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Patrick AULNAS
Portrait

Jan Lievens. Portrait du peintre Daniel Seghers (1616-57)
Estampe sur papier provenant d’une gravure sur cuivre de Paulus Pontius, 26,5 × 20,4 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.
Biographie
1590-1661
Daniel Seghers est né à Anvers le 3 décembre 1590. Son père, Pieter Seghers, un marchand de soie de confession catholique, meurt en 1601. Sa mère se convertit alors au calvinisme et quitte Anvers pour les Pays-Bas du Nord. Elle s’installe à Utrecht ou à La Haye. Dans les années suivantes, le jeune Daniel commence à peindre sous la direction d’un artiste non identifié d’Utrecht et reçoit une éducation calviniste.
En 1609, à l’âge de 19 ans, Daniel Seghers retourne à Anvers où il devient l’élève de Jan Brueghel, dit Brueghel de Velours (1568-1625), artiste majeur du 17e siècle. En 1611, il devient maître libre de la Guilde des Peintres de Saint-Luc de la ville d’Anvers, corporation des peintres et sculpteurs à laquelle il fallait appartenir pour créer un atelier.
En 1614, Daniel Seghers, qui s’était reconverti à la foi catholique, rejoint l’ordre des Jésuites de Malines en tant que frère lai ou novice. Il est mentionné à Bruxelles en 1621 pour avoir réalisé deux peintures de guirlandes florales pour la cathédrale Saint-Michel et Sainte-Gudule. En 1625, il prononce ses vœux définitifs en tant que prêtre jésuite. Il signera désormais ses œuvres Daniel Seghers Societatis Jesu.
De 1625 à 1627, Daniel Seghers voyage en Italie. A Rome, il collabore avec Nicolas Poussin (1594-1665) à plusieurs peintures religieuses. Pour le cardinal Ludovisi, il peint une guirlande de fleurs autour d’un cartouche ovale, orné de putti, réalisé par Le Dominiquin (1581-1641). En 1627, Seghers est de retour à Anvers.
Daniel Seghers. Fleurs dans un vase de verre (v. 1640)
Huile sur cuivre, 48 × 35 cm, The Fitzwilliam Museum, Cambridge.
Il poursuit son activité artistique dans cette ville jusqu’à la fin de sa vie. Il est alors célèbre dans toute l’Europe pour la qualité de ses peintures florales et leur liaison compositionnelle avec des scènes religieuses. Toute la haute noblesse européenne commande des peintures florales à Daniel Seghers. Son atelier d’Anvers reçoit la visite de membres de familles royales : le cardinal-infant Ferdinand d’Autriche (en 1635), l’archiduc Léopold Guillaume d’Autriche (en 1641), la reine Christine de Suède et Charles II, roi d’Angleterre (tous deux en 1649).
Daniel Seghers. Cartouche fleuri autour d’une statue du roi-stathouder Guillaume III (v. 1660)
Huile sur toile, 122,5 × 107 cm, Mauritshuis, La Haye.
Daniel Seghers meurt à Anvers le 2 novembre 1670 à l’âge de 70 ans.
Œuvre
Daniel Seghers s’est inspiré des natures mortes florales de son maître Jan Brueghel de Velours pour créer un type de guirlande de fleurs correspondant au goût ornemental baroque. Plus de 200 œuvres lui sont actuellement attribuées, mais il en a réalisé beaucoup plus.
Daniel Seghers. Sainte famille dans une couronne de fleurs (v. 1650)
Huile sur cuivre, 86 × 61 cm, Alte Pinakothek, Munich.
Comme on peut le voir ci-dessus, Seghers place un décor de fleurs et de feuilles autour d’une scène religieuse encadrée d’un cartouche en camaïeu (ou en grisaille) permettant de créer l’illusion d’une sculpture. La scène religieuse peut parfois être remplacée par un portrait. Le tableau complet ressemble ainsi à un monument de pierre fleuri.
Les peintures de guirlandes avec cartouche étaient en général réalisées en collaboration avec un autre artiste. Seghers ne peignait que les fleurs, le sujet central étant créé par un autre artiste. L’identité de ces collaborateurs a donné lieu à des difficultés d’attribution, qui subsistent encore aujourd’hui. Les noms les plus souvent cités sont Cornelis Schut (1597-1655), Erasmus Quellinus II (1607-1678), Abraham van Diepenbeek (1596-1675), Simon de Vos (1603-1676), Jan van den Hoecke (1611-1651), Gonzales Coques (1618-1684).
