Nicolas Mignard

Cliquer sur les images ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.

 

Patrick AULNAS

 

Portraits

 

Nicolas Mignard. Autoportrait (1640-68)

Nicolas Mignard. Autoportrait (1640-68)
Huile sur toile, 67 × 53 cm, musée Calvet, Avignon.

 

 

Paul Mignard. Portrait de Nicolas Mignard (1672)Paul Mignard. Portrait de Nicolas Mignard (1672)
Huile sur toile, 158,5 × 126,5 cm, musée des Beaux-arts de Lyon.

 

Biographie

1606-1668

Nicolas Mignard naît à Troyes le 7 février 1606 dans une famille d’artisans (chapelier, passementier, bonnetier). Son grand-père, Pantaléon Mignard, était armurier. Il est le frère du peintre Pierre Mignard (1612-1695). Comme celle de son frère, sa formation se déroule d’abord dans sa ville natale, puis à Fontainebleau et à Paris. Le château de Fontainebleau, résidence royale, possédait des trésors artistiques qu’avait fait réaliser François 1er (1494-1547) par des artistes italiens et qui constituaient des modèles pour les peintres du 17e siècle. A Paris, le maître de Mignard est Simon Vouet, revenu en 1627 d’un long séjour en Italie.

Nicolas Mignard ayant trouvé des commanditaires à Lyon, s’installe quelque temps dans cette ville puis descend jusqu’à Avignon où un commanditaire, Paul de Fortia, seigneur de Montréal, le charge de décorer son hôtel. Il y peint dix-huit compositions inspirées su roman grec d’Héliodore d’Émèse, Les Amours de Théagène et Chariclée.

De 1635 à 1637, il séjourne à Rome, avec son frère Pierre, pour étudier les grands maîtres. Il copie en particulier les œuvres d’Annibal Carrache au palais Farnèse. Avant son voyage à Rome, Nicolas Mignard s’était épris d’une avignonnaise, Marguerite Apvril, qu’il épouse à son retour le 26 septembre 1637 à l’église Saint Agricol. Le peintre a alors trente-et-un ans et Marguerite Apvril vingt-huit. Mignard passera une grande partie de sa vie à Avignon et sera surnommé Mignard d’Avignon. Il acquiert une réputation de grand artiste en travaillant pour l’aristocratie et les institutions religieuses locales (églises, couvents). L’église de la Chartreuse de Villeneuve est décorée de ses peintures.

 

Nicolas Mignard. Sainte Anne, la Vierge enfant et un chartreux (1639)

Nicolas Mignard. Sainte Anne, la Vierge enfant et un chartreux (1639)
Huile sur toile, église Notre-Dame, Villeneuve-lès-Avignon.

 

A la mort de son beau-père, Pierre Apvril, sa fille Marguerite, épouse de Nicolas Mignard, devient par testament sa seule héritière. Les biens immobiliers comportent la salle du jeu de Paume, attenante à la maison familiale, et qui peut servir à l’occasion de salle de théâtre. Molière et sa troupe séjournent à plusieurs reprises à Avignon dans la décennie 1650 et utilisent cette salle pour leurs représentations théâtrales. Une amitié naît entre l’auteur, le peintre et son frère Pierre, présent à Avignon. C’est à cette époque que Nicolas Mignard peint un portrait de Molière.

 

Nicolas Mignard. Molière (1658)

Nicolas Mignard. Molière (1658)
Huile sur toile, 75 × 60 cm, musée Carnavalet, Paris.

 

En mars 1660, Louis XIV (1638-1715) séjourne deux semaines à Avignon. Le cardinal de Mazarin (1602-1661) lui présente Nicolas Mignard, dont les œuvres émerveillent les gentilhommes de la cour qui accompagnent le roi. Des portraits de ceux-ci, commencés pendant le séjour du roi à Avignon, arrivent à Paris quelques mois plus tard et suscitent l’admiration de tous. En octobre 1660, Mazarin avertit Mignard qu’il a ordre du roi de l’appeler à Paris. L’argent nécessaire au voyage lui est envoyé. Très attaché à Avignon, Nicolas Mignard doit cependant se résoudre à gagner la capitale car un tel honneur royal ne peut se refuser. Il ne reviendra plus à Avignon.

