Louis Marie de Schryver

 

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Portrait

 

Louis marie de schryver

Photographie de Louis Marie de Schryver

 

Biographie

 

1862-1942

Louis Marie de Schryver est né à Paris le 12 octobre 1862 dans un milieu intellectuel. Son père était un journaliste connu. Ses prédispositions artistiques apparaissent très rapidement et, dès 1876, à l’âge de 13 ans, il expose au Salon officiel de l’Académie des Beaux-arts. Il propose deux natures mortes florales : Marguerites et Chrysanthèmes, Violettes et Fleurs de printemps. Le jeune de Schryver dispose d’un don exceptionnel pour la peinture car il ne semble pas qu’à cette époque il ait déjà étudié sous la responsabilité d’un maître. Mais l’année suivante, il entre chez Philippe Rousseau (1816-1887), peintre de paysages et de scènes de genre. Il continue à exposer au Salon tout en étudiant chez Rousseau.

En 1879, il remporte une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de Sydney pour son tableau Les Lilas.

 

Louis Marie de Schryver. Arc de Triomphe, Paris (1886)

Louis Marie de Schryver. Arc de Triomphe, Paris (1886)

Huile sur toile, 70 × 103 cm, collection particulière.

 

En 1886, il ouvre un atelier à Paris, rue Pergolèse et s’oriente vers la représentation de scènes du la vie quotidienne à Paris comportant souvent une vendeuse de fleurs avec ses clientes. Ce thème, constamment repris, lui permettra d’accéder à la célébrité internationale et à l’aisance financière. En 1888, il devient membre de la Société des Artistes français. En 1891, il travaille dans l’atelier du peintre orientaliste et portraitiste Gabriel Ferrier (1847-1914) qui était un professeur réputé. Il complète ainsi sa formation, avant de s’affirmer dans l’art du portrait.

A l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, il obtient une médaille d’or. La même année, Il achète une maison à Neuilly et s’y installe. En 1901, il expose au Salon un tableau intitulé Lesbiennes qui provoque un scandale et doit être retiré de l’exposition. Il s’oriente au début du 20e siècle vers la peinture de courses automobiles en faisant évoluer son style vers l’impressionnisme. Mais, cette thématique et ce style ne rencontrant pas le succès commercial, de Schryver revient par la suite à ses thèmes de prédilection : portraits, natures mortes et scènes de la vie parisienne.

Après la première guerre mondiale, de 1919 à 1925, il voyage dans la Rhénanie occupée afin de réaliser des paysages. Il continue à exposer sporadiquement aux Salons dans l’entre-deux-guerres. Il décède à Neuilly le 6 décembre 1942 à l’âge de 80 ans.

 

 

Œuvre

 

Les profondes évolutions artistiques de la fin du 19e siècle n’ont pas fait disparaitre la peinture académique. Il subsiste pour cette peinture une clientèle très importante, totalement hermétique aux innovations esthétiques de l’époque (impressionnisme, fauvisme, cubisme, etc.). Des peintres de talent répondent donc à cette demande. Louis Marie de Schryver fait partie de ces artistes qui font rêver la bourgeoisie en lui proposant une image idéalisée et poétique d’elle-même. Excellent technicien, il reste dans l’esthétique de la représentation en tentant parfois quelques incursions du côté de l’impressionnisme (Place de l’Opéra, 1921), mais totalement inabouties. De Schryver n’a pas grand-chose à nous dire de sa perception du réel.

 

Le thème de la vente de fleurs

Il est par contre très habile pour transformer la quotidienneté urbaine en un véritable conte de fée (Arc de Triomphe, Paris, 1886). Les fleurs le fascinent car il peut les utiliser pour meubler ses compositions d’un riche chromatisme qui transforme une avenue ordinaire en paradis terrestre. C’est ainsi qu’il séduit sa clientèle. Ses bourgeoises sont belles, élégantes et n’ont visiblement pas grand-chose d’autre à faire qu’à acheter des fleurs. Elles s’adressent aux marchandes de fleurs avec un air un peu pincé qui traduit leur supériorité. L’artiste flatte ainsi son public en le confortant dans les stéréotypes sociaux de la Belle Époque. L’appartenance à la classe dominante, possédant pouvoir et richesse, devait apparaître clairement dans la composition.  

