Ingres

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 Autoportraits

Ingres. Autoportrait (1804)

Autoportrait (1804)

Huile sur toile, 77 × 64 cm

Musée Condé, Chantilly

Ingres. Autoportrait (1858)

Autoportrait (1858)

Huile sur toile, 62 × 51 cm

Galerie des Offices, Florence

 

 Biographie

1780-1867

Jean Auguste Dominique Ingres est né en 1780 à Montauban. Son père Jean Marie Joseph Ingres (1755-1814) est un peintre et décorateur qui l’initie très jeune à la peinture et au violon. En 1791, à l’âge de onze ans, il entre à l’Académie Royale de Toulouse où il reçoit des leçons de peinture et de violon. Toute sa vie, Ingres continuera à jouer du violon et deviendra même deuxième violon à l’orchestre du Capitole de Toulouse. L’expression violon d’Ingres est issue de cette seconde vocation du peintre.

Il part pour Paris en 1797 avec des certificats élogieux et il entre dans l’atelier de David. En 1801, il obtient le premier grand prix de Rome avec Les Ambassadeurs d'Agamemnon. En raison de la situation politique, il ne peut se rendre immédiatement à la Villa Médicis. De 1801 à 1806 à Paris, il peint de nombreux portraits qui seront jugés sévèrement par la critique : Monsieur Rivière, Madame Rivière, Napoléon Bonaparte.

 

Ingres. Napoléon Bonaparte en Premier Consul (1803-04)Ingres. Napoléon Bonaparte en Premier Consul (1803-04)

 

En octobre 1806, Ingres part pour Rome. Il y restera jusqu’à 1820. De 1806 à 1810, en tant que pensionnaire à la Villa Médicis, il doit envoyer ses travaux à Paris: La Baigneuse, Jupiter et Thétis. Mais ses tableaux ne rencontrent pas l’adhésion de la critique parisienne. Il décide alors de rester à Rome et devra pour vivre réaliser de multiples portraits peints ou dessinés. En 1813, Ingres épouse Madeleine Chapelle (1782-1849), une jeune modiste de Guéret. Il réalisa de nombreux portraits de sa femme, le plus célèbre apparaissant dans Le Bain turc (1862). Madeleine est l’odalisque aux bras levés qui s’étire au premier plan. Elle est peinte d’après un croquis réalisé en 1818.

De 1820 à 1824, Ingres réside à Florence où il a rejoint son ancien condisciple à l’atelier de David, le sculpteur Lorenzo Bartolini. C’est à cette époque qu’il peint Le Vœu de Louis XIII, une commande du gouvernement français destiné à la cathédrale de Montauban.

En octobre 1824, Ingres part pour Paris pour accompagner son tableau qui doit être exposé au Salon. Il y reçoit un accueil enthousiaste car il se situe dans la tradition classique la plus pure en rappelant les Madones de Raphaël. Face à Ingres, Delacroix présentait Les Massacres de Scio, manifeste du romantisme. A partir de cette date, Ingres sera reconnu officiellement comme un grand peintre classique. Il obtient la Légion d’honneur puis est élu à l’Académie des Beaux-arts en 1825. Il ouvre un atelier à Paris et y forme de nombreux élèves. En 1829, il est nommé professeur à l’Ecole de Beaux-arts. De 1835 à 1841, Ingres occupe le poste de directeur de la Villa Médicis à Rome.

Ayant perdu son épouse Madeleine en 1849, il se remarie en 1852 avec Delphine Ramel, une parente de son ami Charles Marcotte d’Argenteuil (1773-1864). Elle a 43 ans, lui 72 ans. Ingres continuera à peindre jusqu’à sa mort à Paris en janvier 1867, à l’âge de 86 ans.

 

Œuvre

Elève de David, Ingres a cherché à s’affirmer par la peinture historique, les scènes mythologiques, l’inspiration antique. Mais il ne parvint pas vraiment à être reconnu comme un représentant du néo-classicisme. L’œuvre qui marque sa consécration officielle, Le Vœu de Louis XIII, est inspirée de la Renaissance. Ingres cherchera par un travail acharné à atteindre un style personnel qui ne trahisse pas la réalité : « Le style, c’est la nature », écrivait-il. Il s’éloigne donc de la beauté idéalisée et archaïsante de David et se situe dans une sorte de transition entre néo-classicisme, romantisme et réalisme. Ses chefs-d’œuvre se trouvent davantage dans le portrait et le nu que dans la peinture d’histoire. Bien qu’il soit d’abord un dessinateur, Ingres sait remarquablement utiliser la couleur comme on peut le voir dans La Baigneuse, La princesse de Broglie, Madame Moitessier ou dans l’admirable Vierge à l’hostie.