Fort heureusement, il retrouve son frère Pierre, qui vit à Paris. Mais le succès de Nicolas conduira à la rupture entre les deux frères. Le roi et la reine Marie-Thérèse (1638-1683) commandent leur portrait à l’artiste dès le début de la décennie 1660. Par la suite, les commandes de portraits affluent et empêchent pendant quelque temps le peintre de se consacrer aux scènes religieuses ou mythologiques. Le 3 mars 1663, Nicolas Mignard est admis comme conseiller à l’Académie royale de peinture et de sculpture et devient professeur l’année suivante.

 

Nicolas Mignard. Louis XIV (1664)

Nicolas Mignard. Louis XIV (1664)
Huile sur toile, 128 × 99 cm, Nationalmuseum, Gripsholm, Suède.

 

Louis XIV apprécie beaucoup le travail de Mignard. Il le charge de la décoration du petit appartement du roi au palais des Tuileries sur le thème de l’Histoire d’Apollon. Deux années sont nécessaires pour mener à bien ce décor. En 1667, la santé du peintre se dégrade, mais Louis XIV le charge de la décoration de sa chambre de parade (chambre où avaient lieu les cérémonies du lever et du coucher du roi). Mignard réalise les dessins mais, épuisé, ne parvient pas à les transformer en peintures.

Il meurt le 20 mars 1668 chez son ami Guillaume de Brisacier, ancien secrétaire d’Anne d’Autriche (1601-1666), la mère de Louis XIV.

 

Œuvre

L’œuvre de Nicolas Mignard comporte des scènes mythologiques et religieuses et des portraits. Beaucoup de ses tableaux sont conservés dans les églises d’Avignon et des environs. Il a fréquemment utilisé la gravure pour toucher un public plus large. Longtemps éclipsé par son frère Pierre dans l’histoire de l’art, il apparaît aujourd’hui comme un peintre important du 17e siècle.

Formé d’abord par Simon Vouet, qui l’influence dans ses premières œuvres, son séjour en Italie lui permet ensuite d’adhérer davantage au classicisme des Carrache qu’au baroque. Nicolas Poussin, présent à Rome, orientera définitivement le style de Nicolas Mignard vers la recherche de la composition très réfléchie, la modération chromatique et la référence à l’Antiquité. Il devient ainsi l’un des grands artistes du classicisme français, ce style inspiré des grands maîtres de la Renaissance italienne, à la recherche de la pureté intemporelle. Louis XIV ne s’y est pas trompé. Lorsqu’il découvre le travail de Nicolas Mignard, il lui enjoint de venir à Paris à son service.

 

Nicolas Mignard. L’enlèvement de Proserpine (1651)

Nicolas Mignard. L’enlèvement de Proserpine (1651)
Huile sur toile, 116 × 141 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Scènes mythologiques et religieuses

Nicolas Mignard. Saint Bruno en prière dans le désert (1638)

Nicolas Mignard. Saint Bruno en prière dans le désert (1638). Huile sur toile, 220 × 144,5 cm, Musée Calvet, Avignon. « Nicolas Mignard est tout sauf un peintre provincial isolé. En 1635, il part pour Rome dans la suite de l'ambassadeur de France Alphonse de Richelieu. Celui-ci est ancien chartreux et très attaché à la figure de saint Bruno, le fondateur de l’ordre. C’est peut-être pour flatter son puissant protecteur que Mignard réalise cette peinture, son premier chef d’œuvre. » (Commentaire Musée Calvet)
Bruno le Chartreux (v. 1030-1101), né à Cologne et mort à l’ermitage de la Torre, aujourd'hui chartreuse de Serra San Bruno en Calabre (Italie), est le fondateur de l'ordre des Chartreux.

