Camille Pissarro

 
 

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Autoportraits et portrait

 

Camille Pissarro. Autoportrait (1857-58)

Camille Pissarro. Autoportrait (1857-58)

Huile sur toile, 31 × 28,5 cm, Statens Museum for Kunst, Copenhague.

 

 

Camille Pissarro. Autoportrait (1873)

Camille Pissarro. Autoportrait (1873)

Huile sur toile, 55,5 × 46 cm, musée d’Orsay, Paris.

 

 

Photographie de Pissarro vers 1900

Photographie de Pissarro vers 1900

 

Biographie

 

1830-1903

L’enfant des Antilles

Jacob Abraham Camille Pissarro est né en 1830 à Charlotte Amalie, petit port des Antilles danoises situé sur l’île de Saint-Thomas. Cette île fait aujourd’hui partie des États-Unis (Îles Vierges américaines). Sa mère, Rachel Manzana Pomié (1795-1889) est issue d’une famille juive locale. Ce sont des commerçants aisés. Frédéric Abraham Pissarro (1802-1865), son père, est venu à Saint-Thomas pour des raisons commerciales et patrimoniales et devait retourner en France. Mais il rencontre Rachel en 1824 et bientôt celle-ci attend un enfant. Le mariage a lieu en 1825. Bien que de nationalité française, Frédéric Abraham a des origines portugaises. Il va exploiter à Charlotte Amalie un commerce de quincaillerie qui assurera de confortables revenus à la famille Pissarro.

A l’âge de 12 ans, en 1842, Camille Pissarro est envoyé étudier à la pension Savary, à Passy, près de Paris. Il est remarqué pour ses dons de dessinateur. Il retourne à Saint-Thomas de 1847 à 1852 pour travailler dans le commerce paternel.

 

Le séjour à Caracas

Sur le quai de Charlotte Amalie, il rencontre un jour le jeune peintre danois Fritz Melbye (1826-1869) et se lie d’amitié avec lui. Sans doute influencé par cet artiste, il s’embarque pour Caracas, au Venezuela, où il arrive en novembre 1852. Il expliquera plus tard ce départ dans une lettre adressée au peintre et collectionneur Eugène Murer (1846-1906) : « Je me trouvais à Saint-Thomas comme employé de commerce bien rémunéré mais je ne pus supporter plus longtemps cette situation et sans y réfléchir vraiment, j’abandonnai tout ce que je possédais là-bas et m’enfuis à Caracas brisant ainsi les liens qui m’unissaient à la vie bourgeoise ». C’est à Caracas et dans les alentours que Pissarro commence à dessiner et à peindre à l’aquarelle les paysages qui l’environnent, des portraits et des scènes de rue.

 

L’apprentissage à Paris

A la suite de la mort d’un de ses frères, sa famille lui demande de revenir à Saint-Thomas en 1854. Il y consent, mais pour une courte période, car son souhait le plus cher est de se rendre à Paris pour devenir peintre. Il arrive à Paris en octobre 1855 et s’installe dans un appartement de la famille de son père à Passy. Il se consacre entièrement à l’apprentissage de la peinture, principalement chez le peintre danois Anton Melbye (1818-1875), le frère de Fritz. Il rencontre également Charles François Daubigny (1817-1878) et Jean-Baptiste Corot (1796-1875). Il fréquente des écoles de peinture : cours privés de l’École des Beaux-arts, Académie Suisse, où il est le condisciple de Claude Monet et Paul Cézanne. Il est enregistré au musée du Louvre comme copiste.

 

Du réalisme à l’impressionnisme

Pissarro admirait beaucoup Corot, dont l’influence apparaît dans la première manière du peintre. Il peint d’après nature des paysages des environs de Paris, avec quelques personnages, en s’inspirant du style que Corot avait adopté dans les années 1820-30.

