Jan van Huysum

 
 

Patrick AULNAS

Portrait

 

Arnold Boonen. Portrait de Jan van Huysum (v.1720)

Arnold Boonen. Portrait de Jan van Huysum (v.1720)
Huile sur toile, 94 × 78 cm, collection particulière.

 

Biographie

1682-1749

Jan van Huijsum (plus couramment orthographié Huysum) appartient à une famille d’artistes depuis plusieurs générations. Son père, Justus van Huysum (1659-1716) est un peintre spécialisé dans les natures mortes de fleurs, genre que reprendra son fils. Le grand-père est le peintre décorateur Jan van Huysum I. Né à Amsterdam le 15 avril 1682, Jan van Huysum est formé par son père et commence à produire dans l’atelier de celui-ci des œuvres destinées à la vente à partir de 1701. Il épouse Margrieta Schouten à Amsterdam en 1704.

 

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs dans un vase en verre sur un rebord de pierre (v. 1716)

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs dans un vase en verre sur un rebord de pierre (v. 1716)
Huile sur toile, 62,6 × 53 cm, Museum der bildenden Künste, Leipzig.

 

Jan van Huysum ne se limite pas aux natures mortes florales mais réalise également des paysages, des scènes de combat et des portraits. C’est cependant en peignant des bouquets de fleurs dans un style réaliste qu’il obtient un succès international après la mort de son père en 1716. Les natures mortes étaient accessibles à un plus vaste public que les portraits et plus encore que les scènes religieuses ou mythologiques. De plus petit format, ne nécessitant pas la lourde contrainte de la pose du modèle, elles étaient vendues à un prix moindre et faisaient déjà l’objet d’un véritable marché dans les Pays-Bas du 18e siècle.

 

Jan van Huysum. Bouquet de fleurs de printemps dans un vase en terre cuite (1720-30)

Jan van Huysum. Bouquet de fleurs de printemps dans un vase en terre cuite (1720-30)
Fusain et aquarelle sur papier cartonné, 39 × 12 cm, National Gallery of Art, Washington.

 

Avant de peindre un ensemble floral, van Huysum dessinait chaque fleur et étudiait la composition sur des dessins. Aussi, prit-il l’habitude de passer une grande partie de l’été à Haarlem, centre botanique important à l’époque. Il vivait le reste de l’année près du Leidsegracht (le canal de Leyde) dans le centre-ville d’Amsterdam. Son épouse Margrieta Schouten lui a donné deux enfants. Son fils ne s’est pas orienté vers la peinture et s’est installé aux Indes orientales néerlandaises. Mais sa fille, Francina Margaretha (1707-1789), a collaboré aux productions de son père puis est devenue elle-même une peintre spécialisée dans l’univers floral. Certaines œuvres de Francina avaient même été attribuées à son père avant de lui être restituées par des spécialistes au début du 21e siècle, en particulier l’historien de l’art néerlandais Sam Segal.

 

Jan van Huysum. Nature morte florale (1734)

Jan van Huysum. Nature morte florale (1734)
Huile sur bois, 81 × 61 cm, collection particulière.

 

Il semble que Jan van Huysum n’ait eu qu’une seule élève : sa fille. Il était obnubilé par le risque de plagiat et interdisait à toute personne de pénétrer dans son atelier. Le talent de sa fille l’aurait, raconte-t-on, rendu si jaloux qu’elle fut contrainte de quitter l’atelier de son père. Van Huysum termina sa vie seul, entouré des fleurs qu’il aimait tant et continuant sans relâche à honorer de nombreuses commandes. Des mécènes célèbres comme le duc d’Orléans, Guillaume VIII, landgrave de Hesse-Cassel (1682-1760) ou Sir Robert Walpole (1676-1745) lui permettaient de vendre ses tableaux à un prix pouvant s’élever à 2 000 florins, somme considérable.

Il meurt à Amsterdam le 8 février 1749 à l’âge de 66 ans, laissant à ses héritiers une importante fortune.

 

Œuvre

 

Jan van Huysum avait acquis au 18e siècle une réputation exceptionnelle dans un genre jugé mineur par les académies : la nature morte. Il fut surnommé « le phénix de tous les peintres de fleurs ». Cette aura artistique provenait de sa volonté de représenter l’univers floral avec une justesse aussi absolue que possible. Il étudiait minutieusement chaque fleur en la dessinant et la redessinant, puis cherchait longuement les couleurs jugées parfaites. Il écrivit un jour à un commanditaire que son tableau ne lui serait pas livré avant un an parce qu’il ne parvenait pas à obtenir une rose jaune lui donnant satisfaction.

 

Jan van Huysum. Fleurs dans un vase en terre cuite (1736-37)

Jan van Huysum. Fleurs dans un vase en terre cuite (1736-37)
Huile sur toile, 133,5 × 91,5 cm, The National Gallery, Londres.

 

Ce perfectionnisme formel est au service d’une composition innovante. Van Huysum est en effet le premier peintre de natures mortes à choisir un fond clair. Son ambition dépasse cependant la vérité de la représentation car la splendeur de la nature ainsi magnifiée par l’art constitue pour lui un appel à la foi. La beauté des fleurs et leur vie éphémère représentent allégoriquement l’essence de la création divine dont l’homme doit s’imprégner par la médiation artistique.

De nombreux musées possèdent des œuvres de Jan van Huysum, les collections les plus importantes se trouvant au musée du Louvre, au Rijksmuseum d’Amsterdam, au Mauritshuis de La Haye et à la National Gallery de Londres.