Nicolas Mignard. Angélique et Médor (1639)

Nicolas Mignard. Angélique et Médor (1639). Huile sur toile, 87 × 76 cm, collection particulière. « Le sujet des amours d’Angélique et Médor est l’un des favoris des peintres du XVIIe siècle. Tiré du chant XIX du Roland furieux de l’Arioste (1474-1533), le tableau met ici en scène les deux amants, le guerrier sarrasin Médor et la princesse du Cathay Angélique, figurant le passage où il est décrit que le jeune homme, à chaque occasion, gravait les initiales entrelacées du couple pour témoigner de leur amour […]
Mignard les a figurés sous les traits et les atours de deux jeunes gens enlacés, vêtus à l’antique, dans un paysage idéal qui se clôt par un ciel azuréen. Tandis qu’il regarde avec amour Angélique, Médor grave l’écorce du tronc de leurs deux initiales de la pointe du couteau qu’il tient dans sa main droite.
Signée, datée et localisée à Avignon en 1639, l’œuvre se situe à un moment-clé de la carrière de l’artiste. Celui-ci est de retour à Avignon après avoir effectué un second séjour à Rome entre 1635 et 1637 (son premier séjour datait de 1628-1629). Ce séjour lui a permis d’être en contact avec les artistes présents à Rome à ce moment et particulièrement le plus grand d’entre eux, Nicolas Poussin, alors au sommet de sa gloire en Italie, et assailli de commandes prestigieuses. A son retour, Mignard tirera d’évidentes leçons de cette proximité avec celui-ci.
L’influence de Poussin est ici plus que jamais manifeste. Dans le classicisme assumé de la composition tout autant que par la volonté de référence à l’Antiquité, à travers les vêtements des deux jeunes amants, la tête de Médor directement inspirée de la sculpture gréco-romaine classique, ou encore la présence du Dieu-fleuve sur la droite de la composition, élément récurrent dans la peinture du maître des Andelys. Le paysage lui-même, savamment composé, est un écho à ceux exécutés par Poussin dans les années 1630. Mignard s’inspire également très certainement des œuvres de son aîné également tirées du Roland furieux ou de la Jérusalem délivrée, en particulier son Renaud et Armide, aujourd’hui à Dulwich (inv. DPG238), et qui date de la fin des années 1620.
La palette riche et généreuse du peintre, l’équilibre parfait de la composition, tout comme sa poésie silencieuse et pleine de noblesse, font de cette œuvre une des plus belles redécouvertes récentes pour la peinture classique française du milieu du XVIIe siècle. » (Commentaire Sotheby’s)

Nicolas Mignard. Sainte Anne, la Vierge enfant et un chartreux (1639)

Nicolas Mignard. Sainte Anne, la Vierge enfant et un chartreux (1639). Huile sur toile, église Notre-Dame, Villeneuve-lès-Avignon. Selon la tradition picturale, le peintre associe des figures bibliques (Saint Anne et sa fille Marie) et un moine de l’ordre religieux des Chartreux, en prière. Anne est la mère de la Vierge Marie dans le récit chrétien et donc la grand-mère de Jésus-Christ. Elle a pour époux Joachim. Les dimensions du tableau n’apparaissent pas dans la base Palissy (« dimensions non prises »).

Nicolas Mignard. La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock (1644)

Nicolas Mignard. La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock (1644). Huile sur toile, 273 × 212 cm, Musée Calvet, Avignon. « Peint pour la confrérie de Saint-Joseph à l’église des Petits-Carmes ou Carmes déchaux d’Avignon (actuel lycée Aubanel), saisi à la Révolution comme la plupart des tableaux des églises de la ville, cette magnifique toile hausse notre artiste au niveau des plus grands maîtres français de son temps, Simon Vouet et Philippe de Champaigne notamment. » (Commentaire musée Calvet)
Simon Stock (v. 1164-1265) est un moine de l’ordre du Carmel. Il a été un des premiers Généraux de l'ordre. Sa grande notoriété vient d'une vision qu'il aurait eue de la Vierge Marie lui remettant le scapulaire (pièce de tissu comportant des promesses des croyants).

