Frédéric Bazille

 
 

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Portrait et autoportrait

 

Etienne Carjat. Portrait de Frédéric Bazille (1865)

Etienne Carjat. Portrait de Frédéric Bazille (1865)

Photographie, collection particulière.

 

 

Frédéric Bazille. Autoportrait (1865-66)Frédéric Bazille. Autoportrait (1865-66)

Huile sur toile, 108,9 × 71,1 cm, Art Institute of Chicago.

 

Biographie

 

1841-1870

Jean-Frédéric Bazille, dit Frédéric Bazille, est né à Montpellier dans une famille de notables protestants, fortunés et cultivés. Son père, propriétaire terrien, devient sénateur en 1879. Sa mère, Camille Vialars, appartient également à une famille de propriétaires terriens. Les Bazille fréquentent Alfred Bruyas (1821-1877), fils d’un riche banquier de Montpellier et collectionneur d’art. Bruyas possède une vaste collection de tableaux du 19e siècle (Eugène Delacroix, Thomas Couture, Camille Corot, Jean-François Millet, Théodore Rousseau) que Frédéric Bazille peut admirer dès l’enfance.

En 1859, après avoir passé son baccalauréat, il envisage de se consacrer à la peinture. Il entreprend cependant des études de médecine, tout en peignant pendant son temps libre. En 1862, ses parents acceptent qu’il poursuive ses études à Paris. Rapidement, Frédéric abandonne la médecine pour se consacrer entièrement à la peinture. Il fréquente l’atelier du peintre suisse Charles Gleyre (1806-1874) où il rencontre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Alfred Sisley (1939-1899) et Claude Monet (1840-1926). Claude Monet et Frédéric Bazille deviennent des amis, louent un atelier rue Furstenberg et travaillent ensemble. En 1865, Monet souhaite réaliser un immense tableau de 4,65 mètres sur 6, Le Déjeuner sur l’herbe, qui ne sera jamais terminé mais dont une étude est conservée au musée Pouchkine de Moscou. Bazille a servi de modèle pour le personnage masculin et on retrouve donc dans cette étude sa longue silhouette de 1,88 mètre à plusieurs reprises. Frédéric Bazille aidera souvent financièrement Claude Monet, sans fortune familiale et dont les tableaux ne se vendaient pas à cette époque. Il agira de même avec Sisley et Renoir.

Frédéric Bazille passe ses étés dans le domaine familial de Méric, près de Castelnau, au nord de Montpellier. Il y peint des œuvres très attachantes, comme Vue de village (1868), qui témoignent de la maîtrise technique du jeune peintre et de ses qualités de coloriste.

 

Frédéric Bazille. Vue de village (1868)

Frédéric Bazille. Vue de village (1868)

Huile sur toile, 137,5 × 85,5 cm, Musée Fabre, Montpellier.

 

Bazille est également passionné de musique. Avec son ami Edmond Maître (1840-1898), musicien et collectionneur d’art, il admire Richard Wagner, Gabriel Fauré, Robert Schumann. Gabriel Fauré (1845-1924) fut même à Paris le professeur de piano avec lequel il accomplit des progrès importants. Après la mort de Bazille, Edmond Maître écrit dans une lettre adressée à sa famille : « De tous les jeunes gens que j'ai connus, Bazille était le plus doué, le plus aimable. »

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. L’armée française se trouvant rapidement en difficulté, Bazille, avec la fougue de la jeunesse, s’engage dans le 3e régiment de Zouaves. Il trouve la mort à Beaune-la-Rolande (Loiret) le 28 novembre 1870. Au cours d’un assaut des troupes françaises, des femmes et des enfants couraient vers une ferme pour se mettre à l’abri. Selon ses camarades, Bazille s’est écrié : « Surtout ne tirez pas sur les femmes et les enfants ». Puis il s’est élancé pour les protéger. Il reçoit une balle dans le bras et une autre dans le ventre. Il vit encore quelques moments, confie sa bague à un camarade afin qu’il la remette à ses parents, puis s’éteint.

Seulement sept années se sont écoulées depuis son début dans la peinture à Paris.