Rien de bien original dans cette démarche. Valoriser par l’image les commanditaires a constitué une prescription de l’art depuis l’Antiquité. De Schryver respecte donc une contrainte fort ancienne, mais à une époque de l’histoire où elle est déjà remise en cause. L’art de son époque devient contestataire, d’avant-garde, dérangeant, mais refuse surtout d’être lénifiant. Peu lui importe puisque clients et clientes sont au rendez-vous. Ce décalage entre l’art de l’intelligentsia et celui du vulgum pecus est également une constante historique.

 

Louis Marie de Schryver. Un marché au XVIIIe siècle (1900)

Louis Marie de Schryver. Un marché au XVIIIe siècle (1900)

Huile sur toile, 53 × 81 cm, collection particulière.

 

De Schryver transpose parfois le thème de la vente de fleurs au 18e siècle. La composition reste la même. Au premier plan apparaissent une marchande de fleurs et ses clientes. Les fleurs abondantes et les vêtements permettent au peintre de déployer tout son savoir-faire de coloriste. L’arrière-plan est traité avec des dégradés de gris et d’ocre de façon à privilégier d’un point de vue chromatique la scène lumineuse du premier plan. Cet arrière-plan constitue aussi un exercice très classique de perspective, avec l’alignement des immeubles donnant au tableau sa profondeur. Cette composition-type sera traitée pendant plusieurs décennies par de Schryver, en adaptant l’aspect vestimentaire et en faisant apparaître dans les rues l’automobile (Place de l’Opéra, 1927).

Le thème glisse parfois vers un certain réalisme, mettant en scène le peuple, sans modifier la structure de la composition (Le marchand des quatre saisons, 1895)

 

La fête galante

Ce thème, lancé par Watteau, fut très à la mode dans les trois premiers quarts du 18e siècle. Il s’agit d’une scène de divertissement en plein air au cours de laquelle des aristocrates courtisent les dames. Rattachée au style rococo, la fête galante a disparu des tableaux des grands peintres avec l’apparition du néoclassicisme. Mais, symbolisant l’élégance et la légèreté à la française, on conçoit qu’elle puisse encore intéresser une clientèle de la Belle Époque peu au fait des évolutions de la peinture. N’hésitant pas à plagier Fragonard, De Schryver réalise des fêtes galantes jusqu’au début du 20e siècle (Scène galante, 1907).

 

Le portrait

 

Louis Marie de Schryver. Marielle (1898)

Louis Marie de Schryver. Marielle (1898)

Huile sur bois, 24 × 22 cm, collection particulière.

 

De Schryver est un portraitiste de talent, capable de jouer sur plusieurs registres selon les desiderata de ses commanditaires. Le portrait académique (Portrait de jeune fille avec un manteau rouge, 1898) côtoie le portrait à tendance impressionniste (Marielle, 1898) et même l’expression exacerbée des sentiments à la manière de Greuze (Expression d’amour, 1902).

 

Les natures mortes

 

Louis Marie de Schryver. Nature morte aux pêches (1894)

Louis Marie de Schryver. Nature morte aux pêches (1894)

Huile sur toile, 43 × 56 cm, collection particulière.

 

Le genre était très prisé. De Schryver, coloriste né, est très à l’aise pour mettre en valeur fleurs et fruits.

