Panorama 17e siècle

Lorrain. Paysage avec Enée à Délos (1672)Claude Lorrain. Paysage avec Enée à Délos (1672)

 

0. Panorama 17e siècle
1. La peinture baroque
2. L'âge d'or de la peinture hollandaise
3. Le classicisme français

 

0. Panorama du 17e siècle

L’art de la Renaissance trouvait son inspiration dans l’Antiquité gréco-romaine. Cet art ne se proposait pas de représenter la réalité du monde de l’époque mais de rechercher une beauté idéale. L’idéalisation concernait les formes, la couleur, la lumière, mais aussi les sujets, souvent puisés dans la mythologie religieuse antique ou chrétienne et dans l’histoire. La fin du 16e siècle et le 17e vont rompre avec cette recherche de l’harmonie idéale et prôner un réalisme parfois dramatisé à l’excès : c’est l’apparition du baroque. Mais une autre tendance verra le jour au 17e siècle concomitamment à la naissance des Etats-nations. Ces structures politiques cherchent à asseoir leur puissance en utilisant l’art comme un instrument de promotion : définition du beau par des académies liées au pouvoir, glorification des élites par le portrait. Ainsi la constitution des nations néerlandaise et française impriment aux productions artistiques des caractéristiques propres. Le classicisme français, prolongement mais aussi réaction au baroque, trouve son origine dans une volonté politique : celle de Louis XIV.

 Ainsi, l'art du 17e siècle est animé par deux tendances souvent contradictoires. Le baroque apparaît d'abord comme une recherche de la vérité en rupture avec l'idéalisation de la beauté de la Haute Renaissance. Caravage veut nous montrer les hommes tels qu'ils sont et ne recule pas devant la laideur, contrairement aux artistes du 16e siècle. Tous les peintres baroques adhèrent à ce principe de vérité et Rubens, sous couvert de mythologie antique, ira très loin dans la représentation de la laideur :

Rubens. Bacchus (1638-40).Rubens. Bacchus (1638-40)

Mais le 17e siècle est aussi en rupture avec la Renaissance par la volonté des puissants d'utiliser l'art à leur profit. Cet aspect n'était sans doute pas absent aux 15e et 16e siècles : l'Église et l'aristocratie étaient les principaux commanditaires. Mais la Renaissance est d'abord une libération, une ouverture sur l'innovation, une sortie de la longue stagnation du Moyen Âge. Au 17e siècle, les puissances qui régentent le monde vont tenter de canaliser la créativité des artistes. L'Église catholique cherchera à utiliser la peinture baroque comme moyen de propagande au moment où se développe le protestantisme. La monarchie absolue française va instaurer une Académie de peinture et de sculpture qui édictera des règles strictes et hiérarchisera les œuvres en les rattachant à des catégories. Pour plaire au souverain, il faut d'abord respecter la norme académique.
Depuis cette époque, cette dualité de la production artistique n'a jamais cessé. Renouveler au risque de choquer est le propre de la créativité artistique ; mais les puissances, et en premier lieu les Etats, sont une source de financement et il faut leur complaire pour être accepté.

 


Principales sources.

- Histoire de l'Art par H. W. Janson, Eclectis Cercle d'Art, Paris 1993.

- Tout sur L'Art, Flammarion, Paris 2010.

- La peinture flamande et hollandaise, Editions Place des Victoires, 2010.

- Encyclopedia Universalis, 20 volumes, Paris 1975.

- http://www.larousse.fr/encyclopedie

- Wikipedia

Les photos des oeuvres proviennent d'Internet et sont libres de droits.

Ajouter un commentaire