Fra Angelico

Cliquer sur les images ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.

 

Patrick AULNAS

 Portrait

Portrait posthume de Fra Angelico par Luca Signorelli

Luca Signorelli. Portrait posthume de Fra Angelico (v. 1501)
Détail d’une fresque de la cathédrale d’Orvieto.

Biographie

 v. 1400-1455

On ne sait rien de la jeunesse de Guido di Piero (ou di Pietro), véritable nom de Fra Angelico. Sa date de naissance elle-même est incertaine. Georgio Vasari (*) la situait en 1387, mais les historiens penchent aujourd'hui pour l'extrême fin du 14e siècle : retenons donc 1400. Il est né près du château de Vicchio, dans le Mugello, vallée située à une trentaine de kilomètres de Florence. Pour les dix sept premières années de sa vie, il n'existe aucun document et on ignore donc qui étaient ses parents. Un document de 1417 mentionne déjà son activité de peintre. Fin 1417, il entre au couvent San Domenico de Fiesole appartenant à l'ordre des Dominicains où il sera rebaptisé Fra Giovanni (Frère Jean). Au cours de la période 1422-1426, il est très lié avec le prieur (supérieur de la communauté religieuse) du couvent, Antonino Pierozzi (1389-1459) qui devint par la suite archevêque de Florence puis sanctifié sous le nom de saint Antonin. Fra Giovanni est ordonné prêtre en 1427. Quant au surnom de Fra Angelico, on le trouve peu après sa mort dans certains documents, mais il n'est pas prouvé qu'il lui ait été attribué de son vivant.

Fra Angelico. Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, détail (1423-24)Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, détail (1423-24)
Tempera et or sur bois, au total 212 × 237 cm, San Domenico, Fiesole
Analyse détaillée

Jusqu'à 1438, l'activité artistique de Fra Angelico est intense ; il peint un grand nombre de retables d'églises. Simultanément, en 1432 et 1433, il assume les responsabilités de vicaire au couvent San Domenico de Fiesole. En 1438, Fra Angelico quitte Fiesole pour s'installer à Florence. C'est en effet à cette date que commence la restauration des bâtiments du couvent San Marco de Florence sous l'impulsion et avec le financement de Cosme de Médicis (1389-1464), dit Cosme L'Ancien. Les travaux de rénovation sont dirigés par l'architecte Michelozzo (1396-1472) qui emprunte largement les conceptions architecturales de Brunelleschi (1377-1446). C'est dans cet ensemble architectural que Fra Angelico réalise l'un des plus émouvant cycles de fresques de l'histoire de l'art. Il y travaille longuement, certainement jusqu'à 1445 et peut-être jusqu'à 1450. Antonino Pierozzi, l'ancien prieur de Fiesole et ami de Fra Angelico, était devenu prieur de San Marco entre 1439 et 1444. Il joua un rôle important pour définir avec le peintre le programme de fresques à réaliser. Fra Angelico réalisera également le grand retable de l'église du couvent San Marco.
En 1445, le pape Eugène IV (1383-1447) fait appel à Fra Angelico pour décorer la chapelle du Sacrement du Vatican. Selon Vasari, le pape aurait proposé au peintre la fonction d'archevêque de Florence mais il refusa et elle fut attribuée à Antonino Pierozzi (saint Antonin). Rien ne permet cependant de corroborer l'affirmation de Vasari. Fra Angelico poursuivra sa carrière artistique à Orvieto (fresques de la voûte de la cathédrale) puis au Vatican (fresques de la chapelle Nicoline). Il retourne au couvent de Fiesole pour occuper la charge de prieur de 1450 à 1452. Il revient à Rome en 1453-1454 et y meurt en 1455.

