Henryk Siemiradzki

 
 
 

Cliquer sur l'image ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.

 

 

Patrick AULNAS

 

Portraits et autoportraits

 

Henryk Siemiradzki. Autoportrait (après 1876)

Henryk Siemiradzki. Autoportrait (après 1876)
Huile sur toile, 80 × 55 cm, Musée national de Cracovie.

 

 

Auteur inconnu. Portrait d’Henryk Siemiradzki (v. 1875)Auteur inconnu. Portrait d’Henryk Siemiradzki (v. 1875)
Photographie sur papier, 10,3 × 6,1 cm, site internet polona.pl

 

 

Auteur inconnu. Portrait d’Henryk Siemiradzki (v. 1900)Auteur inconnu. Portrait d’Henryk Siemiradzki (v. 1900)
Photographie sur papier, Musée national de Cracovie.

 

 

Biographie

1843-1902

Heuryk Siemiradzki est le fils de Michalina Pruszyńska, épouse Siemiradzki, et d’Hippolyte Siemiradzki, noble polonais et officier supérieur de l’armée impériale russe. Il est né le 12 octobre 1843 à Novobelgorod, petit village proche de Kharkiv en Ukraine. Henryk passe son enfance à Kharkiv où sa famille possède une maison. Les enfants Siemiradzki sont élevés dans la tradition polonaise et catholique.

 

Henryk Siemiradzki. Danse des épées (1879-80)

Henryk Siemiradzki. Danse des épées (1879-80)
Huile sur toile, 120 × 225 cm, Galerie Tretiakov, Moscou.

 

Henryk commence à s’initier au dessin et à la peinture avec son instituteur et manifeste un don évident. Il entre cependant à l’université de Kharkiv pour y suivre des études scientifiques (mathématiques, physique, biologie) tout en continuant à peindre. Après l’obtention de son diplôme universitaire en 1864, il suit les cours de l’Académie impériale des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg jusqu’à 1871. Son talent est déjà reconnu à l’Académie où il obtient durant ses études cinq médailles d’argent et deux médailles d’or. Il fréquente assidûment le musée de l’Ermitage, s’intéresse beaucoup à la Renaissance italienne et visite la Pologne, en particulier Cracovie. Il obtient son diplôme en 1871, ainsi qu’une bourse gouvernementale pour une durée de six ans.

En 1871, il part pour Munich où il étudie avec le peintre d’histoire allemand Karl von Piloty (1826-1886), professeur et directeur de l’Académie des Beaux-arts de la ville. Dès 1872, il voyage en Italie (Venise, Florence, Naples) et s’installe à Rome. Sa fille dira de nombreuses années plus tard « Il a vu Rome et tout le reste a cessé d’exister pour lui. C’était son monde, sa vocation artistique ». Il reste à Rome jusqu’à la fin de sa vie, résidant d’abord Piazza di Spagna puis acquérant une villa avec un atelier sur la Via Gaeta. Cependant, il passe tous ses étés dans sa propriété de Strzałkowo en Pologne.

 

Auteur inconnu. Henryk Siemiradzki à Rome (1888)

Auteur inconnu. Henryk Siemiradzki à Rome (1888)
Photographie sur papier, Musée national de Cracovie.

 

Le succès international d’Henryk Siemiradzki lui apporte de nombreux titres. Dès 1873, il entre à l’Académie des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg et en 1877 il est nommé professeur. Par la suite, il deviendra membre des institutions artistiques européennes les plus prestigieuses de l’époque : l’Académie des Arts de Berlin, l’Académie des Beaux-arts de Stockholm (1879), l’Académie Saint-Luc à Rome (1880), l’Académie des Beaux-arts de Paris (1889). Il reçoit également de nombreuses distinctions : Légion d’honneur française, ordre de la Couronne italienne, ordre de Saint-Stanislas polonais.

 

Henryk Siemiradzki. Le Christ et la Samaritaine (1890)

Henryk Siemiradzki. Le Christ et la Samaritaine (1890)
Huile sur toile, 106 × 184 cm, Galerie nationale d’art de Lviv.