 

Camille Pissarro. Bords de l’Oise à Pontoise (1867)

Camille Pissarro. Bords de l’Oise à Pontoise (1867)

Huile sur toile, 46 × 71 cm, Denver Art Museum, Colorado.

 

L’aisance financière de sa famille permet au jeune peintre de vivre confortablement sans vendre ses tableaux. Mais en 1860, Julie Vellay, femme de chambre dans la famille Pissarro, devient sa compagne. Elle attend un enfant. Le père de Camille refuse cette mésalliance et suspend la pension qu’il versait à son fils. Commencent alors des années difficiles. Camille Pissarro restera fidèle à Julie – ils auront sept enfants – mais ne l’épousera qu’en 1871, à Londres.

Sa situation financière dans les années 1860 est mauvaise et il doit peindre des enseignes pour faire vivre sa famille. Il réside à Pontoise à partir de 1866, puis à Auvers-sur-Oise. En 1869, il s’installe à Louveciennes avec Julie Vellay et leur première fille. Il s’éloigne peu à peu des normes académiques et participe aux réunions des impressionnistes au Café Guerbois. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il se réfugie à Londres, où se trouve également Claude Monet. Il y fait la connaissance du grand marchand d’art Paul Durand-Ruel qui jouera par la suite un rôle important dans la diffusion de ses tableaux (vente, organisation d’expositions). A son retour à Louveciennes, il constate que son atelier a été pillé par les troupes prussiennes. Il lui reste quelques dizaines de toiles sur environ mille cinq cents. De 1872 à 1882, il revient vivre à Pontoise avec sa famille.

Pissarro est le seul peintre à avoir présenté des œuvres à toutes les expositions impressionnistes de 1874 à 1886. Il a dix ans de plus que la plupart des impressionnistes, qui le considèrent comme un ancien et un homme de bon conseil. A Pontoise, il travaille à l’extérieur et parfois sur les mêmes motifs, aux côtés de Cézanne et de Gauguin. Cézanne dira de lui en 1902 : « Quant au vieux Pissarro, il était un père pour moi, un homme à consulter et quelque chose comme le bon Dieu. »

 

Le pointillisme et les fréquentations anarchistes

En 1884, Pissarro acquiert une maison à Éragny-sur-Epte, petite commune de l’Oise traversée par l’Epte, un affluent de la Seine. Sa situation financière n’étant pas très bonne, Claude Monet lui fait un prêt permettant de financer cet achat. Pissarro restera à Éragny jusqu’à sa mort en 1903. Monet, Gauguin et même Van Gogh viendront lui rendre visite dans son nouveau domaine.

Il rencontre aussi Georges Seurat en 1885 et se laisse influencer par sa technique pointilliste. Il l’adoptera dans de nombreuses toiles sans cependant se plier avec la même rigueur que Seurat aux contraintes techniques inhérentes.

 

Camille Pissarro. Le pont de Charing Cross, Londres (1890)

Camille Pissarro. Le pont de Charing Cross, Londres (1890)

Huile sur toile, 60 × 90 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

Dans les années 1880 Pissarro fait la connaissance de personnalités du mouvement anarchiste comme Émile Pouget (1860-1931) ou Jean Grave (1854-1939) et collabore au journal anarchiste Les Temps nouveaux. Cet engagement relève davantage de l’idéalisme d’un artiste novateur que d’une révolte violente ou d’une analyse politique approfondie. Provoquer « le bourgeois » par la peinture peut ainsi conduire un homme paisible à tenter de le provoquer par des idées assez naïves.

 

Les dernières années et le succès tardif

Dans la décennie 1890, Pissarro quitte le pointillisme pour retrouver une liberté créative sans contraintes formelles gratuites.