Œuvre

Vasari signale que Fra Angelico commence par la miniature :

« On voit de la main de Fra Giovanni dans son couvent de San Marco, à Florence, plusieurs livres de chœur ornés de miniatures si belles qu'on ne saurait imaginer mieux, et il en laissa de semblables à San Domenico da Fiesole, exécutées avec un soin incroyable. Il est vrai qu'il fut aidé dans ce travail par un frère, plus âgé que lui, qui était également miniaturiste et peintre très habile. » (*)

Outre les miniatures, son œuvre comporte surtout des retables et des fresques. La réalisation des cycles de fresques est un travail d'équipe sous la direction et l'inspiration de Fra Angelico.
Concernant l'art de Fra Angelico, l'interprétation de Vasari domina jusqu'au 19e siècle :

« Il avait pour coutume de ne jamais retoucher ou repasser ses peintures ; il les faisait telles qu'elles venaient du premier coup, croyant, disait-il, que telle était la volonté de Dieu. On assure qu'il n'aurait jamais touché à ses pinceaux sans s'être mis auparavant en oraison. Il ne représenta jamais le Sauveur sur la Croix sans que ses joues fussent baignées de larmes ; aussi reconnaît-on dans les visages et les attitudes de ses personnages la sincérité de sa foi dans la religion chrétienne. » (*)

Fra Angelico. Fresques de San Marco. L'Annonciation (1442-43)Fresques de San Marco. L'Annonciation (1442-43)
Fresque, 230 × 321 cm, Couvent San Marco, Florence.

Ainsi, l'œuvre venait d'un saint homme qui était l'intermédiaire de la divinité. Son travail reflétait nécessairement « la volonté de Dieu » et l'émotion artistique provenait de la foi chrétienne.
Bien évidemment, cette manière de voir a évolué aujourd'hui. La peinture de Fra Angelico n'est certes pas séparable du contexte religieux de l'époque et, pour le peintre, il s'agit bien d'une sorte de prédication par l'image. Mais son art constitue une transition entre le Moyen Âge et la Renaissance. Les architectures qu'il représente s'inspirent beaucoup de l'Antiquité, caractéristique de la Renaissance, mais il est très réticent en ce qui concerne la perspective. Masaccio ou Filippo Lippi, ses contemporains, ont beaucoup plus de hardiesse dans ce domaine. Les compositions de Fra Angelico conservent ainsi quelque chose du charme naïf du gothique international. Il innove cependant hardiment dans l'utilisation de la couleur et de la lumière. Il n'utilise pas le clair-obscur mais juxtapose des couleurs vives, provoquant ainsi des contrastes faisant jaillir la luminosité (Le couronnement de la Vierge, Musée du Louvre, 1434-35).

Les retables

La technique utilisée est la tempera sur bois. Voir notre page Panorama 15-16e siècles pour des détails techniques.

Fra Angelico. Retable San Domenico ou Pala di Fiesole (1423-24)Retable San Domenico ou Pala di Fiesole (1423-24). Tempera et or sur bois, 212 × 237 cm, San Domenico, Fiesole. La plus ancienne peinture connue de Fra Angelico, retouchée en 1501 par Lorenzo di Credi. La Vierge portant l'enfant Jésus est entourée d'anges de petites tailles et de quatre saints. La taille représentée correspond au statut des personnages dans le dogme. Les quatre saints sont les fondateurs de l'ordre des Dominicains auquel appartenait le couvent de Fiesole : à gauche, saint Thomas d'Aquin et saint Barnabé ; à droite, saint Dominique et saint Pierre de Vérone.
Analyse détailléeFra Angelico. Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, détail (1423-24)

Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, détail (1423-24). La Vierge et le Christ enfant restent encore imprégnés du style gothique international. Fra Angelico a été l'élève de Lorenzo Monaco (1370-1424), l'un des principaux représentants de ce style en Italie. L'élégance un peu précieuse reste éloignée du réalisme qui caractérise la Renaissance

Fra Angelico. Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, prédelle (1423-24)

Retable San Domenico ou Pala di Fiesole, prédelle (1423-24). Tempera et or sur bois, 32 × 244 cm,  National Gallery, Londres. La prédelle est la partie inférieure du retable. Elle comporte ici cinq panneaux sur lesquels sont représentés 300 personnages (saints, anges, prophètes, etc.) avec au centre le Christ ressuscité. L'expérience de miniaturiste du peintre s'exprime ici, mais il est probable que seul le panneau central soit entièrement de la main de Fra Angelico.

