Gaspare Traversi

 
 

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Patrick AULNAS

Autoportrait

 Gaspare Traversi. Autoportrait (v. 1750)

Gaspare Traversi. Autoportrait (v. 1750)
Huile sur toile, 58 × 47 cm, Seattle Art Museum.

 

Biographie

1722-1770

Fils du marchand Domenico Mariniello et de son épouse Margherita, Gaspare Traversi est baptisé à Naples le 15 février 1722. Francesco Solimana (1657-1747), peintre d’histoire et de sujets religieux installé à Naples, assure sa formation artistique. Traversi commence par peindre des scènes religieuses (La crucifixion vers 1748, Saint Jérôme pénitent vers 1750).

 

Gaspare Traversi. Saint Jérôme Pénitent (v. 1750)

Gaspare Traversi. Saint Jérôme Pénitent (v. 1750)
Huile sur toile, 97 × 133 cm, Museo nazionale di Capodimonte, Naples.

 

Dès le début de la décennie 1750, il élargit sa thématique aux portraits et aux scènes de genre. A partir de 1752, Traversi s’installe à Rome, dans le quartier du Trastevere, accompagné de sa sœur Caterina et de son épouse Rosa Orlandi.

 

Gaspare Traversi. La rixe (1754)

Gaspare Traversi. La rixe (1754)
Huile sur toile, 100 × 131 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Cette même année, une importante commande des Carmélites lui est adressée : six toiles consacrées à des thèmes bibliques conservées aujourd’hui dans la basilique Saint-Paul Hors des Murs. De nombreuses autres commandes de peintures religieuses suivront, en particulier de la part de Raffaello Rossi da Lugagnano (1694-1760) qui fut général des franciscains de 1744 à 1750. Outre Naples et Rome, Traversi travaille par la suite dans d’autres villes italiennes, en particulier Parme.

Le succès obtenu dans le domaine de la peinture religieuse n’exclut pas la réalisation de portraits et de scènes de genre concernant aussi bien la bourgeoisie que le peuple. Ces sont les scènes de genre qui font de Gaspare Traversi un artiste particulièrement original. Il renouvelle la peinture de genre principalement par des scènes satiriques de la bourgeoise émergente du sud de l’Italie et une évocation de la misère des plus pauvres. L’historien italien Nicola Spinosa présente ainsi les scènes de genre de Traversi :

« Des scènes tirées de la vie quotidienne, des salons de la riche bourgeoisie – ceux qu'on appelait alors communément les parvenus – aux nobles aspirations, ou de l'intérieur de quelque misérable taverne avec des clients querelleurs, de vieux ivrognes, des intermédiaires arrogants et de jeunes hommes naïfs, des taudis abritant des épouses complaisantes et des jeunes femmes tristes, ou d'un coin de rue fréquenté par des moines ivres et des avocats sans scrupules, par des garçons rieurs et des dandys efféminés ; elles mettent en lumière, mieux que dans un traité sur la situation économique du pays ou dans une brochure sur les coutumes et les besoins de son peuple, les maux, les aspirations renouvelées, les déceptions constantes, les conflits déchirants, les contradictions persistantes d'une réalité qui ne pouvait être que celle du Naples du XVIIIe siècle ou de certains faubourgs de Rome. » (*)

 

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1755-60)

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1755-60)
Huile sur toile, 87 × 155 cm, musée Magnin, Dijon.

 

Malgré la reconnaissance de son talent par ses contemporains, Traversi rencontre des difficultés financières à la fin de sa vie Il rédige son testament le 31 octobre 1770 et lègue ses biens à son épouse et à ses enfants Giuseppe et Margherita. Il meurt le lendemain, 1er novembre 1770, et il est inhumé dans la basilique Sainte-Marie de Trastevere à Rome.

Après sa mort, son œuvre tombe partiellement dans l’oubli avant d’être redécouverte au 19ᵉ siècle. Il est aujourd’hui reconnu comme un peintre original et important du 18ᵉ siècle italien.