La réunion dans une même composition d’un thème biblique et d’une nature morte florale permettait d’établir des relations symboliques entre les deux domaines. Par exemple, la rose peut symboliser la pureté de la Vierge Marie (rosa mystica). La sémantique de l’œuvre était donc plus riche que celle d’une simple nature morte et elle correspondait bien à une époque de croyance religieuse généralisée.
Daniel Seguers a également réalisé des natures mortes florales représentant un bouquet dans un vase en verre. Ces natures mortes nous sont aujourd’hui beaucoup plus proches que les couronnes à motif religieux. D’une facture très fine, d’une délicatesse de coloris remarquable, ces bouquets jouent également avec la transparence de l’eau dans le vase en verre où apparaissent les tiges des fleurs constituant le bouquet.
Daniel Seghers. Nature morte florale dans un vase en verre (1630-60)
Huile sur cuivre, 29,5 × 21 cm, collection particulière.
Huiles sur bois
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Daniel Seghers. Fleurs dans un vase en verre (1635). Huile sur bois, 81,2 × 51,7 cm, The Toledo Museum of Art. « Le magnifique panneau de Daniel Seghers – sa plus ancienne œuvre connue signée et datée – est remarquable par son réalisme, vase en verre transparent et gouttes de rosée sur les pétales. Mais cette peinture est aussi une composition d'une facture artificielle : le bouquet serait trop lourd pour maintenir le vase debout ; et les fleurs représentées ne peuvent pas toutes s’épanouir en même temps. Le bouquet comprend des roses, une branche d'oranger, une splendide tulipe striée et quatre iris, chacun d'une teinte différente. Un papillon et trois chenilles semblent avoir été introduits avec les fleurs coupées.
Seghers était un frère lai de l'ordre des Jésuites, et nombre de ses peintures florales recèlent un symbolisme lié à sa foi. Ici, les fleurs pourraient faire référence à la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ. Par exemple, l'iris est la fleur de la Vierge et évoque son statut de Reine du Ciel. Les roses symbolisent l'amour, et la Vierge est parfois appelée la “rose sans épines”. Les fleurs d'oranger étaient associées à la pureté, et de même, les tulipes pouvaient symboliser la virginité. » (Commentaire Google Arts & Culture)
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Daniel Seghers. La Sainte Famille dans une couronne de fleurs (1644). Huile sur bois, 82,5 × 54,5 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Cartouche sculpté décoré de fleurs entourant une représentation de la Sainte Famille. Les figures (Sainte Famille) sont de Simon de Vos (1603-1676) selon le musée de Vienne. Le cartouche est une peinture en grisaille simulant les reliefs d’une sculpture.
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Daniel Seghers. Bouquet de fleurs (v. 1645). Huile sur bois, 64 × 54 cm, collection particulière. « Un bouquet de fleurs, comprenant une rose de Provins, une ronce d'Autriche, une rose blanche, un narcisse Incomparabilis et une jacinthe, liés par du lierre et suspendus à deux rubans de soie bleue, avec des papillons et une libellule. » (Commentaire Sotheby’s)
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Huiles sur cuivre
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Daniel Seghers. Fleurs dans un vase (v. 1640). Huile sur cuivre, 41,6 × 28,5 cm, Museum Mayer van den Bergh, Anvers. Le tableau a d’abord appartenu à la famille de Gras de Preigne (Provence), puis a circulé avant d’être acheté par le musée d’Anvers en 1904. « Selon l’étiquette au dos du tableau, bien que le nom exact manque (il n’y a écrit que Marquis de Preignes, Château de Bouffémont), compte tenu du titre, du lieu de résidence et des dates, il doit s’agir de Charles Henri de Gras de Preignes (Dr Sander Erkens) » (Commentaire RKD Research)
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Daniel Seghers. Fleurs dans un vase de verre (v. 1640). Huile sur cuivre, 48 × 35 cm, The Fitzwilliam Museum, Cambridge. Le peintre a particulièrement soigné la transparence de l’eau dans le vase en utilisant le reflet lumineux d’une fleur blanche. De multiples variétés sont représentées : tulipe, rose blanche rose et rouge, ancolies blanches, iris.