 

En 1901, il tombe malade et perd l’usage de la parole. Avec l’accord des médecins, il se rend à Strzalkowo pour y mourir le 23 août 1902. Il est inhumé au cimetière de Powazki à Varsovie. Le 24 septembre 1903, ses cendres sont transférées dans la crypte située sous l’église de Skalka à Cracovie, destinée à la sépulture des polonais particulièrement méritants dans le domaine de la culture, de la science et de l’art.

 

Œuvre

Henryk Siemiradzki est un peintre disposant de dons exceptionnels lui permettant de maîtriser tous les genres, de la peinture mythologique et religieuse au portrait, en passant par le paysage. Son œuvre peut être classé dans l’art académique du 19e siècle, avec cependant une rigueur réaliste de l’observation. Elle comporte aussi des peintures sur le motif qui ne correspondent pas aux préconisations académiques d’exécution en atelier. L’artiste accorde une attention particulière à la construction des formes et aux effets de la lumière solaire sur les paysages et les architectures. Formé au néoclassicisme à l’Académie de Pétersbourg, Siemiradzki est fasciné par le monde antique. Ses compositions monumentales sur la Rome des débuts de l’Empire romain ont fait sa célébrité, mais il s’intéresse aussi parfois, moins fréquemment, à la Grèce antique.

 

Henryk Siemiradzki. Les torches de Néron (1876)

Henryk Siemiradzki. Les torches de Néron (1876)
Huile sur toile, 385 × 704 cm, Musée national de Cracovie.

 

 

Henryk Siemiradzki. Phryné aux fêtes de Poséidon à Éleusis (1889)

Henryk Siemiradzki. Phryné aux fêtes de Poséidon à Éleusis (1889)
Huile sur toile, 390 × 763 cm, Musée russe, Saint-Pétersbourg.

 

 Les scènes bibliques ont en général un  caractère narratif et concernent la vie du Christ.

 

Henryk Siemiradzki. Le Christ dans la maison de Marthe et Marie (1886)

Henryk Siemiradzki. Le Christ dans la maison de Marthe et Marie (1886)
Huile sur toile, 191 × 302 cm, Musée russe, Saint-Pétersbourg.

 

Siemiradzki a aussi créé des œuvres allégoriques et quelques paysages de petits formats qui s’éloignent de l’académisme.

Les grandes compositions de Siemiradsky constituent l’équivalent d’une scène de théâtre ou d’opéra avec des figures costumées, un éclairage puissant et une signification dramaturgique. Mais comme elles se déroulent en extérieur, le peintre joue remarquablement avec la lumière méditerranéenne et la variabilité des couleurs liée aux ombrages. Architectures et sculptures antiques, qui sont les modèles du beau selon le credo académique, encadrent la scène et accueillent les personnages idéalisés d’un monde onirique qui enchantait les amateurs d’art du 19e siècle. Encore aujourd’hui, il ne laisse pas indifférent car si l’art ne nous transporte pas au pays des merveilles, à quoi sert-il ?

 

 

Henryk Siemiradzki. Nymphe (1869)

Henryk Siemiradzki. Nymphe (1869). Huile sur toile, diamètre 156 cm, Galerie nationale d’art de Lviv. Dans un style ingresque, le jeune artiste utilise la mythologie antique dans une composition simple, correspondant au goût dominant des commanditaires de l’époque.

Henryk Siemiradzki. La pécheresse (1873)