 

Camille Pissarro. Le jardin de l’artiste à Éragny (1898)

Camille Pissarro. Le jardin de l’artiste à Éragny (1898)

Huile sur toile, 73,4 × 92,1 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

De cette époque datent également les séries, approche d’un même thème à différents moments. Ainsi verront le jour des séries sur la Gare Saint-Lazare à Paris, les Grands boulevards parisiens, la cathédrale de Rouen. On retrouve dans l’œuvre de Claude Monet des séries sur les mêmes thèmes. Pissarro passe toujours ses étés à Éragny et y peint de nombreux paysages.

Mais le succès commercial n’arrive que très tardivement. Toute sa vie, Pissarro est en butte à des difficultés financières car il vend difficilement et à des prix modestes. C’est en 1900, trois ans avant sa mort, qu’il rencontre enfin l’adhésion du public à l’exposition universelle. Les prix de ses tableaux vont alors s’élever.

Camille Pissarro meurt à Paris le 13 Novembre 1903, après une courte maladie. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

 

Œuvre

 

Pissarro a laissé plus de 1500 toiles qui se trouvent aujourd’hui dans les plus grands musées du monde, mais aussi dans des collections particulières. L’œuvre est très diversifié : paysages, portraits, scènes de genre, natures mortes. Mais c’est par le paysage que Pissarro se révèle et reste dans l’histoire. Il parcourt dans ce domaine toute l’évolution de la seconde moitié du 19e siècle. Partant du réalisme poétique de Corot, il découvre l’impressionnisme aux côtés de Monet, de Cézanne et de Gauguin et devient le mentor du groupe, celui qui empêche sa dislocation. Le divisionnisme ou pointillisme l’intéresse également dans les décennies 1880-1890 et il livre des paysages ou des portraits remarquables s’inspirant de cette technique.

Pissarro est, avec Monet, un leader de l’impressionnisme. Les critiques les plus lucides de l’époque, comme Octave Mirbeau,  ne manquent pas de le signaler :

« Le paysage — et la figure n'est-elle pas aussi un paysage? — tel que l'a conçu — et rendu M. Camille Pissarro, c'est-à-dire l'enveloppement des formes dans la lumière, c'est-à-dire l'expression plastique de la lumière sur les objets qu'elle baigne et dans les espaces qu'elle remplit, est donc d'invention toute moderne. Deviné vaguement par Delacroix, davantage senti par Corot, tenté par Turner en des impressions d'une barbare et superbe beauté, il n'est réellement entré dans l'art à l'état de réalisation complète qu'avec MM. Camille Pissarro et Claude Monet. Quoi qu'on dise et ergote, c'est d'eux que date, pour les peintres, cette révolution dans l'art de peindre, pour le public intelligent, — mais existe-t-il un tel public ? cette révolution dans l'art de voir. » (Le Figaro, 1er février 1892).

 

Camille Pissarro. Printemps. Pruniers en fleurs (1877)

Camille Pissarro. Printemps. Pruniers en fleurs (1877)

Huile sur toile, 65,5 × 81 cm, musée d’Orsay, Paris.

 

Le pointillisme de Pissarro n’est qu’une expérience picturale car le cadre technique contraignant et l’esthétique même du divisionnisme ne convenaient pas à l’artiste. Paul Signac, l’un des maîtres du divisionnisme, l’explique avec finesse :

« Il n'a d'ailleurs pas persisté dans cette voie. Descendant direct de Corot, il ne recherche pas l'éclat par l'opposition, comme Delacroix, mais la douceur par des rapprochements ; il se gardera bien de juxtaposer deux teintes éloignées pour obtenir par leur contraste une note vibrante, mais s'évertuera, au contraire, à diminuer la distance de ces deux teintes par l'introduction, dans chacune d'elles, d'éléments intermédiaires, qu'il appelle des passages. Or, la technique néo-impressionniste est basée précisément sur ce contraste, dont il n'éprouve pas le besoin, et sur l'éclatante pureté des teintes, dont son œil souffre. De la division, il n'avait choisi que le procédé, le petit point, dont la raison d'être est justement, qu'il permet la notation de ce contraste et la conservation de cette pureté. Il est donc très compréhensible que ce moyen, médiocre pris isolément, ne l'ait pas retenu.» (Paul Signac, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, La Revue Blanche, 1899)