 

Œuvre

L’œuvre de Gaspare Traversi comporte des scènes religieuses, des portraits et des scènes de genre. Bien qu’apprécié à son époque pour la peinture religieuse, il est surtout connu aujourd’hui pour ses scènes de genre. Certaines caractéristiques de ses scènes de genre se retrouvent d’ailleurs dans ses scènes religieuses comme dans cet épisode de l’Ancien Testament :

 

Gaspare Traversi. La dérision de Noé (v. 1760)

Gaspare Traversi. La dérision de Noé (v. 1760)
Huile sur toile, 77 × 102 cm, musée de Beaux-arts de Pau.

 

Les scènes de genre de Traversi représentent des réunions domestiques, des querelles, des jeux, des concerts, des évocations de la misère. Elles se caractérisent par un naturalisme satirique, une expressivité forte, une gestuelle appuyée et théâtrale inspirée de la commedia dell’arte. L’artiste, parfois rattaché au style rococo, conserve un héritage caravagesque dans l’utilisation du clair-obscur.

 

Gaspare Traversi. Mendiant recroquevillé (1750-55)

Gaspare Traversi. Mendiant recroquevillé (1750-55)
Huile sur toile, 55 × 69 cm, musée d’art et d’histoire de Narbonne.

 

Tombée dans l’oubli, l’œuvre de Gaspare Traversi a été totalement réévaluée. Son regard pénétrant sur la réalité sociale de son époque constitue une source précieuse pour les historiens, au-delà même de la qualité artistique. Son regard empathique sur la condition humaine ne peut qu’émouvoir nos contemporains.

 

Gaspare Traversi. Le vieil homme et l’enfant (1750-69)

Gaspare Traversi. Le vieil homme et l’enfant (1750-69)
Huile sur toile, 74 × 62 cm, Museum of Fine Arts Boston.

 

Scènes de genre

Gaspare Traversi. La séduction (v. 1752)

Gaspare Traversi. La séduction (v. 1752). Huile sur toile, 88 × 35 cm, Museo de Arte de Ponce, Puerto Rico. « Un homme élégamment vêtu fait des avances à une jeune fille, qui semble le repousser d’un rire coquet. Ses vêtements laissent supposer sa pauvreté, et ses boucles d’oreilles en perles sont probablement un présent de son prétendant. À sa gauche, une vieille femme, peut-être une maquerelle, observe la scène avec bienveillance. La représentation de la scène par Traversi, avec un fort contraste d’ombre et de lumière, doit beaucoup à la peinture du XVIIe siècle, mais la relation amoureuse est traitée de façon légère et enjouée, comme tirée d’une comédie, avec des gestes et des expressions théâtraux exagérés. » (Commentaire Google Arts & Culture)

Gaspare Traversi. L’opération (1753-54)

Gaspare Traversi. L’opération (1753-54). Huile sur toile, 78 × 104 cm, Staatsgalerie Stuttgart. « Traversi compte parmi les peintres italiens les plus remarquables de son époque. Bien qu’il ait vécu et travaillé sans interruption à Rome à partir de 1750 environ, l’influence artistique de sa ville natale, Naples, est indéniable. Il était reconnu comme un maître de son genre, observant ses contemporains avec un humour subtil et une ironie mordante. Doté d’une grande perspicacité psychologique, il mettait en lumière les souffrances “mesquines” de ses semblables dans ses représentations. La scène se déroule ici dans l’intimité d’un cadre privé, offrant une perspective réaliste, quoique teintée d’humour, de l’époque des Lumières naissantes. » (Commentaire Staatsgalerie Stuttgart)

Gaspare Traversi. La rixe (1754)

Gaspare Traversi. La rixe (1754). Huile sur toile, 100 × 131 cm, musée du Louvre, Paris. Deux gentilhommes, la main sur le pommeau de l’épée, sont prêts à en découdre. Une femme veut s’interposer. La composition en plan rapproché est une brillante étude du passage à l’agressivité physique, rendue par la gestuelle et les mimiques des deux protagonistes. La main de la femme, placée au centre de la toile et à proximité du visage de l’homme de droite permet de dramatiser habilement la scène. Les vêtements sont représentés avec le génie de la couleur et le souci du détail.
« Il s’agit d’un tableau qui, avec son pendant La Séance de portrait (RF 1990 1, musée du Louvre), La Partie de cartes et Le Concert (Rouen, musée des Beaux-Arts) se trouvaient dans la collection d’Emmanuel-François Cassen à Rouen, receveur retraité de l’Enregistrement et des Domaines. » (Commentaire Agorrha)