Henryk Siemiradzki. La pécheresse (1873). Huile sur toile, 290 × 499 cm, Musée russe, Saint-Pétersbourg. Le tableau s’inspire d’un épisode de l’Évangile selon Jean, connu sous le titre La femme adultère. Une femme commettant l’adultère ayant été surprise, les pharisiens proposent de la lapider conformément à la coutume. Jésus leur dit : « Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. » Troublés, ils se retirent et Jésus dit à la femme : « Vas et ne pèche plus. » L’influence du poème de Tolstoï, La pécheresse, inspiré de l’Évangile, a également été signalée.
Le Christ et ses disciples sont représentés dans la partie gauche. A droite le peintre a placé une courtisane somptueusement vêtue et un groupe d’hommes et de femmes dissipés et parfois visiblement ivres. La juxtaposition des deux groupes humains suffit à inspirer aux spectateurs du tableau la leçon biblique : la dignité et la modestie se trouvent à gauche, le laisser-aller et le dévergondage se trouvent à droite. Mais l’œuvre ne dit rien du sort de la courtisane.
C’est l’étude de la lumière, jointe à une grande retenue chromatique, qui constitue aujourd’hui le principal intérêt de la composition. L’historienne de l’art Tatiana Karpova précise que le jeune artiste (il a trente ans) utilise, comme le faisaient les impressionnistes parisiens, la peinture sur le motif. L’arbre central, par exemple, ne sort pas de l’imagination du peintre. Il s’agit d’un très vieil olivier, parfaitement observé et restitué sur la toile.

Henryk Siemiradzki. Les torches de Néron (1876)

Henryk Siemiradzki. Les torches de Néron (1876). Huile sur toile, 385 × 704 cm, Musée national de Cracovie. « Ce tableau […] a été donné par l’auteur en 1879, initiant la collection du Musée national de Cracovie. Sur une immense toile, Siemiradzki a représenté le thème de la persécution des chrétiens par Néron. Ils furent accusés d’avoir brûlé Rome en 64. Néron, craignant les conséquences de l’incendie, désigna les chrétiens car ils étaient impopulaires dans la société romaine. L’artiste a représenté la scène de leur supplice dans les jardins impériaux. Sur les visages des participants à l’événement, des sentiments divers apparaissent : férocité du comportement des Romains ivres, froide indifférence des belles dames et des beaux jeunes hommes, peur et compassion envers les condamnés. L’artiste a utilisé des détails architecturaux de monuments antiques conservés à Rome, Pompéi, Naples et des études d’architecture antique. D’un point de vue idéologique, il oppose deux attitudes : celle des élites romaines, pour la plupart démoralisées ou intimidées par le despotique Néron ; et celle des chrétiens, inébranlables, qui meurent pour la foi. En Pologne et en Russie – en se référant à la phrase écrite sur le cadre du tableau et tirée de l’Évangile de saint Jean : La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie – l’œuvre a été interprétée comme l’expression de l’opposition à la violence et au despotisme tsariste. Elle constituait un symbole de la victoire future de ceux qui étaient alors méprisés et faibles. » (Commentaire Musée national de Cracovie)

Henryk Siemiradzki. Danse des épées (1879-80)

Henryk Siemiradzki. Danse des épées (1879-80). Huile sur toile, 120 × 225 cm, Galerie Tretiakov, Moscou. « Ce tableau appartient aux œuvres de Siemiradzki dépourvues de la dramaturgie de la culture antique, où l’artiste représente un spectacle imprégné de sensualité. Ce sujet permet de combiner toutes les composantes de l’approche académique de la beauté : mouvements gracieux, nu féminin idéalisé, accessoires exquis, magnifique paysage méditerranéen, érotisme obsédant. Le travail de Siemiradzki a souvent fait l’objet de critiques pour son conformisme, mais les adversaires de l’artiste ont toujours reconnu la virtuosité technique du maître. » (Commentaire Galerie Tretiakov)

Henryk Siemiradzki. Portrait de Ludwik Wodzicki (1880)

Henryk Siemiradzki. Portrait de Ludwik Wodzicki (1880). Huile sur toile, 122 × 85 cm, Musée national de Cracovie. Ludwik Wodzicki (1834, Cracovie - 1894 Douai, France) est un homme politique galicien conservateur, membre de la première, deuxième, troisième, quatrième et sixième législature (1865-1894) de la Diète galicienne. La Galicie est une province de l'empire d'Autriche, formée en 1772 à partir des territoires polonais annexés lors du premier partage de la Pologne, et restée autrichienne jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Siemiradzki réalise ici un portrait officiel mettant en valeur le statut social du modèle.