Fra Angelico. L'Annonciation (1430-32)

L'Annonciation (1430-32). Tempera sur bois, 194 × 194 cm, musée du Prado, Madrid. Il s'agit de la partie centrale d'un retable exécuté pour le couvent San Domenico de Fiesole et actuellement conservé au musée du Prado à Madrid. Il est parfois appelé Retable du Prado. L'archange Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance prochaine du Christ (maternité divine de la Vierge selon le dogme chrétien). La partie inférieure (prédelle) comporte cinq panneaux décrivant la vie de la Vierge depuis sa naissance jusqu'à sa mort.
« Ce retable fut peint pour le monastère Santo Domenico de Fiesole, près de Florence. Le panneau central représente l'Annonciation de l'archange Gabriel à Marie sous un portique. À gauche, Adam et Ève, chassés du Paradis, symbolisent la damnation et le salut de l'humanité. La prédelle illustre des scènes de la vie de la Vierge : la Nativité, les noces de Marie avec saint Joseph, la visite de Marie à sa cousine sainte Élisabeth, la naissance de l'Enfant Jésus, la Présentation de Jésus au Temple et la Dormition de la Vierge, le Christ recevant son âme. Fra Angelico, également connu sous le nom de Bienheureux Angelico, consacra son œuvre exclusivement à des sujets religieux, considérant l'art comme une expression de la dévotion. Il était particulièrement méticuleux dans le rendu des détails et des caractéristiques des objets et des personnages représentés. Son style conjugue le gothique italien tardif et le langage nouveau de la Renaissance. Un exemple en est la profondeur spatiale de l’architecture qui, tout en respectant la recommandation de Brunelleschi d’occuper le centre d’une scène carrée et sans ornement, révèle néanmoins certaines des erreurs présentes dans les premières œuvres d’Angelico. » (Commentaire musée du Prado)

Fra Angelico. L'Annonciation, détail (1430-32)

L'Annonciation, détail (1430-32). Partie gauche du retable représenatant le paradis terrestre et l'épisode au cours duquel Adam et Eve en sont chassés.

Fra Angelico. Le couronnement de la Vierge (v. 1434-35)

Le couronnement de la Vierge (v. 1434-35). Tempera sur bois, 213 × 211 cm, musée du Louvre, Paris. Episode de la tradition chrétienne selon lequel la Vierge est accueillie au paradis par le Christ qui pose sur sa tête une couronne. A la cérémonie céleste participent des anges musiciens et des saints. Fra Angelico s'est inspiré de Masaccio pour l'effet de perspective souligné par les marches et les dalles du carrelage au sol. La prédelle est consacrée à des scènes de la vie des fondateurs de l'ordre des Dominicains car ce retable était destiné au couvent San Domenico de Fiesole.
« Dans ce retable, Fra Angelico s'éloigne sensiblement de ses procédés habituels de représentation spatiale, ce qui s'explique par l'extrême difficulté d'intégrer une composition aussi complexe qu'un couronnement traditionnel dans le type d'espace qu'il employait auparavant. L'ensemble, bien que toujours céleste, se situe sur la terre ferme. Le ciel est d'un bleu réaliste et non doré. Le point de vue très bas permet de disposer les saints et les anges rassemblés sur plusieurs niveaux sans qu'ils se masquent mutuellement. Les personnages au premier plan sont agenouillés afin de ne pas attirer indûment l'attention. Marie-Madeleine tend son vase d'huile, marquant ainsi l'axe central. » (Commentaire Web Gallery of Art)

Fra Angelico. Retable de San Marco (1438-40)

Retable de San Marco (1438-40). Tempera sur bois, 220 × 227 cm, Museo di San Marco, Florence. Ou Pala di San Marco. Ce retable était destiné à l'église du couvent San Marco de Florence. Il est composé d'un panneau central (voir ci-après), de deux pilastres latéraux et d'une prédelle (partie inférieure). Les pilastres représentent huit saints (à gauche de haut en bas : Jourdain de Saxe, Bernard, Roch, Vincent Ferrier ; à droite de haut en bas : Thomas d'Aquin, Romuald, Jérôme de Stridon, Pierre de Vérone). La prédelle est consacrée à des épisodes de la vie de saint Côme (patron des chirurgiens) et de son frère saint Damien (patron des pharmaciens) tous deux martyrisés sous Dioclétien (4e siècle).
« Le retable de San Marco se composait d'au moins 26 panneaux peints, mais seuls 18 ont été identifiés et sont dispersés dans divers musées à travers le monde. Le musée San Marco conserve le panneau central (Vierge à l'Enfant entourée d'anges et de saints), deux panneaux de prédelle (Histoires des saints Côme et Damien) et deux panneaux des piliers latéraux (Les saints dominicains). Le démantèlement du retable a commencé à la fin du XVIIe siècle, lorsque le tableau a été retiré du maître-autel de l'église. Les panneaux (prédelle et piliers) ont été dispersés après 1809, pendant l'occupation napoléonienne, et dans les premières années qui ont suivi la suppression des ordres religieux. Actuellement, les panneaux de la prédelle sont répartis comme suit : deux à Florence (musée San Marco), quatre à Munich (Alte Pinakothek), un à Paris (Louvre), un à Dublin (National Gallery) et un à Washington (National Gallery). » (Commentaire Museo di San Marco)

