L'académisme

ENVIRON 1800-1900

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 Au 19e siècle, l’Académie des Beaux-arts de Paris est la plus illustre et la plus influente. Les académies sont des institutions de formation et de sélection des artistes. Les candidats étaient soumis à un examen d’entrée qui était suivi de plusieurs années d’études. Les étudiants apprenaient le dessin et s’entraînaient en copiant les grandes œuvres du passé. Les sujets étaient hiérarchisés : au sommet, la peinture historique comprenant également les sujets religieux, ensuite le portrait et le paysage, enfin la nature morte et la scène de genre (scènes de la vie quotidienne ou représentation d’une anecdote). A Paris, le prix de Rome récompensait les meilleurs étudiants qui partaient étudier cinq ans à Rome. Le Salon, en principe annuel, était l’exposition officielle de l’Académie des Beaux-arts. Des milliers d’œuvres y étaient présentées mais elles devaient être conformes aux critères de l’art académique. C’est ainsi que des artistes comme Manet ou Pissarro furent refusés par l’Académie et, ne pouvant exposer au salon officiel, ils créèrent en 1863 le Salon des refusés qui fut autorisé par Napoléon III.

Quels étaient les critères de l’Art académique ? Il s’agissait d’abord de fournir une imitation de la réalité plus ou moins idéalisée ou encore une reprise des thèmes classiques (scènes historiques ou religieuses) actualisés en fonction du goût dominant du 19e siècle. L’académisme se traduit donc par la recherche de la ressemblance et du beau. Il refuse l’innovation car l’idéal de la beauté se situe chez les anciens. La deuxième caractéristique de l’académisme est la primauté du dessin sur la couleur. Les couleurs vives sont donc proscrites et les contrastes sont atténués. Enfin, le travail en atelier est préconisé au détriment du travail en plein air. L’impressionnisme sera fondé à partir de préconisations strictement opposées : ne pas chercher à imiter mais privilégier le regard subjectif du peintre, choisir librement ses sujets, travailler en plein air, libérer la couleur.

Les principaux artistes académiques français sont William Bouguereau (1825-1905), Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Alexandre Cabanel (1823-1889) et Thomas Couture (1815-1879). En Grande-Bretagne, Frederic Leighton (1830-1896) appartient également à ce courant.

 

Bouguereau. La naissance de Vénus (1879)

Huile sur toile, 300 × 215 cm, Musée d'Orsay, Paris.

La Naissance de Vénus (1879), de Bouguereau, propose une nouvelle représentation

de la déesse romaine de l’amour et de la beauté. Botticelli et Raphaël avaient déjà utilisé le thème.

Il s’agit pour Bouguereau de l’actualiser et le sujet mythologique n’est qu’un prétexte.

Il propose donc un nu féminin d’une grande perfection anatomique, remarquablement dessiné,

avec une touche parfaitement lisse. Les couleurs sont très douces et peu contrastantes.

On voit à quel point cette perfection classique était éloignée des impressionnistes qui,

à la même époque, bousculaient l’académisme.

 

 

Gérôme. Pygmalion et Galathée (1890)Huile sur toile, 89 × 69 cm Metropolitan Museum of Art, New York.

Pygmalion et Galathée (1890), de Gérôme, s’inspire d’une légende grecque.

Pygmalion est un sculpteur qui tombe amoureux d’une de ses œuvres, une statue

d’ivoire représentant Galathée. Il implore la déesse Aphrodite de lui donner

une épouse semblable à Galathée. Le tableau de Gérôme représente la scène

où Galathée reçoit la vie d’Aphrodite :

Pygmalion aura ainsi une épouse aussi belle que sa sculpture.

 

 

Cabanel. Phèdre (1890)Huile sur toile, 286 × 194 cm, Musée Fabre, Montpellier.

La Phèdre (1890) de Cabanel évoque l’épisode mythologique grec entre Phèdre et Hyppolite.

Phèdre, fille de Minos, roi de Crète, et de Pasiphaé, est l’épouse de Thésée, roi d'Athènes.

Elle tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte et, devant son refus, elle l'accuse de viol et se suicide.

Le tableau montre une Phèdre désespérée venant de déclarer son amour à Hippolyte.

 

 

Couture. Les Romains de la décadence (1847)Huile sur toile, 466 × 773 cm, Musée d'Orsay, Paris.

Thomas Couture fut médaillé au Salon de 1847 pour Les Romains de la décadence.

 

 

Fredrick Leighton. June flamboyante (v.1895)Huile sur toile, 120,6 × 120,6 cm, Museo de Arte de Ponce, Puerto Rico.

Frederic Leighton recherche avec nostalgie la beauté classique dans June flamboyante (v. 1895).

 

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