Lamy et Montebourg

01/03/2013

Il est intéressant d'écouter Pascal Lamy parce qu'il appartient à une catégorie sous-représentée en France, celle des socialistes qui ont choisi de ne pas fuir la réalité. Directeur général de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), il a une vision d'ensemble et une expérience concrète des problématiques économiques mondiales qui manquent cruellement à nos dirigeants, novices de l'exercice du pouvoir pour la plupart. Toute personne un tant soit peu rationnelle peut aisément comprendre que lorsque l'endettement public s'accumule dangereusement et que l'économie du pays perd chaque année de sa compétitivité, il est nécessaire d'entreprendre des réformes profondes et efficaces. C'est exactement de qu'a souligné Pascal Lamy sur RMC info et BFM TV.

« Les Français considèrent qu'ils sont une espèce d'îlot de bonheur provisoire dans un monde de catastrophes, ça n'est pas la bonne perspective...On ne peut pas en déduire que si la France a des problèmes, c'est le monde qu'il faut changer. »

Il est bien évident que la gauche du parti socialiste, le parti de gauche et le parti communiste pensent exactement le contraire. Leur idéologie est la meilleure et ils ont raison contre le monde entier.

Le directeur général de l'OMC ne se prive pas non plus de contrecarrer la position de notre ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en avertissant les français et leur ministre qu'ils avaient « quelques problèmes de GPS ». Montebourg fustige fréquemment la mondialisation et a parfois préconisé la « démondialisation » (personne ne sait ce que cela signifie exactement). Pour Pascal Lamy, « une partie du problème vient du fait que, disons, le GPS des Français est un peu détraqué ». Ce qui est plus grave, c'est que celui de Montebourg l'est totalement : « Je pense qu'il n'a pas les bons chiffres en tête. Quand on regarde l'économie française dans le monde tel qu'il est, les problèmes qu'il met en avant ─ c'est-à-dire, c'est la faute à la concurrence des Chinois ─ c'est pas ça. C'est vrai que les Chinois sont payés cinq fois moins que les Français, mais les Chinois sont cinq fois moins productifs que les Français et comme ce qui compte c'est la productivité horaire, il ne faut pas en déduire que les Chinois font du dumping social ».

Et Pascal Lamy propose de réformer pour retrouver notre compétitivité. Ce point de vue rafraichissant, mais finalement de bon sens, risque de faire frémir le peuple de gauche. Réformer, en effet, c'est remettre en cause une partie de notre modèle social pour retrouver le sens des responsabilités et se retrousser les manches plutôt que de revendiquer des avantages sociaux supplémentaires. Tout le contraire d'un programme de gauche.