge par ses oncles qui remarquent ses dispositions pour le dessin et l’inscrivent à l’Académie de Saint-Luc. En 1764, sa famille prend contact avec François Boucher (1703-1770), premier peintre du roi. Boucher, qui était un cousin éloigné de la mère de David, a alors 61 ans et il est malade. Il confie le jeune David à Joseph-Marie Vien (1716-1809), peintre passionné par l’art antique et précurseur du néo-classicisme français. En 1771, David obtient le second Prix de Rome pour son tableau Le combat de Mars contre Minerve. Il tentera à nouveau d’obtenir le premier Prix de Rome les années suivantes, mais ce n’est qu’à la quatrième tentative en 1774 qu’il réussit avec Erasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochius. Ce prix lui permet de séjourner à Rome pendant quatre ans aux frais du Roi. David accompagne à Rome son maître Joseph-Marie Vien nommé directeur de l’Académie de France dans cette ville. Le séjour à Rome est riche en découvertes picturales et architecturales qui le confortent dans sa vocation néo-classique. Il revient à Paris en 1780.
Fin 1780, David achève Bélisaire demandant l’aumône, qu’il avait commencé à Rome. Cette œuvre, d’un pur style néo-classique, permet à David d'obtenir son agrément à l'Académie en 1781.
En 1782, âgé de 34 ans, David épouse Marguerite Charlotte Pécoul, qui a alors dix-sept ans. Son beau-père, Charles-Pierre Pécoul, entrepreneur des bâtiments du Roi, dota généreusement sa fille, permettant ainsi à David d’installer son atelier au Louvre. Quatre enfants naîtront de cette union. Pendant la Terreur, Marguerite, effrayée par la violence des convictions révolutionnaires de son époux, obtiendra le divorce. Mais la réconciliation intervient après la chute de Robespierre et ils se remarient en 1796.

Jacques-Louis David. Le Serment des Horaces (1784-85)
Huile sur toile, 330 × 425 cm, musée du Louvre, Paris.
David perfectionne son style néo-classique avec une thématique très patriotique et moralisatrice (le thème des serments est omniprésent). A la fin de la royauté, il est un peintre reconnu et très apprécié de l’aristocratie. La période révolutionnaire va l’enthousiasmer car il rêve de transplanter en France les institutions démocratiques de la Grèce antique ou de la République romaine. Il s’engage en politique aux côtés des plus extrémistes (le parti de la Montagne de Robespierre), est élu député jacobin et vote la mort du Roi en 1793. Son œuvre s’enrichit de portraits, de scènes de l’actualité politique, comme La mort de Marat. Il entreprend un vaste tableau représentant le serment de jeu de paume (20 juin 1789), mais le projet est abandonné. A la chute de Robespierre (27 juillet 1794), David est emprisonné et échappe de peu à la guillotine.
David est clairement l’homme des enthousiasmes politiques. Très vite séduit par Bonaparte lorsque celui-ci devient célèbre, il réalise des tableaux de propagande pour sa nouvelle idole. Bien entendu, son grand talent lui permettra de devenir rapidement le peintre officiel de l’Empire. Le tableau consacré au sacre de Napoléon couronne l’œuvre de David au service de l’empereur.
Après la chute de Napoléon, David est proscrit de France par une loi de 1816 : il est en effet considéré comme « régicide » puisqu’il a voté la mort de Louis XVI. Il part pour Bruxelles et continue à peindre essentiellement des tableaux mythologiques, le dernier étant Mars désarmé par Vénus et les Grâces (1824), de dimensions impressionnantes (3,08 m × 2,65 m).
David meurt à Bruxelles le 29 décembre 1825. Il est inhumé dans cette ville.
Œuvre
L’œuvre de David illustre comme aucune autre les rapports ambigus de l’art et de la politique. Son admiration précoce pour l’art antique rencontre les troubles politiques de la France de la fin du 18e et du début du 19e siècle. Il met le néo-classicisme au service des pouvoirs autocratiques de Robespierre et de Napoléon. Il utilise les références allégoriques antiques pour se faire le laudateur des idéologies révolutionnaires et impériales. Son style sévère et volontiers moralisateur représente bien entendu une volte-face complète par rapport au rococo de l’époque Louis XV. « Le libertinage se plaisait aux recoins rocaille, aux replis des tentures, aux alcôves au fond des petites maisons, il s'enchantait du moment où la volonté faiblit et où le désir l'emporte. Sa prédilection allait à tout ce qui était petit : petit-maître et petit souper, miniatures suggestives et brochures rapportant les potins du jour. La révolution ne rêve que de grandeur. David peint le Socrate, prêt à la mort, dont Diderot imaginait les discours. Ses Grecs et ses Romains sont autant de volontés bandées, de corps habités par un idéal civique, insensibles aux émotions de l'instant. Chacun doit accepter le risque de ses paroles et de ses actes. » (1)

Jacques-Louis David. Portrait d’Émilie Sériziat et son fils (1795)
Huile sur toile, 131 × 96 cm, musée du Louvre, Paris.
