Andrea del Castagno

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 Portrait

 

 Dessin extrait de Les Vies (Vasari), éditions Tessier (1840)

 

 Biographie

 

 

v. 1423-1457

Andrea di Bartolo di Bargilla est né dans le village de Castagno à une trentaine de kilomètres de Florence. En tant que peintre il choisira le nom de son village natal et sera connu comme Andrea del Castagno. On connaît mal les années de jeunesse et de formation de cet artiste, mais l'influence de Masaccio est évidente dans ses œuvres. A l'exception d'une brève période vers 1442, son activité artistique se déroule entièrement à Florence.

En 1440, il est chargé par la République de Florence de réaliser des fresques sur la façade du palais du Bargello. Ces fresques, qui n'ont pas été conservées, représentaient la pendaison des ennemis de Florence après la bataille d'Anghiari (29 juin 1440) au cours de laquelle l'armée florentine remporta la victoire sur l'armée milanaise. En 1442, il part pour Venise et exécute avec Francesco da Faenza des fresques dans la chapelle San Tarasio de l'église San Zaccaria, puis une fresque de La Mort de la Vierge dans la basilique Saint-Marc.

 

Del Castagno. La mort de la Vierge (1442-43)La mort de la Vierge (1442-43)


Andrea revient ensuite à Florence et ne quittera plus que rarement la ville. Il y créera surtout de nombreuses fresques.
En 1445, il devient membre de l'Arte dei Medici e Speziali, la corporation des médecins et apothicaires. Ces derniers étant également marchands de couleurs, les peintres sont associés à leur corporation.
Andrea del Castagno meurt de la peste en 1457.

La légende de l'assassin
Georgio Vasari (*) relate longuement la haine qu'éprouvait Andrea del Castagno pour Domenico Veneziano (v. 1410-1461). Reprenant un écrit anonyme du 16e siècle, Vasari transforme Andrea en assassin de Domenico. Mais nous savons aujourd'hui qu'Andrea est mort quatre ans avant Domenico et que cette anecdote est fausse. Voici un extrait des Vies où Vasari dépeint l'extrême noirceur de caractère d'Andrea (à prendre avec les plus extrêmes réserves).
« La faveur dont jouissait Domenico ne tarda pas à allumer la rage d'Andrea, qui, malgré sa supériorité incontestée comme dessinateur, maudissait cette rivalité. Il ne pensa plus qu'à trouver les moyens de s'en débarrasser. La dissimulation n'était pas un des moindres talents d'Andrea. Habile à composer son visage et à manier la parole, ne reculant devant rien pour arriver à son but, il devait entraîner dans ses embûches le pauvre Domenico. Jamais homme ne fut plus vindicatif qu'Andrea ; dans sa jeunesse, il effrayait les critiques par ses injures et ses violences, tandis qu'il ne manquait jamais de marquer à beaux coups d'ongle les défauts qu'il découvrait dans les tableaux des autres artistes. »

(*) Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (première édition 1550, remaniée en 1568)

 

Œuvre

 

Lorsqu'Andrea del Castagno arrive à Florence, en 1440, deux tendances commencent à se distinguer nettement dans la peinture italienne. Celle des coloristes est représentée en particulier par Fra Angelico (v. 1400-1455) et Domenico Veneziano (v. 1410-1461). Celle des dessinateurs comprend Paolo Ucello (1397-1475) et Andrea del Castagno. Ce dernier, très influencé par le sculpteur Donatello (1386-1466) et le peintre Masaccio (1401-1428) imprimera à ses peintures un caractère sculptural accentué et une solennelle monumentalité. Cette puissante austérité atteint un sommet avec La Cène, gigantesque fresque de presque dix mètres de large, dans laquelle les douze apôtres et le Christ sont strictement alignés dans un cadre monumental. Cet art de la rigueur, s'il n'a pas le charme indicible de celui des coloristes de l'époque, sème les prémices des classicismes futurs, qu'il s'agisse du classicisme français du 17e siècle ou du néo-classicisme du 18e.

 

Del Castagno. La Cène (1447)La Cène (1447)

 

Del Castagno. Crucifixion et saints (1440-41)

Crucifixion et saints (1440-41). Fresque, Ospedale Santa Maria Nuova, Florence. Cette fresque de l'hôpital Santa Maria Nueva de Florence permet d'apprécier l'influence de Masaccio et Donatello sur le jeune Andrea.
 
Del Castagno. La mort de la Vierge (1442-43)La mort de la Vierge (1442-43). Mosaïque, basilique Saint-Marc, Venise. Les éléments architecturaux en arrière-plan sont destinés à créer un effet de profondeur à la manière de Masaccio.
 
Del Castagno. La Cène et scènes de la passion du Christ (1447)La Cène et scènes de la passion du Christ (1447). Fresques, 453 × 975 cm, Sant'Apollonia, Florence. Ces fresques décoraient le mur ouest du réfectoire du couvent Sant'Apollonia de Florence devenu un musée. Elles sont restées inaccessibles jusqu'à 1800 en raison de la présence des moniales dans le couvent.
 
