Lucas Cranach l'Ancien

 
 

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Autoportrait et portrait

Cranach l'Ancien. Autoportrait extrait de La Sainte Parenté (1510-1512)

Cranach l'Ancien. Autoportrait extrait de La Sainte Parenté (1510-1512)

Tempera sur bois, 89 × 71 cm, Akademie der Künste bildenden, Vienne.

           

Cranach le jeune. Portrait de Cranach l'Ancien (1550)

Cranach le jeune. Portrait de Cranach l'Ancien (1550)

Huile sur bois, 67 × 49 cm, Galerie des Offices, Florence.  

 

Biographie

 1472-1553

Une jeunesse mal connue

Lucas Muller (ou Moller ou Maler), dit Cranach ou Kronach, est né le 4 octobre 1472 à Kronach, petite bourgade bavaroise située à une centaine de kilomètres au nord de Nuremberg. Son pseudonyme est donc emprunté au nom de sa ville natale. Son père, Hans, était déjà peintre et la grande maison des Muller sur la place du marché de Kronach laisse penser qu'il connut le succès. Rien cependant n'a survécu de son œuvre. Son fils Lucas apprit certainement la peinture dans l'atelier paternel, mais nous ne possédons aucun détail concernant sa jeunesse et sa formation. Toutes ses œuvres antérieures à 1500 ont d'ailleurs disparu.

Le séjour à Vienne

Entre 1501 et 1504, la présence à Vienne (Autriche) de Cranach l'Ancien est attestée par des tableaux religieux et des portraits, en particulier ceux de Johannes Cuspinian 1473-1519) et de sa femme. Cuspinian est un humaniste, médecin et diplomate au service de l'empereur Maximilien 1er (1459-1519). Dès cette époque donc, Cranach fréquente les milieux les plus cultivés du Saint Empire romain germanique et a des commanditaires proches du sommet du pouvoir politique.

La cour de Wittenberg

En 1504, il quitte Vienne car le Prince-Électeur de Saxe, Frédéric III de Saxe, dit Frédéric le Sage (1463-1525) l'appelle à sa cour de Wittenberg. Dès 1505, il devient peintre officiel de la cour et il bénéficiera de la protection du prince et de ses successeurs jusqu'à sa mort en 1553. En 1509, Frédéric le Sage l'anoblit. Cranach utilisera par la suite ses armoiries, un serpent ailé, comme signature de ses œuvres picturales.

Cranach l'Ancien. SignatureCranach l'Ancien. Signature

La renommée de Cranach entraîne un afflux de commandes. Il crée un atelier dans lequel travaillent ses deux fils : Hans (1513-1537) et Lucas (1515-1566). Ce dernier, appelé Lucas Cranach le Jeune, poursuivra l'activité de son père après sa mort en conservant la faveur du Prince-Électeur de Saxe. Cranach l'Ancien a le sens des affaires. En 1513, il ouvre un débit de vin à Wittenberg et, en 1520, achète l'officine d'apothicaire de la cour qui comporte le monopole de la vente des médicaments, épices, sucres, denrées rares et tous produits nécessaires aux peintres. Il possède même un temps une imprimerie où furent éditées les œuvres de Martin Luther (1483-1546). Ce déploiement d'activité lui permet d'accéder à une grande aisance financière et il figure en tête du rôle des impôts. Admiré comme peintre, respecté comme homme d'affaires, il est élu à trois reprises bourgmestre de Wittenberg en 1537, 1540 et 1543.

A la mort de Frédéric le Sage en 1525, il poursuit son œuvre de peintre au service des Grands-Électeurs Jean 1er de Saxe (1468-1532) et Jean-Frédéric 1er de Saxe (1503-1554).

