Gentile da Fabriano

 

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Patrick AULNAS

Autoportrait

Gentile da Fabriano. Autoportrait présumé (1423)Gentile da Fabriano. Autoportrait présumé (1423)

Tempera sur bois, Galerie des Offices, Florence.

Ce visage, caractérisé par une courte barbe et figurant sur le retable de l’Adoration de mages,
pourrait être celui de l’artiste, selon certains historiens

 

Biographie

v. 1370-1427

Né vers 1370 à Fabriano, dans la province d’Ancône, Gentile di Niccolò di Giovanni di Massio sera par la suite connu sous le nom de Gentile da Fabriano. Il est issu d’une famille de tisserands, mais son père, Niccolò, a abandonné ce métier après la mort de sa femme pour entrer dans l’ordre bénédictin du Mont Olivet, près de Sienne.

Sa formation n’est pas connue par des documents historiques et les spécialistes la déduisent donc de ses premières œuvres. Mais Gentile da Fabriano, comme beaucoup d’artistes de cette époque, est un peintre itinérant, qui réside où les commandes l’appellent. Dans sa jeunesse, il  parcourt les Marches, en Italie centrale, où se trouve sa ville natale, puis la Lombardie, en Italie du nord. On sait, en particulier, qu’il a séjourné à Pavie entre 1390 et 1395.

Vers 1405 ou 1406, Gentile da Fabriano est à Venise. Il est inscrit à la Scuola di Santo Cristoforo dei Mercanti (Ecole saint Christophe des marchands). Les scuole jouèrent un rôle artistique important à Venise pendant plusieurs siècles. Il ne s’agit pas du tout d’écoles au sens actuel mais de confréries regroupant les individus en fonction de critères complexes et variés. Elles ont un caractère mi-laïc, mi-religieux. L’activité des scuole a une dimension sociale (charité, philanthropie, solidarité) et artistique (mécénat, commandes d’œuvres d’art). Gentile réalise en particulier une fresque pour le Palais Ducal de Venise ainsi qu’un panneau pour l’église Santa Sofia, qui sont aujourd’hui perdus.

Entre 1408 et 1412, il se trouve à nouveau dans sa région natale où il peint son premier chef-d’œuvre, le Polyptyque de Valle Romita, destiné à un ermitage franciscain.

 

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita (v. 1408)

Tempera et or sur bois, 280 × 250 cm, Pinacoteca di Brera, Milan.

 

Le peintre continue à voyager vers les lieux où l’appellent les commandes : Foligno, Brescia puis à nouveau Fabriano. En 1420, il est à Florence où il réalise différents travaux, mais surtout un nouveau chef-d’œuvre dans l’art du retable : L’Adoration des Mages, commandée par le banquier Palla di Onofrio Strozzi pour la chapelle Strozzi de la basilique Santa Trinita. Ce grand retable de plus de trois mètres de haut est terminé en mai 1423, alors que l’artiste atteint l’âge de cinquante-trois ans.

 

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, scène centrale (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, scène centrale (1423)

Tempera, or et argent sur bois, Galerie des Offices, Florence.

 

Gentile da Fabriano peint un autre retable commandé par la famille Quaratesi pour le maître-autel de l'église San Niccolò Oltrarno à Florence, comportant en figure centrale une magistrale Vierge à l’Enfant et sur les panneaux latéraux des saints dont le style plus sobre emprunte à la statuaire.

 

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant, détail (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant, détail (1425)

Tempera et or et argent sur bois, National Gallery, Londres.

 

Le peintre poursuit ensuite sa vie itinérante vers Sienne puis Orvieto en 1425 et arrive enfin à Rome en janvier 1427. Il reçoit une prestigieuse commande du pape Martin V (1368-1431) pour la décoration de la nef centrale de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Mais il meurt en août 1427 et ne peut terminer cette dernière œuvre. Elle sera achevée par Pisanello (1390-1455) cinq ans plus tard, mais détruite par la suite.

Gentile da Fabriano fut inhumé dans l’église Santa Maria Nova de Rome. Sa tombe a aujourd’hui disparu.