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1754)

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1754). Huile sur toile, 100 × 131 cm, musée du Louvre, Paris. Traversi a traité le sujet à plusieurs reprises avec des figures très similaires et en reprenant les expressions du visage. Sur cet opus, l’homme peintre a exactement le même visage que la femme peintre sur celui du musée Magnin de 1755-60 (voir ci-après).

Gaspare Traversi. Mendiant recroquevillé (1750-55)

Gaspare Traversi. Mendiant recroquevillé (1750-55). Huile sur toile, 55 × 69 cm, musée d’art et d’histoire de Narbonne. Ce plan rapproché illustre la misère, la fatigue et la maladie de ceux qui vivaient de la mendicité. Le réalisme n’est pas vraiment l’objectif du peintre. Il était sans doute impossible moralement de représenter avec exactitude la dégradation physique. Les pieds et les mains sont donc sales, mais la peau des jambes ne comporte ni cicatrice ni infection, ce qui est peu vraisemblable, les maladies de peau étant particulièrement fréquentes et incurables. La barbe et les cheveux ne sont pas suffisamment hirsutes et sales pour un mendiant de l’époque. La scène a donc pour fonction de susciter un élan de charité, un désir altruiste de mettre une pièce dans la main tendue vers nous.

Gaspare Traversi. La séance de musique (v. 1755)

Gaspare Traversi. La séance de musique (v. 1755). Huile sur toile, 96 × 131 cm, musée des Beaux-arts de Rouen. « Peinte vers 1755, cette œuvre est représentative des recherches de naturel de Traversi, dans la lointaine descendance des scènes de tripot du caravagisme, où la couleur surgit de la pénombre. Sa vision humoristique de la vie moderne a dû également s’inspirer des gravures de son contemporain Hogarth (1697-1764). Dans cette œuvre, comme dans la Partie de cartes conservée également au musée de Rouen, une femme, en lumière (claveciniste ici, joueuse de cartes là), focalise l’intérêt de partenaires masculins. Des assistants secondaires, agencés sans ordre apparent (le plus comique est le « pacchesicco » de la comédie napolitaine), font tumulte autour des protagonistes et animent les coulisses. L’atmosphère impromptue fait la saveur de ces peintures. Formé à Naples dans la descendance de Solimena et auprès du peintre de mœurs Bonito, c’est à Rome, où il arriva en 1750, que Traversi forgea son style définitif, au contact des recherches de simplicité et de naturel du néo-carrachisme. » (Commentaire MBA Rouen)

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1755-60)

Gaspare Traversi. La séance de portrait (1755-60). Huile sur toile, 87 × 155 cm, musée Magnin, Dijon. « Cette composition, peinte vers 1750, fut chère à Gaspare Traversi, puisqu’on en connaît deux autres versions, à Rouen et à Kansas City aux États-Unis.
Traversi a autour de vingt ans lorsqu’il peint ces tableaux et subit l’influence de Giuseppe Bonito (1707-1789), décelable dans l’aspect caricatural donné aux personnages. On sait également que l’artiste fut attiré par les écrits satiriques d’un dramaturge napolitain, le baron de Liveri, chez qui il puisa peut-être l’ironie mordante et l’humour grinçant de ses personnages. Les peintures de Traversi, contemporain de Voltaire et en phase avec les tendances anti-académiques de la culture napolitaine des Lumières, sont autant d’essais de critique socio-morale ; il semble traiter ici des “parvenus”, nouveaux acteurs de la “scène” sociale. Caricature ou peinture de caractère (La Bruyère n’est pas loin), l’artiste ne pouvait ignorer le fameux traité du napolitain Giambattista della Porta, Fisiognomia dell’uomo.
Dernier surgeon du caravagisme, prophète de l’illuminisme européen, contemporain de William Hogarth, Traversi est le peintre de la comédie humaine dont il n’ignore ni les illusions ni la tragique gravité. » (Commentaire musée Magnin)

