Stefan Lochner

 
 

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Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne (v. 1442)

Technique mixte sur bois, centre 260 × 285 cm (centre), chaque aile 261 × 142 cm, cathédrale de Cologne.

 

Biographie

v. 1410-1451

La vie de Stefan Lochner (parfois écrit Stephan Lochner) est très mal connue. Il n’apparaît dans l’histoire de l’art qu’au 19e siècle lorsque l’historien allemand Johann Jakob Merlo (1810-1890) établit un lien entre une annotation figurant dans le journal de voyage d’Albrecht Dürer et le Retable des saints patrons de Cologne. Dürer avait noté dans son journal qu’il avait dû payer cinq pfennigs d’argent pour obtenir l’ouverture du retable réalisé par « Maister Steffan » et se trouvant alors dans la chapelle de l’Hôtel de ville. La recherche historique attribua ce retable à un certain Stefan Lochner, documenté à Cologne entre 1442 et 1451.

Aucune des œuvres de Lochner n’étant signée, il a fallu procéder aux attributions sur des critères techniques et stylistiques. Mais ce peintre de la fin de gothique international est désormais sorti de l’ombre.

 

 

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, panneau central (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, panneau central (v. 1442)

Technique mixte sur bois, 260 × 285 cm, cathédrale de Cologne.

 

Stefan Lochner est probablement né à Meersburg, petite ville située sur les bords du lac de Constance, à la frontière actuelle entre la Suisse et l’Allemagne. Il existe des documents évoquant son talent dès son plus jeune âge et les historiens supposent donc qu’il aurait appris à peindre avec un maître de la région du Haut-Rhin. Les peintres étaient à cette époque des artisans dont la formation relevait du compagnonnage. Ils devaient faire un voyage, le tour, pour fréquenter différents ateliers et se familiariser avec des pratiques professionnelles diversifiées. Selon les historiens, Lochner aurait pu entrer en contact avec les frères Limbourg, auteurs des Très Riches Heures du duc de Berry, l’un des chefs-d’œuvre du manuscrit enluminé de style gothique international. L’hypothèse a également été faite qu’il aurait travaillé avec Robert Campin, le Maître de Flémalle.

 

 

Stefan Lochner. La présentation au temple (1447)

Stefan Lochner. La présentation au temple (1447)

Technique mixte sur bois, 35,5 × 22,5 cm, musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne.

 

Pourquoi Lochner s’installe-t-il à Cologne ? La réponse est très simple. Au milieu du 15e siècle, la ville de Cologne est la plus importante et la plus riche du Saint-Empire romain germanique. Ville marchande et centre financier, elle dispose des ressources et des commanditaires pour la création artistique. Lochner accède rapidement au succès à Cologne car il apporte avec lui les innovations stylistiques et techniques de la peinture flamande : le réalisme de Campin et Van Eyk et la maîtrise de la peinture à l’huile. Les artistes plus anciens, cantonnés dans le gothique international, vont apparaître dépassés.

Les documents historiques font état d’un Stefan Lochner à partir de 1442. Il est marié à une certaine Lysbeth, mais rien n’indique que le couple ait eu des enfants. Il achète une maison à Cologne vers 1442 puis deux autres propriétés en 1444. Son succès artistique est donc attesté par cette bonne situation financière. En 1447, la guilde des peintres de Cologne le désigne comme représentant au conseil de la ville, ce qui suppose de devenir bourgeois de Cologne, c’est-à-dire citoyen de la ville, et de payer pour acquérir ce statut.

 

 

Stefan Lochner. Le jugement dernier (v. 1435)

Stefan Lochner. Le jugement dernier (v. 1435)

Technique mixte sur bois, 124,5 × 172 cm, Wallraf-Richartz-Museum, Cologne.

 

En 1451, une épidémie de peste se répand dans la région. Elle atteint Cologne et les victimes sont si nombreuses que le cimetière ne peut les accueillir toutes. De nombreux corps sont brûlés. Plus aucune trace de Stefan Lochner ni de sa femme n’apparaissent dans les documents de l’époque après 1451. Ils sont donc très probablement morts de la peste.