Fra Angelico. Retable de San Marco, panneau central (1438-40)

Retable de San Marco, panneau central (1438-40). Ce panneau représente une Vierge à l'Enfant entourée de saints. Il s'agit du thème de la Conversation sacrée qui se développait à l'époque : les personnages représentés semblent engagés dans une conversation.

Fra Angelico. Retable de San Marco, détail de la prédelle (1438-40)

Retable de San Marco, détail de la prédelle (1438-40). ). Tempera sur bois, 37 × 46 cm, National Gallery of Ireland, Dublin. Quatrième image de la prédelle. Côme et Damien sont condamnés au bûcher.

Fra Angelico. Retable Santa Trinita ou Descente de croix (1437-40)

Retable Santa Trinita ou Descente de croix (1437-40). Tempera sur bois, 176 × 185 cm, Museo di San Marco, Florence. Ce retable avait été commencé par Lorenzo Monaco (1370-1424) qui fut le maître de Fra Angelico. Celui-ci l'a terminé. Il avait été commandé pour l'église Santa Trinita de Florence. Les pilastres latéraux représentent divers saints et les pinacles (parties supérieures triangulaires) des épisodes de la vie du Christ.

Fra Angelico. Retable Santa Trinita ou Descente de croix, panneau central (1437-40)

Retable Santa Trinita ou Descente de croix, panneau central (1437-40). Scène récurrente dans l'art occidental. Le Christ est mort sur le croix et des personnages saints le descendent avant sa mise au tombeau. Marie-Madeleine tient les pieds du Christ. L'arrière-plan paysager provient de l'imagination du peintre et ne prétend pas au réalisme.

 

Les fresques

Fresques du couvent San Marco de Florence

 Elles figurent parmi les plus belles fresques jamais peintes, probablement parce que Fra Angelico a su transmettre à ce moment de sa vie la quintessence même de son être. Ces scènes bien connues de la tradition chrétienne baignent dans une ambiance d'humilité, de paix, de douceur, d'extrême délicatesse, et constituent, même pour les non-croyants, une formidable leçon d'humanité.

Vue du couvent San Marco de Florence

Vue du couvent San Marco de Florence

Fra Angelico. Fresques de San Marco. La nativité (1440-41)

Fresques de San Marco. La nativité (1440-41). Fresque, 193 × 164 cm, Couvent San Marco, Florence. Episode biblique de la naissance de Jésus-Christ. Apparaissent ici de gauche à droite sainte Catherine d’Alexandrie, la Vierge Marie, son époux Joseph et saint Pierre.

Fra Angelico. Fresques de San Marco. Lamentation sur le Christ mort (1440-41)

Fresques de San Marco. Lamentation sur le Christ mort (1440-41). Fresque, 184 × 152 cm, Couvent San Marco, Florence. Thème récurrent de la peinture occidentale appelé aussi Déploration du Christ. Le Christ est mort, allongé, et des personnages le pleurent.

Fra Angelico. Fresques de San Marco. Noli Me Tangere (1440-41)

Fresques de San Marco. Noli Me Tangere (1440-41). Fresque, 166 × 125 cm, Couvent San Marco, Florence. Noli me tangere (« Ne me touche pas ») sont les paroles prononcées par Jésus-Christ ressuscité, le dimanche de Pâques, à l'adresse de Marie-Madeleine.
Analyse détaillée

Fra Angelico. Fresques de San Marco. L'Annonciation (1442-43)

Fresques de San Marco. L'Annonciation (1442-43). Fresque, 230 × 321 cm, Couvent San Marco, Florence. L'archange Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance prochaine du Christ (maternité divine de la Vierge selon le dogme chrétien). Le thème a été traité plusieurs fois par Fra Angelico (voir ci-dessus l'Annonciation de 1430-32).