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Daniel Seghers. Sainte famille dans une couronne de fleurs (v. 1650). Huile sur cuivre, 86 × 61 cm, Alte Pinakothek, Munich. « La représentation de scènes religieuses comme une image dans l'image, entourée de fleurs, correspond à une coutume religieuse. Les œuvres d'art religieuses sont encore décorées aujourd'hui en signe de vénération lors d'occasions spéciales. Daniel Seghers entourait les représentations sacrées de cartouches de pierre richement ornés et les embellissait de décorations florales. Mais la Sainte Famille est l'œuvre d'un autre artiste. Le lien avec les fleurs ne fait pas de doute : la rose est un symbole marial courant et le chardon évoque la Passion du Christ. » (Commentaire Alte Pinakothek)
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Daniel Seghers. Nature morte florale dans un vase en verre (1630-60). Huile sur cuivre, 29,5 × 21 cm, collection particulière. « Ce magnifique cuivre, superbement conservé, est une œuvre de Daniel Seghers, l'un des plus grands peintres de fleurs anversois du XVIIe siècle. Il figure parmi les rares tableaux de fleurs “pures” de l'artiste. L'équilibre de la composition et l'harmonie des couleurs de cette œuvre intimiste évitent toute distraction visuelle, invitant le spectateur à contempler la luminosité des fleurs, sur lesquelles deux papillons presque translucides viennent de se poser. Délicatement rendues avec une clarté précieuse, les fleurs, sur le point d'éclore, semblent presque embaumer l'air. Constantijn Huygens, ami de Seghers, secrétaire des stathouders néerlandais et l'un des plus importants mécènes de l'époque, décrivait d'ailleurs les natures mortes florales de Seghers comme si vivantes qu' “on pourrait presque les sentir”. » (Commentaire Sotheby’s)
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Daniel Seghers. Cartouche orné de fleurs avec buste de Marie (1630-60). Huile sur cuivre, 88 × 61 cm, Nationalmuseum, Stockholm. « Le peintre de fleurs et jésuite Daniel Seghers a collaboré avec d'autres artistes. Ici, c'est Erasmus Quellinus le Jeune qui a peint le bas-relief en pierre représentant le buste de la Vierge Marie. Seghers y a ensuite ajouté la couronne de fleurs. Quellinus a laissé certaines parties non peintes, mais il arrive que des fleurs soient ajoutées au-dessus du cartouche, comme les jacinthes dans la partie supérieure du tableau. Nombre de ces fleurs sont des symboles mariaux, telles que les roses, les ancolies, les iris et les œillets. » (Commentaire Nationalmuseum)
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Daniel Seghers. Bouquet de fleurs (1630-60). Huile sur cuivre, 37 × 37 cm, Alte Pinakothek, Munich. Ce bouquet de roses blanches et roses, de tulipes, d’œillets, d’iris dans un vase en verre permet au peintre de jouer avec un graphisme souple privilégiant les courbes en y associant de multiples nuances de couleurs froides (le vert du feuillage) et chaudes (rose, rouge jaune des plantes). Un papillon posé sur une fleur, une sorte de scorpion au pied du vase et des gouttes d’eau viennent animer la composition.
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Huiles sur toile
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Daniel Seghers. Couronne de fleurs avec la Vierge, le Christ enfant et saint Jean (1630-50). Huile sur toile, 105 × 130 cm, musée du Prado, Madrid. « Une guirlande de fleurs en forme de losange entoure des figures en grisaille de la Vierge à l'Enfant avec saint Jean. Cette œuvre est l'un des nombreux exemples de la collaboration entre le peintre jésuite Daniel Seghers, spécialiste des natures mortes et des fleurs, et le peintre de figures Erasmus Quellinus. Leurs œuvres communes connurent un vif succès auprès des collectionneurs européens à l'époque baroque. La disposition en losange des groupes de fleurs est fréquente dans l'œuvre de Seghers et sa touche délicate les met en valeur. Il divisait souvent ces guirlandes en cinq groupes de fleurs. De son côté, Quellinus utilise cette œuvre pour montrer son talent en matière de peinture religieuse en incluant une représentation en grisaille d'un sujet très prisé pour les ex-voto privés : la Vierge avec son fils et son cousin. Cette œuvre est associée à la Guirlande avec Jésus et sainte Thérèse (P01991). Elle a intégré la Collection royale espagnole au XVIIIe siècle, provenant de la collection de Charles IV. » (Commentaire musée du Prado)
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Daniel Seghers. Le bouquet de fleurs (début 17e s.). Huile sur toile, 50,4 × 43,7 cm. musée de la Collection Jean-Paul II, Varsovie. Ce musée créé par Zbigniew et Janina Porczyński au début de la décennie 1980 conserve environ 400 œuvres portant principalement sur des thèmes religieux et sur l’impressionnisme. Ce bouquet vu en contreplongée permet d’analyser finement de nombreuses variétés de fleurs : tulipe, rose, coquelicot, œillet, muguet, ancolie.
