Jean-Baptiste-Marie Pierre

Cliquer sur les images ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.

 

 

Patrick AULNAS

 

Portrait

 

Guillaume Voiriot. Jean-Baptiste-Marie Pierre (v. 1759)

Guillaume Voiriot. Jean-Baptiste-Marie Pierre (v. 1759)
Huile sur toile, 130 × 97 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Biographie

1714-1789

Né à Paris le 6 mars 1714, Jean-Baptiste-Marie PIERRE est le fils de Jean PIERRE (1681-1747), marchand orfèvre, et de Marie Marguerite Godeheult. Issu d’un milieu aisé et résidant à Paris, son apprentissage artistique en est facilité. Il peut suivre les cours de l’Académie royale de peinture et de sculpture où il est l’élève de Nicolas Bertin (1667-1736) et de Charles Natoire (1700-1777), peintres d’histoire. Il obtient le Premier grand prix de Rome dès 1734, à l’âge de vingt ans, avec Dalila coupe les cheveux à Samson. Il peut ainsi séjourner à l'Académie de France à Rome comme pensionnaire du roi de 1735 à 1740. Cette académie est dirigée au cours de cette période par Nicolas Vleughels (1668-1737), puis par Pierre de L'Estache (1688-1774) et enfin par Jean-François de Troy (1679-1752). Jean-Baptiste-Marie Pierre y est très apprécié et réalise plusieurs toiles mythologiques : Le repos de Bacchus (1739), Le supplice de Prométhée 1739).

Il revient à Paris en 1740 et il est reçu comme académicien en 1742 avec pour morceau de réception Diomède, roi de Thrace, tué par Hercule, est dévoré par ses propres chevaux.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diomède, roi de Thrace, tué par Hercule, est dévoré par ses propres chevaux (1742)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diomède, roi de Thrace, tué par Hercule, est dévoré par ses propres chevaux (1742)
Huile sur toile, 195 × 140 cm, musée Fabre, Montpellier.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre connaît dès lors le succès aussi bien dans les scènes de genre que dans la peinture mythologique et religieuse, encore considérée comme le genre le plus prestigieux. Cette réussite s’accompagne des honneurs académiques. Il est nommé professeur à l’Académie en 1748, recteur-adjoint en 1768 et devient directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture de 1770 à sa mort en 1789.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’agneau préféré (v. 1758)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’agneau préféré (v. 1758)
Huile sur toile, 90 × 100 cm, Indianapolis Museum of Art
.

 

Il exerce également d’autres fonctions prestigieuses. Premier peintre du duc d’Orléans en 1752, il succède à François Boucher comme Premier peintre du Roi de 1770 à 1789. Il devient également administrateur de la manufacture des Gobelins et garde des tableaux du Roi au Louvre en 1777.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Bacchanale (1747)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Bacchanale (1747)
Huile sur toile, 114 × 146 cm, musée Crozatier, Le Puy-en-Velay.

 

Toutes ces fonctions permettent à Jean-Baptiste-Marie Pierre d’exercer une influence importante sur l’évolution de l’art de son époque. Mais, accaparé par son activité administrative, sa production artistique devient quantitativement très faible à partir de sa nomination comme Premier du roi et directeur de l’Académie en 1770.

Ce grand peintre du style rococo aura la chance de ne pas connaître les bouleversements politiques de la fin du siècle. Il meurt à Paris le 15 mai 1789 à l’âge de 75 ans.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Naïades et dauphins (1762-65)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Naïades et dauphins (1762-65)
Plume et encre brune avec lavis brun et gouache blanche sur papier beige, 23,6 × 32,1 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

Œuvre

Jean-Baptiste-Marie Pierre peut être rattaché au style rococo, dominant en France sous le règne de Louis XV, bien qu’à la fin de sa carrière apparaisse le style néoclassique. Peintre polyvalent, il reste dans l’histoire comme un grand artiste dans le domaine des scènes mythologiques et religieuses et des scènes de genre. Il n’atteint pas historiquement le statut de grand maître du rococo réservé à François Boucher, mais lui ayant succédé comme Premier peintre du roi, il fut très célèbre de son vivant.