 

Natures mortes à l’huile

Les natures mortes de Jan van Huysum évoluent au cours de sa vie vers la clarté et l’exubérance florale. Le fond sombre des débuts est progressivement remplacé par un fond plus clair, le nombre de fleurs augmente et l’enchevêtrement des bouquets se complexifie. L’équilibre du bouquet devient parfois précaire et ne correspond plus à une réalité tangible. L’artiste privilégie le raffinement de la composition et délaisse le réalisme strict. Pour autant, il ne néglige jamais l’exactitude des détails botaniques, chaque fleur étant identifiable car minutieusement dessinée et peinte. La concomitance saisonnière ne constitue pas une contrainte pour l’artiste. Des variétés fleurissant à des époques différentes apparaissent, le raisin du mois d’octobre cohabite avec les fleurs de printemps.

 

JJan van Huysum. Nature morte avec rose trémière et œillet d'Inde (v. 1718)

Nature morte avec rose trémière et œillet d'Inde (v. 1718)
Huile sur toile, 40 × 32,7 cm,
Harvard Art Museums/Fogg Museum, Cambridge, États-Unis.

    

Jan van Huysum. Bouquet de fleurs (1730-40)

Jan van Huysum. Bouquet de fleurs (1730-40)
Huile sur cuivre, 50 × 41 cm,
musée Fabre, Mont
pellier.

 

Grand coloriste, sachant jouer avec les contrastes puissants et utiliser la lumière traversant les bouquets pour créer une impression d’espace, van Huysum sut amener la nature morte florale à un degré de perfection jamais atteint auparavant. Ses contemporains ne s‘y sont pas trompés et l’ont reconnu comme un maître incontesté du genre.

 

Jan van Huysum. Roses trémières et autres fleurs dans un vase (1702-20)

Jan van Huysum. Roses trémières et autres fleurs dans un vase (1702-20)
Huile sur toile, 62 × 52 cm, National Gallery, Londres.

Jan van Huysum. Vase en verre avec fleurs, coquelicot et nid de pinson (1720-21)

Jan van Huysum. Vase en verre avec fleurs, coquelicot et nid de pinson (1720-21)
Huile sur toile, 41 × 34 cm, The National Gallery, Londres.

Jan van Huysum. Nature morte aux fruits (v. 1724)

Jan van Huysum. Nature morte aux fruits (v. 1724)
Huile sur cuivre, 21 × 27 cm, Mauritshuis, La Haye.

Jan van Huysum. Vase de fleurs dans une niche (1720-40)

Jan van Huysum. Vase de fleurs dans une niche (1720-40)
Huile sur bois, 80 × 61 cm, musée du Louvre, Paris.

Jan van Huysum. Fruits et fleurs près d'un vase orné d'amours (1700-50)

Jan van Huysum. Fruits et fleurs près d'un vase orné d'amours (1700-50)
Huile sur bois, 63 × 53 cm, musée du Louvre, Paris.

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs et aux fruits (v. 1728)

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs et aux fruits (v. 1728)
Huile sur bois, 66,5 × 52 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.

 

Dessins et aquarelles

Amoureux du travail bien fait, van Huysum est un dessinateur exceptionnel qui ajoute souvent une finition à l’aquarelle à ses dessins. Ils deviennent parfois des chefs-d’œuvre équivalents à ses natures mortes à l’huile.

 

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs (1734)

Jan van Huysum. Nature morte aux fleurs (1734)
Pierre noire, encre et aquarelle sur papier, 40 × 32 cm, Albertina, Vienne.

 

Jan van Huysum. Nature morte aux fruits (18e s.)Jan van Huysum. Nature morte aux fruits (18e s.)
Craie noire et aquarelle sur papier blanc crème, 48,5 × 37,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

Jan van Huysum. Vase de fleurs et nid sur un piédestal de pierre (1726)

Jan van Huysum. Vase de fleurs et nid sur un piédestal de pierre (1726)
Pierre noire, aquarelle, mine de plomb sur papier, 47,5 × 37,4 cm, musée du Louvre.

Jan van Huysum. Paysage arcadien avec figures jouant de la musique (début 18e s.)

Jan van Huysum. Paysage arcadien avec figures jouant de la musique (début 18e s.)
Crayon, encre et aquarelle sur papier, 23,4 × 34,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

Paysages

Il s’agit de paysages arcadiens, c’est-à-dire idéalisés et animés de figures antiques ou de ruines évoquant un monde disparu. Ces paysages, composés en atelier, évoquent le locus amoenus, le lieu idyllique chanté par les poètes de l’Antiquité et qui avait existé, selon le récit littéraire, dans des temps très anciens. Cette approche de la peinture paysagère inspire le classicisme italien et français du 17e siècle. Alors qu’il innove dans la nature morte florale, van Huysum n’est qu’un timide continuateur des grands artistes du siècle précédent pour le paysage.

 

Jan van Huysum. Paysage arcadien avec un buste de Flore (1724-25)

Jan van Huysum. Paysage arcadien avec un buste de Flore (1724-25)
Huile sur toile, 52 × 71 cm, Mauritshuis, La Haye.

 

Jan van Huysum. Paysage animé avec ruine et pont (1700-50)

Jan van Huysum. Paysage animé avec ruine et pont (1700-50)
Huile sur bois, 23 × 29 cm, musée du Louvre, Paris.

Jan van Huysum. Paysage arcadien (1728)

Jan van Huysum. Paysage arcadien (1728)
Huile sur toile, 53,5 × 73,5 cm, Amsterdam Museum

 

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