 

Œuvre

L’œuvre de Stefan Lochner apparaît comme l’alternative nordique à celle de Fra Angelico. Cet art transitoire entre le gothique international et l’art de la Renaissance conserve l’ingénuité du style ancien mais cherche cependant à utiliser les innovations autorisées par la technique de la peinture à l’huile. Certaines œuvres de Robert Campin et de Jan Van Eyck étaient connues à Cologne dès 1440 et ont suscité l’admiration.

Les détails végétaux (fleurs, feuilles) étaient déjà traités avec minutie par le gothique, mais les figures restaient très idéalisées, surtout lorsqu’elles concernaient la noblesse. Chez Lochner, l’influence flamande apparaît dans le réalisme des figures, dont l’expressivité constitue une innovation.

 

 

Stefan Lochner. Présentation au temple, détail (1447)

Stefan Lochner. Présentation au temple, détail (1447)

Hessisches Landesmuseum, Darmstadt

 

Lochner est aussi devenu célèbre pour le traitement des grandes capes ou manteaux dont il revêt ses personnages. Il marque fortement les plis des vêtements.

 

 

Stefan Lochner. Adoration de l'Enfant Jésus (1445)

Stefan Lochner. Adoration de l'Enfant Jésus (1445)

Technique mixte sur bois, 37,5 × 23,6 cm, Alte Pinakothek, Munich.

 

Mais l’ancien style gothique continue à influencer la création artistique pendant plusieurs décennies. L’expression de la piété, la seule thématique de Lochner, se développe dans une parfaite sérénité, car il est évident pour lui que l’art ne peut être qu’au service de la foi. Ce style « doux » ou « suave », caractéristique de l’école de Cologne à laquelle est traditionnellement rattaché l’artiste, constitue ce qu’il reste de l’influence gothique internationale. Son tableau le plus célèbre, La Vierge au buisson de roses, est particulièrement représentatif de la double filiation flamande et gothique.

 

 

Stephan Lochner. La Vierge au buisson de roses (v. 1440)

Stefan Lochner. La Vierge au buisson de roses (v. 1440)

Technique mixte sur bois, 51 × 40 cm, Wallraf-Richartz-Museum, Cologne.

 

La représentation du buisson de roses relève d’un vocabulaire pictural ancien, à vocation décorative, l’artiste ne cherchant pas la vérité de la nature. Lochner n’accède pas non plus aux arrière-plans végétalisés ou architecturaux qui donneront beaucoup de profondeur aux compositions flamandes ou italiennes plus tardives. Il en reste au fond or de la peinture byzantine.

 

Retable du jugement dernier

Ce retable a été démembré et il est aujourd’hui dispersé entre trois musées allemands. Le panneau central (Le jugement dernier) est au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne. Les faces intérieures et extérieures des deux volets latéraux ont été dissociées. Les faces intérieures (Le martyre des apôtres) se trouvent au Städel Museum de Francfort-sur-le-Main et les faces extérieures (saint Antoine, sainte Catherine, etc.) à la Alte Pinakothek de Munich.

Stefan Lochner. Le jugement dernier (v. 1435)

Stefan Lochner. Le jugement dernier (v. 1435). Technique mixte sur bois, 124,5 × 172 cm, Wallraf-Richartz-Museum, Cologne. Selon les traditions juive, chrétienne et musulmane, il s’agit du jour au cours duquel la divinité, après avoir ressuscité les morts, va classer les humains en damnés et justes. Les uns et les autres auront ensuite un sort distinct. Ce thème naïf, très populaire au Moyen Âge, permettait au peintre d’exercer sa créativité par de multiples scénettes plus ou moins apocalyptiques. Les humains, dans le bas monde, sont nus et de petite taille. Les anges et les apôtres appartiennent au domaine céleste et virevoltent sur les hauteurs. Au centre, le juge suprême. Le thème sera très utilisé dans la peinture flamande de la Renaissance, par exemple chez Rogier Van der Weyden (v. 1550) et Jérôme Bosch (v. 1504-08).

