Fillon et les irresponsables

03/02/2017

Patrick AULNAS

La curée médiatico-politique contre l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle se poursuit inexorablement. Une collusion entre la sphère politique et certains médias est nécessaire pour qu’une telle avalanche d’accusations contre un homme et une famille soit possible. Tous les français qui ne se rangent pas dans la catégorie fort accueillante des envieux pleins de haine pour leurs dirigeants ont la nausée en observant ces journalistes indignes s’acharner aussi bassement sur un homme.

Les irresponsables du Canard enchaîné ont accru le risque de placer l’extrême-droite en position de vainqueur de l’élection présidentielle. Car opposer Macron ou pire, Hamon, à Marine Le Pen, c’est accepter de favoriser la seconde. Beaucoup d’électeurs naïfs ou dégoûtés du personnel politique transformeront leur vote en simple protestation. Et pourquoi ce déballage odieux quelques mois avant une élection cruciale ? Certainement pas pour informer. Car tous ceux qui suivent de près la vie politique savent que ce dont on accuse François Fillon existe depuis toujours, d’une manière ou d’une autre. Chacun sait que le personnel politique arrondit ses fins de mois et son patrimoine par des revenus annexes, plus ou moins légaux, plus ou moins occultes. S’il s’agissait d’informer, nos journalistes devraient, en dehors d’une période électorale, faire une enquête approfondie sur une trentaine d’années et concernant un grand nombre de dirigeants politiques de premier plan. Ils montreraient alors que les pratiques reprochées à Fillon étaient courantes, sinon générales, et qu’elles étaient considérées comme normales dans le milieu politique. Il faudrait ensuite, non pas demander de sanctionner ce qui était admis tacitement, mais proposer de légiférer et préciser comment. Mais où sont-ils ces journalistes courageux et compétents qui approfondissent et réfléchissent aux solutions ?

Objectivement, que s’est-il passé ? Un candidat à l’élection présidentielle, démocratiquement désigné, a été ciblé par des médias probablement informés par le milieu politique. Ce candidat propose un programme qui cherche à réduire l’emprise de l’État sur la société, c’est-à-dire le pouvoir d’une caste politico-administrative. Il s’est comporté financièrement comme des dizaines d’autres responsables de son niveau depuis des décennies (société de conseil, contrats de travail avec des membres de la famille). Mais ce candidat avait toutes les chances de devenir Président de la République. Nombreux étaient ceux qui avaient intérêt à le détruire. Cette offensive contre la démocratie par élimination d’un candidat légitime profite à la gauche (Macron compris) et à l’extrême-droite. Même s’il est impossible de les accuser, ils sont objectivement les bénéficiaires des sordides attaques contre François Fillon. Les petits exécutants de la mise à mort se pressent au portillon, en particulier dans le milieu journalistique. Mais pouvait-on s’attendre à autre chose ?

Le triste spectacle qui nous est offert par une presse dévoyée, mais se réclamant de la justice et du devoir d’informer (les grands mots, évidemment !), fragilise un pays déjà atteint par ses faibles performances économiques et la gestion désastreuse de ses finances publiques (les gros déficits, pas les petits avantages). Faut-il rappeler à cette presse que son devoir est d’abord et avant tout de préserver par le choix de ses sujets une démocratie affaiblie et non de regarder constamment par le trou de la serrure pour augmenter les tirages.