Immigration et islamisme

23/02/2021

Patrick AULNAS

Le totalitarisme islamiste se manifeste dans de nombreux pays. D’abord dans les pays de culture musulmane où il cherche à maintenir les dominations traditionnelles (pouvoir politique autoritaire, religion d’État, inégalité hommes-femmes, etc.). Ensuite dans les démocraties occidentales où l’objectif à terme est la déstabilisation politique, l’annihilation de la liberté.

L’Occident apparaît aujourd’hui hésitant face à une idéologie archaïsante basée sur une interprétation littérale d’un vieux texte religieux, le Coran. Voilà un paradoxe saisissant : quelques fadaises pseudo-religieuses fragilisent les pays les plus développés technologiquement. Pourquoi ? Parce que l’Occident a commis une erreur historique majeure : l’immigration incontrôlée depuis plus de cinquante ans. Il fallait choisir, sélectionner et non régulariser les clandestins arrivant dans nos pays illégalement.

 

De la généreuse assimilation au séparatisme

Le mal est fait. D’assimilation à intégration, d’intégration à communautarisme, de communautarisme à séparatisme, nos politiciens ont sans cesse reculé. Ils nous ont trahis, par aveuglement parfois, par électoralisme souvent. La gauche, confrontée au recul numérique de la classe ouvrière intégrée, a vite regardé du côté des immigrés pour s’offrir de nouveaux électeurs. La régularisation massive des clandestins, puis l’octroi de la nationalité permettaient d’atteindre l’objectif. La droite a honteusement reculé devant les leçons de morale hypocrites des partis de gauche, comme elle avait reculé face au communisme.

La noble idée d’assimilation a été stigmatisée, tout partisan d’une exigence d’assimilation étant désigné comme extrémiste de droite, voire fasciste, xénophobe ou raciste. Pourtant, rien n’est plus généreux que l’assimilation. Demander aux arrivants de pays étrangers d’adopter les us et coutumes du pays d’accueil revient à les considérer déjà, a priori, comme appartenant à la communauté nationale. Exiger l’assimilation, c’est-à-dire le respect non seulement de la législation, mais des comportements, des manières de s’habiller, des traditions, c’est évidemment faire confiance à l’arrivant, le juger digne et capable d’appartenir à une nouvelle communauté humaine et de s’y insérer sans heurt. Tout le contraire de l’intégration qui se contente du respect de la légalité, ce qui est évidemment tautologique. Comment pourrait-on accepter que des immigrés enfreignent les lois du pays d’accueil ? Derrière le vocabulaire habile des politiciens professionnels, c’est toujours la manipulation du verbe qui apparaît. La maîtrise linguistique les distingue du vulgum pecus, mais aussi le cynisme.

L’avantage d’une rigoureuse politique d’assimilation est évident. Tous ceux qui ne s’estiment pas capables de s’assimiler ou qui échouent repartent dans leur pays d’origine puisqu’ils sont rejetés par le pays d’accueil, qui exige l’assimilation. C’est ainsi que fonctionnait l’immigration depuis des siècles. Le laxisme des politiciens à la fin du 20e siècle a déstabilisé nos sociétés au moment précis où la plus grande rigueur était nécessaire.

 

Le choc des civilisations

Une immigration à dominante musulmane a en effet remplacé une immigration chrétienne. Les migrants arrivant en France, en Allemagne, aux États-Unis aux 19e et 20e siècles appartenaient à la même civilisation que les habitants du pays d’accueil. L’immigration musulmane représente au contraire un défi déraisonnable pour l’assimilation. Il fallait donc être d’autant plus rigoureux et particulièrement sélectif. Les pauvres ne manquent pas sur notre petite planète, le choix des origines existait à condition bien entendu d’organiser strictement le processus migratoire et d’être intraitable sur les retours des non assimilables.

Cela supposait sans doute une remise en cause de certains engagements internationaux, comme les conventions de Genève sur le droit d’asile ou la convention européenne des droits de l’homme. Mais chacun sait que ces conventions sont totalement inadaptées au monde actuel. Elles ont été conçues à une époque de moindre mobilité, pour des flux migratoires limités, et non pour des centaines de millions de migrants à travers le monde. Mais là encore, la classe politique a totalement baissé les bras, invoquant avec une consternante lâcheté la nécessaire générosité des pays riches. En vérité, les politiciens n’avaient pas le courage d’affronter l’intelligentsia de gauche et d’extrême-gauche. Quant aux peuples d’Occident, ils observaient avec sidération l’arrivée d’immigrants clandestins, toujours régularisés à terme, imposant de plus en plus ouvertement leurs us et coutumes à une société gouvernée par des démagogues.

 

« Vous aurez le déshonneur et vous aurez la guerre »

Après un demi-siècle de reculs et de médiocrité politicienne, nous en sommes donc arrivés à voter des lois « contre le séparatisme ». Nous en sommes au stade où un professeur est égorgé pour quelques caricatures anodines. Au stade où un autre professeur de Trappes doit démissionner par peur du radicalisme islamique, un préfet de la République l’accablant même honteusement, sortant ainsi de la réserve que lui imposent ses fonctions. Au stade où des responsables de haut niveau (Ségolène Royal, Nicole Belloubet) remettent en cause le droit à la caricature ou à la critique d’une religion, comme les sbires de Louis XV au 18e siècle, qui poursuivaient Voltaire. Ségolène Royal se prétend de gauche et Nicole Belloubet a été professeur de droit à l’université. Ceux qui nous gouvernent ne connaissent même pas nos lois, mais prétendent nous faire la morale. L’écrasante majorité des français pourrait leur en apprendre beaucoup dans ce domaine.

Après cinquante ans d’immigration incontrôlée, de mépris de la légalité par des dirigeants politiques qui régularisent en masse ceux qui ont violé nos lois en arrivant clandestinement sur notre territoire, nous en sommes en vérité au stade où, sans le dire, les édiles de la République craignent une véritable guerre civile. Certes, il ne s’agirait pas de la guerre de Sécession, avec deux armées se faisant face sur un champ de bataille. Il s’agirait d’une guerre larvée, sans front militaire, s’exerçant par des attentats et des coups de mains. Mais elle conduirait inéluctablement à une disparition de la démocratie et à un appauvrissement généralisé. L’insécurité amène le renforcement du dirigisme étatique et l’exil des entrepreneurs car elle tétanise les initiatives.

 

Le début de la fin

Le déclin de l’Occident a des cause diverses : faible compétitivité économique, gestion laxiste des finances publiques, démagogie généralisée des gouvernants, inflation législative, etc. Mais il faut désormais en ajouter une : la naissance de groupes sociaux rivaux, ridiculement qualifiés de communautés, ne partageant aucune valeur commune, certains se réclamant de la liberté et d’autres la haïssant de toutes leurs forces. Le séparatisme, c’est le début de la fin.

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