Stefan Lochner. Le martyre des apôtres (v. 1435)

Stefan Lochner. Le martyre des apôtres (v. 1435). Technique mixte sur bois, chaque panneau 121 × 81 cm, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main. Ces deux panneaux comportent douze scènes de 40 × 40 cm représentant chacune le martyre d’un apôtre.
« Ces deux panneaux se trouvaient autrefois dans l’église Saint-Laurent de Cologne. Les ailes latérales ont été démembrées et se trouvent aujourd’hui à la Alte Pinakothek de Munich. L’ensemble a probablement formé un retable avec le Jugement dernier du musée Wallraf-Richartz de Cologne. Les panneaux de Francfort témoignent autant du sens de la mise en scène de Lochner que de son goût pour les détails réalistes. Il ne recule pas devant des descriptions d'une cruauté choquante – il suffit d’observer, par exemple, le supplice de Barthélémy. » (Commentaire Städel Museum)

Stefan Lochner. Le martyre des apôtres, détail : saint Barthélémy (v. 1435)

Stefan Lochner. Le martyre des apôtres, détail : saint Barthélémy (v. 1435). Dans la religion chrétienne, Barthélemy est l’un des douze apôtres accompagnant Jésus-Christ. Selon la légende, il aurait été écorché vif, crucifié et décapité. Les détails concernant l’écorchement sont présentés. Il reste à savoir s’ils sont vraiment réalistes d’un point de vue médical. Le saint semble vivre la torture avec une relative quiétude. Mais il s’agit d’un saint…

Stefan Lochner. Saint Antoine l’Ermite, Cornelius et Marie-Madeleine avec donateur (v. 1445)

Stefan Lochner. Saint Antoine l’Ermite, Cornelius et Marie-Madeleine avec donateur (v. 1445). Technique mixte sur bois, 120 × 80 cm, Alte Pinakothek, Munich. Ce panneau faisait à l’origine partie d’un grand retable avec Le martyre des apôtres, actuellement à Francfort-sur-le-Main (ci-dessus), et Le jugement dernier, actuellement à Cologne (ci-dessus).
Antoine l’Ermite, à gauche, aurait vécu aux 3e et 4e siècles après J.-C. en Egypte. Selon la légende, le diable aurait cherché à le détourner de la voie du bien par des visions de plaisirs terrestres. Cette tentation de saint Antoine a été souvent illustrée. Le pape Cornelius (parfois Corneille en français) est le 21e pape, dont le bref pontificat se limite aux années 251 à 253 (attribut : la corne). Marie-Madeleine est un personnage du Nouveau Testament, disciple de Jésus-Christ. Le donateur inconnu, c’est-à-dire celui qui finance la réalisation de l’œuvre d’art, apparaît en petite taille et agenouillé.

Stefan Lochner. Sainte Catherine, saint Hubert et saint Quirin de Neuss avec donateur (v. 1445)

Stefan Lochner. Sainte Catherine, saint Hubert et saint Quirin de Neuss avec donateur (v. 1445).  Technique mixte sur bois, 120 × 80,4 cm, Alte Pinakothek, Munich. Ce panneau faisait à l’origine partie d’un grand retable avec Le martyre des apôtres, actuellement à Francfort-sur-le-Main (ci-dessus), et Le jugement dernier, actuellement à Cologne (ci-dessus).
Au 4e siècle, Catherine d’Alexandrie aurait tenté de convertir au christianisme l’empereur romain Maximien (vers 250-310). Après quelques péripéties, elle fut décapitée. Hubert de Liège (entre 656 et 658-727) est un saint chrétien, évêque de Tongres et de Maastricht. Il appartenait à l’aristocratie franque et renonça à sa passion de la chasse sur injonction divine. Quirinius était un officier de l’empereur romain Trajan qui se convertit au christianisme et fut supplicié en l’an 130. Il fut par la suite canonisé et le pape Léon IX offrit la relique principale du saint à la ville de Neuss (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) où se déroulait au Moyen Âge un pèlerinage en son honneur.