 

Œuvre

 

Frédéric Bazille a laissé une soixantaine de tableaux qui ne seront exposés en public que longtemps après sa mort. En 1910, une rétrospective est organisée au salon d’automne à Paris. Certaines de ses toiles sont aujourd’hui en possession des plus grands musées. L’artiste a essayé tous les genres, hormis les traditionnelles scènes mythologiques et religieuses : portraits, paysages, scènes de genre, nature morte.

 

Frédéric Bazille. Réunion de famille (1867)

Frédéric Bazille. Réunion de famille (1867)

Huile sur toile, 152 × 230 cm, Musée d’Orsay, Paris.

 

Autant par le choix de ses thèmes que par son style, Frédéric Bazille se démarque de de la peinture académique du 19e siècle et appartient à la modernité. Il se situe dans le sillage des réalistes, qu’il s’agisse de Gustave Courbet (1819-1877), Édouard Manet 1832-1883) ou Théodore Rousseau (1812-1867). Comme eux, il peint sur le motif et conserve un dessin apparent (Réunion de famille, 1897). Les formes diluées, les personnages vaguement esquissés n’apparaissent pas chez Bazille alors que Monet était déjà dans la pure recherche des effets de lumière dès les années 1860 (Claude Monet, La Grenouillère, 1869).

Bazille peut être rattaché au courant impressionniste car il appartenait au groupe naissant et que, dans la décennie 1860, les impressionnistes en restent à des expériences se détachant progressivement, et plus ou moins selon les individus, du réalisme des peintres de l’École de Barbizon. La lumière, ses variations, ses reflets, son influence sur les couleurs intéressent l’artiste dès les premières œuvres (La Robe rose, 1864). Sa mort prématurée ne lui ayant pas permis d’atteindre la maturité artistique, nul ne peut dire ce qu’aurait été son évolution. Mais ses tableaux attestent de dons exceptionnels et d’une volonté de s’inscrire dans les courants les plus novateurs de son époque.

 

Frédéric Bazille. La robe rose (1864)Frédéric Bazille. La robe rose (1864). Huile sur toile, 147 × 110 cm, musée d’Orsay, Paris. « La figure représentée est Thérèse des Hours, une cousine de Bazille. Les familles Bazille et des Hours passent chaque été dans la magnifique propriété familiale de Méric, à Castelnau-le-Lez, village des environs de Montpellier. La maison et son parc se trouvent légèrement en hauteur, et dominent le village. Bazille fait poser Thérèse sur la terrasse, à l'extrémité du jardin. » (Commentaire musée d’Orsay)

Frédéric Bazille. L'ambulance improvisée (1865)Frédéric Bazille. L'ambulance improvisée (1865). Huile sur toile, 47 × 62 cm, musée d’Orsay, Paris. « Cette toile, qui représente Claude Monet alité pour une blessure à la jambe, a été peinte lors de l'été 1865. Au début de cette année, Bazille partage son atelier avec Monet. Au printemps, ce dernier se rend à Chailly, dans la forêt de Fontainebleau, faire des études en plein air pour son Déjeuner sur l'herbe. Il demande instamment à Bazille de le rejoindre pour servir de modèle. Celui-ci arrive enfin durant l'été, peu de temps avant que Monet, victime d'un accident, ne doive suspendre son travail. » (Commentaire musée d’Orsay)

Frédéric Bazille. L'Atelier de la rue de Furstenberg (1865-66)Frédéric Bazille. L'Atelier de la rue de Furstenberg (1865-66). Huile sur toile, 81,2 × 65 cm, musée Fabre, Montpellier. Bazille et Monet ont partagé un temps cet atelier à partir de 1865. Il était situé au-dessus de l’ancien atelier de Delacroix, peintre très admiré par Bazille. Le local semble austère et froid comme en témoigne le poêle rougeoyant.

Frédéric Bazille. Le petit Jardinier (1866-67)Frédéric Bazille. Le petit Jardinier (1866-67). Huile sur toile, 169,9 × 128 cm, Museum of Fine Arts, Houston. Ce tableau inachevé comporte l’esquisse d’un personnage agenouillé et un arrosoir tenu par le jardinier debout. Seul le massif de lauriers roses a été travaillé, l’arrière-plan et le premier plan restant à l’état d’ébauche.