Fra Angelico. Fresques de San Marco. Conversation sacrée (v. 1443)

Fresques de San Marco. Conversation sacrée (v. 1443). Fresque, 195 × 273 cm, Couvent San Marco, Florence. La Vierge avec l'Enfant Jésus est entourée de personnages de saints qui semblent bavarder entre eux. Les personnages représentés ne sont pas des contemporains. Le donateur ou le commanditaire est parfois représenté. Ce thème apparaît au 15e siècle.
« Cette fresque, ornant le mur du couloir est du couvent, est également connue sous le nom de Vierge des Ombres (Madonna delle Ombre).
Peinte dans le couloir desservant les cellules des frères (entre les cellules 25 et 26), cette fresque compte parmi les dernières œuvres de Fra Angelico au monastère dominicain de San Marco. La grâce des gestes figés, la profondeur des regards et l'audace des couleurs confèrent à la scène une dimension presque métaphysique. Cette impression est renforcée par la puissance de l'éclairage latéral, lui-même accentué par les longues ombres projetées par les chapiteaux classiques, qui évoquent l'architecture de Michelozzo. Cette fresque représente l'aboutissement du travail du peintre, une synthèse remarquable entre son inspiration mystique et l'application efficace des innovations récentes de la peinture de la Renaissance. » (Commentaire Web gallery of Art)

 

Les fresques de la chapelle Nicoline au Vatican

Le pape Eugène IV (1383-1447) avait déjà fait appel à Fra Angelico pour peindre des fresques au Vatican, mais c'est pour le pape Nicolas V (1398-1455) qu'il réalisera les fresques de la chapelle Nicoline de 1447 à 1449 environ. Ces dernières sont consacrées à des épisodes de la vie des deux premiers martyrs du christianisme : saint Etienne (lapidé) et saint Laurent (condamné au supplice du gril).

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. Ordination de saint Laurent (1447-49)

Fresques de la chapelle Nicoline. Ordination de saint Laurent (1447-49). Fresque, 271 × 197 cm, Chapelle Nicoline, Vatican. « Sixte II (257-258) avait chargé l'archidiacre Laurent de distribuer les richesses de l'Église aux nécessiteux. Cet acte provoqua la colère de l'empereur Valérien, qui s'était approprié le trésor, et constitua le fondement des accusations portées contre Laurent et de son exécution [...]
La scène se déroule dans la nef d'une basilique, un type d'espace architectural qui, dans la représentation de saint Laurent distribuant l'aumône, ne servait que de décor. Cinq colonnes sont visibles de chaque côté, et leur volume et leur monumentalité sont soulignés par les évêques et autres dignitaires ecclésiastiques qui assistent à la scène où saint Laurent est agenouillé devant le pape. Le mur du fond de la basilique et sa niche ne mettent en valeur aucun personnage de la composition, car aucun ne se trouve au centre. L'axe central passe plutôt par le calice de communion qui circule entre le pape et le saint.
Il est remarquable que dans ce cycle de fresques, le pape et les prélats portent des vêtements azur, alors rarement utilisés et aujourd'hui disparus. » (Commentaire Web Gallery of Art)

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. Le martyr de saint Laurent (1447-49)

Fresques de la chapelle Nicoline. Le martyr de saint Laurent (1447-49). Fresque, 271 × 236 cm, Chapelle Nicoline, Vatican. Laurent de Rome (v. 220-258), diacre du pape Sixte II, est chargé par celui-ci de distribuer aux pauvres toutes les richesses de l’Église, dont il est dépositaire. Le préfet de Rome lui ordonne de lui remettre ces trésors car l’empereur a besoin d’argent. Laurent se présente devant le préfet avec des malades et des estropiés en disant : « Voici les trésors de l’Église ». Laurent est alors condamné à être supplicié. Il mourra étendu sur un gril, les charbons placés au-dessous ne consumant sa chair que peu à peu.

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. Saint Etienne faisant l'aumône (1447-49)

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. Saint Etienne faisant l'aumône (1447-49). Fresque, Chapelle Nicoline, Vatican. Etienne Ier (v. 975-1038), qui a fondé le royaume de Hongrie, fut canonisé en 1083. Protégeant les pauvres par son action politique, il reste dans la tradition chrétienne comme le roi qui accomplissait la nuit ses œuvres de charité, lavant en secret les pieds des pèlerins et distribuant discrètement des aumônes.