Gaspare Traversi. Le concert (v. 1760)

Gaspare Traversi. Le concert (v. 1760). Huile sur toile, 152 × 204 cm, Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City. « Le tableau représente une petite pièce bondée où se déroule un concert avec pianoforte ou clavecin, violoncelle et flûte. Au centre, une jeune femme coiffée d’un bonnet, vêtue d’une élégante robe bleue et jaune et jouant du piano, regarde le spectateur. À sa droite, autour du piano, se trouvent des hommes plus âgés, élégamment vêtus […] La scène, quelque peu troublante, semble receler une allégorie énigmatique. » (Wikipédia en anglais)
L’intention sarcastique apparaît nettement. Ces messieurs s’intéressent davantage à la jeune femme qu’à sa musique. Ils la scrutent lourdement en utilisant des besicles ou en s’appuyant sur une canne pour approcher. De toute évidence, écouter de la musique n’impose pas de telles simagrées. La jeune femme regarde vers nous, spectateurs, comme si elle nous prenait à témoin du comportement masculin.

Gaspare Traversi. Taquiner une jeune fille endormie (v. 1760)

Gaspare Traversi. Taquiner une jeune fille endormie (v. 1760). Huile sur toile, 87 × 108 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « La carrière de Traversi est mal documentée, mais il fut incontestablement le plus grand peintre de genre de Naples au XVIIIe siècle. Il transposa les compositions narratives en buste des maîtres du baroque tardif, tels que le Caravage, en images parodiques des classes sociales. Leur naturalisme affirmé et leur humour mordant peuvent être comparés à ceux du célèbre artiste anglais William Hogarth. Dans cet exemple caractéristique, un vieil homme chatouille une jeune fille endormie, une boîte à souvenirs posée sur ses genoux. » (Commentaire MET)

Gaspare Traversi. La diseuse de bonne aventure (v. 1760)

Gaspare Traversi. La diseuse de bonne aventure (v. 1760). Huile sur toile, 68 × 95 cm, Fine Arts Museums of San Francisco. Ce thème est un classique de la scène de genre aux 17e et 18e siècles. Il met en présence une personne de la bonne société, bien vêtue, et une femme âgée et pauvre, vivant de ses affabulations. Traversi met l’accent sur la satisfaction des deux protagonistes, dont les visages expriment la joie. L’optimisme pour l’avenir ressort de la lecture dans les lignes de la main de la jeune fille. Un vieil homme observe la scène. Le visage, la main et le bras de la voyante sont traités avec minutie. Le fond sombre permet de projeter vers nous les trois figures avec un jeu d’ombre de de lumière caravagesque.

Gaspare Traversi. La Joueuse de mandoline (1750-69)

Gaspare Traversi. La Joueuse de mandoline (1750-69). Huile sur toile, 73 × 61 cm, musée Granet, Aix-en-Provence. « Dans un cadrage resserré, une jeune femme souriante joue de la mandoline. Un homme, derrière elle, semble esquisser quelques pas de danse au son de l’instrument. » (Commentaire base Joconde)

Gaspare Traversi. Le vieil homme et l’enfant (1750-69)

Gaspare Traversi. Le vieil homme et l’enfant (1750-69). Huile sur toile, 74 × 62 cm, Museum of Fine Arts Boston. Cette scène semble saisie sur le vif (un siècle plus tard les impressionnistes peindront « sur le motif ») mais elle est en fait construite en atelier à partir de dessins rassemblés par le peintre. Le vieillard misérable console l’enfant pauvre, qui doit affronter les énormes difficultés de la vie et même de la survie. Cette remarquable évocation de la bonté et de l’empathie doit être mise en relation avec la morale dominante de l’époque qui faisait de la charité chrétienne une vertu majeure.

