Jean Clouet

 
 

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Patrick AULNAS

Portrait

Portrait de Jean Clouet (BNF)Médaille conservée à la BNF portant l'inscription : « IEHANNET• CLOVET•PICTOR•FRANC•REGIS »
(selon Alexandra Zvereva)

 

Biographie

 1475/85-1541

La vie de ce portraitiste est très mal connue. Les informations disponibles proviennent des comptes royaux et de divers documents à caractère juridique (actes notariés) ou d'état civil (registres paroissiaux). Jean (Janet ou Jehannet) Clouet est probablement né à Bruxelles entre 1475 et 1485. Il est issu d'une famille de peintres : les Clauwet. Son grand-père est le peintre et enlumineur Simon Marmion (1425-1489). Son frère, Polet ou Paulet, fut peintre à la cour de Navarre.

Le détail de sa formation reste inconnu mais il est évidemment familier de la peinture flamande du 15e siècle. La majorité des historiens pense qu'à son arrivée en France, il entre directement au service de François Ier (1494-1547). En effet, il n'existe aucune œuvre de Clouet antérieure au règne de ce roi, qui accède au trône de France en 1515.

Jean Clouet est régulièrement mentionné dans les registres des comptes royaux pendant une vingtaine d'années après le sacre de François Ier. Si son rôle essentiel est d'être le portraitiste de la famille royale, il occupe dans un premier temps la fonction officielle de valet de garde-robe, lui permettant d'être rémunéré. Puis le roi crée la catégorie des peintres et gens de mestier à laquelle l'artiste est rattaché.

 

Jean Clouet. Portrait de François Ier (1525-30)Jean Clouet. Portrait de François Ier (1525-30)
Huile sur bois, 96 × 74 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Au début de la décennie 1520, Jean Clouet habite Tours et y épouse en 1522 Jeanne Boucault dont le père est orfèvre. Mais à la fin de cette même décennie, il s'installe à Paris dans une maison située rue Sainte-Avoye. Il eut au moins trois enfants : François, Catherine et Jean. Il meurt en 1540 ou 1541.
Son fils François lui succédera comme peintre officiel de la cour de France.

 

Œuvre

Jean Clouet fut principalement le portraitiste de la cour de France sous le règne de François Ier. Mais il eut également une clientèle privée car il était probablement membre de la corporation des peintres de la ville de Tours. Sa position à la cour lui procurait la célébrité et l'aisance financière.

Aucune des œuvres de Clouet qui nous sont parvenues n'est signée, qu'il s'agisse des peintures à l'huile ou des dessins au crayon. La plus grande partie des dessins de Clouet (à la pierre noire et à la sanguine) est conservée au musée Condé de Chantilly. Ces dessins sont en général des études préparatoires pour les portraits peints ; ils permettent d'apprécier la remarquable capacité du peintre à saisir avec des moyens limités les caractéristiques essentielles d'un visage.

 

Jean Clouet. Portrait de Jean de Dinteville, Seigneur de Polisy (v. 1533)

Jean Clouet. Portrait de Jean de Dinteville, Seigneur de Polisy (v. 1533)
Papier, pierre noire et sanguine, 25 × 19 cm, musée Condé, Chantilly.

 

Les portraits à l'huile restent très traditionnels et représentent toujours un personnage à mi-corps, les mains apparaissant souvent au premier plan avec un objet (une plume pour écrire, le pommeau d'une épée) ou un animal (un oiseau, un agneau). La lumière n'intéresse pas beaucoup Clouet, aussi les visages sont-ils éclairés de façon uniforme.
Bien qu'il soit juridiquement étranger, Jean Clouet peut être considéré comme le grand portraitiste français du début du 16e siècle. Avec lui, le portrait acquiert plus de finesse et de vérité. Comme Jean Hey, le Maître de Moulins, lui aussi originaire des Pays-Bas, il a su infléchir le réalisme un peu rude de la peinture flamande de ses débuts vers une délicatesse typiquement française.

NB : Pour le portrait de la Renaissance française, le site internet de référence est celui d'Alexandra Zvereva, historienne d'art.

Portraits à l'huile

Jean Clouet. Portrait de François Ier (1515)

Portrait de François Ier (1515). Huile sur bois, 35 × 25 cm, musée Condé, Chantilly. François Ier (1494-1547), sacré roi de France en 1515. « Le portrait de Chantilly représente François Ier au début de son règne ; la peinture est proche de la miniature datée 1519 du manuscrit des Commentaires de la Guerre gallique (Londres, British Library). On a proposé le nom des peintres les plus célèbres comme Perréal et Bourdichon pour ce beau portrait, mais il a sans doute pour origine un crayon disparu de Jean Clouet utilisé pour la série des Preux de la Guerre Gallique. Ce serait donc une des premières œuvres de Jean Clouet. » (Commentaire musée de Chantilly)

Jean Clouet. François Ier en saint Jean-Baptiste (1518)

François Ier en saint Jean-Baptiste (1518). Huile sur bois, 96 × 79 cm, musée du Louvre, Paris. Ce portrait, sans doute inspiré de Léonard de Vinci (Saint Jean-Baptiste, 1513-16), témoigne de l'influence italienne sur Clouet. L'agneau est un attribut de Jean-Baptiste, le perroquet serait une métaphore de l'éloquence de François Ier. Le portrait de Marguerite d'Angoulême par Jean Clouet comporte également un perroquet.