 

Camille Pissarro. Pont à Caracas (1854)

Camille Pissarro. Pont à Caracas (1854). Aquarelle et graphite sur papier, 24 × 30,5 cm, National Gallery of Art, Washington. Sans aucune formation, mais accompagné du peintre danois Fritz Melbye, Pissarro commence à dessiner et à peindre des aquarelles des environs de Caracas de 1852 à 1854. Le jeune apprenti de 22 ans est particulièrement doué et possède un sens inné de la composition.

Camille Pissarro. Deux femmes bavardant sur le rivage, Saint-Thomas (1856)

Camille Pissarro. Deux femmes bavardant sur le rivage, Saint-Thomas (1856). Huile sur toile, 27,7 × 41 cm, National Gallery of Art, Washington. Réalisée à Paris, alors qu’il étudiait dans l’atelier d’Anton Melbye, le frère de Fritz, cette vue de la côte de Saint-Thomas révèle les progrès considérables accomplis depuis Caracas. Pissarro traite déjà la lumière en contre-jour à la manière de Claude Lorrain.

Camille Pissarro. Paysage (v. 1865)

Camille Pissarro. Paysage (v. 1865). Huile sur toile, 28 × 44 cm, Indianapolis Museum of Art. « Tout au long de sa carrière, Pissarro a cherché à représenter la nature comme il la voyait. Ce paysage est caractéristique du début de son œuvre dans les années 1860 et montre l’influence de Charles Daubigny et de l’École de Barbizon, groupe d’artistes adeptes de la représentation fidèle de la nature. La composition équilibrée basée sur des horizontales et la touche rapide du feuillage dénotent l’influence de Corot que Pissarro considérait comme son maître. Les tons plutôt sombres, typiques de la peinture de Barbizon, ont été remplacés par une palette plus lumineuse dans les années 1870, lorsque Pissarro s’est rallié à l’impressionnisme. » (Notice Indianapolis Museum of Art)

Camille Pissarro. Bords de l’Oise à Pontoise (1867)

Camille Pissarro. Bords de l’Oise à Pontoise (1867). Huile sur toile, 46 × 71 cm, Denver Art Museum, Colorado. Pissarro s’inspire de la première période de la peinture de Jean-Baptiste Corot, lorsque celui-ci plaçait dans ses paysages des architectures nettement dessinées se découpant sur un ciel bleu ou ennuagé.

Camille Pissarro. Route de Versailles, Louveciennes, soleil d’hiver et neige (1870)

Camille Pissarro. Route de Versailles, Louveciennes, soleil d’hiver et neige (1870). Huile sur toile, 46 × 55,3 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid. A cette époque, Pissarro habite une maison située à Louveciennes sur la route menant à Versailles. Claude Monet vient parfois passer quelques jours dans la famille Pissarro. Le peintre adopte le style impressionniste et réalise vingt toiles de cette route afin d’étudier les effets de lumière à différentes époques de l’année. Comme dans les tableaux précédents, le ciel occupe une surface importante, mais la palette s’est éclaircie et l’artiste insiste sur la lumière hivernale inondant le paysage. Il utilise en particulier les ombres des arbres, qui strient la route, et la perspective atmosphérique, avec un ciel devenant presque blanc à l’horizon.

Camille Pissarro. La Barrière (1872)

Camille Pissarro. La Barrière (1872). Huile sur toile, 37,8 × 45,7 cm, National Gallery of Art, Washington. Ce paysage d’automne, structuré en plans horizontaux (la barrière, le champ, le village, le ciel) s’appuie sur une composition très classique, mais en utilisant un style impressionniste. L’arbre, au premier plan, constitue un élément de verticalité et permet d’accentuer la profondeur. Cette technique de composition était déjà présente dans les paysages du 16e siècle.