Nicolas Mignard. Renaud et Armide (v. 1650)

Nicolas Mignard. Renaud et Armide (v. 1650). Huile sur toile, 152 × 198,5 cm, Musée d’Art Fuji, Tokyo. « Cette légende est tirée d’un épisode de La Jérusalem délivrée du Tasse, ouvrage paru en 1581. Le chevalier croisé Renaud, en route pour Jérusalem, est séduit par Armide, jeune sarrasine, dépitée d’avoir rendu amoureux tous les croisés sauf le jeune Renaud. Grâce à un sortilège, elle parvient à le rendre amoureux et le garde prisonnier de ses charmes, mais elle sera alors partagée entre l’amour qu’elle porte au jeune homme et la fureur d’avoir dû utiliser un charme pour parvenir à ses fins. » (Selon musée du Louvre)
Mignard a représenté les amoureux avec Cupidon. Renaud observe les yeux d’Armide et Armide se regarde dans le miroir que lui tend Renaud. Au fond, deux chevaliers sont venus secourir Renaud tombé sous le charme d’Armide

Nicolas Mignard. Vénus et Adonis (v. 1650)

Nicolas Mignard. Vénus et Adonis (v. 1650). Huile sur toile, 273 × 177 cm, Minneapolis Institute of Art. « Dans la mythologie grecque, Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté, adorait le beau mortel Adonis. Elle le met en garde contre les dangers de la chasse, mais il ignore ce conseil et il est tué par un sanglier. Ici, il se met en route avec ses chiens, une lance à la main. Elle le supplie de rester. Le cœur brisé par sa mort, elle transformera son sang en anémones, les fleurs fragiles visibles dans l’ombre derrière elle.
Cette composition monumentale avec des personnages idéalisés et à moitié vêtus correspond au style classique français, dominant dans les années 1600. Coloriste doué, Mignard a utilisé des combinaisons de couleurs audacieuses et une palette lumineuse pour un effet brillant dans les draperies d’Adonis et le baldaquin violet au-dessus de Cupidon. » (Commentaire Minneapolis Institute of Art)

Nicolas Mignard. L’enlèvement de Proserpine (1651)

Nicolas Mignard. L’enlèvement de Proserpine (1651). Huile sur toile, 116 × 141 cm, musée du Louvre, Paris. Proserpine, fille de Jupiter et de Cérès, déesse de l’agriculture, cueillait des fleurs en compagnie de ses amies. C’est à ce moment que Pluton, dieu des enfers l’enlève. Elle passera désormais six mois aux Enfers, au cours desquels le chagrin de Cérès fera mourir les plantes sur la terre (automne, hiver), puis six mois avec sa mère dont la joie fera renaître les végétaux (printemps, été). Le mythe romain provient du mythe grec (Déméter = Cérès, Zeus = Jupiter, Perséphone = Proserpine, Hadès = Pluton).
« Le tableau a été peint en Avignon, mais Nicolas Mignard s’y inspire d’œuvres qu’il a vues à Rome lors de son séjour de 1635-1636 : le groupe principal dérive directement en effet de L’Enlèvement de Proserpine de Bernin (Rome, galerie Borghèse, 1622). L’artiste s’inspire également de figures du célèbre groupe antique des Niobides pour les compagnes de Proserpine à gauche. Mais L’Enlèvement de Proserpine de Nicolas Mignard relève surtout d’un classicisme dépendant des Carrache et de leurs suiveurs romains, notamment le Dominiquin et l’Albane. L’œuvre est dans un état de conservation remarquable. La touche est préservée, avec des empâtements visibles dans la roue du char de Pluton ou dans les flammes du volcan en haut à gauche. Le soin accordé à l’élaboration de la composition est attesté par au moins quatre dessins préparatoires, dont deux sont conservés au département des Arts graphiques du musée du Louvre (RF 36870 recto pour la compagne de Proserpine fuyant les bras levés à l’extrémité gauche ; RF 36870 verso pour la compagne de Proserpine agenouillée) (N. Milovanovic, 2021). » (Commentaire musée du Louvre)

Nicolas Mignard. Le mariage mystique de sainte Catherine (1651)