Frédéric Bazille. Les Lauriers Roses (La Terrasse à Méric) (1867)Frédéric Bazille. Les Lauriers Roses (La Terrasse à Meric) (1867). Huile sur toile, Cincinnati Art Museum. Ce tableau inachevé représente le parc de la propriété familiale des Bazille à Méric, près de Montpellier. Un personnage esquissé devait prendre place sur le banc et d’autres auraient peut-être été ajoutés car Bazille ne peignaient pas de paysages purs, sans présence humaine. C’est l’étude de la lumière qui intéresse le peintre. Il obtient, classiquement, un effet d’ensoleillement en laissant le premier plan dans l’ombre et en plaçant en pleine lumière les massifs de lauriers blancs et roses. Le ciel transparaît à travers le feuillage par quelques taches de bleu contrastant avec le vert sombre.

Frédéric Bazille. Réunion de famille (1867)Frédéric Bazille. Réunion de famille (1867). Huile sur toile, 152 × 230 cm, Musée d’Orsay, Paris. « Frédéric Bazille est très proche de Renoir et de Monet, chez qui il admire tout particulièrement les scènes de plein air. Profitant d'un séjour estival dans la résidence familiale de Méric, près de Montpellier, il s'attaque à ce motif dans une toile d'assez grand format, en réunissant sur une terrasse dix de ses parents proches, ainsi que lui-même représenté debout, à l'extrême gauche du tableau. » (Commentaire musée d’Orsay)

Frédéric Bazille. Pierre Auguste Renoir (1867)Frédéric Bazille. Pierre Auguste Renoir (1867). Huile sur toile, 61,2 × 50 cm, musée d’Orsay, Paris. Bazille a rencontré Renoir en 1862-63 lorsqu’ils étaient tous deux élèves de Charles Gleyre. Ils devinrent amis et Bazille aida parfois financièrement Renoir dont les tableaux novateurs ne trouvaient pas preneur.

Frédéric Bazille. Vue de village (1868)Frédéric Bazille. Vue de village (1868). Huile sur toile, 137,5 × 85,5 cm, Musée Fabre, Montpellier. Peinte pendant l’été 1868, dans la résidence de campagne de la famille Bazille, le Mas Méric, cette toile représente la fille d’un métayer italien des parents du peintre. Sa robe de mousseline blanche contraste avec la végétation qui l’entoure, procurant ainsi une forte impression de luminosité. L’arbre au premier plan encadre le paysage et permet d’apprécier sa profondeur. On aperçoit en contrebas le village de Castelnau, proche de Montpellier, que traverse un petit fleuve côtier, le Lez.

Frédéric Bazille. Fleurs (1868)Frédéric Bazille. Fleurs (1868). Huile sur toile, 130 × 97 cm, musée des Beaux-arts, Grenoble. Les natures mortes intéressent Bazille, en particulier les bouquets de fleurs qui lui permettent de mettre en valeur ses dons exceptionnels de coloriste. Ce tableau fut offert par l’artiste à Pauline Teulon, née Pauline des Hours. Les des Hours sont des propriétaires terriens apparentés aux Bazille

Frédéric Bazille. Femme en costume mauresque (1869)Frédéric Bazille. Femme en costume mauresque (1869). Huile sur toile, 99,7 × 59 cm, Norton Simon Museum, Pasadena, Californie. « Lise Tréhot, modèle, muse et première maîtresse de Renoir, est représentée avec un érotisme sage par Bazille, ami et collègue de cet artiste. Vêtue d’un costume d’Afrique du Nord, Lise Tréhot pose dans un atelier de la rive gauche que Bazille et Renoir ont partagé à la fin des années 1860. » (Commentaire Norton Simon Museum)

Frédéric Bazille. Scène d’été : les baigneurs (1869)Frédéric Bazille. Scène d’été : les baigneurs (1869). Huile sur toile, 160 × 160,7 cm, Harvard Art Museums. « Lorsque ce tableau est exposé au Salon de 1870, le critique et artiste Zacharie Astruc écrit à propos de Bazille : " Le soleil inonde ses toiles ". Il semble que Bazille ait commencé cette composition dans son atelier parisien, mais complété les détails du paysage après avoir voyagé dans le sud de la France, où il a peint un paysage similaire de la rivière Lez. Les figures dérivent de peintres de la Renaissance italienne comme Andrea Mantegna et Sebastiano del Piombo, mais le sujet s’inspire sans doute du roman moderniste Manette Salomon (1867) dans lequel les frères Goncourt décrivent une scène de jeunes hommes se baignant sous une lumière vive. » (Commentaire Harvard Art Museums)