 

Ingres. Princesse Albert de Broglie (1853)Ingres. Princesse Albert de Broglie (1853)

 

Ingres.Pierre-François Bernier (1800)

Pierre-François Bernier (1800). Huile sur toile, collection particulière. Pierre-François Bernier (1779-1803) est un astronome français originaire de Montauban qui perdit la vie au cours de l’expédition Baudin vers les terres australes qui partit du Havre en 1800.

 
Ingres. Napoléon Bonaparte en Premier Consul (1803-04)
Napoléon Bonaparte en Premier Consul (1803-04). Huile sur toile, 227 × 147 cm, musée des Beaux-Arts, Liège. Bonaparte est représenté âgé de 34 ans, posant sa main sur un acte nommé « Faubourg d’Amercœur rebâti » et prêt à être signé. Il porte costume rouge de Consul de la République.
 
Ingres. Monsieur Rivière (1805)
Monsieur Rivière (1805). Huile sur toile, 116 × 89 cm, musée du Louvre, Paris. Dans les années 1804-1805, Philibert Rivière, alors conseiller d’Etat, commande trois portraits à Ingres : le sien, celui de sa femme et celui de sa fille. Ingres les peindra tous les trois. Ils se trouvent depuis plus d’un siècle au musée du Louvre. 
 
Ingres. Madame Rivière (1806)
Madame Rivière (1806). Huile sur toile, 117 × 82 cm, musée du Louvre, Paris. « Madame Rivière est assise, à demie allongée dans une méridienne de velours bleu. Son buste et son visage sont vus de face. Ses jambes sortent hors du cadre. Un grand arc de cercle passe depuis son bras gauche, reposant sur un coussin, et rejoint sa main droite. Un parcours de courbes et de contre courbes utilise le mouvement du corps de la jeune femme et les multiples remous des drapés. » (Notice musée du Louvre)
 
Ingres. Napoléon sur le trône impérial (1806)
Napoléon sur le trône impérial (1806). Huile sur toile, 259 × 162 cm, musée de l'Armée, Paris. Napoléon est représenté en costume de sacre, assis sur son trône impérial. Visiblement, le souverain cherche naïvement à imiter les dynasties antérieures par quelques attributs matériels du pouvoir. Le tableau est esthétiquement réussi, mais Napoléon est complètement ridicule dans cet accoutrement.
 
Ingres. La Baigneuse dite Baigneuse de Valpinçon (1808)
La Baigneuse dite Baigneuse de Valpinçon (1808). Huile sur toile, 146 × 97 cm, musée du Louvre, Paris. Peinte à Rome, lors du séjour d’Ingres à la Villa Médicis, cette toile rompt avec les sujets mythologiques pour faire la part belle à la sensualité. Le traitement de la couleur est plus que prometteur pour le jeune peintre. Valpinçon est le nom d'un ancien propriétaire du tableau.
 
Ingres. Jupiter et Thétis (1811)
Jupiter et Thétis (1811). Huile sur toile, 320 × 260 cm, musée Granet, Aix-en-Provence. L’épisode est tiré de L'Iliade. La nymphe Thétis, mère d'Achille, implore Jupiter de résoudre le conflit entre celui-ci et Agamemnon tandis que Junon observe la scène de loin. Jupiter est ici le double de Napoléon adoptant les mêmes attributs : le trône, le sceptre, le manteau et l'aigle.
 

Ingres. La Grande Odalisque, 1814

La Grande Odalisque (1814). Huile sur toile, 91 × 162 cm, musée du Louvre, Paris. Dans l’Empire ottoman une odalisque était une esclave attachée au service des femmes du Sultan. Il s’agit donc d’une œuvre orientaliste représentant une nudité féminine idéalisée et un orient fantasmé par les occidentaux de l’époque. Le dos particulièrement long (trois vertèbres supplémentaires selon certains…) a été considéré à l’époque comme « une faute » ! Il s’agit évidemment pour Ingres d’accentuer ainsi l’élégance de la pose.
 