Nicolas Mignard. Le mariage mystique de sainte Catherine (1651). Huile sur toile, 240 × 190 cm, musée Pierre de Luxembourg, Villeneuve-lès-Avignon. « Dans un décor à l’antique, l’Enfant Jésus assis sur sa mère passe un anneau au doigt de Catherine d’Alexandrie et lui présente la couronne de martyr et de vierge. L’ange qui l’accompagne et saint Joseph accoudé forment les côtés d’un grand triangle dans lequel s'inscrivent les personnages. La composition reprend une peinture aujourd'hui disparue de Jacques Blanchard vers 1630, connue par une gravure de Ciartès. Selon la tradition, Catherine conclut un "mariage mystique" avec Jésus au moment de sa conversion. Chrétienne, elle est condamnée à être déchiquetée par une roue garnie de pointes. Mais la roue se brise lorsqu’on la met en marche, ce qu’évoque le fragment de bois ferré au pied de la sainte. Elle subit alors le martyr par décapitation. Aussi tient-elle dans sa main gauche la palme des martyrs. D'après la légende, Mignard se serait représenté sous les traits de saint Joseph et aurait pris sa femme comme modèle pour figurer la Vierge. Mais le portrait de l'artiste qu'a fait son fils Paul n'incite guère à le croire. » (Commentaire base Joconde)

Nicolas Mignard. Annonciation avec Charles Borromée (1652)

Nicolas Mignard. Annonciation avec Charles Borromée (1652). Huile sur toile, 150 × 165 cm, musée Pierre de Luxembourg, Villeneuve-lès-Avignon. « Cette œuvre copie une toile de Guido Reni que possédaient les chartreux et qui a disparu au XIXe siècle. La Vierge assise est surprise par l’archange Gabriel qui lui annonce sa prochaine maternité. Au centre, est agenouillé Charles Borromée, archevêque de Milan, mort en 1584 et canonisé en 1610. Le saint est connu pour son héroïque conduite lors de l'épidémie de peste. Mais, en chartreuse, c'est sa vie de désintéressement et de dévotion, sans cesse rendue plus vraie par un ascétisme réfléchi, qui lui vaut d'être cité en exemple, bien qu'il ne soit pas contemplatif. » (Commentaire base Joconde)

Nicolas Mignard. Le berger Faustulus amenant Romulus et Rémus à sa femme (1654)

Nicolas Mignard. Le berger Faustulus amenant Romulus et Rémus à sa femme (1654). Huile sur toile, 150 × 146 cm, Dallas Museum of Art. « Le tableau de Mignard est typique de l’esthétique classique italianisante qui domine dans la France du XVIIe siècle, révélant l’impact profond du grand maître de l’époque, Nicolas Poussin. Le sujet est tiré de l’épisode mythologique romain des jumeaux Romulus et Remus, qui furent allaités par une louve, sauvés par un berger et qui survécurent pour fonder la ville de Rome. La représentation par Mignard du berger Faustulus remettant les jumeaux aux soins de sa femme est caractérisée par la précision et la clarté. Les personnages, avec leurs poses nettes, leurs silhouettes distinctes et leur peau d'une blancheur laiteuse, sont traités comme un relief de marbre classique. Le paysage idéalisé de Mignard comprend de fins détails tels que les gestes tendres, les regards attentifs des hommes et des bêtes, et les deux colombes blanches sur le toit de la cabane du berger. » (Commentaire Dallas Museum of Art)

Nicolas Mignard. La Pietà (1655)

Nicolas Mignard. La Pietà (1655). Huile sur toile, 124,8 × 151,5, musée Calvet, Avignon. Nicolas Mignard (1606-1668) a peint essentiellement des scènes religieuses. « Ce tableau poignant montre le moment précis de la Déploration sur le Christ mort : la Vierge pâmée, entourée de saint Jean l’Evangéliste, le disciple préféré, et de Marie Madeleine, à qui le Ressuscité apparaîtra bientôt. » (Commentaire Musée Calvet)

Nicolas Mignard. Le jugement de Midas (1667)