Analyse détaillée
Grand artiste incontestablement, David recherche un beau idéalisé et « idéologisé », mais dépourvu de fantaisie et de grâce. Il privilégie le dessin sur la couleur, renouant ainsi avec l’académisme du 17e siècle, minutieusement défini par Charles Le Brun (1619-1690). Mais à côté du peintre emphatique au style assez froid des scènes mythologiques et historiques, il existe aussi un David portraitiste qui s’adresse davantage à nos émotions. En définitive, ce peintre de la Révolution française et de l’Empire napoléonien est davantage un témoin de l’histoire qu’un artiste influençant la postérité.
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Le combat de Mars contre Minerve (1771). Huile sur toile, 146 × 181 cm, musée du Louvre, Paris. Tableau réalisée par David pour le concours du Prix de Rome de 1771. David n’obtient pas le Premier Prix qui fut attribué à Jean-Benoît Suvée (1743-1807). Le sujet mythologique met en scène un combat entre Mars, dieu de la guerre et Minerve, gardienne de la cité. Il s’agit d’un exercice de style permettant au peintre de présenter une composition complexe, animée et conforme à la doxa académique.
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Erasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochius (1774). Huile sur toile, 120 × 155 cm, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris. C’est avec ce tableau que David obtint le Premier Prix de Rome. Le sujet de l’œuvre est tiré d’un récit de Plutarque qui évoque une légende de l'histoire macédonienne, la découverte par le médecin Érasistrate de la cause de la langueur d’Antiochius qui se mourrait d'amour pour sa belle-mère Stratonice, épouse du roi Séleucos.
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Bélisaire demandant l’aumône (1781). Huile sur toile, 288 × 312 cm, Palais des Beaux-arts, Lille. Ce tableau illustre l’infortune de Bélisaire, général victorieux sous Justinien, empereur byzantin de 525 à 565. Ce dernier lui a fait crever les yeux. Le général destitué est alors poussé à la mendicité à l’écart de la ville.
« Le tableau marque un tournant dans la carrière du peintre et dans l’histoire de l’art. En totale rupture avec l'art léger, chatoyant et sensuel du XVIIIe siècle, c’est un véritable manifeste esthétique. Quatre ans avant "Le Serment des Horaces", sans doute l’œuvre la plus connue de David, exposée au musée du Louvre, David vient de signer ici la première toile néo-classique.
Mais de quoi, ou plus exactement de qui s’agit-il ? La réponse se trouve dans l’angle du tableau, avec cette inscription en latin gravée sur la pierre : "Date obolum Belisario", qui signifie : "Faites l'aumône à Bélisaire". Bélisaire est un général byzantin du VIe siècle, injustement accusé de complot contre l’Empereur Auguste. C’est le vieil homme du premier plan. Il en est réduit à la mendicité après avoir eu les yeux crevés. À l’arrière-plan, marquant sa surprise, un des soldats qui avait combattu sous ses ordres le reconnait.
L’épisode est transposé dans l’Antiquité, remise au goût du jour par les néo-classiques.
Ici, les références à l’Antiquité sont omniprésentes : les personnages, aux gestes exagérés et codifiés, les drapés et les visages, issus de la statuaire antique, le paysage au loin. La composition en frise s'inspire elle aussi des bas-reliefs antiques.
Sous l’anecdote historique et la morale évidente qui veut que toute gloire et tout acte héroïque soit vain, se dissimule une vive critique de la monarchie.
Cet engagement fort de la part de David sera salué par les philosophes des Lumières comme Diderot. » (Commentaire Palais des Beaux-arts, Lille)
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Portrait du comte Stanislas Potocki (1781). Huile sur toile, 304 × 218 cm, musée Narodowe, Varsovie. Le comte Stanislas Kostka Potocki est un mécène, politicien et écrivain polonais. L’œuvre fut réalisée à Rome durant le séjour du peintre lors du concours pour le grand prix de peinture.
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Le Serment des Horaces (1784-85). Huile sur toile, 330 × 425 cm, musée du Louvre, Paris. Le tableau illustre l’épisode légendaire de la guerre des Horaces, défendant Rome, contre les Curiaces défendant la cité rivale d’Albe. Les frères Horaces jurent à leur père de vaincre ou de mourir. Ce serment est une invention de David. Ce tableau de très grande taille est considéré comme un des chefs-d’œuvre du néo-classicisme.