 

Retable des saints patrons de Cologne

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne (v. 1442). Technique mixte sur bois, centre 260 × 285 cm, chaque aile 261 × 142 cm, cathédrale de Cologne. Encore intitulé Retable de la tombe ou Retable des trois rois, ce triptyque a été commandé par le conseil de la ville pour la chapelle Sainte-Marie-de-Jérusalem de Cologne. Il a été transféré dans la cathédrale en 1810. Sur le panneau central, la Vierge sur un trône est entourée des rois mages. Chaque panneau latéral est consacré à un saint patron de la ville de Cologne.

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, panneau central (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, panneau central (v. 1442). Ce panneau représente une scène de la tradition chrétienne, l’Adoration des Mages, située immédiatement après la naissance de Jésus-Christ. Trois mages (astronomes) auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l’or, l’encens et la myrrhe. Suivant l’une des interprétations de l’épisode, Lochner a représenté des Rois Mages richement vêtus et accompagnés d’une suite nombreuse. La composition reste marquée par les caractéristiques de la peinture gothique : arrière-plan doré et perspective symbolique conduisant à représenter la taille des personnages en fonction de leur statut (la Vierge est beaucoup plus grande).

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, aile gauche (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, aile gauche (v. 1442). L’aile gauche représente sainte Ursule, sainte patronne de la ville de Cologne. La légende de Sainte Ursule a été fixée par Jacques de Voragine (v. 1228-1298), chroniqueur italien du Moyen Âge, archevêque de Gênes, dans son ouvrage, La Légende dorée, qui retrace la vie de nombreux saints. Ursule est une princesse des Cornouailles (Angleterre) du 3e ou 4e siècle qui fuit son prétendant. Pour cela, elle accomplit un pèlerinage de trois ans auprès de Saint Cyriaque de Rome. Capturée par les Huns à son retour, elle refuse d’épouser leur chef Attila et d’abjurer sa foi. Avec ses suivantes, les onze mille vierges (c’est une légende !), elle est alors criblée de flèches par les Huns qui assiègent Cologne.

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, aile droite (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, aile droite (v. 1442). L’aile droite représente l’autre saint patron de la ville de Cologne, saint Géréon, martyr du 3e siècle qui aurait appartenu à la légion thébaine dirigée par Maurice d’Agaune. Celui-ci refusa de massacrer les chrétiens d’une bourgade alpine (aujourd’hui Saint-Maurice). Ses soldats et lui-même furent martyrisés.

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, fermé (v. 1442)

Stefan Lochner. Retable des saints patrons de Cologne, fermé (v. 1442). En position fermée apparaît, au revers des panneaux latéraux, une Annonciation. L’archange Gabriel, à droite, annonce à la Vierge Marie (à gauche) la naissance prochaine du Christ (maternité divine de la Vierge selon le dogme chrétien).

 

Retable des quatre Pères latins de l'Église

Le panneau central de ce retable est perdu. Le volet de droite se trouve au Wallraf-Richartz Museum de Cologne et le volet de gauche à la National Gallery de Londres. Les Pères de l’Église sont « d’anciens écrivains chrétiens qui, par leurs œuvres, la valeur de leur doctrine, font autorité en matière de foi » (Encyclopédie Larousse). Quant aux pères latins, il existe plusieurs interprétations du terme. D’une manière générale, saint Augustin, saint Ambroise de Milan, saint Jérôme et saint Grégoire le Grand sont considérés comme les quatre pères latins de l’Église d’Occident. Ils figurent tous les quatre, parmi beaucoup d’autres personnages, sur les panneaux latéraux conservés.