Nicolas Mignard. Le jugement de Midas (1667). Huile sur toile, 83 × 155 cm, Palais des Beaux-arts de Lille. « Le roi Midas est un personnage de la mythologie grecque. Il est connu pour avoir demandé en récompense d’un service à Dionysos, le dieu du vin, le pouvoir de changer en or tout ce qu’il touchait. Pas très malin, puisqu’évidemment, sa nourriture aussi se transformait en or. Il ne pouvait donc plus s’alimenter ! Dionysos lui dit alors de se laver dans le fleuve Pactole pour se débarrasser de cet ennuyeux pouvoir, d’où l’expression "toucher le pactole".
Le peintre Nicolas Mignard met en scène un épisode moins connu de la vie de Midas. Celui-ci, au centre, est choisi comme juge lors d’un concours de musique. Il doit désigner qui est le meilleur musicien entre le dieu Apollon, à gauche, et un personnage dont les jambes sont des pattes de bouc, à droite. Selon les versions, il s’agit du dieu Pan, ou du satyre Marsyas. Préférant la flûte de Pan/Marsyas à la lyre d’Apollon, Midas désigne de la main droite le premier comme vainqueur. Grossière erreur puisqu’Apollon est le dieu de la musique. Vexé, il va vouloir le faire payer ! Il tend alors la main vers Midas, comme s’il lui lançait un sort.
Observez maintenant la tête de Midas : de chaque côté de sa tête apparaissent des oreilles d’âne. Cela lui apprendra à respecter le dieu de la musique !
Détail : le personnage à droite tient une flûte composée de plusieurs bois de roseau attachés ensemble. C’est ce que l’on appelle la flûte de Pan car, selon la mythologie grecque, c’est lui qui l’aurait inventée ! » (Commentaire PBA de Lille)

 

Portraits

Nicolas Mignard. Molière (1658)

Nicolas Mignard. Molière (1658). Huile sur toile, 75 × 60 cm, musée Carnavalet, Paris. Molière (1622-1673) apparaît ici dans le rôle de César dans la tragédie de Pierre Corneille La Mort de Pompée, jouée pour la première fois, au théâtre du Marais, pendant l’hiver 1643-1644.

Nicolas Mignard. Portrait of Scipion du Roure, âgé de trente ans (1658)

Nicolas Mignard. Portrait of Scipion du Roure, âgé de trente ans (1658). Huile sur toile, 67 × 53 cm, collection particulière. « Scipion du Roure est officier au régiment d’Auvergne. Il fait la campagne d’Italie et acquiert des biens immobiliers dans l’île de Camargue qui portent encore son nom.
Des inscriptions à l’encre sur un papier collé au revers de la toile d’origine précisent que Scipion du Roure épouse le 1er octobre 1650 Domergues de Danger à Uzès. Ils ont quatre enfants : Nicolas du Roure, né le 15 avril 1650, Louise du Roure née le 2 janvier 1665, Isabeau du Roure née le 11 janvier 1672 et Henri du Roure né le 24 décembre 1676. Le 3 février 1688 Scipion du Roure, pour légitimer trois enfants, nommés François, Marie et Marguerite, épouse en secondes noces, Marie Boissière, veuve d’Etienne Tourven, du lieu de Bouillargues. Les publications de ce mariage sont faites au mas de Tressauses, qui plus tard fut appelé différemment du nom de ses propriétaires successifs : le mas de Vidalon, le mas de Saxy, le mas d’Azegat. Quand Nicolas du Roure, le fils ainé de notre modèle acquiert le mas, ce dernier l’appela le mas du Roure, désignation qui lui est restée. » (Commentaire étude De Baeque)

Nicolas Mignard. Portrait présumé d’Armande Béjart (v. 1660)

Nicolas Mignard. Portrait présumé d’Armande Béjart (v. 1660). Huile sur toile, 60 × 50 cm, musée Carnavalet, Paris. Le modèle était autrefois identifié comme Hortense ou Marie Mancini. Un autre exemplaire est conservé au musée Granet, à Aix. Armande Béjart, comédienne, née à une date inconnue, est morte à Paris en 1700, été pendant onze ans l’épouse de Molière (1622-1673) qui a écrit pour elle de nombreux rôles.

