Le retour des partis politiques

27/10/2012  

Les primaires socialistes conduisent à un retour médiatique des partis. Les grandes chaînes de télévision publique vont désormais programmer des débats concernant la désignation des leaders (Fillon ou Copé) ou la désignation du candidat à l’élection présidentielle (primaires). Le nombre de militants est dérisoire par rapport au corps électoral. Les plus grands partis (UMP et PS) revendiquent environ 200 000 militants chacun. Mais il est bien difficile de contrôler ces chiffres. Pour les autres partis cela va de quelques centaines de militants à quelques dizaines de milliers. L’INSEE indique qu’un peu plus de 43 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les partis ne représentent pas grand-chose statistiquement et ils pourraient tomber dans l’oubli dans une société du tout médiatique. Comment alors accroître sa visibilité ? Il suffit d’améliorer sa présence médiatique en laissant entendre que l’on agit pour la démocratie. Les « primaires citoyennes » du Parti socialiste ont constitué un premier essai réussi. La droite s’est engouffrée dans la brèche en nous proposant un débat Fillon-Copé, mais sans réel succès médiatique.

Bien entendu, ce sont là des questions purement internes aux partis politiques, qui concernent leurs militants, mais absolument pas ceux qui refusent de militer par désintérêt pour la politique ou volonté de rester à distance. Qu’importe ! Faute de militants, les partis vont désormais nous imposer leur présence de façon permanente. Les campagnes électorales vont être interminables (primaires obligent) et, entre les campagnes, nous auront droit aux batailles pour le leadership du parti.

On ne peut s’empêcher de penser au Général de Gaulle qui haïssait « le régime des partis » que constituait à ses yeux la IVe république. Sans les institutions qu’il nous a léguées, nous aurions déjà sombré dans une véritable partitocratie.