 

 Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1531)

Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1531)

Huile sur bois, 37 × 24 cm, musée du Louvre, Paris

 

La captivité et l'exil à Weimar

Lors de la bataille de Mühlberg, en 1547, Jean-Frédéric est à la tête de la ligue de Smalkalde (protestants) qui s'oppose à l'empereur Charles-Quint (catholique). Vaincu par l'empereur, il est fait prisonnier. Cranach l'Ancien suit alors son prince en captivité. Jean-Frédéric doit abandonner tous ses droits et possessions au profit de son cousin Maurice de Saxe (1521-1553). En 1552, Jean-Frédéric de Saxe est libéré et Cranach le suit dans sa nouvelle résidence de Weimar. Il y meurt le 16 octobre 1553 à l'âge de 81 ans.

 

Œuvre

 Les deux grandes périodes de la carrière de Cranach l'Ancien, le séjour à Vienne (1501-1504) et l'activité de peintre de la cour de Wittenberg (1504-1547), correspondent à deux styles très différents. La première manière de Cranach, autrefois qualifiée de style du Danube, se caractérise par une expressivité puissante, des couleurs intenses et une place importante de la nature sous forme de riches paysages d'arrière-plan. La Crucifixion de Schleissheim (1503) est considérée comme emblématique de ce style viennois. La deuxième manière est restée célèbre par ses innombrables nus inspirés des mythologies antique et chrétienne ou des légendes du Moyen Âge qui les entouraient. Les Trois Grâces deviennent de jeunes femmes très élancées, ondulantes, prenant des poses aguicheuses et portant collier et chapeau. Cette peinture est destinée à orner les intérieurs de l'aristocratie de l'époque. Elle a un caractère érotique raffiné qu'autorise le prétexte mythologique, parfois moralisateur. Les historiens se sont demandé si ce style constituait un prolongement du gothique international ou une anticipation du maniérisme de la fin du 16e siècle. Une telle question peut évidemment être débattue à l'infini. Toujours est-il que les commanditaires étaient réceptifs à ce type de production et qu'elles ont toujours pour nous un charme naïf et subtil qui constitue l'une des spécificités du peintre. Il s'agit d'une peinture légère et mondaine dont le prétexte moral n'est qu'une façade. La mythologie se trouve ainsi désacralisée, voire tournée en dérision lorsqu'une Ève mutine et charmeuse semble mener son petit Adam par le bout du nez. Il n'est pas certain que tous les contemporains aient perçu cet aspect de la peinture de Cranach, qui était l'ami de Luther. Il est en effet paradoxal que le peintre ait pu être attiré par le rigorisme luthérien tout en produisant une peinture qui est, pour l'époque, le modèle même de la légèreté. L'explication est double. D'une part, Cranach conserve une clientèle catholique, dont en particulier Albrecht de Brandebourg (1490-1568), l'un des principaux opposants à la Réforme protestante. D'autre part, il n'est pas impossible que chez un artiste l'intelligence conceptuelle soit en conflit avec l'émotion. Il suffit d'observer l'expression bornée de Martin Luther, peint par Cranach en 1529, pour comprendre ce qu'il ressentait en voyant le personnage.

 

Cranach l'Ancien. Martin Luther et Katharina von Bora (1529)Cranach l'Ancien. Martin Luther et Katharina von Bora (1529)

Huile sur bois, chaque panneau 37 × 23 cm, Galerie des Offices, Florence

 

Comme le montre sa biographie, Cranach était sensible à la réussite économique. Aussi son atelier a-t-il peint en série les célèbres nus mythologiques ainsi que des portraits assez simples de femmes de l'aristocratie. Sa participation personnelle était certainement très mince, eu égard à la quantité produite et aux obligations officielles du peintre, qui fut bourgmestre de Wittenberg à trois reprises.