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile droite, intérieur (v. 1450)

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile droite, intérieur (v. 1450). Technique mixte sur bois, 100,5 × 58 cm, Wallraf-Richartz Museum, Cologne. De gauche à droite saint Marc, sainte Barbara et saint Luc représentés dans une architecture gothique tout en conservant le fond or permettant de simuler le nimbe entourant les têtes des saints.
Marc et Luc font partie des douze apôtres qui accompagnaient le Christ. Ils ont tous deux rédigé un Évangile. Selon la légende chrétienne, Barbe (ou Barbara) aurait vécu au 3e siècle. Elle fut enfermée par son père dans une tour afin de la protéger du prosélytisme des chrétiens. Mais un prêtre pénétra dans la tour et la baptisa. Son père la livra au gouverneur romain et elle fut suppliciée.

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile droite, extérieur (v. 1450)

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile droite, extérieur (v. 1450). Technique mixte sur bois, 86 × 57,5 cm, Wallraf-Richartz Museum, Cologne. De gauche à droite, saint Ambroise, sainte Cécile et saint Augustin. Le donateur apparaît agenouillé et de petite taille.
Ambroise de Milan (340-397) fut évêque dans cette ville mais est également connu comme poète et écrivain. Augustin d’Hippone (354-430) est un philosophe et théologien chrétien dont l’œuvre a eu une influence déterminante sur le christianisme occidental. Selon la légende, sainte Cécile est issue d'une famille noble romaine mais, très jeune, voue sa vie à Dieu, fait vœu de virginité et meurt en martyre.

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile gauche, intérieur (v. 1450)

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile gauche, intérieur (v. 1450). Technique mixte sur bois, 68,6 × 58,1 cm, National Gallery, Londres. De gauche à droite, saint Matthieu, sainte Catherine d’Alexandrie et saint Jean. Saint Matthieu et saint Jean font partie des douze apôtres ayant accompagné le Christ et sont tous deux auteur de l’un des quatre Évangiles. Au 4e siècle, Catherine d’Alexandrie aurait tenté de convertir au christianisme l’empereur romain Maximien (vers 250-310). Après quelques péripéties, elle fut décapitée.

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile gauche, extérieur (v. 1450)

Stefan Lochner. Retable des quatre pères latins de l'Église, aile gauche, extérieur (v. 1450). Technique mixte sur bois, 68,6 × 59,9 cm, National Gallery, Londres. Ce panneau est très abîmé. De gauche à droite, saint Jérôme, une martyre non identifiée et saint Grégoire le Grand. Jérôme de Stridon (vers 347-420) est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l’Ordre Hiéronymite. Grégoire 1er, dit le Grand (v. 540-604), est un religieux qui devint pape en 590. Il est également écrivain et l’un des quatre pères latins de l’Église d’Occident avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme.

 

 

 

Diptyque

Ce diptyque de petite taille faisait à l’origine partie d’un autel pliant. Il a été démembré et se trouve pour partie au musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne, pour partie à la Alte Pinakothek de Munich. Selon le musée Calouste Gulbenkian, « l'épaisseur et les dimensions identiques des deux panneaux révèlent leur origine commune. »

Stefan Lochner. La présentation au temple (1447)

Stefan Lochner. La présentation au temple (1447). Technique mixte sur bois, 35,5 × 22,5 cm, musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne. Ce panneau est le volet gauche, face intérieure, du diptyque. Selon l’apôtre Luc, l’Enfant Jésus fut présenté au temple de Jérusalem où l’accueillit Syméon qui avait été averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ.
« Les personnages placés symétriquement, encadrés par des éléments architecturaux précis créant un effet monumental, sont disposés dans l'espace panoramique autour d'un petit autel central. Au premier plan, apparaît la Vierge et Anne la prophétesse, tandis que saint Joseph, qui se tient plus loin à l'arrière-plan, porte un panier contenant deux colombes, l'offrande des pauvres ordonnée par Moïse. Cette dernière figure est évoquée dans le vitrail montrant les Tables de la Loi. Le geste de l'enfant, touchant le cou de Siméon le Prêtre, adoucit la sévérité de l'ensemble.
L’utilisation d’une représentation réaliste, évidente dans le volume des personnages, les plis angulaires des vêtements, le traitement détaillé des pierres précieuses et la fissure dans la surface de la base de l’autel, permet de conclure que le peintre a été  en contact avec l'art pratiqué par les grands maîtres flamands contemporains. » (Commentaire musée Calouste Gulbenkian)