Gaspare Traversi. La proposition (1750-69)

Gaspare Traversi. La proposition (1750-69). Huile sur toile, 104 × 130 cm, Davis Museum and Cultural Center, Wellesley. Les vêtements, traités avec minutie par l’artiste, permettent de situer la scène dans la haute société. Un homme et une femme ont fait une proposition qui déclenche une crise de larmes chez une jeune femme. On ignore tout de la proposition, mais la scène choisie permet d’illustrer la subordination des femmes. Les jeunes femmes devaient en effet impérativement se marier. Dans la noblesse, le choix de l’époux ne leur appartenait pas car le mariage représentait l’alliance de deux familles. Dans la haute bourgeoisie, il s’agissait principalement de tenir compte de la situation patrimoniale. Mais la proposition pourrait aussi être malhonnête…

 

Portraits

Gaspare Traversi. Portrait de Gian Lorenzo Berti (1754-56)

Gaspare Traversi. Portrait de Gian Lorenzo Berti (1754-56). Huile sur toile, 135 × 101 cm, musée des Beaux-arts de Strasbourg. Giovanni Lorenzo Berti (1696-1766) était un théologien italien. Le général de l’Ordre de Saint-Augustin, Schiaffinati, lui ordonna d’écrire un livre, à utiliser par tous les étudiants de l’Ordre, exposant toute la pensée d’Augustin d’Hippone et en particulier sa doctrine de la grâce et du libre arbitre.
« C’est un homme à cheveux blancs, le visage jeune encore sous des sourcils noirs. Il est assis, de face, son grand camail blanc à capuche noire laissant apparaître son scapulaire noir. De sa main gauche, il appuie sur l’accoudoir du fauteuil le livre qu’il lisait et dont un doigt marque encore le page. A gauche sur une table, une écritoire et le livre de saint Augustin : De patria et libertate. Fond d’architecture ornée d’une draperie laissant apercevoir un fond de parc et de ciel. » (Commentaire base Joconde)

Gaspare Traversi. Portrait d’un cardinal (1750-69)

Gaspare Traversi. Portrait d’un cardinal (1750-69). Huile sur toile, 95 × 71 cm, Labirinto della Masone, Fontanellato. « Le cardinal fait face au spectateur, comme si nous avions soudainement interrompu la lecture des feuilles qu’il tient à la main. Né à Naples, le peintre Gaspare Traversi puisait souvent son inspiration dans le théâtre contemporain, mêlant des traits physionomiques marqués à une gestuelle expressive. À ses débuts, il fut probablement influencé par Francesco Solimena et sa représentation naturaliste et psychologique du réel. » (Commentaire Google Arts & Culture)

Gaspare Traversi. Sir Thomas Saunders Sebright (1750-69)

Gaspare Traversi. Sir Thomas Saunders Sebright (1750-69). Huile sur toile, 76 × 64 cm, collection particulière. Le portrait de Sir Thomas Saunders Sebright, 5e baronnet (1723-1761) de la baronnie Sebright a été traité en mettant en évidence le statut aristocratique du personnage, qui apparaît surtout dans l’expression du visage. Nous le percevons aujourd’hui comme arrogant et peut-être l’était-il. Mais au 18e siècle, le portrait apparaissait sans doute comme une image satisfaisante d’une figure de la noblesse anglaise.

Gaspare Traversi. Portrait d’une dame (1750-69)

Gaspare Traversi. Portrait d’une dame (1750-69). Huile sur toile, 83 × 65 cm, collection particulière. Ce portrait d’une femme non identifiée mais appartenant probablement à la noblesse, met en évidence le regard du modèle, orienté frontalement vers le spectateur, et le statut social apparaissant dans les somptueux vêtements : robe de brocart au col bordé de perles, cape doublée de fourrure.