Ses grandes scènes mythologiques et religieuses témoignent d’une maîtrise des compositions complexes et d’un art de la couleur et de la lumière réservé aux plus grands créateurs. L’importance qu’il accorde au dessin et à l’équilibre classique permet de le considérer comme un devancier des peintres néoclassiques.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’Adoration des bergers (1745)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’Adoration des bergers (1745)
Huile sur toile, 279 × 355 cm, Détroit Institute of Art.

 

A cet égard, il est intéressant de comparer cette Adoration des bergers avec celle de l’un des maîtres du classicisme français, Charles le Brun. Les éléments communs de composition sont évidents : lumière centrale, ciel très animé, gestuelle des bergers et même physique de Joseph.

 

Charles Le Brun. L'adoration des bergers (1689)

Charles Le Brun. L'Adoration des bergers (1689)
Huile sur toile, 151 × 213 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Comme chez Boucher, la légèreté un tantinet provocatrice du rococo apparaît parfois chez Jean-Baptiste-Marie Pierre, avec une préciosité des poses proche du maniérisme.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diane et Callisto (1745-49)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diane et Callisto (1745-49)
Huile sur toile, 114 × 197 cm, musée du Prado, Madrid.

 

Les scènes de genre, peintes principalement entre 1735 et 1750, constituent un aspect important de l’œuvre. Ces tableaux peuvent être d’assez grandes dimensions.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Vieil homme dans une cuisine (v. 1745)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Vieil homme dans une cuisine (v. 1745)
Huile sur toile, 130 × 97 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

 

Un véritable réalisme social peut même apparaître, rare dans les arts graphiques avant le 19e siècle.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Famille de mendiants (v. 1735-37)

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Famille de mendiants (v. 1735-37)
Gravure sur cuivre, 16,5 × 11,1 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

Scènes mythologiques et religieuses

Jean-Baptiste-Marie Pierre. La mort d’Harmonie (1741)Jean-Baptiste-Marie Pierre. La mort d’Harmonie (1740-41). Huile sur toile, 197 × 148 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Le sujet de ce tableau, tiré de la mythologie antique – un récit du IIe siècle avant J.-C. mêlant succession dynastique, meurtre et sacrifice moral –, était presque aussi obscur pour le public de Pierre qu'il l'est pour nous aujourd'hui. Le guide du Salon de 1751, où Pierre exposait ce tableau, proposait une explication de ce qui y était représenté, preuve des inconvénients des sujets historiques complexes. Il est néanmoins facile d'apprécier la maîtrise de Pierre dans l'art de rendre le drame baroque à travers les poses, les expressions faciales et les drapés. Sa décision d'exposer le tableau dix ans après l'avoir réalisé a probablement été motivée par la publication de la gravure de Charles Nicolas Cochin en 1751. » (Commentaire MET)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diomède, roi de Thrace, tué par Hercule, est dévoré par ses propres chevaux (1742)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diomède, roi de Thrace, tué par Hercule, est dévoré par ses propres chevaux (1742). Huile sur toile, 195 × 140 cm, musée Fabre, Montpellier. Morceau de réception du peintre à L’Académie royale de peinture et sculpture.
« Le cruel Diomède, roi des Bistognes (Thrace), donnait les naufragés qui abordaient ses rivages à dévorer à ses chevaux. Pour le huitième de ses travaux, Hercule les dompte et leur livre Diomède en pâture. » (Commentaire musée Fabre).

