05/08/2026
Patrick AULNAS
L’été 2026 n’est pas très différent des précédents sur le plan politique. On se demande toujours ce que les journalistes appellent « trêve estivale ». La trêve les concerne peut-être mais ne concerne pas les politiciens. Trump bombarde l’Iran puis s’arrête, puis recommence. Rien de nouveau. Egaux à eux-mêmes, les tyrans qui dirigent l’Iran menacent la région entière d’une riposte cataclysmique. Ils se sont toujours ridiculisés par leurs excès verbaux. Poutine tue des civils ukrainiens faute de pouvoir avancer sur le front. Sa mentalité d’assassin n’est pas nouvelle.
Les candidats à la présidence de la République française sont de plus en plus nombreux et chacun énonce les platitudes d’usage. La décantation n’interviendra qu’entre septembre 2026 et janvier 2027.
Déclarations, surinformation, désinformation
Les déclarations médiatiques des politiciens ont pris une importance démesurée. En général sans aucun intérêt, elles sont pourtant abondamment relayées par les médias. Trump, qui joue l’omniprésence médiatique, trouve à son service une nuée de journalistes du monde entier, trop contents de pouvoir commenter ses déclarations simplistes. Tout le monde peut comprendre les phrases de Trump. L’audience sera plus large qu’avec un géopoliticien chevronné. C’est le but de ce singulier personnage.
Il en va de même en politique intérieure française. La moindre déclaration d’un hypothétique candidat à la présidence est disséquée. La personnalité concernée aura eu son instant médiatique, même si ses chances de concourir frôlent le zéro.
La surinformation confine à la bêtise et contribue paradoxalement à la désinformation.
Le politicien et son image
Les politiciens ont pris l’habitude de « se rendre sur place » dès qu’un évènement se produit. Sur place, ils n’ont évidemment aucune utilité et se contentent d’apparaître dans les médias. Images et déclarations frôlant le ridicule se succèdent. Ainsi, avec les incendies de l’été 2026 en France ; le ministre de l’Intérieur, le président de la République et d’autres probablement ont été se rendre compte de la situation. Pure politique de communication puisque seuls les professionnels concernés (pompiers, policiers gendarmes, médecins, etc.) et les hommes de bonne volonté (agriculteurs, entrepreneurs divers) peuvent agir concrètement. Le politicien dans un tel cas ne sert à rien, sauf à donner quelques directives générales souvent superflues. Le politicien s’immisce parce que sa présence entretient son image.
Le petit milieu de la création cinématographique et les « racisés »
La canicule conduit à se réfugier dans la culture, refuge confortable et même douillet. La lecture des grands auteurs du 20e siècle (Proust, Colette, Mauriac, Yourcenar) nous élève un tant soit peu. Ce n’est pas le cas du cinéma français actuel. Les réalisations nullissimes s’accumulent. On se demande comment les producteurs peuvent décider de financer une telle profusion de navets. La réponse est tout de suite trouvée : les subventions publiques. Les critères d’attribution ne sont connus que du petit milieu des professionnels du cinéma. Mais de toute évidence, ils sont idéologiquement situés.
L’obsession de l’extrême-gauche pour le racisme apparaît ainsi de façon latente. Des « racisés » doivent, semble-t-il, figurer dans la distribution. Il faut rendre compte de la « diversité » en se montrant favorable à « l’inclusion ». Les films traitant de l’histoire européenne n’y échappent pas. On tombe parfois très bas, historiquement parlant, avec des personnages de type africain ou asiatique qui ne pouvaient exister dans l’Europe du 16e ou du 17e siècle.
Autre caractéristique des productions actuelles : la surabondante présence des marginaux (SDF, personnes sans profession stable, délinquants, etc.). L’individu ordinaire, représentant statistiquement le groupe archi-majoritaire, n’intéresse nullement les créateurs. Eric Rohmer, Claude Sautet avaient construit leur œuvre avec des personnages de la classe moyenne. Mais la gauche militante méprise ces gens-là. Ils ont disparu des films.
Ainsi le milieu dirigeant s’exprime abondamment et oriente la création culturelle dans une direction peu appréciée du plus grand nombre. Il n’est pas du tout conscient du fossé qu’il creuse jour après jour avec la majorité dite silencieuse. Les élections de 2027 pourraient surprendre.