Camille Pissarro. Soleil sur la route, Pontoise (1874)

Camille Pissarro. Soleil sur la route, Pontoise (1874). Huile sur toile, 52,4 × 81,6 cm, Museum of Fine Arts, Boston. « Au cours des années 1870, la plupart des peintres paysagistes impressionnistes s’installent dans les petites villes entourant Paris. Ils peignent les scènes ordinaires de la campagne alentour avec une nouvelle approche, directe, travaillant fréquemment à l’extérieur. La composition équilibrée et la fraîche harmonie de bleus, de verts et de jaunes crème donne à cette vue de rivière une sereine stabilité caractéristique du travail de Pissarro, l’un des chefs de file du groupe et un important mentor de Cézanne et Gauguin. » (Notice Museum of Fine Arts, Boston)

Camille Pissarro. Un carrefour à l’Hermitage, Pontoise (1876)

Camille Pissarro. Un carrefour à l’Hermitage, Pontoise (1876). Huile sur toile, 38,5 × 46,5 cm, musée d’art moderne André Malraux, Le Havre. « Dans le Carrefour à l’Hermitage, quelques silhouettes vaquent à leurs occupations quotidiennes à la croisée des chemins, un ciel lumineux ponctué de nuages rebondis fait vibrer les couleurs de l’automne. La composition est fortement calée entre le rideau d’arbres au bord du sentier sur la droite et par une grande bâtisse en partie cachée à l’extrémité gauche. La ligne d’horizon est rejetée en haut de la toile par-delà les collines. Ce faisant, Pissarro néglige la question des effets atmosphériques chère à Claude Monet, pour se concentrer sur la structuration et l’harmonisation des différents plans en zones fortement colorées. Un rythme s’établit entre le vert des parcelles cultivées sur le coteau et les bruns rougeâtres de la terre des labours et du sentier.

Jamais Pissarro n’avait atteint une vibration de la couleur aussi intense, ajoutant de l’orangé sur les toits en tuiles, accentuant ainsi l’éclat de l’ensemble. Il cesse de tendre vers une immobilité de l’instant pour développer une facture rapide et tumultueuse qui va céder à l’éblouissement de la couleur lumière si caractéristique des œuvres peintes à Eragny. » (Commentaire MuMa Le Havre)

Camille Pissarro. Printemps. Pruniers en fleurs (1877)

Camille Pissarro. Printemps. Pruniers en fleurs (1877). Huile sur toile, 65,5 × 81 cm, musée d’Orsay, Paris. Pissarro se rapproche de Monet tout en attachant plus d’importance à la structure de la représentation. Les bâtiments aux formes géométriques émergent nettement au-dessus des pruniers dont les fleurs sont suggérées par une multitude de petites touches claires.

Camille Pissarro. Paysanne (1880)

Camille Pissarro. Paysanne (1880). Huile sur toile, 73 × 60,4 cm, National Gallery of Art, Washington. Ce portrait de femme sur fond verdoyant permet à Pissarro de jouer avec des couleurs froides en faisant ressortir le visage pensif de la paysanne et la main appuyée sur la hanche.

Camille Pissarro. Paysannes se reposant dans les champs près de Pontoise (1882)

Camille Pissarro. Paysannes se reposant dans les champs près de Pontoise (1882). Huile sur toile, 65,4 × 81,6 cm, National Gallery of Art, Washington. Cette vue plongeante est cadrée sur le pré où sont assises les paysannes. La ligne d’horizon est placée sur le bord supérieur du tableau. Le traitement pictural de l’herbe et des petites fleurs qui parsèment le pré est tout à fait remarquable. Avec une infinité de touches rapides, l’artiste parvient à restituer un effet de volume et de souplesse donnant l’impression à l’observateur de se trouver physiquement dans ce champ.