« Le succès de David au Salon de 1781, avec le tableau Bélisaire demandant l'aumône, attira sur lui l'attention du comte d'Angiviller, à qui Louis XVI avait confié la direction de ses bâtiments et de leur décoration. Commandé pour le roi et peint lors du second séjour de David à Rome en 1784-1785, le Serment des Horaces présenté au Salon de 1785 fut accueilli avec un immense succès. Inspirée d'une légende romaine, cette peinture évoque le serment des trois frères Horace, représentants des Romains, qui s'apprêtent à affronter les trois frères Curiace, représentants des Albains. Premier chef-d'œuvre du néoclassicisme, dont David est alors le plus ardent défenseur, le tableau oppose la volonté masculine et l'émotion féminine. La première culmine dans le faisceau d'épées, au centre géométrique de la toile, la seconde est une évocation prémonitoire de la tragédie à venir. David les fixe en deux groupes se détachant sur un fond d'architecture rythmé de colonnes, à l'identique des bas-reliefs antiques. Les couleurs froides posées en touches lisses et fluides et la lumière venant de la gauche, qui sculpte les corps des différents protagonistes, contribuent à renforcer la tension dans ce manifeste d'une nouvelle peinture. » (Commentaire Encyclopédie Larousse)
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La mort de Socrate (1787). Huile sur toile, 130 × 196 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Le philosophe grec Socrate est condamné par les Athéniens à boire la ciguë pour avoir perverti la jeunesse. Alors que ses amis lui conseillent de s’enfuir, Socrate préfère la mort, pour faire la preuve que, même dans ces circonstances extrêmes où il est frappé par l'injustice, il reste fidèle aux lois de sa cité, comme il l’a toujours été.
« Accusé par le gouvernement d’Athènes de renier le panthéon et de corrompre les jeunes gens par ses enseignements, Socrate se vit forcé de choisir : renoncer à ses convictions ou mourir en buvant la ciguë. David a représenté le philosophe discourant calmement de l’immortalité de l’âme devant ses disciples effondrés. Le tableau, dont le héros stoïque est librement inspiré du Phèdre de Platon, est peut-être le plus achevé des manifestes néoclassiques de David. John Boydell, graveur et éditeur, écrivit à Sir Joshua Reynolds qu’il s’agissait "du plus grand défi artistique depuis la chapelle Sixtine et les chambres de Raphaël […] ; une œuvre qui aurait fait honneur à l’Athènes de Périclès". » (Commentaire MET)
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Portrait de Monsieur de Lavoisier et sa femme (1788). Huile sur toile, 256 × 195 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Le chimiste Antoine Lavoisier et Marie-Anne Pierrette Paulze, son épouse et collaboratrice, sont représentés dans le bureau du célèbre scientifique.
« Ce portrait est l’un des plus remarquables du XVIIIe siècle. À l’époque où il le peignit, les critiques voyaient déjà en David le porte-étendard du néoclassicisme français. Lavoisier est surtout connu comme le pionnier de la recherche sur l’oxygène, la poudre à fusil et la composition chimique de l’eau. En 1789, il publia ses théories dans le Traité élémentaire de chimie, illustré par sa femme, qui aurait étudié avec David (on voit un portfolio de ses dessins sur le fauteuil, à gauche). Lavoisier avait été nommé régisseur des poudres et salpêtres, mais un scandale politique l’amena à demander le retrait du tableau du Salon de 1789. Bien qu’il eût servi le régime révolutionnaire, il fut guillotiné en 1794. » (Commentaire MET)
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La mort de Marat (1793). Huile sur toile, 162 × 128 cm, Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles. La Mort de Marat (ou Marat assassiné) représente Jean-Paul Marat (1743-1793), révolutionnaire français assassiné chez lui par Charlotte Corday (1768-1793). L’inscription « À Marat, David », en bas à gauche, est un hommage à Marat, que le peintre connaissait personnellement. Dans cette baignoire, Marat soignait sa maladie de peau.
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Portrait d’Émilie Sériziat et son fils (1795). Huile sur bois, 131 × 96 cm, musée du Louvre, Paris. Les époux Seriziat étaient des membres de la belle famille du peintre. David a également peint un portrait du mari Pierre Sériziat. « Emprisonné après le 9 Thermidor comme partisan de Robespierre, David, à sa libération, se réfugia dans la Brie, chez sa soeur et son beau-frère, Pierre Sériziat. Admirable leçon de réalisme, leurs portraits frappent par l'emploi raffiné des tons clairs. » (Commentaire musée du Louvre)
Analyse détaillée
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Les Sabines (ou L’intervention des Sabines) (1799). Huile sur toile, 385 × 522 cm, musée du Louvre, Paris. Ce tableau ne représente pas l'enlèvement des Sabines par les romains, mais un épisode, évoqué par Plutarque, qui se situe trois ans plus tard. Les Sabines veulent arrêter les combats entre les Sabins et les Romains. Hersilie, une sabine, est mariée à Romulus, un romain. Au centre du tableau, elle s'interpose entre son époux, à droite, et son père Tatius, à gauche.