 

Les nus mythologiques

 
Cranach l'Ancien. Le jugement de Pâris (1513)Cranach l'Ancien. Le jugement de Pâris (1513). Huile et tempera sur bois, 43 × 32 cm, Kimbell Art Museum, Fort Worth. Mythologie grecque. Pâris, fils du roi de Troie Priam, gardait les troupeaux sur le mont Ida. Trois déesses apparaissent : Aphrodite, Héra et Athéna. Elles cherchent un juge, sur les conseils de Zeus, pour les départager dans un concours de beauté. Héra promet à Pâris la souveraineté sur l'Asie et l'Europe, Athéna, la gloire des guerriers, et Aphrodite la main de la plus belle des femmes. Ce fut à cette dernière que Pâris offrit la pomme d'or (la pomme de la discorde) qui devait revenir à la plus belle. Mais, jalouses de n'avoir point été choisies, Athéna et Héra témoignèrent à l'avenir, d'une haine farouche à l'égard du Troyen Pâris et protégèrent les Grecs. Cranach a repris ce thème à de nombreuses reprises, en commençant par la gravure. Ce petit tableau est le premier de la série. Paysage gothique et maniérisme des déesses devaient enchanter l'aristocratie de l'époque.
 
Cranach l'Ancien. La nymphe de la fontaine (1518)Cranach l'Ancien. La nymphe de la fontaine (1518). Huile sur bois, 59 × 92 cm, Museum der Bildenden Künste, Leipzig. Inspiré de la Vénus endormie de Giorgione, ce tableau aura par la suite plusieurs variantes.
 
Cranach l'Ancien. Le jugement de Pâris (1527)Cranach l'Ancien. Le jugement de Pâris (1527). Huile sur bois, 50 × 38 cm, Den Kongelige Malerisamling, Copenhague. Tableau beaucoup plus tardif mais présentant les mêmes caractéristiques que celui de 1513 (ci-dessus).
 
Cranach l'Ancien. Vénus debout dans un paysage (1529)Cranach l'Ancien. Vénus debout dans un paysage (1529). Huile sur bois, 38 × 25 cm, musée du Louvre, Paris. « Le corps pâle de la jeune femme debout se détache du paysage sombre en fond. Son visage poupon, ses yeux en amande, son corps d'adolescente et sa blancheur glaciale sont des traits constants dans les personnages féminins de Cranach.  Ces peintures magnifiant le nu féminin constituent la partie la plus célèbre de la production du peintre, elles ont connu un grand succès sous le règne de l'Electeur de Saxe Jean le Constant. Vénus, déesse de la beauté, apparaît souriante, vêtue de ce grand chapeau que l'on retrouve dans la plupart des œuvres du peintre. Ce dernier déclinera ce thème à de multiples reprises. » (Notice musée du Louvre)
 
Cranach l'Ancien. L'âge d'or (v. 1530)Cranach l'Ancien. L'âge d'or (v. 1530). Huile et tempera sur bois, 74 × 106 cm, Alte Pinakothek, Munich. Le mythe du paradis perdu, présent dans la plupart des religions, a souvent été repris par la poésie et la littérature. Il s'agit ici de l'illustration d'un poème d'Hésiode, Les travaux et les jours. Le poète distingue plusieurs âges : or, argent, bronze, fer. On passe successivement de l'un à l'autre et, bien entendu, la situation se dégrade de plus en plus. Il ne faut pas perdre de vue que les religions, en proposant un dogme, refusent, par suite, l'inéluctable pragmatisme du progrès. Comme on le voit, tout va vraiment très bien à l'âge d'or.
 
Cranach l'Ancien. L'âge d'argent (v. 1530)Cranach l'Ancien. L'âge d'argent (v. 1530). Huile et tempera sur bois, 50 × 36 cm, National Gallery, Londres. A l'âge d'argent, les humains ont déjà perdu leur pureté initiale et ne respectent plus les dieux. Zeus les punit en envoyant des guerriers. La disparition des hommes de l'âge d'argent conduira à l'âge de bronze. Ce sera pire !
 