Nicolas Mignard. Louis XIV (1664)

Nicolas Mignard. Louis XIV (1664). Huile sur toile, 128 × 99 cm, Nationalmuseum, Gripsholm, Suède. « Un ensemble de 18 portraits de Louis XIV, de la famille royale française et de membres de la noblesse de la cour est arrivé à Gripsholm en 1793 en provenance de Drottningholm, où ils se trouvaient depuis le XVIIe siècle. Les peintures sont des copies réalisées dans un atelier parisien non identifié en 17 à partir de divers originaux, à la fois d’autres peintures et gravures. Bien que la qualité des portraits varie, l’ensemble est unique et témoigne des relations étroites et amicales entre la Suède et la France dans l’Europe du XVIIe siècle. » (Commentaire Nationalmuseum)

Nicolas Mignard. Comtesse de La Fayette (1660-68)

Nicolas Mignard. Comtesse de La Fayette (1660-68). Huile sur toile, Haggerty Museum of Art, Marquette University. « Ce portrait de la comtesse de La Fayette a probablement été réalisé peu de temps après l'installation de l'artiste à Paris. Née Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, le modèle se maria en 1655 avec François Motier, comte de La Fayette, avec qui elle vécut dans son domaine jusqu'à leur séparation amicale et son retour à Paris. Avant et après son mariage, Madame de La Fayette jouissait de relations judiciaires solides et favorables et d'une place bien établie dans les cercles littéraires à la mode. Tout au long des années 1660, Madame de La Fayette publia plusieurs romans conventionnels, souvent de manière anonyme. Son chef-d'œuvre, La Princesse de Clèves, ne fut publié qu’en 1678. Il est souvent considéré comme le premier roman historique français et l’un des premiers écrits romanesques. » (Commentaire Google Arts & Culture)

 

Dessins et estampes

Nicolas Mignard. Pierre Dupuis (v. 1663)

Nicolas Mignard. Pierre Dupuis (v. 1663). Estampe sur papier, 31 × 23 cm, Bibliothèque nationale de France, Paris. Impression réalisée par Antoine Masson. Pierre Dupuis (1610-1682) est un peintre français spécialisé dans les natures mortes.

Nicolas Mignard. Marie-Thérèse d’Autriche (1664)

Nicolas Mignard. Marie-Thérèse d’Autriche (1664). Estampe sur papier, 49 × 42 cm, British Museum, Londres. Impression réalisée par Antoine Masson. « Portrait en buste de Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV, reine de France et de Navarre, dans un cadre ovale avec fleur de lys dans les angles. » (Commentaire British Museum)

Nicolas Mignard. Portrait de Simon Vouet

Nicolas Mignard. Portrait de Simon Vouet. Sanguine sur papier, 23 × 17 cm, musée du Louvre, Paris. « Annoté par Calvière, à la plume et encre brune, en bas à gauche, au recto : 'Mr Simon Voüet. parisien. / par Nicolas Mignard, davig. / son élève...' ; au verso, en bas à droite : 'Nicolas Mignard delin. et fecit'.
D'après l''Autoportrait' peint par Vouet vers 1627, Lyon.
Ce dessin reprend en le rajeunissant quelque peu l'autoportrait du musée de Lyon. Probablement l'œuvre d'un élève de Vouet, il témoigne de la diffusion des traits de Vouet, devenu de son vivant un "homme illustre" (D. Jacquot in cat d'exp. "Simon Vouet, les années italiennes (1613-1627)", Nantes, Besançon, 2008-2009, p. 105) » (Commentaire musée du Louvre)

Nicolas Mignard. Vue de Villeneuve-lès-Avignon prise de la rive

Nicolas Mignard. Vue de Villeneuve-lès-Avignon prise de la rive. Aquarelle, pierre noire sur papier, musée du Louvre, Paris. Villeneuve-lès-Avignon, qui jouxte aujourd’hui la ville d’Avignon, était au 17e siècle un village de pêcheurs situé au bord du Rhône, qui comportait une vaste chartreuse créée en 1356 par le pape Innocent VI.

Nicolas Mignard. La multiplication des pains

Nicolas Mignard. La multiplication des pains. Pinceau, encre grise, lavis gris, blanc (rehaut) sur papier, 12 × 16 cm, musée du Louvre, Paris. Plusieurs apôtres relatent dans les Evangiles deux épisodes de multiplication des pains par Jésus-Christ. Une grande foule (4000 à 5000 personnes) était venue car Jésus guérissait les malades. Il parvint à multiplier les quelques pains disponibles pour « rassasier » la foule entière. L’épisode permet de mettre en valeur le don, le partage et la générosité.

  

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre :

Nicolas Mignard

 

Ajouter un commentaire