Del Castagno. La Cène (1447)La Cène (1447). Fresque, 453 × 975 cm, Sant'Apollonia, Florence. Cette fresque représente la Cène, c'est-à-dire le dernier repas de Jésus-Christ avant sa crucifixion, en présence des douze apôtres. Le Christ et onze d'entre eux sont d'un côté de la table ; le douzième apôtre, Judas, est seul de l'autre côté. Jean est endormi à la gauche du Christ. L'aspect monumental et solennel de l'œuvre rappelle encore une fois Masaccio, d'autant que l'effet de perspective très accentué du plafond et des murs latéraux vise simplement à donner de la profondeur à une scène très étirée. La nappe est représentée sous forme d'un quasi-rectangle blanc sans aucune perspective.
 
Del Castagno. La Cène, détail (1447)La Cène, détail (1447). L'expressivité des visages et des attitudes est une caractéristique du réalisme de la Renaissance. Le peintre cherche ici à opposer la douceur du visage de Jean endormi à la dureté de celui de Judas (le traître selon la mythologie chrétienne). Le visage du Christ exprime la compassion.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres (1450)Hommes et femmes illustres (1450). Fresques, Villa Carducci, Legnaia. Il s'agit d'un ensemble de neuf fresques dont le commanditaire est Filippo Carducci, homme politique florentin. Ces fresques prenaient place dans une loggia de 15,50 m de long de la villa de Carducci. Elles sont désormais exposées à la galerie des Offices de Florence. Cette photographie est une reconstitution de la villa Carducci.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Pippo Spano (1450)Hommes et femmes illustres. Pippo Spano (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Pippo Spano est un condottiere (chef militaire et mercenaire) italien (1369-1426).
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Niccolò Acciaiuoli (1450)Hommes et femmes illustres. Niccolò Acciaiuoli (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Niccolò Acciaiuoli (1310-1365) est un homme politique et un militaire italien.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Farinata degli Uberti (1450)Hommes et femmes illustres. Farinata degli Uberti (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Farinata degli Uberti est un des chefs de la faction des gibelins au 13e siècle. A cette époque, deux factions (les guelfes et les gibelins) s'opposaient à Florence, chacune soutenant une dynastie.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. La reine Esther (1450)Hommes et femmes illustres. La reine Esther (1450). Fresque transférée sur bois, 120 × 150 cm, Galerie des Offices, Florence. Mythologie juive et chrétienne. Dans l'Ancien Testament, Esther est l'épouse du roi de Perse Assuérus ou Xerxès 1er (519-465 avant J.-C.). Elle est présentée dans la Bible comme une femme courageuse et d'une grande piété.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. La sibylle de Cumes (1450)Hommes et femmes illustres. La sibylle de Cumes (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Dans la mythologie grecque les sibylles étaient des prêtresses d'Apollon dotées d'un don de divination. Elles prophétisaient. Il y a douze sibylles.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. La reine Tomyris (1450)Hommes et femmes illustres. La reine Tomyris (1450). Fresque transférée sur bois, 245 × 155 cm, Galerie des Offices, Florence. Reine légendaire des Massagètes, peuple nomade de l'Antiquité (Moyen Orient).
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Dante Alighieri (1450)Hommes et femmes illustres. Dante Alighieri (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Ecrivain, poète, homme politique italien (1265-1321).
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Boccace (1450)Hommes et femmes illustres. Boccace (1450). Fresque transférée sur bois, 250 × 154 cm, Galerie des Offices, Florence. Giovanni Boccaccio (1313-1375), en français Jean Boccace, est un écrivain italien.
 
Del Castagno. Hommes et femmes illustres. Pétrarque (1450)Hommes et femmes illustres. Pétrarque (1450). Fresque transférée sur bois, 247 × 153 cm, Galerie des Offices, Florence. Pétrarque (1304-1374) est un poète et humaniste italien.
 
Del Castagno. Crucifixion (v. 1450)Crucifixion (v. 1450). Tempera sur bois, 29 × 35 cm, National Gallery, Londres. Tableau de petites dimensions provenant probablement de la prédelle (partie basse) d'un retable. Son attribution reste discutée.
 
Del Castagno. Le jeune David (v. 1450)Le jeune David (v. 1450). Tempera sur cuir monté sur bois, 115,6 × 41 cm à la base, National Gallery of Art, Washington. Selon le récit biblique, Goliath était un géant « de six coudées et un empan » soit environ 2,90 m. Goliath sortit du camp philistin et mit l'armée d'Israël au défi de trouver un homme suffisamment fort pour gagner un duel déterminant l'issue du conflit entre les deux nations. David, jeune berger agréé par Dieu, releva le défi lancé par Goliath. Après avoir déclaré qu'il venait contre lui avec l'appui de Dieu, David lui jeta une pierre avec sa fronde. Celle-ci s'enfonça dans le front de Goliath qui tomba à terre. David lui prit son épée et acheva le géant en lui coupant la tête.
 
Del Castagno. Niccolò da Tolentino (v. 1456)Niccolò da Tolentino (v. 1456). Fresque, Duomo, Florence. Niccolò da Tolentino (v. 1350-1435) est un condottiere italien qui a commandé les troupes de plusieurs cités italiennes (Crémone, Naples, Florence, Milan). Il s'agit ici d'une fresque en trompe-l'œil, dans le Duomo de Florence, destinée à donner à l'observateur l'impression d'une sculpture. Dans le même style, Ucello avait réalisé en 1436 le Monument équestre de John Hawkwood.

 

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