 

Œuvre

Gentile da Fabriano figure parmi les artistes majeurs du style gothique international, qui vivait ses derniers instants à la mort du peintre. Déjà, Masaccio bouleversait le langage artistique et initiait la Première Renaissance. Peintre itinérant, Fabriano n’a pas créé un atelier mais se déplaçait constamment pour répondre aux prestigieuses commandes que lui apportait sa renommée dans toute l’Italie.

 

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423)

Tempera, or et argent sur bois, Galerie des Offices, Florence.

 

L’aristocratie italienne apprécie la haute technicité de ses retables, leurs figures douces et poétiques, leur luminosité exceptionnelle provenant de l’utilisation de l’or et de l’argent. Le gothique finissant s’adresse à une élite cultivée, séduite par l’élégance et la courtoisie des personnages religieux, qui lui apparaissent comme une idéalisation des cérémonies de cour auxquelles elle est accoutumée. Le crépuscule du Moyen Âge offre ainsi un ensemble d’œuvres conjuguant préciosité formelle et candeur émotionnelle. Les préraphaélites du 19e siècle en retrouveront tout le charme, qui continue à nous ébahir.

 

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408)

Tempera et or sur bois, Pinacoteca di Brera, Milan.

 

Gentile influença certains artistes du 15e siècle, notamment Pisanello (1395-1455), qui fut son assistant à Venise, Jacopo Bellini (1400-1470), qui travailla avec lui à Florence, et Fra Angelico (1400-1455), grand héritier des derniers peintres du gothique.

 

Polyptyque de Valle Romita (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita (v. 1408). Tempera et or sur bois, 280 × 250 cm, Pinacoteca di Brera, Milan. La destination d'origine de ce polyptyque était l'ermitage franciscain du Val di Sasso (également appelé Valle Romita) près de la ville natale du peintre, Fabriano. Le polyptyque est composé de cinq compartiments à double registre. Le panneau central est consacré au Couronnement de la Vierge. Les panneaux latéraux représentent des saints. Le polyptyque a été démembré au 18e siècle et reconstitué par la suite en vue de sa conservation à la pinacothèque de Brera.

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408). La partie centrale du polyptyque représente le Couronnement de la Vierge. Il s’agit d’un épisode de la tradition chrétienne au cours duquel la Vierge est accueillie au paradis par le Christ qui pose sur sa tête une couronne. A la cérémonie céleste participent des anges musiciens et des saints. La scène se déroulant au paradis, le ciel est en bas (en bleu) et des anges musiciens ont été placés au-dessus.
Sur les panneaux latéraux apparaissent les saints sur des prairies fleuries. Quatre saints debout figurent sur la partie inférieure : de gauche à droite, saint Jérôme, saint François d’Assise, saint Dominique et sainte Madeleine. Sur la partie supérieure, quatre scènes de la tradition chrétienne ont été représentées : le martyr de Pierre de Vérone, saint Jean-Baptiste dans le désert, saint François recevant les stigmates et peut-être saint Antoine de Padoue lisant.
​Une caractéristique du gothique international consiste à traiter les personnages sacrés comme des figures élégantes, somptueusement vêtues selon la mode en vigueur dans les cours de l'époque. Les plis des vêtements sont représentés par des traits gracieux correspondant à l'idéal esthétique du début du 15e siècle.

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408). Des figures du gothique international émanent une parfaite courtoisie et une élégance maniériste. Cette Vierge au visage très doux et aux longues mains repliées sur la poitrine reflète à la fois la spiritualité et l’idéal courtisan de l’élite aristocratique.

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408)

Gentile da Fabriano. Polyptyque de Valle Romita, détail (v. 1408). Le réalisme botanique de la végétation caractérise le gothique international. Les fleurs et les feuilles sont traitées avec une extrême précision.

 

Polyptyque de l’Adoration des Mages (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages (1423). Tempera, or et argent sur bois, 301,5 × 283 cm, Galerie des Offices, Florence. Ce grand retable fut commandé par le banquier Palla di Onofrio Strozzi pour la chapelle Strozzi de la basilique Santa Trinita de Florence. Le travail, d’une extrême délicatesse, laisse apparaître, diverses techniques : le sgraffito (grattage d’un enduit), l’empâtement (couche épaisse de peinture), et le poinçonné (travail au poinçon). Le thème principal de l’Adoration des Mages est complété sur la prédelle par trois scènes de la tradition chrétienne : la nativité, la fuite en Égypte, la présentation au Temple. L’original de la présentation au Temple se trouvant au musée du Louvre, le polyptyque de la Galerie des Offices comporte une copie de cette scène.