Camille Pissarro. Le pont de Charing Cross, Londres (1890)

Camille Pissarro. Le pont de Charing Cross, Londres (1890). Huile sur toile, 60 × 90 cm, National Gallery of Art, Washington. L’influence de Seurat et du pointillisme ou divisionnisme est évidente. Pissarro tente l’expérience mais ne se laisse pas contraindre par une discipline technique trop rigoureuse comme Seurat. Il en résulte un pointillisme modéré qui ne vaut pas l’impressionnisme des années antérieures.

Camille Pissarro. Deux jeunes paysannes (1891-92)

Camille Pissarro. Deux jeunes paysannes (1891-92). Huile sur toile, 89,5 × 116,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. L’artiste reste influencé par le pointillisme. « Par leur taille, leur position et leur dignité, ces jeunes travailleuses dominent le paysage – un champ proche de la maison de Pissarro à Éragny. Sympathisant anarchiste, l’artiste voulait préserver les valeurs de la société agraire menacées par la rapide industrialisation de la France. Il a commencé ce tableau en 1891 et l’a terminé à la mi-janvier 1892, un mois avant l’ouverture de la grande exposition consacrée à son œuvre, organisée par son marchand Joseph Durand-Ruel. Parmi les cinquante tableaux exposés, beaucoup furent vendus, mais Pissarro conserva celui-ci qu’il donna à sa femme. » (Notice MET)

Camille Pissarro. Soleil levant à Éragny (1894)

Camille Pissarro. Soleil levant à Éragny (1894). Huile sur toile, 38,3 × 46 cm, musée d’art moderne André Malraux, Le Havre. « L’installation de Pissarro à Éragny marque une rupture dans son œuvre par son adhésion aux théories néo-impressionnistes […] La période néo-impressionniste ne durera que quatre années, de 1884 à 1888. La division de la touche va perdurer les années suivantes, mais non plus de façon systématique. Quand il peint Soleil levant à Éragny, l’influence du néo-impressionnisme apparaît clairement à travers la touche vibrante et lumineuse. L’instant de la journée est bien défini dans le titre de l’œuvre. La lumière rasante du soleil qui se lève sur la campagne construit la toile en zones verdoyantes alternant avec des zones sombres en fort contre-jour. Les rayons lumineux du soleil s’insinuent à travers peupliers et arbres fruitiers, créant un effet de perspective extrêmement recherché. » (Commentaire MuMa Le Havre)

Camille Pissarro. La baigneuse (1895)

Camille Pissarro. La baigneuse (1895). Huile sur toile, 35,3 × 27,3 cm, National Gallery of Art, Washington. Le thème de la baigneuse a été abordé à plusieurs reprises par Pissarro. Les baigneuses se trouvent en général dans la nature, seules ou en groupe. Paraissant sages aujourd’hui, ces compositions étaient transgressives à l’époque par leur connotation érotique.

Camille Pissarro. Boulevard Montmartre, matinée de printemps (1897)

Camille Pissarro. Boulevard Montmartre, matinée de printemps (1897). Huile sur toile, 65 × 81 cm, collection particulière. Le spectacle de la ville intéresse les impressionnistes. Claude Monet et Gustave Caillebotte ont également peint les grandes avenues parisiennes créées par le Baron Haussmann sous le règne de Napoléon III (1852-1870). La vaste et lumineuse perspective du boulevard Montmartre que propose Pissarro représente un sommet de l’impressionnisme. Le peintre avait été sensible au pointillisme de Seurat, son ami, et avait parfois utilisé cette technique sans trop la systématiser. Il revient ici à un impressionnisme totalement maîtrisé.

Camille Pissarro. Le jardin de l’artiste à Éragny (1898)

Camille Pissarro. Le jardin de l’artiste à Éragny (1898). Huile sur toile, 73,4 × 92,1 cm, National Gallery of Art, Washington. Pissarro passe la fin de sa vie à Éragny-sur-Epte dans l’Oise. Il réalise un grand nombre de tableaux de son jardin et de son atelier, construit au milieu du jardin. Il est au sommet de son art, ayant dépassé l’impressionnisme et le pointillisme, et s’accorde toute liberté pour composer sa vision du monde.