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’Adoration des bergers (1745)Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’Adoration des bergers (1745). Huile sur toile, 279 × 355 cm, Détroit Institute of Art. Episode biblique concernant la naissance de Jésus-Christ à Bethléem. Les bergers proches de Bethléem sont informés par un ange de la venue du Sauveur. Ils se rendent à la crèche pour se prosterner devant l’Enfant Jésus. Cette composition rococo associe mouvement, lumière et couleurs parfaitement choisies. L’éclairage central, venant de l’Enfant Jésus, a souvent été utilisé, de même que les putti ou angelots observant la scène.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diane et Callisto (1745-49)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Diane et Callisto (1745-49). Huile sur toile, 114 × 197 cm, musée du Prado, Madrid. Cet épisode de la mythologie antique, souvent illustré par les peintres, figure dans les Métamorphoses, livre II, d’Ovide. Callisto est la suivante préférée de Diane, la déesse de la chasse. Diane, vierge, imposait à ses suivantes de le rester également. Mais Jupiter tombe amoureux de Callisto et réussit à s'unir à elle en se déguisant en Diane. Callisto étant enceinte, Diane la tue. Jupiter emmène alors le corps de Callisto et le place dans les constellations sous le nom de Grande Ourse. Le peintre représente ici le moment de la tromperie initiale, lorsque Callisto s'abandonne à Jupiter déguisé en Diane. La mythologie permet donc de représenter une relation physique saphique, qui n’aurait pu être acceptée sans ce prétexte.
« Dans l'œuvre de Pierre, cette toile peut être mise en relation avec la Bacchanale du musée du Puy, datant de 1747. Ces deux tableaux rappellent l'exécution de Boucher, bien que Pierre crée des volumes plus plats et que l'atmosphère soit moins chaleureuse, tout comme les couleurs, qui tendent à être plus unies et émaillées. » (Commentaire musée du Prado)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Aurore et Tithon (1747)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Aurore et Tithon (1747). Huile sur toile, 163 × 194 cm, Musée Sainte-Croix, Poitiers. « Au petit matin, la déesse Aurore, encore nue, s'élance pour accomplir sa mission quotidienne : elle doit ouvrir les portes du jour, en dispersant des roses. Elle quitte la couche conjugale où son époux Tithon tente de la retenir encore. Deux putti l'accompagnent et la drapent, tandis qu'un troisième renverse l'urne des songes.
Aurore – Eos dans la mythologie grecque – est la sœur d'Hélios, le Soleil, et de Séléné, la Lune. Son mythe diffère quelque peu dans les textes antiques. Homère l'appelle la déesse "aux doigts de roses". Séduite par Tithon, prince troyen dont elle conçoit deux fils, elle obtient pour lui l'immortalité mais oublie de la subordonner à une éternelle jeunesse : condamné à vieillir sans fin, il se transforme en cigale, selon certaines sources.
L'épisode choisi par Jean-Baptiste Pierre est rarement représenté dans l'art : il peint Tithon en jeune homme vigoureux, au lieu de le montrer en époux vieillissant délaissé par la déesse que d'autres éphèbes séduisent. A peine réveillé, Tithon semble la laisser partir accomplir sa tâche matinale à regret. » (Commentaire Alienor.org)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Bacchanale (1747)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Bacchanale (1747). Huile sur toile, 114 × 146 cm, musée Crozatier, Le Puy-en-Velay. Dans l’Antiquité romaine, les Bacchanales étaient des fêtes religieuses célébrant le culte de Bacchus, dieu du vin, de l’ivresse et des débordements. Ces fêtes se déroulaient de nuit et hommes et femmes y participaient. Elles donnaient lieu à des débordements et à des scènes de débauche et furent interdites par le Sénat de Rome en 186 avant J.-C.