Ingres. La mort de Léonard de Vinci (1818)

La mort de Leonard de Vinci (1818). Huile sur toile, 40 × 50,5 cm, musée du Petit Palais, Paris. Léonard de Vinci (1452-1519), peintre et sculpteur italien, est mort au château du Clos Lucé à Amboise, où il vivait depuis 1516 à l’invitation de François 1er. C’est le roi François 1er qui soutient la tête de Vinci. Le titre complet du tableau est François 1er reçoit les derniers soupirs de Leonard de Vinci. L'épisode, sans doute fictif, de sa mort en présence du roi est extrait des Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de Giorgio Vasari (1550).
 

Ingres. Le Vœu de Louis XIII (1820-24)

Le Vœu de Louis XIII (1820-24). Huile sur toile, 421 × 262 cm, cathédrale de Notre-Dame, Montauban. On appelle vœu de Louis XIII la consécration, le 10 février 1638, de la France à la Vierge Marie par le roi Louis XIII. Louis XIII a choisi la Vierge pour patronne de France suite à la grossesse de son épouse Anne d’Autriche après vingt-trois ans de mariage. Le Vœu de Louis XIII également été peint en 1637 par Philippe de Champaigne.
 

Ingres. Mathieu-Louis Molé (1834)

Mathieu-Louis Molé (1834). Huile sur toile, 147 × 114 cm musée du Louvre, Paris. Le comte Louis-Mathieu Molé (1781-1855) est un homme politique français qui fut plusieurs fois ministre sous l’Empire, la Restauration, et la monarchie de Juillet.
 

Ingres. L’odalisque à l’esclave (1842)

L’odalisque à l’esclave (1842). Huile sur toile, 72 × 100 cm, Fogg Art Museum, Cambridge. Tableau de tendance orientaliste, peint pour une commande privée de Charles Marcotte. Ingres a fait la connaissance de Charles Marcotte d’Argenteuil lors de son premier séjour à Rome de 1806 à 1820 et cette amitié durera jusqu'à la fin de sa vie. Marcotte était un haut fonctionnaire (inspecteur général de Eaux et Forêts). La famille Marcotte a commandé environ vingt tableaux à Ingres.
 

Ingres. L’Apothéose d’Homère (1827)

L’Apothéose d’Homère (1827). Huile sur toile, 386 × 512 cm, musée du Louvre, Paris. Ce tableau gigantesque est une commande royale (Charles X). Le catalogue de l'époque décrivait ainsi la toile : « Homère reçoit l'hommage de tous les grands hommes de la Grèce, de Rome et des temps modernes. L'Univers le couronne, Hérodote fait fumer de l'encens. L'Iliade et l'Odyssée sont à ses pieds. »
 

Ingres. Louis-François Bertin (1832)

Louis-François Bertin (1832). Huile sur toile, 116 × 95 cm, musée du Louvre, Paris. Louis-François Bertin est le directeur du Journal des Débats. Ce portrait, commandé par Bertin, est l'un des plus célèbres du peintre. Il représente aujourd'hui une figure archétypale du bourgeois physiquement massif du 19e siècle. « Il s'agit sans doute de l'œuvre la plus réaliste d'Ingres. Contrairement à d'autres portraits du maître, comme Caroline Rivière (musée du Louvre), l'attitude du modèle n'est pas ici inspirée de peintures antiques ou de portraits de Raphaël. L'artiste a peint Bertin comme il l'avait observé un jour, chez lui, en pleine discussion. Le pinceau d'Ingres est d'une précision minutieuse dans le rendu des détails, les imperfections du visage, le désordre de la chevelure. » (Notice musée du Louvre)
 
Ingres. Louise de Broglie, Comtesse d’Haussonville (1845)
Louise de Broglie, Comtesse d’Haussonville (1845). Huile sur toile, 132 × 92 cm, The Frick Collection, New York. Louise de Broglie, comtesse d'Haussonville (1818-1882), est une femme du monde et historienne. Arrière-petite-fille de Jacques Necker et de Suzanne Curchod, petite-fille de Germaine de Staël, elle voit le jour au château de Coppet, en Suisse, quelques mois après la mort de sa grand-mère. « Selon une lettre écrite par l'artiste, le portrait achevé "a suscité une tempête d'approbation dans la famille et parmi les amis." Ingres semble avoir surpris la jeune femme dans l'intimité de son boudoir, appuyée contre une cheminée décorative, alors qu'elle vient de quitter sa tenue de soirée et de poser ses jumelles d'opéra. » (Notice The Frick Collection)
 