Cranach l'Ancien. Vénus et Cupidon (1531)Cranach l'Ancien. Vénus et Cupidon (1531). Huile sur bois transposée sur toile, 176 × 80 cm,  Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles. Les érudits de la Renaissance attribuaient au poète grec Théocrite (3e siècle avant J.-C.) la légende de Cupidon voleur de miel. Ayant dérobé du miel dans une ruche, Cupidon se fait piquer par une nuée d'abeilles. Il se plaint à sa mère Vénus, qui lui répond que les blessures occasionnées par ses flèches sont beaucoup plus douloureuses. L'amour, représenté par Cupidon, peut ainsi être plus cruel que les piqûres d'abeilles. Cranach connaissait ce poème de Théocrite, traduit par son ami le philosophe Philippe Melanchthon (1497-1560). La sensualité raffinée de ces Vénus s'accompagnaient donc, comme en témoigne cette légende, d'un aspect moralisateur qui autorisait les nobles à en orner leurs appartements privés.
 
Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1531)Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1531). Huile sur bois, 37 × 24 cm, musée du Louvre, Paris. « L'un des registres les plus singuliers de l'art de Cranach, celui d'un monde étrange de figures dénudées, dont participent avec quelle séduction et raffinement nos Trois Grâces, était déjà illustré par l'élégante Vénus dans un paysage de 1529, à laquelle s'ajoute l'énigmatique Âge d'argent de 1535. [...] Le motif des Trois Grâces reste rare dans l'œuvre de Cranach, ainsi que l'attestent les deux seules compositions autographes sur ce thème : le tableau acquis par le Louvre et celui du musée de Kansas City (1535). Sur l'un et l'autre, la nudité des Trois Grâces est subtilement rehaussée par un jeu de voiles transparents, mais les figures du Louvre portent également de somptueux colliers assez clinquants ; la femme au centre est même coiffée d'un plaisant chapeau rouge agrémenté de plumes blanches (de cygne ou d'oie), fort habilement rendues. » (Notice musée du Louvre, É. Foucart-Walter). Voir ci-après pour l'aspect mythologique.
 
Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1535)Cranach l'Ancien. Les trois Grâces (1535). Huile sur bois, 49 × 34 cm, Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City. Euphrosyne, Thalie et Aglaé sont des divinités grecques, compagnes de la déesse de l'amour Aphrodite (Vénus chez les romains). Elles représentent la beauté, la séduction et la créativité humaine et sont évidemment jeunes, belles et nues. La mythologie antique a été abondamment complétée par la poésie et la littérature pour imposer la triple figure connue aujourd'hui.
 
Cranach l'Ancien. Adam et Ève (1538-39)Cranach l'Ancien. Adam et Ève (1538-39). Huile sur bois, 49 × 39 cm, Národní Galerie, Prague. A partir de 1508, il existe une cinquantaine de versions de ce thème qui fut un grand succès commercial pour Cranach. Les personnages deviennent plus graciles au fil du temps et Ève prend des poses aguichantes et pleines d'assurance pour proposer la fameuse pomme à ce balourd d'Adam. Nous pouvons y voir de l'ironie, mais, au 16e siècle, il s'agissait bien de morale : la femme tentatrice !

 

 

Les portraits

Cranach l'Ancien. Johannes Cuspinian (v. 1502)

Cranach l'Ancien. Johannes Cuspinian (v. 1502). Huile sur bois, 59 × 45 cm, Oskar Reinhart Collection, Winterthur. Johannes Cuspinian 1473-1519) est un médecin et professeur de médecine à l'université de Vienne, en Autriche. Il est aussi historien et diplomate au service de l'empereur Maximilien 1er (1459-1519). Ce portrait et celui de sa femme Anna (ci-après) constituent un diptyque dont la continuité est assurée par le paysage en arrière-plan. Ce dernier n'a rien de réaliste mais comporte sans doute une symbolique à laquelle sont sensibles les élites du 16e siècle.
 
Cranach l'Ancien. Anna Cuspinian (v. 1502)Cranach l'Ancien. Anna Cuspinian (v. 1502). Huile sur bois, 59 × 45 cm, Oskar Reinhart Collection, Winterthur. Anna Cuspinian est l'épouse de Johannes Cuspinian (voir ci-dessus).
 