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, scène centrale (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, scène centrale (1423). Selon la tradition chrétienne, trois mages (astronomes) auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l’or, l’encens et la myrrhe. Les mages sont ici accompagnés d’une foule qui les a suivis. Dans l’arc central, le peintre a représenté une vue élargie de cette foule arrivant sur le chemin. La somptuosité des vêtements et du harnachement des chevaux éloigne la scène du récit biblique qui met l’accent sur la pauvreté et la modestie de cette naissance. Mais il s’agissait de magnifier le message spirituel et d’impressionner les hommes du 15e siècle en leur donnant accès à une image qui devait provoquer, par sa beauté, la sidération.

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423). Le plus âgé des mages se prosterne devant l’Enfant Jésus, qui pose sa main sur la tête du mage pour le bénir. La recherche d’élégance des personnages, caractéristique du gothique international, apparaît dans les postures physiques et le luxe des vêtements, mais aussi dans la délicatesse des mains, qui semblent effleurer les objets ou les corps.

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, détail (1423). Le style gothique international concilie avec bonheur le maniérisme assez appuyé des figures sacrées ou nobles et le réalisme des détails végétaux, animaux ou minéraux : ici, le chien, le sabot ferré du cheval et le sol un peu irrégulier. Les gens du peuple, en particulier les paysans, sont également traités avec exactitude lorsqu’ils sont représentés : voir par exemple, Les Très Riches Heures du duc de Berry, mois de septembre, les vendanges)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, prédelle (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, prédelle (1423). La prédelle, partie basse du polyptyque, comporte en général quelques scènes religieuses.
Le panneau de gauche (32 × 75 cm) représente la nativité, épisode biblique de la naissance de Jésus-Christ. Marie (mère), Joseph (époux de Marie) et quelques personnages saints ainsi que des anges sont en général représentés.
Le panneau central (32 × 110 cm) est une fuite en Égypte. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l’ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Prévenu par un songe, Joseph s’enfuit en Égypte avec l’enfant Jésus et sa mère Marie. Ils y resteront jusqu’à la mort d’Hérode.
Le panneau de droite (25 × 62 cm), dont l’original est conservé au musée du Louvre à Paris, concerne la présentation du Christ au temple. Selon l’apôtre Luc, l’Enfant Jésus fut présenté au temple de Jérusalem où l’accueillit Syméon, qui avait été averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ. Voir image détaillée ci-après.

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, Présentation au temple (1423)

Gentile da Fabriano. L’Adoration des Mages, Présentation au temple (1423). Cette scène est intéressante car Fabriano cherche à représenter au mieux les volumes sans connaître les lois de la perspective géométrique. Son approche empirique de la tridimensionnalité sur une surface plane est malgré tout extrêmement convaincante.

 