J-B-M Pierre représente l’aspect mythologique de ces réjouissances qu’il situe en pleine nature. Autour de la statue de Bacchus, des bacchantes et des satyres ivres vénèrent leur dieu en disposant des fleurs, en buvant ou en dansant. Un satyre courtise une bacchante. Satyres et bacchantes peuvent être dotés de jambes de cheval.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’enlèvement d’Europe (v. 1757)Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’enlèvement d’Europe (v. 1757). Huile sur toile, 51 × 69 cm, Museum of Fine Arts, Houston. Mythologie grecque. Europe est la fille du roi de Tyr, ville de Phénicie (actuel Liban). Zeus, métamorphosé en taureau, la rencontre sur une plage de Sidon. Europe s'approche de lui et est alors emmenée sur l'île de Crète. Sous un platane, elle s’accouple à Zeus (redevenu humain pour la circonstance !). Des enfants naissent et les péripéties divines se poursuivent. Attribué à JBM Pierre par le musée de Houston, cette composition est stylistiquement atypique dans l’œuvre du peintre. Vaguement impressionniste par son arrière-plan, située dans un cadre exotique avec palmiers, elle conserve cependant un esprit rococo.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. La Déposition de croix (1761)Jean-Baptiste-Marie Pierre. La Déposition de croix (1761). Huile sur toile, 400 × 330 cm, cathédrale Saint-Louis, Versailles. Après la crucifixion de Jésus-Christ, son corps est descendu de la croix par Joseph d'Arimathie et Nicodème (descente de croix) puis déposé (déposition du Christ) pour être remis à sa mère Marie. Ce thème récurrent de l’art occidental est en général traité en mettant en scène la dramatisation par des artifices visuels : ciel nuageux, vent, position des personnages. L’artiste ne renouvelle pas cette manière.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Mercure amoureux de Hersé (1763)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Mercure amoureux de Hersé (1763). Huile sur toile, 320 × 320 cm, musée du Louvre, Paris. Le titre complet est Mercure amoureux de Hersé, change en pierre Aglaure qui voulait l'empêcher d'entrer chez sa sœur. Mercure (à droite, reconnaissable à son casque ailé) cherche à pénétrer chez Hersé (assise à gauche) qui l’attend pour un rendez-vous galant. Hersé est une déesse, fille de Jupiter. Aglaure (à droite, tombée à terre), jalouse de sa sœur, cherche à s’interposer. Mercure utilise alors son caducée, une baguette entourée de deux serpents entrelacés, pour la changer en pierre. La scène est évoquée par Ovide dans les Métamorphoses.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. La tentation d’Ève (1745-89)Jean-Baptiste-Marie Pierre. La tentation d’Ève (1745-89). Huile sur toile, 49 × 58 cm, collection particulière. Selon l’Ancien Testament (Genèse 3), un serpent incite Ève à manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle en donne également à Adam. Tous deux prennent alors conscience qu’ils vivent nus dans le jardin d’Éden et commencent à se cacher l’un de l’autre. Cette Chute en fait des humains ordinaires soumis au mal.
JBM Pierre représente l’instant de la tentation, avec le serpent enroulé autour des jambes d’Ève. La position de la figure et son regard illustrent la tentation. Adam reste encore pur puisqu’il dort. Le mythe de la femme tentatrice, propre aux trois monothéismes, apparaît ici de façon caricaturale.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Danaé (1745-89)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Danaé (1745-89). Huile sur papier marouflé sur toile, 41 × 55 cm, collection particulière. Danaé est la fille d’Acrisios (roi d’Argos) et d’Eurydice. Elle est emprisonnée par son père, mais Zeus parvient à se présenter à elle pour la séduire sous la forme d’une pluie d'or. De cette union naît un fils, Persée, l’un des grands héros de la mythologie grecque. Le mythe de la pluie d’or sur le corps de Danaé sera exploité jusqu’au 20e siècle par des peintres en mal d’inspiration (par exemple Gustav Klimt, Danaé, 1907)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Les Vendanges ou Le Triomphe de Bacchus (1768-89)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Les Vendanges ou Le Triomphe de Bacchus (1768-89). Huile sur toile, 277 × 252 cm, musée du Louvre, Paris.  Bacchus est un Dieu romain correspondant à Dionysos dans la mythologie grecque. C'est le dieu du vin, de l’ivresse, des débordements, notamment sexuels, ainsi que de la nature. La scène représentée est une bacchanale, fête en l’honneur de Bacchus. Les bacchantes, adoratrices du dieu, toujours dénudées, profitent ici de l’abondance des vendanges.