Gaspare Traversi. Portrait de famille (1750-69)

Gaspare Traversi. Portrait de famille (1750-69). Huile sur toile, 100 × 139 cm, The Bowes Museum, Barnard Castle. « Ce portrait de famille, autrefois attribué à Giuseppe Bonito, se rapproche davantage du style de la maturité de Gaspare Traversi. Traversi et Bonito étaient tous deux des peintres napolitains formés dans la tradition du ténébrisme et du naturalisme du XVIIe siècle. Né vingt ans après Bonito, Traversi conserve dans ses œuvres l’éclairage contrasté appris de Francesco Solimena, associé à une palette plus lumineuse. Ce tableau témoigne du talent de Traversi pour la caractérisation physionomique individuelle des modèles, ainsi que de sa gestuelle dramatique et de son mouvement théâtral si caractéristiques. Le personnage masculin portant un monocle, à droite, apparaît dans plusieurs scènes de genre de Traversi. » (Commentaire vads.ac.uk)

 

Scènes religieuses

Gaspare Traversi. Saint Jérôme Pénitent (v. 1750)

Gaspare Traversi. Saint Jérôme Pénitent (v. 1750). Huile sur toile, 97 × 133 cm, Museo nazionale di Capodimonte, Naples. Jérôme de Stridon (vers 347-420) est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l’Ordre Hiéronymite, docteur de l’Église et l’un des quatre pères de l’Église latine. Il prône l’ascétisme et se retire un temps dans le désert de Chalcis de Syrie, au sud-ouest d’Antioche, pour faire pénitence. Cet épisode, qui a inspiré de nombreux peintres, est traité de façon caravagesque par le jeune Traversi, en faisant apparaître sur un fond sombre la figure en clair-obscur de Jérôme, aux prises avec les prescriptions divines.

Gaspare Traversi. Sainte Marguerite de Cortone (v. 1758)

Gaspare Traversi. Sainte Marguerite de Cortone (v. 1758). Huile sur toile, 172 × 123 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Traversi est connu pour ses scènes grivoises de la vie italienne contemporaine ; pourtant, il présente ici les éléments clés de la biographie de Marguerite de Cortone, une religieuse du XIIIe siècle canonisée durant son enfance. On sait qu’elle s’enfuit avec un amant dans sa jeunesse et donna naissance à un enfant hors mariage. Lorsque le chien de son amant revint sans lui, elle découvrit son meurtre brutal et embrassa une vie de charité et de pénitence. Ici, cet enfant et le chien apparaissent au premier plan, tandis que Satan, symbolisant sa vie passée jugée pécheresse par l’Église, se retire vaincu en enfer. » (Commentaire MET)

Gaspare Traversi. La dérision de Noé (v. 1760)

Gaspare Traversi. La dérision de Noé (v. 1760). Huile sur toile, 77 × 102 cm, musée de Beaux-arts de Pau. Cet épisode biblique, aussi intitulé L’ivresse de Noé, figure dans l’Ancien Testament (Genèse 9.20-29). Après le Déluge, Noé cultive la vigne et produit du vin. Un jour, Cham, le fils de Noé, voit son père ivre et couché nu. Il avertit ses frères, San et Japhet, qui viennent le couvrir avec un manteau car il ne faut pas voir la nudité du corps. Il s’agit donc d’un des nombreux épisodes moralisateurs de la Bible concernant cette fois les effets de l’ivresse et la nudité. Traversi le traite sur le mode réaliste (Noé affalé, deux attitudes distinctes des enfants) et avec une certaine malice, Il ne semble pas prendre au sérieux les admonestations bibliques.

Gaspare Traversi. Judith et la tête d’Holopherne (v. 1760)

Gaspare Traversi. Judith et la tête d’Holopherne (v. 1760). Huile sur toile, 85 × 70 cm, University of Michigan Museum of Art. Scène issue de l’Ancien Testament. Judith, après avoir séduit le général assyrien Holopherne, l’assassine dans son sommeil pour sauver son peuple du tyran pendant le siège de Béthulie. Pour preuve de son audace, elle emmène la tête coupée d’Holopherne pour la montrer à son peuple.
« Plutôt que de représenter un moment d’action, Traversi a choisi de montrer le personnage réagissant à ce qui vient de se produire. La complexité des sentiments évoqués par le visage du sujet – un mélange de fierté, de regret et de force – plaide en faveur de Judith […] Le contexte narratif a permis à l’artiste de conférer à ce portrait d’un modèle manifestement plein de charme une dimension psychosexuelle intrigante. » (Commentaire University of Michigan Museum of Art)

 

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Gaspare Traversi

 

 

 

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(*) Cité par Wikipédia Italie

 

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