 

Une peinture de toutes les époques

L’idéalisation du présent par l’image est une demande de toutes les époques. Aujourd’hui encore des peintres très appréciés du grand public proposent du présent une image n'étant « qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté » (*). Si Baudelaire souhaite voyager avec sa muse dans ce pays de rêve, pourquoi les peintres ne le feraient-ils pas ? Notre monde un tantinet désespéré a parfois besoin de rêver simplement. Voici trois peintres actuels de cette beauté idéale qui, à défaut d’intéresser les critiques, est acclamée par le public.

  Steve Hanks  

  Robert Duncan  

  Vladimir Volegov  

 

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(*) Charles Baudelaire. L’invitation au voyage

 

 

 

Rues de Paris et marchandes de fleurs

Louis Marie de Schryver. Arc de Triomphe, Paris (1886)

Louis Marie de Schryver. Arc de Triomphe, Paris (1886)

Huile sur toile, 70 × 103 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleur, rue de Rivoli (1892)

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleur, rue de Rivoli (1892)

Huile sur toile, 73 × 92 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Rue du Faubourg Saint Honoré (1890)

Louis Marie de Schryver. Rue du Faubourg Saint Honoré (1890)

Huile sur toile, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs à la Madeleine (1890)

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs à la Madeleine (1890)

Huile sur bois, 15 × 21 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs, avenue de l’Opéra (1895)

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs, avenue de l’Opéra (1895)

Huile sur toile, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Le marchand des quatre saisons (1895)

Louis Marie de Schryver. Le marchand des quatre saisons (1895)

Huile sur toile, musée des Beaux-arts de Cambrai.

 

Louis Marie de Schryver. Rue royale, Paris (1898)

Louis Marie de Schryver. Rue royale, Paris (1898)

Huile sur toile, 56 × 83 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs (1898)

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs (1898)

Huile sur bois, 22 × 16 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Paris, Place de l’Opéra (1921)

Louis Marie de Schryver. Paris, Place de l’Opéra (1921)

Huile sur toile, 55 × 65 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Place de l’Opéra (1927)

Louis Marie de Schryver. Place de l’Opéra (1927)

Huile sur toile, 33 × 46 cm, collection particulière.


 

Courses automobiles

Louis Marie de Schryver. L’arrivée du vainqueur (1906)

Louis Marie de Schryver. L’arrivée du vainqueur (1906)

Huile sur toile, musée de la voiture, Compiègne.

 

 

18e siècle

Louis Marie de Schryver. Un marché au XVIIIe siècle (1900)

Louis Marie de Schryver. Un marché au XVIIIe siècle (1900)

Huile sur toile, 53 × 81 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Jeune couple dans une prairie en fleurs

Louis Marie de Schryver. Jeune couple dans une prairie en fleurs

Huile sur toile, 72 × 47 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs.

Louis Marie de Schryver. La marchande de fleurs

Huile sur toile, 57 × 43 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Scène galante (1907)

Louis Marie de Schryver. Scène galante (1907)

Aquarelle, 15 × 22 cm, collection particulière.

 

 

Portraits

Louis Marie de Schryver. Portrait de jeune fille avec un manteau rouge 1898)

Louis Marie de Schryver. Portrait de jeune fille avec un manteau rouge 1898)

Huile sur toile, 50 × 38 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Marielle (1898)

Louis Marie de Schryver. Marielle (1898)

Huile sur bois, 24 × 22 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Expression d’amour (1902)

Louis Marie de Schryver. Expression d’amour (1902)

Huile sur toile, 90 × 65 cm, collection particulière.

 

 

Natures mortes

Louis Marie de Schryver. Bouquet de roses dans un panier (1880)

Louis Marie de Schryver. Bouquet de roses dans un panier (1880)

Huile sur toile, 46 × 54 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Bouquet de fleurs

Louis Marie de Schryver. Bouquet de fleurs

Huile sur toile, 99 × 73 cm, collection particulière.

 

Louis Marie de Schryver. Nature morte aux pêches (1894)

Louis Marie de Schryver. Nature morte aux pêches (1894)

Huile sur toile, 43 × 56 cm, collection particulière.

 

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