Polyptyque Quaratesi (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, reconstitution numérique (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, reconstitution numérique (1425). Tempera et or et argent sur bois, 200 × 223 cm. Ce polyptyque fut peint pour le maître-autel de l’église San Niccolò Oltrarno de Florence. Il a été démembré et ses éléments sont aujourd’hui dispersés entre plusieurs musées. Les quatre saints (deux de chaque côté de la Vierge), sont à la Galerie des Offices. La Vierge centrale (Vierge à l’Enfant) est la National Gallery de Londres. La partie droite de la prédelle est à la National Gallery de Washington et les quatre autres éléments de la prédelle au musée du Vatican.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant (1425). Tempera et or et argent sur bois, 140 × 83 cm, National Gallery, Londres. « L'enfant tient ce qui semble être une marguerite. La tenture d'honneur placée derrière la Vierge est en argent (aujourd’hui terni) glacé de rouge. La nature hautement décorative des textiles de luxe à motifs variés, l'or finement travaillé et la délicatesse des personnages contrastent fortement avec le même sujet peint par Masaccio un an plus tard. Le tondo avec Dieu le Père est d’origine mais dans un cadre moderne. » (Commentaire National Gallery)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant, détail (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, Vierge à l’Enfant, détail (1425). La Vierge regarde tristement vers l’observateur du tableau, signifiant ainsi le destin tragique de son fils. Le nimbe d’or, délicatement ciselé, comporte le nom de la Vierge (Maria) et s’harmonise avec les vêtements somptueux aux parements de fils d’or.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, sainte Marie-Madeleine (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, sainte Marie-Madeleine (1425). Tempera et or sur bois, 200 × 60 cm, Galerie des Offices, Florence. Marie-Madeleine est un personnage du Nouveau Testament, disciple de Jésus-Christ.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Nicolas de Bari (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Nicolas de Bari (1425). Tempera et or sur bois, 200 × 60 cm, Galerie des Offices, Florence. Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari (v. 260-345) est un évêque de l’Empire romain d’Orient qui est crédité par l’Église de plusieurs miracles.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Jean-le-Baptiste (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Jean-le-Baptiste (1425). Tempera et or sur bois, 200 × 60 cm, Galerie des Offices, Florence. Jean-le-Baptiste ou saint Jean-Baptiste est le prophète qui, selon la tradition chrétienne, aurait annoncé la naissance du Christ.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Georges (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, saint Georges (1425). Tempera et or sur bois, 200 × 60 cm, Galerie des Offices, Florence. Georges de Lydda (v. 275/80-303), né en Cappadoce, devint officier dans l’armée romaine. Chrétien, il finit en martyre. Dans la Légende dorée de Jacques de Voragine (13e siècle), il sauve la fille du roi des griffes d’un dragon avec l’aide du Christ. Les habitants de la ville se convertissent alors au christianisme. Saint Georges, saint patron de la chevalerie, est en général représenté en armure, terrassant un dragon.

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, prédelle, reconstitution numérique (1425)

Gentile da Fabriano. Polyptyque Quaratesi, prédelle, reconstitution numérique (1425). Tempera sur bois, chaque élément environ 37 × 37 cm, Pinacothèque vaticane, Rome. La prédelle est consacrée à cinq scènes de la vie de saint Nicolas. De gauche à droite : la naissance de saint Nicolas, saint Nicolas et les trois jeunes filles pauvres, saint Nicolas sauve un navire dans la tempête, saint Nicolas ressuscite trois enfants mis dans la saumure, le miracle des pèlerins au tombeau de saint Nicolas.

 

Vierges à l’Enfant et autres tableaux religieux

La Vierge du gothique international n’a plus la raideur de la reine des cieux du début du 14e siècle (Maestà ou Vierge en majesté, par exemple La Vierge et l'Enfant en majesté entourés d'anges de Cimabue, environ 1280). Elle devient une figure plus maternelle et se transforme peu à peu en Vierge d’humilité, assise à même le sol.

Gentile da Fabriano. Vierge à l’Enfant en majesté entre saint François et sainte Claire (1390-95)

Gentile da Fabriano. Vierge à l’Enfant en majesté entre saint François et sainte Claire (1390-95). Tempera et or sur bois, 56,5 × 42 cm, Pinacoteca Malaspina, Pavie. Réalisé pour le monastère Santa Chiara la Reale à Pavie par le jeune artiste d’une vingtaine d’années, ce panneau conserve les caractéristiques stylistiques traditionnelles du gothique, avec le fond uniformément or et la Vierge en majesté trônant entre saint François d’Assise (1181-1226), fondateur de l’ordre franciscain, et saint Claire (Chiara, 1194-1253), disciple de saint François d’Assise et fondatrice de l’ordre des Clarisses.