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. La lapidation de saint Etienne (1447-49)

Fra Angelico. Fresques de la chapelle Nicoline. La lapidation de saint Etienne (1447-49). Fresque, 326 × 236 cm, Chapelle Nicoline, Vatican. Etienne est un juif très érudit de l’époque de Jésus-Christ, converti au christianisme. Le Sanhédrin, tribunal suprême du peuple juif, le fait lapider près de Jérusalem pour ses prises de position non conformes au judaïsme. Ce thème a fréquemment été utilisé par les peintres (Starnina, Annibal Carrache, Rembrandt)


L'armadio degli Argenti (Armoire des vases sacrés ou Armoire des ex-voto d'Argent)

Il est probable que les panneaux formant les portes et les volets de cette armoire ont été commandés par Pierre 1er de Médicis (1416-1469). Ils sont décorés de nombreuses scènes d'une taille de 38,5 × 37 cm consacrées à des épisodes de la vie du Christ. Neuf scènes sont attribuées avec certitude à Fra Angelico et forment le panneau de la jeunesse du Christ (123 × 123 cm). Les autres scènes ont été peintes par des artistes plus jeunes. Cette armoire était à l'origine destinée à la Basilique della Santissima Annunziata de Florence et devait être portée pendant les processions. Les panneaux sont actuellement conservés au musée San Marco de Florence.

Fra Angelico. L'armadio degli Argenti, panneau de la jeunesse du Christ (1451-52)

L'armadio degli Argenti, panneau de la jeunesse du Christ (1451-52). Tempera sur bois, 123 × 123 cm, Museo di San Marco, Florence.

Fra Angelico. Panneau de la jeunesse du Christ, la fuite en Egypte (1451-52)

Panneau de la jeunesse du Christ, la fuite en Egypte (1451-52). Tempera sur bois, 38,5 × 37 cm, Museo di San Marco, Florence. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l'ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Joseph, prévenu par un songe, s'enfuit avec l'Enfant Jésus et sa mère Marie en Égypte où ils resteront jusqu'à la mort d'Hérode.

Fra Angelico. Panneau de la jeunesse du Christ, l'Annonciation (1451-52)

Panneau de la jeunesse du Christ, l'Annonciation (1451-52). Tempera sur bois, 38,5 × 37 cm, Museo di San Marco, Florence. L'archange Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance prochaine du Christ (maternité divine de la Vierge selon le dogme chrétien). Le thème été traité plusieurs fois Par Fra Angelico (voir ci-dessus l'Annonciation de 1430-32 et celle de 1442-43).

Fra Angelico. Panneau de la jeunesse du Christ, le massacre des Innocents (1451-52)Panneau de la jeunesse du Christ, le massacre des Innocents (1451-52). Tempera sur bois, 38,5 × 37 cm, Museo di San Marco, Florence. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l'ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Les chrétiens considèrent ces enfants comme des martyrs et les qualifient de Saints Innocents.
 

 

Les miniatures

Elles sont issues du Missel 558 qui est un livre regroupant des chants religieux pour la messe. Il comprend 261 folios dont 36 sont décorés de miniatures ayant pour auteur Fra Angelico et un autre artiste qui l'assistait au couvent San Domenico de Fiesole. La dimension maximum est de 47,5 × 35 cm.

Fra Angelico. Vierge de la Miséricorde avec frères agenouillés (1424)

Vierge de la Miséricorde avec frères agenouillés (1424). Tempera et or sur parchemin, 47,5 × 35 cm, Museo di San Marco, Florence. 

Fra Angelico. La conversion de saint Paul (1424-30)

La conversion de saint Paul (1424-30). Tempera et or sur parchemin, 47,5 × 35 cm, Museo di San Marco, Florence.

Fra Angelico. Saint Dominique en gloire (1424-30)

Saint Dominique en gloire (1424-30). Tempera et or sur parchemin, 47,5 × 35 cm, Museo di San Marco, Florence.

 

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre : 

Fra Angelico

 

______________________________________

(*) Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (édition 1555)

Ajouter un commentaire

Anti-spam