Jean Clouet. Charlotte de Valois (v. 1522)

Charlotte de Valois (v. 1522). Huile sur bois, 17,78 × 13,34 cm, Minneapolis Institute of Arts. Charlotte de Valois (1516-1524) est la deuxième fille de François Ier et de Claude de France. Elle meurt de la rougeole à l'âge de 8 ans. Ses cheveux roux très clairs sont hérités de sa grand-mère Anne de Bretagne (1477-1514).
« La princesse Charlotte était la fille du roi François Ier de France, dont la cour était un centre international des arts. Ses vêtements luxueux et sa coiffe ornée de pierres précieuses témoignent de son rang élevé. Son chapelet indique qu'elle était une catholique fervente. Elle avait environ sept ans au moment de la réalisation de ce portrait et mourut à l'âge de huit ans. Les familles royales européennes commandaient des portraits de leurs enfants pour immortaliser leur passage à l'âge adulte et échangeaient souvent ces images avec d'autres maisons royales, à titre diplomatique. » (Commentaire Minneapolis Institute of Arts)

Jean Clouet. Portrait d'un banquier (1522)

Portrait d'un banquier (1522). Huile sur bois, 42,5 x 32,7 cm, musée d'art de Saint-Louis, Missouri. « Le modèle de ce portrait est inconnu. Il sait lire et écrire, d’après la plume dans sa main gauche, et le papier indique qu’il a trente-cinq ans. («A 35» veut dire «aetas 35 ann­­i» en latin.) Sa main droite touche quelques écus d’or, ce qui suggère qu’il est banquier ou comptable. Même s’il n’est donc pas noble, la soie rouge de son chemisier et les bagues d’or qu’il porte indiquent qu’il est employé par une personne de haut rang, peut-être le roi. » (Commentaire University of Missouri-St. Louis)

Jean Clouet. Madame de Canaples, Marie d'Assigny (v. 1525)

Madame de Canaples, Marie d'Assigny (v. 1525). Huile sur bois, 36 × 28,5 cm, National Galleries of Scotland, Edinburgh. Marie d'Assigny (1502-1558) est une dame de la cour de François Ier. Elle épouse Jean de Créqui, sire de Canaples, en 1525, l'année probable de réalisation du portrait.
« Cette aristocrate, représentée de trois quarts, pose ses mains sur un rebord, renforçant l'illusion qu'elle se trouve dans un espace réaliste. ce geste attire également l'attention sur ses nombreuses bagues. Le portrait a probablement été peint en 1525, année du mariage de Marie d'Acigné avec Jean de Crequi, sire de Canaples. Le tableau est très proche d'un dessin de Clouet (conservé à Chantilly) portant une inscription identifiant le modèle comme étant Madame de Canaples, une dame de la cour de François Ier. » (Commentaire National Galleries of Scotland)

Jean Clouet. Le dauphin François (1520-30)

Le dauphin François (1520-30). Huile sur bois, 16 × 13 cm, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers. Fils aîné de François Ier et de la reine Claude de France, le dauphin de France (1518-1536) n'accèdera jamais au trône. Ce petit portrait idéalise nettement l'enfant.
« Le portrait de l'enfant royal par le peintre de cour Jean Clouet s'inscrit dans la tradition de la peinture de cour. Un peu raide, il idéalise quelque peu son modèle et accorde une grande importance au décor extérieur. Une étude à la craie pour ce petit portrait, dans son élégant cadre de style ancien en imitation marbre, est aujourd'hui conservée au musée de Chantilly. » (Commentaire Web Gallery of Art)

Jean Clouet. Portrait de François Ier (1525-30)

Portrait de François Ier (1525-30). Huile sur bois, 96 × 74 cm, musée du Louvre, Paris. « Reprenant la mise en page du Portrait de Charles VII peint par Fouquet, Jean Clouet représente François Ier de face, regardant noblement le spectateur. Il est richement vêtu à l'italienne, ne portant pas les attributs de sa fonction - ni couronne, ni sceptre. La tête, à peine idéalisée, représentée avec une grande précision, est peinte d'après un dessin du musée de Chantilly, attribué à Jean Clouet. Malgré la persistance du réalisme de l'école flamande, tout rappelle dans ce portrait l'influence des peintres italiens de la Renaissance : l'éclairage subtil, le modelé du visage et des mains, le réalisme des plis du vêtement, l'éclat des bijoux et, bien sûr, le cadrage, venant de Fouquet tout autant que de Raphaël ou de Léonard de Vinci. » (Notice musée du Louvre)

Jean Clouet. Marguerite d'Angoulême (v. 1527)