Frédéric Bazille. Edmond Maître (1869)Frédéric Bazille. Edmond Maître (1869). Huile sur toile, 83 × 64,3 cm, National Gallery of Art, Washington. « Ayant reçu la même éducation dans la haute bourgeoisie et partageant un intérêt commun pour les arts, Frédéric Bazille et Edmond Maître sont rapidement devenus amis après une rencontre à Paris en 1865 […] Vu complètement de profil, le corps formant un angle par rapport à la position de la chaise,  Maître apparaît un peu penché, le regard tourné vers le livre posé sur ses genoux. Absorbé dans sa lecture, il ne prête plus attention au cigare qui se consume dans sa main droite. Maître est vêtu élégamment mais de façon légèrement non conventionnelle, son pantalon brun chaud et la cravate en soie bleue à pois, contrebalançant la sévérité de sa veste noire. Un brin de violettes, au revers de sa veste, ajoute une note de couleur à la composition par ailleurs sombre. » (Commentaire National Gallery of Art)

Frédéric Bazille et Edouard Manet. L’atelier de Bazille (1870)Frédéric Bazille et Edouard Manet. L’atelier de Bazille (1870). Huile sur toile, 98 × 128,5 cm, musée d’Orsay, Paris. « La scène se situe dans l'atelier de la rue de La Condamine que Bazille partage avec Renoir du 1er janvier 1868 au 15 mai 1870. Au centre se trouve Bazille, palette à la main. Mais comme ce dernier l'écrit dans une lettre à son père : "Manet m'a fait moi-même". On reconnaît en effet la facture vigoureuse de Manet dans la haute silhouette élancée du jeune homme. Manet, justement, coiffé d'un chapeau, observe la toile placée sur le chevalet. A droite, Edmond Maître, ami de Bazille, est assis au piano. Au-dessus de lui, une nature morte de Monet rappelle que Bazille aidait financièrement ce dernier par des achats. Les trois personnages de gauche sont plus difficilement identifiables. Il peut s'agir de Monet, de Renoir ou encore de Zacharie Astruc... » (Commentaire musée d’Orsay)

Frédéric Bazille. La toilette (1870)Frédéric Bazille. La toilette (1870). Huile sur toile, 153 × 148,5 cm, musée Fabre, Montpellier. Inspiré de la peinture orientaliste, ce tableau s’en éloigne par un certain réalisme de la scène. La nudité est à peu près crédible et ne cherche pas à se rapprocher de celle des divinités grecques comme dans les toiles orientalistes d’Ingres. Le rendu des tissus et des fourrures et celui de la peau noire de la servante indiquent la maîtrise technique atteinte par le peintre à la fin de sa vie.

Frédéric Bazille. La négresse aux pivoines (1870)Frédéric Bazille. La négresse aux pivoines (1870). Huile sur toile, 60,3 × 75,2 cm, musée Fabre, Montpellier. L’influence probable d’Édouard Manet conduit Bazille à représenter une femme noire assemblant un bouquet de fleurs dans un vase. En 1863, Manet avait peint sa célèbre Olympia qui comportait à l’arrière-plan une femme noire tenant un bouquet de fleurs. A la fois nature morte et portrait, le tableau de Bazille permet d’apprécier les qualités de coloriste du peintre. S’il s’inspire de Manet pour le thème, Bazille n’hésite pas à utiliser les couleurs les plus vives, contrairement au grand maître du réalisme. Le fond neutre met en relief l’exubérance des couleurs.

 

 

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FRÉDÉRIC BAZILLE

 

Commentaires (1)

kertesz danielle
  • 1. kertesz danielle | 19/09/2016

très belle exposition à Montpellier jusqu'au 16 octobre 2016 - de Frederic Bazille, mais aussi quelques tableaux de Sisley, Monet, Degas; inconnus du grand public - un moment délicieux !!!

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