Les verts et le réel

26/09/2012    

Les militants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) viennent de refuser le traité budgétaire européen qui soumet les Etats de la zone euro à un minimum de discipline budgétaire. Au-delà des motifs politiciens de ce refus, il est intéressant de se demander quelle peut-être la position des verts sur le fond. Autrement dit, après plus de trente années de déficits accumulés faisant culminer la dette publique à environ 1 800 milliards d’euros pour un PIB annuel de 2 000 milliards, que faut-il faire ? Faut-il laisser les partis politiques qui gouvernent les Etats nous conduire à la faillite ? Car bien évidemment, et chacun le comprend, la fragilité croissante d’un débiteur surendetté amène les prêteurs potentiels à refuser tout nouveau concours financier ou à prêter à des taux usuraires. C’est ce qui arrive à la Grèce et à l’Espagne. Faut-il renoncer à sauver l’euro ? Car bien évidemment, qui dit monnaie européenne dit pouvoir économique européen et par conséquent fiscalité européenne et discipline budgétaire européenne.

A toutes ces questions, les verts n’apportent aucune réponse. Ils sont empêtrés de façon pitoyable dans leur dogmatisme et leurs contradictions, discutent du sexe des anges, mais perdent de vue la cruelle réalité dans laquelle nous a plongé la démagogie partisane depuis une trentaine d’années.

Daniel Cohn-Bendit, qui est un fin politique et un européen convaincu, les quitte. C’est sans doute qu’on ne peut plus espérer grand-chose de ce parti perdu dans les limbes.