Henryk Siemiradzki. Portrait de la princesse Maria Lubomirska (1881)

Henryk Siemiradzki. Portrait de la princesse Maria Lubomirska (1881). Huile sur toile, 128 × 76 cm, Detroit Institute of Arts. Maria Lubomirska (1847-1930) appartient à une famille très ancienne de l’aristocratie polonaise. Son grand-père paternel, Fryderyk Lubomirski (1779-1848) était le frère d’Henryk Lubonirski (1777-1850), réputé pour sa beauté lorsqu’il était enfant et dont Elisabeth Vigée Le Brun a fait le portrait. Maria Lubomirska a épousé René Lannes, baron de Montebello.

Henryk Siemiradzki. Un jeu dangereux (1880-90)

Henryk Siemiradzki. Un jeu dangereux (1880-90). Huile sur toile, 55 × 108 cm, Pereslavl Historical and Art Museum, Pereslavl, Russie. Dans un paysage méditerranéen, Siemiradzki place trois figures habillées à l’antique qui évoquent Vénus, Mars et Cupidon. Cupidon, fils de Vénus et de Mars, est le dieu de l'Amour chez les romains (Éros chez les grecs). Ses attributs sont un arc et un carquois, dont il se sert pour envoyer des flèches d'argent représentant les pointes du désir dans le cœur des dieux et des hommes. Selon la mythologie, quiconque était touché par les flèches de Cupidon tombait amoureux de la première personne rencontrée. Voilà bien un jeu dangereux. L’artiste n’oublie pas la composante sculpturale antique, d’un blanc éclatant, nécessaire pour représenter la beauté académique conventionnelle. Il faut cependant souligner le remarquable jeu d’ombre et de lumière méditerranéenne, parfaitement maîtrisé par l’artiste.

Henryk Siemiradzki. Lac avec rivage rocheux (1880-90)

Henryk Siemiradzki. Lac avec rivage rocheux (1880-90). Huile sur toile, 27 × 38 cm, Musée national de Varsovie. Siemiradzki a réalisé quelques petits paysages de style quasi-impressionniste comme celui-ci. Il abandonne le néoclassicisme, qui impose un dessin apparent et un lissage des surfaces, pour la suggestion d’une impression face à un rivage méditerranéen ensoleillé. Rochers de premier plan et montagnes à l’horizon sont traités comme un assemblage de taches de couleurs.

Henryk Siemiradzki. Paysage avec figures (1884)

Henryk Siemiradzki. Paysage avec figures (1884). Huile sur bois, 23 × 38 cm, Musée national de Cracovie. « Dans ses œuvres, Siemiradzki a parfois utilisé d’anciens motifs de scènes de genre placées dans des paysages italiens ensoleillés. Les zones paysagères de ces compositions ont été peintes sur la base d’études en plein air. Elles se caractérisent par une maîtrise technique et une approche novatrice et pragmatique de la nature, éloignée de l’académisme et correspondant à un intérêt pour le problème de la lumière du soleil. Paysage avec figures représente un paysage italien de l’époque de l’artiste. Un massif au bord de la rivière, visible au premier plan, est enveloppé d’ombre. Un pont de pierre, au milieu de la composition, et une ville, qui s’étend sur une colline au loin, sont inondés d’un soleil éblouissant. Le couple, se reposant à l’ombre, ne sert que de contrepoint coloré et pittoresque, tandis que le paysage rendu de manière réaliste joue le rôle principal. Les contrastes d’ombre et de lumière ainsi qu’une palette lumineuse produisent l’atmosphère joyeuse d’une journée d’été. » (Commentaire Musée national de Cracovie)

Henryk Siemiradzki. Le Christ dans la maison de Marthe et Marie (1886)

Henryk Siemiradzki. Le Christ dans la maison de Marthe et Marie (1886). Huile sur toile, 191 × 302 cm, Musée russe, Saint-Pétersbourg. Episode de l’Evangile de Luc (10:38-41) au cours duquel Jésus est reçu dans la maison de Marthe et de sa sœur Marie. Alors que Marie, assise aux pieds du Christ, écoute sa parole, Marthe poursuit ses tâches domestiques. Marthe demande alors à Jésus : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m’aider. » Et Jésus lui répond : « Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. » Il faut donc trouver un équilibre entre l’intelligence ou la culture et la réalisation des tâches ordinaires.