 

 

Scènes de genre et paysages

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Danse champêtre (1735-40)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Danse champêtre (1735-40). Huile sur toile, 61 × 77 cm, collection particulière. « Lauréat d’un prix de peinture à l’Académie en 1734, ce succès valut à Pierre un séjour à l’Académie de France à Rome en tant que pensionnaire du roi de 1735 à 1740, sous la direction de Nicolas Vleughels puis Jean-François de Troy. La présente peinture a été réalisée pendant le séjour de l’artiste à Rome. » (Commentaire WGA)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Une maîtresse d'école (1741)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Une maîtresse d'école (1741). Huile sur toile, 131 × 96 cm, musée d'Art et d'Histoire, Auxerre. Ce tableau, de grandes dimensions pour une scène de genre du 18e siècle, fut présenté au Salon de 1741. Il fut largement diffusé sous la forme d’une gravure réalisée en 1743 par Anne Claude de Caylus et Etienne Fessard.

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Marchands sur un marché romain (1740-50)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Marchands sur un marché romain (1740-50). Huile sur toile, 73 × 92 cm, collection particulière. « Bien qu'il ait suivi une formation de peintre d'histoire, Pierre réalisa plusieurs “bambochades” après son retour à Paris depuis Rome en 1740, et exposa plusieurs de ces scènes paysannes dans les salons tout au long de la décennie. Un dessin de Pierre (reproduit dans D. Aaron, J.B.M. Pierre, Cahiers du dessin français, n° 9, fig. 38) pour une Allégorie de l'hiver (1749) représente, à l'envers, le même personnage d'un garçon soufflant sur les flammes du poêle que l'on trouve au premier plan du présent tableau. » (Commentaire Christie’s)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Berger jouant de la flûte (1740-50)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Berger jouant de la flûte (1740-50). Huile sur toile, 79 × 126 cm, collection particulière. « Le format et la pose du berger indiquent qu'il s'agit d'un dessus-de-porte. Le tableau revient à deux mains différentes :  Pierre pour la figure centrale, le tronc de l'arbre et le feuillage, et le paysage de part et d'autre à un autre peintre, peut-être plus tardif. On peut émettre l'hypothèse que la toile ait été laissée inachevée, peut-être passée dans la vente du fonds d'atelier de Pierre d'août 1789 (sans catalogue, mais l'inventaire après décès mentionne plusieurs toiles ébauchées, sans mention du sujet). » (Commentaire Cabinet Turquin, Paris)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Vieil homme dans une cuisine (v. 1745)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Vieil homme dans une cuisine (v. 1745). Huile sur toile, 130 × 97 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. Dans des nuances d’ocre, de marron et de gris, le peintre évoque la vieillesse d’un homme du peuple, assisté par une femme plus jeune. Il tient un grand bâton lui permettant de marcher. Sa lassitude exprime toutes les fatigues que la vie lui a imposées. C’est aussi une composition sur l’attente de la mort.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Un pont (1749)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Un pont (1749). Huile sur toile, 59 × 73 cm, musée du Louvre, Paris.  Le Louvre indique : « Dit autrefois Village italien ». Cette scène de genre paysagère provient du séjour à Rome du peintre dans la décennie 1730-1740. La composition réalisée en atelier, probablement sur la base de dessins, assemble de nombreux éléments (gardiens de troupeau, statue, maisons, pont, arbre, embarcation, château fort) saisis en plan rapproché. Une fuite vers l’horizon a été laissée sur la gauche pour donner un peu profondeur.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’agneau préféré (v. 1758)Jean-Baptiste-Marie Pierre. L’agneau préféré (v. 1758). Huile sur toile, 90 × 100 cm, Indianapolis Museum of Art. « De 1752 à 1770, Pierre fut premier peintre du duc d’Orléans et travailla également pour la famille royale, succédant à François Boucher comme premier peintre du roi en 1770. Il appliquait son talent flexible à des scènes religieuses, mythologiques et allégoriques, ainsi qu’à la vie rurale. L’agneau préféré puise dans tous ces domaines d’expertise et pourrait représenter un fantasme de la vie rurale ou une allégorie de l’humilité. Les contemporains de Pierre louaient son équilibre entre légèreté et sérieux, évitant à la fois la frivolité et la lourdeur. Ici, l’expression calme de la femme et son regard réservé contrastent avec l’œil sauvage et la bouche grande ouverte du mouton, qui semble prêt à mâcher la guirlande. » (Commentaire Indianapolis Museum of Art)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Charité romaine (1745-89)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Charité romaine (1745-89). Huile sur toile, 126 × 95 cm, collection particulière. Sous le titre Charité romaine, de nombreux peintres ont représenté une anecdote extraite de plusieurs œuvres d’auteurs de l’Antiquité romaine, par exemple Pline l’Ancien (23-79). Cimon a été condamné à mourir de faim en prison. Sa fille Péro lui rend visite régulièrement, mais les gardiens s’assurent qu'elle ne lui apporte pas de nourriture. Pourtant, le vieillard ne meurt pas. Un gardien s'aperçoit alors que Péro donne le sein à son père. Celui-ci est alors libéré.
Ce sujet, extrait de la littérature antique, peut être considéré comme une scène de genre mythologique.