Marguerite d'Angoulême (v. 1527). Huile sur bois, 61,2 × 52,6 cm, Walker Art Gallery, Liverpool. Marguerite de Navarre ou d'Angoulême (1492-1549) est la sœur de François Ier. Elle reste dans l'histoire comme femme de lettres avec une œuvre essentiellement en vers.
« Marguerite (1492-1549) était la sœur du roi François Ier de France. Le tableau pourrait être l'œuvre de son peintre de cour, Jean Clouet, qui a déjà représenté le roi sur un fond similaire (Louvre, Paris).
La broche en forme de cupidon sur son chapeau et sa bague suggèrent que le portrait pourrait célébrer son mariage avec le roi de Navarre en 1527. La signification de l'oiseau, une perruche à collier, demeure incertaine. Il pourrait symboliser la chasteté conjugale, l'éloquence ou avoir une signification familiale : un oiseau similaire figure dans un autre portrait de son frère, également réalisé par Clouet. Les nœuds dorés de sa coiffe évoquent des marguerites.
En 1816, William Roscoe pensait que ce tableau était un portrait d'une dame florentine par Léonard de Vinci. Le sourire énigmatique de la Joconde a peut-être influencé le peintre de la cour de France qui a réalisé ce portrait. Léonard et son célèbre tableau se trouvaient tous deux à la cour de France lorsque Marguerite y séjournait dans sa jeunesse.
Le portrait fut d'abord identifié comme celui de Marguerite par l'historien d'art allemand Passavant, qui rendit visite à Roscoe à Lodge Lane, à Liverpool, quelques jours seulement avant son décès en 1831. Il fut attribué pour la première fois à Clouet en 1836 par Thomas Winstanley, le marchand d'art auprès duquel Roscoe acheta nombre de ses tableaux. » (Commentaire Walker Art Gallery)

Jean Clouet. Claude de Lorraine, duc de Guise (1528-30)

Claude de Lorraine, duc de Guise (1528-30). Huile sur bois, 26 × 26 cm, Galleria Palatina (Palazzo Pitti), Florence. Claude de Lorraine (1496-1550) est le fondateur de la Maison de Guise et le compagnon d'armes de François Ier. Il apparaît ici en courtisan, et non pas en guerrier, sur un portrait de facture classique, très proche de celui du roi à la même époque (voir ci-dessus).

Jean Clouet. Guillaume Budé (v. 1536)

Guillaume Budé (v. 1536). Huile sur bois, 39,7 × 34,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Guillaume Budé (1467-1540) est un humaniste français auteur de nombreux livres et fondateur du Collège des lecteurs royaux, actuel Collège de France.
« Le portrait du bibliothécaire du roi de France par Clouet réunit de nombreux éléments typiques des représentations d'intellectuels de la Renaissance : livres, plume d'oie et inscription savante. Budé nous fixe du regard, comme si nous l'avions interrompu dans son travail. Le texte grec qu'il a écrit adresse aux érudits une mise en garde solennelle : "S'il semble bon d'obtenir ce que l'on désire, le plus grand bien est de ne pas désirer ce dont on n'a pas besoin". » (Commentaire MET)

 

Dessins

Le site du musée Condé de Chantilly permet l'accès à de très nombreux dessins.

Jean Clouet. François Ier

François Ier. Papier, pierre noire et sanguine, 47 × 36,5 cm, musée Condé, Chantilly. Ce portrait est utilisé par Clouet pour la miniature de la traduction des trois premiers livres de L'Histoire universelle de Diodore de Sicile. Le visage du roi est aussi exactement reproduit dans un portrait équestre conservé au musée des Offices à Florence. (Notice Musée de Chantilly) 

Jean Clouet. François Ier (v. 1524)

François Ier (v. 1524). Papier, pierre noire et sanguine, 27 × 19,5 cm, musée Condé, Chantilly. Des reproductions de cette image officielle figurent dans l'album d'Aix et dans l'album de Florence attribué à Catherine de Médicis. (Notice Musée de Chantilly)

Jean Clouet. Portrait de Jean de Dinteville, Seigneur de Polisy (v. 1533)

Portrait de Jean de Dinteville, Seigneur de Polisy (v. 1533). Papier, pierre noire et sanguine, 25 × 19 cm, musée Condé, Chantilly. Jean de Dinteville (1504-1557) est bailli de Troyes et ambassadeur français.

Jean Clouet. Jean de la Barre (v. 1520)

Jean de la Barre (v. 1520). Papier, pierre noire et sanguine, 26 × 18,6 cm, musée Condé, Chantilly. Jean de la Barre (mort en 1534), comte d'Etampes, sieur de Véretz, fut prévôt de Paris.

 

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre : 

Jean Clouet

Commentaires

  • Naguère

    1 Naguère Le 04/09/2013

    Merci de me faire (re)découvrir Clouet. J'ai passé la Renaissance à la trappe de l'Histoire...
    rivagedeboheme

    rivagedeboheme Le 04/09/2013

    Pour la faire sortir de la trappe, il y a une énorme bibliographie sur le site (destiné aux étudiants) d'Alexandra Zvereva. Si tu veux t'y remettre...

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