Henryk Siemiradzki. Décision difficile (1887)

Henryk Siemiradzki. Décision difficile (1887). Huile sur toile, 99 × 156 cm, collection particulière. Un patricien romain, assis, se demande s’il doit acquérir une belle esclave. Il a déjà acheté un vase qu’il tient dans sa main droite et semble particulièrement intéressé par la jeune esclave. La clientèle de Siemiradzki comportant des aristocrates russes disposant de milliers de moujiks, une telle scène évoquait pour eux une réalité vécue, mais transposée dans la lointaine Antiquité. Pas l’ombre d’un sentiment de culpabilité chez ces gens-là, confortés dans l’idée de la permanence historique du patriarcat par l’art académique.

Henryk Siemiradzki. Phryné aux fêtes de Poséidon à Éleusis (1889)

Henryk Siemiradzki. Phryné aux fêtes de Poséidon à Éleusis (1889). Huile sur toile, 390 × 763 cm, Musée russe, Saint-Pétersbourg. Phryné est une hétaïre grecque du 4e siècle avant J.-C., célèbre pour sa beauté et les prix élevés de ses prestations. Selon la légende, elle aurait défié Aphrodite, la déesse de la beauté et de l'amour. Ce défi se manifeste au cours de la fête de Poséidon, à Eleusis près d’Athènes, où a lieu une procession rituelle depuis le temple de Poséidon jusqu’à la mer. Phryné enlève ses vêtements et descend nue jusqu'au bord de la mer devant la foule des pèlerins.
Siemiradzki représente Phryné dévêtue au centre du tableau, entourée de la foule. Le temple de Poséidon apparaît à l’arrière-plan sur la hauteur, avec la procession qui descend les marches. Sur la partie gauche, une ouverture vers la mer et l’horizon montagneux compense l’accumulation de figures et de monuments de la partie droite. Cette dimension paysagère détermine la puissante luminosité de la composition, caractéristique essentielle des scènes mythologiques et religieuses de l’artiste.

Henryk Siemiradzki. Le Christ et la Samaritaine (1890)

Henryk Siemiradzki. Le Christ et la Samaritaine (1890). Huile sur toile, 106 × 184 cm, Galerie nationale d’art de Lviv. L’épisode de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine provient du Nouveau Testament (Evangile selon Jean). Jésus se repose près d’un puits. Une femme de Samarie (samaritaine) venant puiser de l’eau, Jésus lui demande à boire. La Samaritaine s’en étonne car les Juifs méprisent les Samaritains et ne leur adressent pas la parole. Jésus lui répond : «  Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle ». Siemiradzki traite le sujet en le plaçant dans un vaste paysage réaliste avec un soin particulier apporté aux effets de lumière sur les deux figures. Le doigt levé du Christ est courant dans la représentation de la scène (par exemple Angelica Kauffmann, Le Christ et la Samaritaine au puits, 1796), mais le vaste paysage typiquement méditerranéen provient de la fascination du peintre pour l’Italie.

Henryk Siemiradzki. Le jugement de Pâris (1892)

Henryk Siemiradzki. Le jugement de Pâris (1892). Huile sur toile, 99 × 227 cm, Musée national de Varsovie. Mythologie grecque. Pâris, fils du roi de Troie Priam, gardait les troupeaux sur le mont Ida. Trois déesses apparaissent : Aphrodite, Héra et Athéna. Elles cherchent un juge, sur les conseils de Zeus, pour les départager dans un concours de beauté. Héra promet à Pâris la souveraineté sur l’Asie et l’Europe, Athéna, la gloire des guerriers, et Aphrodite la main de la plus belle des femmes. Ce fut à cette dernière que Pâris offrit la pomme d’or (la pomme de la discorde) qui devait revenir à la plus belle. Mais, jalouses de n'avoir point été choisies, Athéna et Héra témoignèrent à l’avenir, d'une haine farouche à l'égard du Troyen Pâris et protégèrent les Grecs.
« Le jugement de Pâris est le titre original de l’œuvre, mais le peintre n’a pas représenté le motif du différend entre les déesses, thème courant dans l’art européen, mais le triomphe ultérieur de Vénus. Entourée de grâces dansantes et de cupidons, Vénus soulève une pomme d’or, trophée que lui a remis Pâris […] Les figures de la Vénus victorieuse et de Minerve et Junon vaincues sont illuminées par le puissant soleil de midi, tandis que le personnage principal, le prince berger, est plongé dans l’ombre et poussé à l’arrière-plan de la composition.
L’accumulation de motifs iconographiques, la minutie de l’exécution et la volonté de ravir le spectateur par la perfection dans le rendu même des petits détails se conjuguent avec le thème du concours, dont le choix témoigne de l’érudition littéraire de l’artiste. Le Jugement de Paris, créé dans la dernière étape de l’œuvre d’Henryk Siemiradzki est l’une des peintures les plus réussies du peintre, aussi bien en termes de composition et de suggestivité du message que de couleurs et de modelé des surfaces. » (Commentaire Musée national de Varsovie)