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Madame Récamier (1800). Huile sur toile, 173 × 244 cm, musée du Louvre, Paris. Juliette Récamier (1777-1849) est une femme célèbre pour sa beauté, amie de Germaine de Staël. Elle joua un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l'Antique. Elle resta jusqu'à la vieillesse une amie intime de Chateaubriand, qui lui consacra de très belles pages dans les Mémoires d'outre-tombe. « Commandé en 1800 à David par le modèle, ce tableau est resté inachevé pour des raisons obscures et sans doute multiples. [...] C'est une œuvre novatrice dans un format horizontal, insolite pour un portrait, qui était d'habitude utilisé pour les tableaux d'histoire. David crée un espace autour de la figure qui met en valeur l'arabesque élégante de son corps. La source antique de la pose de Madame Récamier, le dépouillement du décor comme de l'habillement de la jeune femme répondent à l'idéal néoclassique. » (Commentaire musée du Louvre)
Analyse détaillée
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Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (1801). Huile sur toile, 246 × 231 cm, Österreichische Galerie Belvedere, Vienne. Napoléon est représenté lors du franchissement du col alpin du Grand-Saint-Bernard par l’armée de réserve, épisode qui marque le début de la seconde campagne d'Italie.
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Le sacre de Napoléon (1808). Huile sur toile, 629 × 979 cm, musée du Louvre, Paris. Tableau gigantesque représentant le sacre de l'empereur Napoléon et le couronnement de l'impératrice Joséphine, à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. « Pour l'ordonnancement général, David s'est inspiré du Couronnement de Marie de Médicis de Rubens (au Louvre). Il a étudié la cérémonie sur place et a fait poser la plupart des participants. Dans l'atelier aménagé à cet effet, il recompose la scène à l'aide de maquettes en carton et de figurines en cire. Le peintre distingue les personnages essentiels en les plaçant au centre et en les éclairant d'un faisceau de lumière. Ainsi l'arcade forme autour du couple impérial un cadre solennel et la foule les entoure, tel un écrin scintillant. » (Commentaire musée du Louvre)
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Portrait de Sieyès (1817). Huile sur toile, 98 × 74 cm, Fogg Art Museum, Harvard University, Cambridge. Emmanuel-Joseph Sieyès ou l’abbé Sieyès (1748-1836) est un homme d’Église, homme politique et essayiste français. En 1789, il est élu député du tiers-état aux États généraux. Il fut Directeur sous le Directoire puis Consul sous le Consulat et devint président du Sénat conservateur sous l’Empire.
« Après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, David fut banni de France. Il s'installa à Bruxelles, où il réalisa ce portrait de Sieyès (1748-1836), un autre exilé. Sieyès avait été l'un des premiers défenseurs des revendications du Tiers État, dès le début de la Révolution en 1789. Bien que peu réputé comme orateur, il demeura une figure influente tout au long de la Révolution et joua un rôle déterminant dans l'accession au pouvoir de Bonaparte en 1799. Ses relations ultérieures avec Napoléon furent ambiguës, bien qu'il restât en grâce jusqu'à son vote pour la destitution de l'empereur en 1814. Ce portrait témoigne avec sobriété d'une profonde expérience partagée : tous deux avaient survécu à près de trente années de troubles politiques dans lesquels ils avaient joué un rôle considérable avant de voir leur fortune et leurs idéaux bafoués. » (Commentaire Harvard Art Museum)
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Mars désarmé par Vénus et les Grâces (1824). Huile sur toile, 308 × 262 cm, Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles. Vénus, les trois Grâces et Cupidon entourent Mars, le dieu de guerre, qui succombe aux charmes de Vénus et se laisse désarmer par elle. La scène est située dans un temple flottant sur des nuages. David a 73 ans lorsqu'il commence ce vaste tableau qu'il mettra trois ans à terminer, sans doute beaucoup aidé par ses assistants. On remarquera les poses très artificielles et les mimiques convenues des Grâces, mais aussi leur sveltesse et celle de Vénus. Nous sommes loin des Grâces de Rubens.
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Jacques-Louis David
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(1) Michel DELON. Le principe de délicatesse. Libertinage et mélancolie au XVIIIe siècle (Albin Michel, 2011).