Cranach l'Ancien. Henri le Pieux et Catherine de Mecklenbourg (1514)Cranach l'Ancien. Henri le Pieux et Catherine de Mecklenbourg (1514). Huile sur bois transférée sur toile, chaque panneau 184 × 82,5 cm, Gemäldegalerie, Dresden. Il s'agit d'Henri V, duc de Saxe (1473-1541), qui instaura l'église réformée, selon  le dogme de Martin Luther, dans ses territoires. Sa femme, Catherine de Mecklembourg (1487-1561) eut un rôle important dans sa conversion au luthérianisme. Le peintre a mis en évidence les vêtements d'apparat du couple qui se détachent sur un fond noir. Les visages ne sont pas vraiment travaillés.
 
Cranach l'Ancien. Portrait d'une femme (v. 1525)Cranach l'Ancien. Portrait d'une femme (v. 1525). Huile et tempera sur bois, 38 × 27 cm, National Gallery, Londres. Portrait-type produit par l'atelier de Cranach, à caractère commercial. Ils sont presque fabriqués en série selon le même modèle : jeune femme sur fond noir, en pied ou de trois-quarts.
 
Cranach l'Ancien. Martin Luther et Katharina von Bora (1529)Cranach l'Ancien. Martin Luther et Katharina von Bora (1529). Huile sur bois, chaque panneau 37 × 23 cm, Galerie des Offices, Florence. Cranach a réalisé de nombreux portrait de Martin Luther (1483-1546), avec ou sans sa femme Katharina von Bora (1499-1552). Les idées de Luther jouèrent un grand rôle dans la Réforme protestante qui toucha l'Allemagne et les pays de l'Europe du nord. Katharina est issue de la petite noblesse pauvre de Saxe. Le visage de Luther est considéré comme assez réaliste. Il en émane beaucoup d'obstination et peu d'ouverture d'esprit, juste ce qu'il faut pour créer un dogme.
 
Cranach l'Ancien. Les princesses de Saxe Sibylla, Emilia et Sidonia (v. 1535)Cranach l'Ancien. Les princesses de Saxe Sibylla, Emilia et Sidonia (v. 1535). Huile sur bois, 62 × 89 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Les trois princesses Sibylla (1515-92), Emilia (1516-91) et Sidonia (1518-75) sont les filles d'Henri V de Saxe et de Catherine de Mecklembourg dont Cranach avait réalisé les portraits en 1514 (voir ci-dessus).

 

La peinture religieuse

Cranach l'Ancien. Saint Jérôme dans le désert (1502)

Cranach l'Ancien. Saint Jérôme dans le désert (1502). Huile et tempera sur bois, 56 × 42 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Jérôme de Stridon (vers 347-420), dit saint Jérôme par l'Église catholique, est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l'Ordre Hiéronymite, docteur de l'Église et l'un des quatre pères de l'Église latine. Il prône l'ascétisme et se retire un temps dans le désert de Chalcis de Syrie, au sud-ouest d'Antioche, pour faire pénitence. Cet épisode a beaucoup inspiré les peintres occidentaux. Le réalisme anatomique du corps tranche avec les œuvres ultérieures, en particulier avec la série des nus mythologiques présentés ci-dessus.
 
Cranach l'Ancien. Crucifixion de Schleissheim (1503)Cranach l'Ancien. Crucifixion de Schleissheim (1503). Huile sur bois, 138 x 99 cm, Alte Pinakothek, Munich. Cette crucifixion était auparavant dans un couvent de Schleissheim en Bavière. Elle témoigne du caractère très novateur du style du jeune Cranach. La richesse chromatique est remarquable et l'intensité psychologique est soulignée par l'arrière-plan (arbres, nuages). La position de la croix du Christ permet un effet de perspective.
 
Cranach l'Ancien. Le repos pendant la fuite en Égypte (1504)Cranach l'Ancien. Le repos pendant la fuite en Égypte (1504). Huile et tempera sur bois, 69 × 51 cm, Staatliche Museen, Berlin. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l'ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Joseph, prévenu par un songe, s'enfuit avec l'enfant Jésus et sa mère Marie en Égypte où ils resteront jusqu'à la mort d'Hérode. Cranach peint le repos de la Sainte Famille dans un cadre idyllique avec une multitude d'anges. L'art de la couleur et le cadre romantique ont fait de ce tableau un grand succès de la peinture allemande.
 