Henryk Siemiradzki. Dircé chrétienne (1897)

Henryk Siemiradzki. Dircé chrétienne (1897). Huile sur toile, 263 × 530 cm, Musée national de Varsovie. « Henryk Siemiradzki était célèbre pour ses compositions monumentales illustrant des événements de l'Empire romain ainsi que des scènes idylliques de la vie quotidienne des habitants de l'Italie antique, présentées dans des paysages de la région de Campanie.
Dircé chrétienne est le dernier grand tableau d'histoire de Siemiradzki. Il représente une reconstitution d'un mythe grec – réellement mis en œuvre par l'empereur Néron – dans lequel Dircé, la reine de Thèbes, est mise à mort en étant attachée aux cornes d'un taureau et écrasée contre des rochers. Selon les écrits de l'historien romain Suétone, Néron avait décrété que pendant les jeux dans l'amphithéâtre, une belle jeune fille chrétienne devait subir le même sort.
Siemiradzki montre la phase ultime de ce spectacle impitoyable, le moment où l'empereur satisfait examine la jeune fille sans vie et la bête abattue. La composition du tableau reflète l'agencement théâtral et grandiose, caractéristique de la peinture académique. La galerie qui s'étend au loin et les arches en arrière-plan créent un cadre monumental pour la représentation de la foule et des personnages principaux au centre. Conformément aux principes de l'art académique, Siemiradzki fait preuve de virtuosité technique et d’une érudition qui apparaît dans le souci du détail presque archéologique  Il est fort probable que le symbolisme de la beauté sacrifiée (au-delà de l'érotisme indéniable qui frappe immédiatement le spectateur) recèle un ensemble complexe de significations ambitieuses. On peut distinguer celles qui sont universelles, se référant à la pérennité du christianisme, celles qui sont nationales, l’espoir d'indépendance de la Pologne, et celles qui sont artistiques, liés aux préoccupations de l'artiste pour l'avenir de l'art. (Commentaire Google Arts & Culture)

Henryk Siemiradzki. La funambule et son public (1898)

Henryk Siemiradzki. La funambule et son public (1898). Huile sur toile, 97 × 180 cm, collection particulière. La scène se déroule sur l’île de Capri, au large de Naples, qui fut un lieu de villégiature des patriciens dès l’époque romaine. L’empereur Tibère (42 av. J.-C.-37 ap. J.-C.) y passa les dix dernières années de son règne. La composition saisit parfaitement le contraste entre la concentration de la funambule et la quiétude, voire le relâchement des spectateurs. Il s’agit d’un spectacle privé dans un lieu clos entouré de murs évoquant une villa d’un patricien de la Rome antique.

Henryk Siemiradzki. Au printemps (1898)

Henryk Siemiradzki. Au printemps (1898). Huile sur toile, 76 × 110 cm, Galerie nationale d'art de Lviv. Cette scène paysagère avec figures en vêtements traditionnels provient de l’idéal néoclassique de la recherche du locus amoenus, ce lieu mythique chanté par les poètes de l’Antiquité, où les hommes vivaient en parfaite harmonie avec une nature très accueillante.

 

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre :

Henryk Siemiradzki

 

Ajouter un commentaire