Camille Pissarro. Place du Carrousel, Paris (1900)

Camille Pissarro. Place du Carrousel, Paris (1900). Huile sur toile, 54,9 × 65,4 cm, National Gallery of Art, Washington. « Avec cette longue vue oblique, tachetée d’ombre et interrompue de chaque côté par le cadre du tableau, la composition de Pissarro restitue l’agitation de la ville en activité. Sa touche rapide semble imiter l’action représentée. Les roues des chariots et des voitures sont traitées par des touches circulaires. Avec le mouvement de son pinceau, Pissarro ne se contente pas de peindre mais restitue le déplacement des roues. Ce tableau, réalisé près d’un quart de siècle après la première exposition impressionniste a toujours la fraîcheur et l’énergie de ses premières œuvres. » (Notice National Gallery of Art)

Camille Pissarro. Le Louvre sous la neige (1902)

Camille Pissarro. Le Louvre sous la neige (1902). Huile sur toile, 66,3 × 81,3 cm, National Gallery, Londres. « Ce tableau fait partie d’une série peinte par Pissarro à partir de son appartement du 28 place Dauphine sur l’Île de la Cité à Paris. Il regarde ici vers l’ouest le long de la Seine. Le Pont-des-Arts et le Louvre sont vus à distance. Les barrières et les marches sur la gauche encadrent la statue d’Henri IV datant du 19e siècle. » (Notice National Gallery)

Camille Pissarro. L’Anse des pilotes et le brise-lame est, Le Havre, matin, soleil, marée montante (1903)

Camille Pissarro. L’Anse des pilotes et le brise-lame est, Le Havre, matin, soleil, marée montante (1903). Huile sur toile, 54,5 × 65 cm, musée d’art moderne André Malraux, Le Havre.

Camille Pissarro. L’Anse des pilotes, Le Havre, après-midi, temps ensoleillé (1903)

Camille Pissarro. L’Anse des pilotes, Le Havre, après-midi, temps ensoleillé (1903). Huile sur toile, 54,5 × 65 cm, musée d’art moderne André Malraux, Le Havre. « Peintes au Havre, ces deux toiles sont parmi les dernières exécutées par Camille Pissarro (1830-1903), quelques mois avant sa mort. L'artiste revient dans le port où il avait débarqué enfant depuis l'île Saint-Thomas aux Antilles […] La composition des deux tableaux est solidement charpentée par les lignes obliques du bord des bassins et par les verticales des lampadaires, des mâts et des cheminées des bateaux. Avec ces installations électriques, ces grues et ces vapeurs, c'est une vue résolument moderne du port du Havre que nous offre Pissarro. Il saisit les badauds en plein mouvement et la scène prend des allures d'instantané. Les motifs, brutalement coupés par les bords de la toile, ne sont d'ailleurs pas sans rappeler l'image photographique qui fascinait alors de nombreux peintres. » (Commentaire MuMa Le Havre)


 

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CAMILLE PISSARRO

 

Commentaires (2)

louis baumann
  • 1. louis baumann (site web) | 28/07/2016

bonsoir,

je possède un tableau de Camille Pissarro qui représente une entré&e de village avec personnage de 30 40 probablement peinte sur le vif par temps de cannicule dont, de mémoire il existe de croquis assez proches de ce genre de motifs....,

où me renseigner, merci

louis baumann 37 rue Voltaire 59000 Lille

rivagedeboheme
  • 2. rivagedeboheme (site web) | 29/07/2016

Prenez contact avec le musée D'Orsay :
http://www.musee-orsay.fr/fr/info/contact/demande-dinformations-scientifiques.html

Cordialement.

P. AULNAS

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