 

 

Dessins et gravures

Jean-Baptiste-Marie Pierre. La Mascarade chinoise (1735)Jean-Baptiste-Marie Pierre. La Mascarade chinoise (1735). Gravure sur cuivre, 30,5 × 42,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « L'une des gravures les plus abouties de Pierre, cette estampe commémore un événement qui s'est déroulé peu avant son arrivée à Rome, lorsque des étudiants français ont pris part aux festivités marquant la célébration du carnaval avant le Carême. Avec autant de faste que de fantaisie, les étudiants se sont déguisés en dignitaires chinois et ont rejoint le cortège le long du Corso, passant devant le Palazzo Mancini, le quartier général majestueux et central de l'Académie française à Rome. » (Commentaire MET)

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Famille de mendiants (v. 1735-37)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Famille de mendiants (v. 1735-37). Gravure sur cuivre, 16,5 × 11,1 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Image d’un mendiant en haillons correspondant à la réalité sociale de l’époque, probablement saisie en Italie. La misère n’était encore que rarement représentée dans toute sa crudité au 18e siècle.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Le Bal improvisé (1742)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Le Bal improvisé (1742). Gravure sur cuivre, 27 × 33,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. L’invitation à la danse ne se situe pas dans une riche demeure de la noblesse mais en plein air dans un cadre rappelant les scènes de genre de Watteau appelées fêtes galantes car elles représentaient des hommes courtisant des femmes dans un ambiance festive et champêtre.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. La fuite en Égypte (1735-89)Jean-Baptiste-Marie Pierre. La fuite en Égypte (1735-89). Encre brune et plume, lavis brun et pinceau, rehaussé de blanc, sur papier beige, 46,7 × 36,2 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l’ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Prévenu par un songe, Joseph s’enfuit en Égypte avec l’enfant Jésus et sa mère Marie. Ils y resteront jusqu’à la mort d’Hérode.

 

Jean-Baptiste-Marie Pierre. Naïades et dauphins (1762-65)Jean-Baptiste-Marie Pierre. Naïades et dauphins (1762-65). Plume et encre brune avec lavis brun et gouache blanche sur papier beige, 23,6 × 32,1 cm, National Gallery of Art, Washington. Dans la mythologie grecque, les naïades sont des nymphes aquatiques, déesses des fleuves et de l’océan. Elles sont parfois représentées avec des dauphins, présents dans l’iconographie depuis l’Antiquité grecque. Ce dessin remarquable est l’occasion pour l’artiste de traiter le mouvement des figures, emportées par les vagues, avec une grâce maniériste également présente dans ses peintures mythologiques.

 

 

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre :

Jean-Baptiste-Marie Pierre

 

Ajouter un commentaire