Chavez, les dictateurs et Mélenchon

13/03/2013

La mort d'Hugo Chavez a mis en évidence un phénomène bien connu mais qui n'apparaît que rarement dans les grands médias avec autant de clarté. Les chefs d'Etat présents aux obsèques du célèbre populiste formaient un échantillon très représentatif de dictateurs. L'opposition fondamentale entre les partisans de la tyrannie, présents, et les adeptes de la démocratie, absents, apparaissait ainsi en pleine lumière. Il existe sur notre petite planète une cohorte de leaders charismatiques qui fondent leur réussite sur le négativisme. Les Chavez, Ahmadinejad, Assad, Poutine et même notre petit Mélenchon se positionnent principalement contre, rarement pour. Contre quoi ? D'abord contre l'ogre américain qui est censé asseoir sa domination sur l'exploitation des plus démunis ; par ricochet, contre le capitalisme, régime économique honni ; enfin, mais cela n'est jamais dit explicitement, contre les droits de l'homme et la démocratie, bref contre la liberté. Tout cela est parfaitement cohérent : ces gens-là ne sont que des hommes assoiffés de pouvoir percevant tout de qui leur résiste comme un obstacle. La liberté, la démocratie, les droits de l'homme sont des obstacles à briser.

Chavez a fait illusion auprès de certains car il disposait de la manne pétrolière vénézuélienne. Le pays possède des réserves considérables de pétrole, en particulier de pétrole lourd. Qu'a fait Chavez avec l'argent du pétrole exporté ? Il l'a distribué pour asseoir sa dictature, multipliant le nombre de fonctionnaires et faisant croître le secteur public au-delà de toute raison. Il a ainsi créé un secteur entier de la société constitué de personnes lui étant redevables de leurs privilèges et détenant des positions clés. Il n'a pas amélioré le niveau d'éducation de son peuple, il n'a pas promu la recherche, il n'a pas laissé l'initiative individuelle se développer, empêchant ainsi son pays de se placer à un bon niveau dans la compétition internationale. Toutes les dictatures fonctionnent ainsi et c'est la raison principale de leur manque de pérennité. Les dictateurs disparus récemment (Kadhafi, Ben Ali, Moubarak) ou plus anciennement (Mussolini, Hitler, Franco, Salazar) ont tous eu pour ambition de construire une structure étatique qui constituait un instrument au service de leur avidité de pouvoir. Cette structure est fragile car liée à une personnalité. Elle disparaît souvent avec le dictateur.

Notre Mélenchon national semble chercher une place dans la cohorte précitée. Il est venu devant les médias faire la leçon aux dirigeants de l'Europe entière qui ont eu la petitesse de ne pas reconnaître les mérites exceptionnels du grand Chavez. Il en avait presque la larme à l'œil. On frémit à l'idée d'être un jour gouverné par ce petit monsieur qui a des idées sur tout, qui sait exactement ce qu'il convient de faire en toute circonstance et qui s'acoquine de plus en plus avec l'autoritarisme.