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Daniel Seghers. Guirlande de fleurs entourant le Christ moqué (v. 1643). Huile sur toile, 131 × 107 cm, Nasher Museum of Art, Duke University, North Carolina. « Les tableaux de guirlandes étaient très appréciés en Europe du Nord au XVIIe siècle. Ils représentaient une image pieuse entourée d'une guirlande ou d'une couronne de fleurs et étaient souvent réalisés par deux artistes spécialisés dans des domaines différents, comme la figure ou la nature morte. Ici Simon de Vos a réalisé la figure du Christ raillé par les soldats romains, avant sa crucifixion. Autour, Daniel Seghers a peint des fleurs et des feuillages aux couleurs vives et aux détails soignés. Les fleurs symbolisent l'abondance et la fugacité de la vie et évoquent la richesse de la région, reposant sur le commerce ; nombre des espèces représentées dans ces tableaux étaient des importations rares et coûteuses.
Ce type de tableau, fruit d'une collaboration, met en évidence deux styles artistiques différents, soulignant l'artificialité et l'illusion inhérentes à la peinture. Par ailleurs, son sujet encadré par deux éléments met en lumière l'importance de l'imagerie pieuse, une thèse défendue par l'Église catholique durant la Contre-Réforme, période où l'art religieux était remis en question. De la fin des années 1630 au milieu des années 1640, Seghers réalisa (avec divers autres artistes) vingt guirlandes décoratives pour l'église catholique Saint-Charles-Borromée d'Anvers, en Belgique. Ce tableau aurait fait partie de cette commande. » (Commentaire Nasher Museum of Art)
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Daniel Seghers et Hieronimus Janssens. Couronne de fleurs et allégorie de la vanité (1650-80). Huile sur toile, 74,5 × 57,5 cm, collection particulière. Titre complet donné par Sotheby’s : Couronne de fleurs mêlées ornant un cartouche de pierre entourant une allégorie de la vanité.
« Il semblerait que ce soit la seule collaboration connue de Janssens avec Daniel Seghers. Après s'être formé auprès du peintre de genre Christoffel van der Lamen dès l'âge de treize ans, Janssens fut admis à la guilde de Saint-Luc à Anvers en 1644. Son style élégant et délicat, si manifeste dans ce tableau, ainsi que sa prédilection pour les scènes de danse de cour, lui valurent rapidement le surnom de Den Danser Les peintres d'architecture Jacob Ferdinand Saeys, Wilhelm Schubert van Ehrenberg et Jan Gherinx firent souvent appel à ses services pour la composition des personnages de leurs scènes de palais, mais cette œuvre demeure à ce jour la seule collaboration connue avec un peintre de natures mortes.
Daniel Seghers avait cinquante-quatre ans lorsque Janssens fut admis à la guilde et était déjà reconnu comme l'un des plus grands peintres de natures mortes d'Anvers ; le cartouche doit donc être considéré comme une œuvre relativement tardive. S'en tenant exclusivement à son genre de prédilection, les pièces florales, Seghers collaborait souvent avec divers artistes actifs à Anvers, qui peignaient les images dévotionnelles ou allégoriques au centre du cartouche, le plus souvent avec Erasmus Quellinus II, mais aussi avec Abraham Diepenbeeck, Thomas Willeboirts Bosschaert, Cornelius Schut, Frans Francken II, Gonzales Coques, Simon de Vos et Domenichino (lorsqu'il fréquentait le collège jésuite de Rome). » (Commentaire Sotheby’s)
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Daniel Seghers. Cartouche fleuri autour d’une statue du roi-stathouder Guillaume III (v. 1660). Huile sur toile, 122,5 × 107 cm, Mauritshuis, La Haye. « Seghers, peintre flamand spécialiste des fleurs, associait souvent ses compositions florales à une petite statuette en pierre. Ici est représenté le roi-stathouder Guillaume III, stathouder de Hollande et roi d'Angleterre. Les brins de fleurs d'oranger et les lys orange font référence à son nom de famille : d’Orange. Ce petit portrait fut ajouté après la mort de Seghers par un peintre inconnu.
Le tableau était probablement un cadeau de Seghers à Constantijn Huygens, secrétaire du stathouder. Il orna sa demeure, près du Mauritshuis, jusqu'au milieu du XIXe siècle. » (Commentaire Mauritshuis)
Le stathouder était le gouverneur d’une province. Guillaume III d’Orange-Nassau (1650-1702) fut stathouder des provinces de Hollande, de Zélande, d'Utrecht, de Gueldre et d'Overijssel, appartenant aux Provinces-Unies des Pays-Bas, à partir de 1672. Il devint roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Guillaume III en 1689.
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Daniel Seghers