Ingres. Portrait de la baronne de Rothschild (1848)

Portrait de la baronne de Rothschild (1848). Huile sur toile, 141,9 × 101 cm, collection particulière. Betty de Rothschild (1805-1886) est la femme du banquier James Mayer de Rothschild (1792-1868). Il s’agit de l’une de femmes les plus riches d’Europe et de l’un des plus importants mécènes des arts.


Ingres. Princesse Albert de Broglie (1853)

Princesse Albert de Broglie (1853). Huile sur toile, 121 × 91 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Il s'agit de la femme du duc Albert de Broglie (1821-1901) qui fut trois fois Président du Conseil (équivalent actuel : Premier Ministre) en 1873, 1874 et 1877. En 1845, il épousa Joséphine-Éléonore-Marie-Pauline de Galard de Brassac de Béarn (1825-1860) représentée sur ce tableau. La maîtrise technique d'Ingres apparaît tout particulièrement dans ses portraits des plus belles femmes de l'aristocratie de l'époque.

 

Ingres. Vierge à l’hostie (1854)

Vierge à l’hostie (1854). Huile sur toile, diamètre 113 cm, musée d'Orsay, Paris. « Incarnation de la maternité et de la pureté de l'idéal féminin, de l'amour chrétien et de la ferveur religieuse, l'image de la Vierge allait être un des thèmes catholiques les plus étudiés par le peintre. Inspirées de Raphaël mais aussi d'autres peintres de la Renaissance, ces Vierges unissent élégance, sensualité et féminité avec foi, spiritualité et virginité.» (Notice mini-site Louvre.fr)

 Ingres. Madame Moitessier (1856)

Madame Moitessier (1856). Huile sur toile, 120 × 92 cm, National Gallery, Londres. Inès de Foucauld de Pontbriant (1821-1897) était l’épouse de Paul Sigisbert Moitessier, riche banquier du Second Empire, et la tante de Charles de Foucauld (1858-1916). Elle tint sous la Troisième République un salon politique pour Louis Buffet, neveu de son mari et plusieurs fois ministre.

 Ingres. La Source (1856)

La Source (1856). Huile sur toile, 83 × 163 cm, musée d'Orsay, Paris. Il s’agit d’une allégorie de la source qui, depuis la mythologie gréco-romaine, était personnifiée par une naïade avec pour attributs des plantes aquatiques, une cruche ou une coquille. 
 

Ingres. Le Bain Turc (1862)

Le Bain Turc (1862). Huile sur toile, diamètre 108 cm, musée du Louvre, Paris. Tableau érotique peint avec malice à l'âge de 82 ans. Ingres n'utilise aucun modèle mais des croquis et des tableaux plus anciens. Au premier plan à droite, on retrouve La Baigneuse de Valpinçon et au premier plan à gauche, il s'agit Madeleine Chapelle (1782-1849), la première femme du peintre, d'après un croquis de 1818. « C'est le prince Napoléon qui commanda cette scène de harem à Ingres vers 1848. L'œuvre fut livrée en 1859 mais rendue peu après au peintre car elle avait choqué l'Impératrice. Le peintre retravailla son tableau jusqu'en 1863, même après l'avoir daté de 1862. Cette peinture ne fut révélée finalement au grand public qu'en 1905 lors de la Rétrospective Ingres au Salon d'automne. Elle enthousiasma alors les peintres les plus novateurs dont Picasso. Chef-d'œuvre de la vieillesse d'Ingres, cette toile est aussi audacieuse dans le sujet que dans la forme. » (Notice musée du Louvre)
 
Ingres. Vierge à l’hostie (1866)
Vierge à l’hostie (1866). Huile sur toile. 78 × 67 cm, Musée Bonnat, Bayonne. « L'un des derniers tableaux du peintre, où il reprend un thème déjà traité en 1854. » (Notice musée Bonnat)

 

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