Gentile da Fabriano. Vierge à l’enfant entre saint Nicolas et sainte Catherine (1395-1400)

Gentile da Fabriano. Vierge à l’enfant entre saint Nicolas et sainte Catherine (1395-1400). Tempera et or sur bois, 131 × 113 cm, Gemäldegalerie der Staatlichen Museen, Berlin. Ce tableau, peint pour l’église San Niccolò de Fabriano, présente toutes les caractéristiques du gothique international. Un certain maniérisme émane de la gestuelle des personnages et de l’élongation des doigts. Des détails naturels réalistes apparaissent : fleurs sur le sol et arbres en arrière-plan. Mais la grâce de ce style provient de la luminosité des dorures et des couleurs et de la fantaisie créative que s’octroient les artistes, par exemple les petits anges musiciens placés dans le feuillage des arbres.
Nicolas de Myre (v. 260-345) est un évêque de l’Empire romain d’Orient qui est crédité par l’Église de plusieurs miracles. Au 4e siècle, Catherine d’Alexandrie fut torturée puis décapitée par l’empereur romain Maximien (vers 250-310). Elle porte dans sa main la palme des martyrs. Le personnage agenouillé est le donateur, celui qui finance le tableau.

Gentile da Fabriano. Vierge à l’Enfant avec deux anges (1410)

Gentile da Fabriano. Vierge à l’Enfant avec deux anges (1410). Tempera et or sur bois, 58,7 × 42,9 cm, Philbrook Museum of Art, Tulsa. Cette Vierge, toujours sur son trône, est proche de la précédente. Elle est intermédiaire entre la maestà et la Vierge d’humilité que l’artiste peindra quelques années plus tard.

Gentile da Fabriano. Vierge d’humilité (1415-16)

Gentile da Fabriano. Vierge d’humilité (1415-16). Tempera et or sur bois, 41 × 36 cm, Museo Nazionale di San Matteo, Pise. Le thème de la Vierge de l’humilité est utilisé pendant la pré-Renaissance italienne. La Vierge n’est plus assise sur un trône comme la Vierge en majesté (maestà) mais sur le sol avec parfois des tissus ou un coussin. Cette figure maternelle, emprunte de douceur, tient l'Enfant Jésus sur ses genoux. Parfois, l’Enfant repose sur un voile, interprétable comme la prémonition de son suaire.

Gentile da Fabriano. Le Couronnement de la Vierge (v. 1420)

Gentile da Fabriano. Le Couronnement de la Vierge (v. 1420). Tempera et or sur bois, 93 × 64 cm, The J. Paul Getty Museum, Los Angeles. « Au cours d’une brillante cérémonie, le Christ place une couronne ornée d'or sur la tête légèrement inclinée de la Vierge Marie. De chaque côté, des groupes d’anges musiciens observent le couronnement de la reine des cieux. Gentile da Fabriano a utilisé de multiples techniques, la pastiglia (zones surélevées de gesso, moulées puis dorées) et de riches pigments appliqués en glacis sur la feuille d'or pour créer une surface somptueuse ressemblant à de la tapisserie. Les motifs complexes, les matériaux élaborés et la technicité du traitement de l’or sont caractéristiques des œuvres de Gentile, célébrées pour leur raffinement et très recherchées par d’éminents mécènes de toute la péninsule italienne.
Gentile a peint cette œuvre pour sa ville natale, Fabriano, dans les Marches, probablement pour une confrérie associée à l'église San Francesco. À l'origine, le panneau était à double face et servait d’étendard de procession lors des défilés honorant la Vierge Marie. Avant 1827, le panneau était scié au milieu pour créer deux tableaux ; le verso, représentant la stigmatisation de Saint François, est maintenant dans la collection de la Fondazione Magnani-Rocca, Parme, Italie. » (Commentaire J. Paul Getty Museum)

Gentile da Fabriano. La Stigmatisation de saint François (1415)

Gentile da Fabriano. La Stigmatisation de saint François (1415). Tempera sur bois, 89 × 65 cm, Fondazione Magnani-Rocca, Traversetolo. Ce panneau formait à l’origine le verso du Couronnement de la Vierge conservé au J. Paul Getty Museum de Los Angeles (voir ci-dessus). En prière sur le mont Alverne, saint François d’Assise reçoit les stigmates du Christ, apparu dans le ciel sous la forme d'un séraphin, créature céleste ailée. Les stigmates sont des blessures qui imitent celles du Christ en croix, chez une sainte, un saint ou même chez une personne qui n'est pas déclarée telle par l'Eglise.

 

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Gentile da Fabriano

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