Stefan Lochner. Saint François recevant les stigmates (1447)

Stefan Lochner. Saint François recevant les stigmates (1447). Technique mixte sur bois, 35,5 × 22,5 cm, musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne. Ce panneau est le volet gauche, face extérieure, du diptyque. Saint François d’Assise (1181/82-1226) est le fils d’un riche drapier de la ville d’Assise (Ombrie) et le fondateur de l’ordre des frères mineurs ou ordre franciscain qui prêche la pauvreté et le respect de la création. A la fin de sa vie, il aurait, selon la légende, reçu les plaies du Christ crucifié ou stigmates.

Stefan Lochner. Adoration de l'Enfant Jésus (1445)

Stefan Lochner. Adoration de l'Enfant Jésus (1445). Technique mixte sur bois, 37,5 × 23,6 cm, Alte Pinakothek, Munich. Ce panneau est le volet droit, face intérieure, du diptyque. L’iconographie représente la scène de l’adoration de l’Enfant Jésus de diverses manières, le plus souvent avec des Mages appelés à le visiter. Ici, la Vierge est seule, agenouillée devant l’étable où est né l’Enfant. La composition conjugue un certain réalisme (plis du vêtement, cheveux de la Vierge, animaux, bois de l’étable) et une candeur caractéristique de l’idéalisation propre au style gothique.

Stefan Lochner. Crucifixion (1445)

Stefan Lochner. Crucifixion (1445). Technique mixte sur bois, 37,5 × 23,6 cm, Alte Pinakothek, Munich. Ce panneau est le volet droit, face extérieure, du diptyque. La Vierge et saint Jean apparaissent au pied de la croix sur laquelle le Christ vient d’être supplicié.

 

 

Autres compositions à l’huile

Stephan Lochner. La Vierge au buisson de roses (v. 1440)

Stefan Lochner. La Vierge au buisson de roses (v. 1440). Technique mixte sur bois, 51 × 40 cm, Wallraf-Richartz-Museum, Cologne. Le thème de la Vierge dans un jardin est célèbre dans la région du Haut-Rhin aux 15e et 16e siècles. Ces peintures recèlent toute une symbolique chrétienne reposant sur la pureté et la virginité (roses par exemple). La Vierge trône comme une reine et elle est entourée d’anges musiciens. Le fond or rappelle encore la peinture byzantine. Martin Schongauer et Hans Memling reprendront le thème de La Vierge au buisson de roses en 1473 et 1480 en accentuant le réalisme du buisson de roses.

Stefan Lochner. Crucifixion (v. 1440)

Stefan Lochner. Crucifixion (v. 1440). Technique mixte sur bois, 107,5 × 191,3 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg. Sur une scène étroite, la Vierge Marie et saint Jean l’Évangéliste se tiennent de chaque côté de la croix. A gauche de la Vierge apparaissent sainte Ursule et Marie-Madeleine et à droite de saint Jean, sainte Dorothée et saint Christophe.
Jean l’Évangéliste est un des douze apôtres du Christ dans la religion chrétienne.
Sainte Ursule serait, selon la légende, une princesse bretonne des Cornouailles du 3e ou 4e siècle.
Marie-Madeleine est un personnage du Nouveau Testament, disciple de Jésus-Christ.
Dorothée fut torturée et décapitée à Césarée en 311. Elle est la patronne des jardiniers et des fleuristes.
Saint Christophe a été confondu par la légende chrétienne avec un géant nommé Réprouvé qui aurait aidé le Christ enfant à traverser une rivière. Il est le saint patron des voyageurs. Christophe signifie en grec « porter le Christ ».
« Cette liste de saints renvoie probablement à leur popularité générale plutôt qu’à un lien avec les donateurs Andreas von Dallem et Gertrud Struyss, dont les armoiries sont posées contre les rochers du Golgotha ​​au pied de la croix […] Les figures gracieuses et enfantines, le modelé doux et les couleurs chaudes caractérisent le style de peinture de Lochner, le peintre le plus célèbre et le plus important de Cologne dans le deuxième tiers du XVe siècle. » (Commentaire Germanisches Nationalmuseum)