Cranach l'Ancien. Vierge à l'Enfant avec une grappe de raisin (1509-1510)Cranach l'Ancien. Vierge à l'Enfant avec une grappe de raisin (1509-1510). Huile sur bois, 72 × 44 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. Cette Vierge pensive au visage rond, très différente des madones italiennes, permet à Cranach d'associer avec brio les couleurs chaudes et les couleurs froides.
 
Cranach l'Ancien. La Sainte Parenté (1510-1512)Cranach l'Ancien. La Sainte Parenté (1510-1512). Tempera sur bois, 89 × 71 cm Akademie der Künste bildenden, Vienne. La Sainte Parenté est une extension de la Sainte Famille. Elle est constituée par rapport à Anne, la mère de la Vierge Marie. Elle comprend Anne et ses trois maris (Joachim, Cléophas et Salomé), ses enfants et petits-enfants, dont évidemment Jésus. Tout cela n'étant pas d'une totale rigueur généalogique, le concept est plus ou moins extensif. Ce thème pictural est particulièrement apprécié en Allemagne et aux Pays-Bas. Ce tableau a été peint pour commémorer le mariage du peintre et est parfois intitulé La famille du peintre. Les différents personnages sont en effet des portraits de la famille de Cranach. Lui-même figure debout au fond à gauche.
 
Cranach l'Ancien. Tête du Christ avec couronne d'épines (1520-1525)
Cranach l'Ancien. Tête du Christ avec couronne d'épines (1520-1525). Huile et tempera sur bois, 28 × 21 cm, collection privée. Selon la légende chrétienne, le vrai visage du christ est apparu sur le voile de sainte Véronique après qu'elle eût essuyé son sang et sa sueur sur le chemin du calvaire. Ce visage avec barbe est unanimement accepté au Moyen Âge, mais à la fin de l'Empire romain d'Occident (5e siècle), le Christ était représenté sans barbe.
 
Cranach l'Ancien. Saint Jérôme dans le désert (v. 1525)Cranach l'Ancien. Saint Jérôme dans le désert (v. 1525). Huile et tempera sur bois, 90 × 67 cm,  Tiroler Landesmuseum Ferdinandeum, Innsbruck. Saint Jérôme s'est adouci par rapport à celui de 1502 (ci-dessus). Le cadre paysager inquiétant de 1502 est devenu enchanteur. Il s'agit de plaire aux commanditaires.
 
Cranach l'Ancien. Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste (v. 1530)Cranach l'Ancien. Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste (v. 1530). Huile sur bois, 87 × 58 cm, Szépmûvészeti Múzeum, Budapest. Salomé est une princesse juive du 1er siècle qui, selon le récit mythologique, charma le roi Hérode. Celui-ci lui accorda ce qu'elle voulait et elle réclama alors la tête de Jean le Baptiste, ou saint Jean-Baptiste, qui fut apportée sur un plateau. L'épisode, rapporté dans le Nouveau Testament, a souvent inspiré les artistes. En réalité, il s'agit probablement ici du portrait d'une jeune femme noble en Salomé.
 
Cranach l'Ancien. Le Christ et la femme adultère (1532)Cranach l'Ancien. Le Christ et la femme adultère (1532). Huile sur bois, 83 × 121 cm, Szépmûvészeti Muzeum, Budapest. Récit biblique (Évangile selon Jean, 8). On amena à Jésus-Christ une femme surprise en flagrant délit d'adultère. Selon la loi de Moïse, il fallait lapider une telle femme. Jésus dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». Tous se retirèrent et Jésus, restant seul avec la femme, lui dit : « Va et ne pèche plus ».

 

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 LUCAS CRANACH L'ANCIEN

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