Stefan Lochner. Saint Jérôme dans son cabinet d'étude (v. 1440)

Stefan Lochner. Saint Jérôme dans son cabinet d'étude (v. 1440). Huile sur bois, 39,4 × 30,5 cm, North Carolina Museum of Art, Raleigh. Jérôme de Stridon (vers 347-420) est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l’Ordre Hiéronymite, docteur de l’Église et l’un des quatre pères de l’Église latine. Il prône l’ascétisme et se retire un temps dans le désert de Chalcis de Syrie, au sud-ouest d'Antioche, pour faire pénitence. Lochner le représente dans un cabinet de travail encadré par une architecture gothique, avec dallage au sol et ouverture en arrière-plan sur un paysage. Cette composition est très proche de celle des peintres flamands de l’époque. Le musée de Caroline du Nord laisse un point d’interrogation après le nom de Stefan Lochner. L’attribution doit être confirmée.

Stefan Lochner. Triptyque de la Vierge à l’Enfant dans un jardin clos (1445-50)

Stefan Lochner. Triptyque de la Vierge à l’Enfant dans un jardin clos (1445-50). Huile sur bois, panneau central 31,3 × 27,5 cm, chaque aile 30,6 × 10,3 cm, Wallraf-Richartz-Museum, Cologne. Lochner choisit à nouveau (voir ci-dessus La Vierge au buisson de roses) un thème qui a beaucoup intéressé les peintres allemands de la Renaissance, la Vierge dans un jardin symbolisant le paradis. La clôture (hortus conclusus : jardin clos) symbolise, elle, la virginité, de même que les roses blanches composant la couronne de la Vierge. La composition, avec ses anges virevoltant dans les cieux et son fond doré rayonnant, reste de style gothique international. Les panneaux latéraux représentent deux apôtres et évangélistes : saint Jean à gauche et saint Paul à droite.
Il n’est pas certain que le travail ait été entièrement réalisé par Lochner lui-même. Les ailes sont plutôt attribuées à l’atelier du peintre.

Stefan Lochner. Présentation au temple (1447)

Stefan Lochner. Présentation au temple (1447). Technique mixte sur bois, 139 × 126 cm, Hessisches Landesmuseum, Darmstadt. Selon l’apôtre Luc, l’Enfant Jésus fut présenté au temple de Jérusalem où l’accueillit Syméon qui avait été averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ. Cette présentation est une prescription religieuse juive. Le fond or, l’auréole dorée entourant la tête de la Vierge et la taille différenciée des personnages selon leur importance constituent un vocabulaire médiéval.

Stefan Lochner. Présentation au temple, détail (1447)

Stefan Lochner. Présentation au temple, détail (1447). Cependant, l’approche réaliste des visages avec leur expressivité ainsi que la représentation minutieuse des étoffes et des bijoux témoignent de l’influence du renouveau de la peinture flamande au 15e siècle (Campin, Van Eyck)

 

 

Enluminures

L’atelier de Stefan Lochner a également réalisé des enluminures de manuscrit. Trois livres de prières ont survécu, dont un exemple figure ci-dessous.

Stefan Lochner. Livre de prière (1451)

Stefan Lochner. Livre de prière (1451). Enluminure sur parchemin, folios 22 verso et 23 recto, 10,8 × 8 cm, Hessische Landesbibliothek, Darmstadt. Le folio de gauche représente une Annonciation : l’archange Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance prochaine du Christ. Sur le folio de droite une initiale est décorée avec un feuillage d’acanthe et des fleurs. Les deux motifs centraux baignent dans un ensemble de sarments de vigne stylisés et fleuris.

 

 

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Stefan Lochner

 

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